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BULLES JAUNES  by Patrick Lafourcade

Il s’agit d’une sélection - établie par Patrick - de 206 comptes-rendus d’expériences exemplaires tirés des archives du site NDERF (index langue française) présