EST Polly F
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DESCRIPTION DE L'EXPERIENCE :
Il m'arrivait de travailler loin de chez moi. Cette fois-là, j'étais à des kilomètres de chez moi, dans une petite ville de campagne, et je travaillais pour un service gouvernemental délocalisé. À cette époque, j'avais environ 43 ans. J'étais très sportive, sans être très douée pour quoi que ce soit, mais d’habitude compétente, et j’éprouvais de la joie à essayer.
C'était à la mi-août. Je me suis réveillée vers 5 heures du matin, juste avant le lever du soleil. J'ai rassemblé mes affaires, récupéré mon vélo et je me suis préparée à me rendre au centre sportif dont j'étais membre. Je chantais à tue-tête en roulant. De magnifiques geais volaient devant moi et à travers les arbres et buissons qui bordaient le chemin. J'adorais ce moment de la journée et j'étais heureuse.
La piscine ouvrait à 6 h du matin pour les gens comme moi. Je nageais toujours au moins une heure avant d'aller au sauna, de prendre une douche et de m'habiller. J'utilisais un après-shampoing très fort, car le chlore de l'eau de la piscine transformait mes cheveux en paille raide. Je m'asseyais dans le sauna, les cheveux enduits d'après-shampoing, serrant la bouteille en plastique contre moi, et je fermais les yeux pour méditer. J'avais remarqué que les gens partaient, mais je n'y ai pas prêté attention.
Peu après, la gérante du centre sportif m'avait tapotée l'épaule et dit : « On m'a dit que votre aérosol exploserait à cause de la chaleur ». J'ai dévissé le bouchon pour lui montrer que ce n'était pas un aérosol, et elle est partie. Je l'ai entendue expliquer cela aux autres. Un homme qui était également membre du centre sportif est alors revenu et s'est plaint bruyamment du fait que j'apportais de l'après-shampoing dans le sauna. Je lui ai dit que je me fichais de ce qu'il pensait et que je ferais ce que je voulais. Il n'arrêtait pas de crier, alors, j'ai fermé les yeux, je me suis détendue dans la chaleur du sauna et l'ai ignoré. Il est parti et je l’ai entendu dire aux autres membres à quel point j'étais horrible. Cela ne m’ennuyait pas, ni ne m’intéressait. Je me fichais de ce qu’ils pensaient, car ils ne signifiaient rien pour moi. Je ne l'ai jamais revu pendant plus de 30 ans.
Aujourd'hui, la soixantaine passée, mon mari et moi avons pris notre retraite et quitté le Royaume-Uni pour l'Irlande. Nous avons milité contre la cruauté envers les animaux, tel l'élevage d'animaux à fourrure, la chasse au lièvre, l'exportation d'animaux vivants dans des conditions horrifiantes, l'élevage de moutons si gros qu’ils suffoquaient s'ils se couchaient sur le dos, et l'élevage de poules forcées de pondre 300 œufs par an jusqu'à épuisement. Nous avons fait campagne contre l’élevage et l’abattage des animaux, qui éprouvent tous les mêmes sentiments que les êtres humains et connaissent la terreur de leur meurtre, le chagrin de la perte de leurs petits.
J'ai besoin de moins de sommeil que mon mari, parfois moins de 4 heures alors qu’il lui en faut 8, sinon il est mort de fatigue. J'avais ma propre chambre pour ne pas le déranger. Un an ou deux après avoir déménagé, je suis entrée dans ma chambre pour une raison que j'ai oubliée. Le mur du fond avait disparu, remplacé par un espace sombre, et là se tenait l'homme qui m’avait criée dessus au sauna 30 ans auparavant. D’une façon quelconque, je savais qu'il était mort.
Une conversation s'est alors engagée dans ma tête, sans que nous prononcions un mot. Cela m'a paru tout à fait naturel. Il s'est excusé pour ce qu'il avait fait. Mécontente, je m'en suis prise à lui avec colère, lui disant que son comportement était répugnant et que j'étais certaine de ne pas avoir été la seule femme qu'il avait tenté de brutaliser et de dominer. J'ai aussitôt entendu une voix autoritaire : « Si tu veux être pardonnée, tu dois pardonner ».
J'ai eu le souffle coupé, réalisant que j'avais été réprimandée. Au même moment, j'ai aperçu une silhouette vêtue d'une épaisse cape marron. L'ouverture de la capuche était noire, si bien qu'on ne voyait ni visage ni tête, mais il semblait y avoir des trous d'épingle dans la cape, à travers lesquels brillait une lumière éclatante. Je voyais qu'elle était composée de multiples couleurs qui, combinées, se fondaient en un blanc éclatant. J'avais l'impression qu'il était presque impossible que l'être masqué contienne autant de lumière. Les mots « Être de Lumière » me sont venus à l'esprit et j'ai compris qu'il m'avait amené mon agresseur.
A ce moment-là, l'homme pleurait, sanglotant. J'ai compris que pardonner était nécessaire, et qu'il était important pour lui d'être pardonné, alors j'ai dit : « Je vous pardonne ». D'une certaine manière, c’était comme un contrat solennel dont nous étions tous deux signataires. Il m'a regardée, l'air très soulagé et reconnaissant, et m'a dit : « Puis-je avoir un câlin ? »
Je n'ai pas pu me résoudre à le serrer dans mes bras. Je ne voulais pas vraiment céder. Je voulais lui faire comprendre que les femmes sont parfois dominées par les hommes, alors j'ai dit : « Non. Mais je vais vous serrer la main ». J'ai tendu la main vers lui et sa main est venue à moi. Je n'ai rien ressenti. Au moment où nous nous sommes serrés la main, lui et la silhouette à capuchon ont disparu et je suis restée perplexe, fixant le mur du fond restauré de ma chambre, me demandant ce que j'avais fait qui aurait besoin d'être pardonné. Jusque-là, je me considérais comme quelqu'un de bien.
Durant cette expérience, je n'avais ressenti aucune émotion mis à part la nécessité de dire à cet homme ce que je pensais de lui. J'ai compris alors que c'était inapproprié et que je devais examiner mes propres erreurs, mais, à ce moment-là, je n'avais aucune idée de ce que cela signifiait réellement.
J'ai pris de plus en plus conscience de la difficulté que nous avons à accepter nos erreurs, et encore plus pour changer, ou même vouloir changer. J'ai constaté le courage dont il avait fait preuve en venant me retrouver, et j'ai commencé à l'admirer. J'ai aussi appris que certaines choses que nous étiquetons et acceptons comme faisant partie de notre caractère doivent être identifiées comme des défauts et corrigées. J'avais l'habitude, et j'ai peut-être encore parfois du mal à gérer les gens qui me prennent mon temps, sans me donner rien en échange : aucun intérêt, aucun humour, aucun plaisir. Je suis aussi parfois frustrée quand les gens ne comprennent pas, ou ne veulent pas comprendre, mais j'ai moi aussi changé. J'apprends à me débarrasser des émotions négatives. J'apprends aussi la patience, la gentillesse et à apprécier ceux dont les petites attentions me rendent la vie si heureuse, mais que je dois faire l'effort de remarquer.
Je regrette vraiment l'époque où j'étais contente que l'on tue des animaux pour mon dîner, pour couvrir mes meubles et pour ne pas avoir les pieds mouillés. J'ai l'impression d'avoir été une « tueuse heureuse ». Cette prise de conscience m'a conduite à devenir végétalienne. Je ne mange plus d'animaux et n'utilise plus de produits d'origine animale. J'ai honte d'avoir été impliquée dans la cruauté envers les animaux d'élevage.
C'était la première, mais non la seule visite que j'ai reçu de personnes venues s’excuser, parfois pour des choses dont j'ignorais les faits. J'ai appris à les serrer dans mes bras. À ma mort, je suppose que je serai celle qui demandera pardon aux autres pour mon impatience, mes critiques et ma mauvaise humeur. Ce que ressentent les autres est très important.
Renseignements généraux :
Genre : Femme
La date à laquelle l’EMI est survenue : 05/08/2000
Éléments de l’EMI :
Au moment de votre expérience, y avait-il un événement qui menaçait votre vie ? Non. Santé parfaite. Autre : choc et stupéfaction face à ce que je voyais et entendais.
Comment considérez-vous la teneur de votre expérience ? A la fois agréable ET pénible.
Vous êtes-vous sentie séparée de votre corps ? Non
Comment votre degré de conscience et de lucidité le plus élevé durant cette expérience se compare-t-il à celui que vous avez au quotidien en temps normal ? Davantage de conscience et de lucidité que normalement. Je me sentais très alerte et concentrée. Je pouvais assimiler tout ce qui se passait en détail.
À quel moment de l'expérience étiez-vous à votre plus haut niveau de conscience et de lucidité ? Tout le temps.
Est-ce que vos pensées allaient rapidement ? Plus vite que d’habitude.
Est-ce que le temps vous a paru s’accélérer ou ralentir ? Non
Est-ce que vos sens étaient plus vifs que d’habitude ? Plus vifs que d’habitude.
Veuillez comparer votre vue pendant l'expérience à la vue quotidienne que vous aviez juste avant le moment de l'expérience. Plus nette.
Veuillez comparer votre ouïe pendant l'expérience à l’ouïe normale que vous aviez juste avant le moment de l'expérience ? Plus nette.
Avez-vous eu l'impression d'être consciente de choses se déroulant ailleurs ? Non
Êtes-vous passée dans ou à travers un tunnel ? Non
Avez-vous vu des êtres durant votre expérience ? Je les ai vus en fait.
Avez-vous rencontré ou été consciente de la présence d'êtres décédés ou encore vivants ? Oui. L’homme du sauna.
Avez-vous vu ou vous êtes-vous sentie entourée par une lumière brillante ? Une lumière clairement d’origine mystique ou surnaturelle.
Avez-vous vu une lumière surnaturelle ? Oui. La lumière émanait de la silhouette vêtue d’une cape.
Avez-vous eu l’impression d’entrer dans un autre monde, surnaturel ? Non
Quelles émotions avez-vous ressenties durant l’expérience ? Les sentiments se sont développés avec l’expérience, notamment le choc, la colère et le fait d’être bouleversée par ce que j’avais appris sur moi-même.
Avez-vous éprouvé une sensation de paix ou de bien-être ? Non
Avez-vous ressenti de la joie ? Non
Avez-vous eu l'impression d'être en harmonie ou d'être unie avec l’univers ? Non
Avez-vous eu l'impression de soudainement tout comprendre ? Non
Est-ce que des scènes de votre passé vous sont apparues ? Décrit dans le récit.
Est-ce que des scènes de l’avenir vous sont apparues ? Non
Êtes-vous arrivée à une frontière ou à un point de non-retour ? Non
Dieu, Spiritualité et Religion :
Quelle était votre religion avant cette expérience ? Autre ou plusieurs confessions. J'avais brièvement rejoint la religion évangélique, abandonnée car jugée fausse.
Est-ce que vos pratiques religieuses ont changé depuis cette expérience ? Oui, elles n'ont pas changé. Impossible de cliquer sur le bon bouton.
Quelle est votre religion maintenant ? Chrétienne - protestante. Je médite quotidiennement et j'ai l'habitude d'exposer à Dieu toutes mes questions. Je ne lui demande pas de l'aide, mais plutôt d'apprendre à reconnaître mes erreurs pour devenir une personne qui ne se sent ni frustrée, ni en colère, et qui ne blâme ni ne critique. Je ne suis adepte d'aucune religion. Je milite également pour un changement dans la façon dont les animaux sont traités, abattus pour la nourriture et privés de leurs petits. Je m'investis régulièrement dans mes méditations.
Est-ce que cette expérience comportait des éléments en accord avec vos croyances terrestres ? Un contenu qui n’était pas du tout conforme aux croyances que vous aviez au moment de votre expérience. Je n'avais aucune croyance à l'époque.
Est-ce que vos valeurs et vos croyances ont changé à cause de votre expérience ? Oui, les gens sont plus importants.
Avez-vous eu l'impression de rencontrer un être mystique ou une présence, ou d'entendre une voix non identifiable ? J'ai rencontré un être précis, ou une voix clairement d'origine mystique ou surnaturelle. Une silhouette vêtue d’une cape, comme décrite ci-dessus.
Avez-vous rencontré ou été consciente de la présence d'êtres qui ont vécu auparavant sur la terre et qui portent des noms religieux ? (Par exemple : Jésus, Mohammad, Bouddha, etc.) Non
Durant cette expérience, avez-vous acquis de l'information sur une connexion universelle ou unicité ? Incertain.
Concernant nos vies terrestres en dehors de la religion :
Au cours de votre expérience, avez-vous acquis des connaissances ou des informations particulières sur votre raison d'être ? Non
Durant l'expérience, avez-vous reçu de l'information quant au sens de la vie ? Incertain
Au cours de votre expérience, avez-vous obtenu des informations sur l'au-delà ? Oui. J’ai rencontré quelqu’un qui était mort.
Avez-vous appris comment vivre nos vies ? Non
Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information à propos des difficultés, défis et obstacles de la vie ? Non
Durant cette expérience, avez-vous appris quelque chose à propos de l’amour ? Incertain
Quels changements sont survenus dans votre vie à la suite de votre expérience ? Je suis plus gentille et compréhensive.
Est-ce que vos relations ont changé précisément à cause de cette expérience ? Oui, j’apprécie davantage.
Après l’EMI :
Est-ce que l'expérience a été difficile à décrire avec des mots ? Non
Avec quelle précision vous rappelez-
vous de l'expérience comparativement à d'autres événements survenus au moment de l’expérience ? Je me souviens de l'expérience avec davantage de précision que d'autres événements de la vie survenus à la même époque. En détails.
À la suite de votre expérience, avez-vous acquis des habiletés médiumniques, hors de l'ordinaire ou d'autres dons spéciaux que vous n'aviez pas avant ? Oui, je sais juste des choses maintenant.
Y-a-t-il une ou plusieurs parties de l'expérience qui soient particulièrement significatives pour vous ? Comme dans le récit.
Avez-vous déjà partagé cette expérience avec d’autres ? Oui.
Aviez-vous quelque connaissance à propos des expériences de mort imminente (EMI) avant cette expérience ? Non
Qu'avez-vous pensé du réalisme de l'expérience que vous avez-vécue peu de temps (jours ou semaines) après qu'elle soit survenue ? L'expérience était définitivement réelle. Cela me semblait réel.
Que pensez-vous du degré de réalisme de l'expérience maintenant ? L'expérience était définitivement réelle. Cela me semblait réel.
Est-ce qu'une partie de cette expérience s’est déjà reproduite dans votre vie, à quelque moment que ce soit de votre vie ? Non
Y a-t-il autre chose que vous voudriez ajouter à propos de votre expérience ? Non, merci.
Les questions posées et les informations que vous avez fournies ont-elles décrit votre expérience de manière précise et complète ? Oui, elles l’ont fait.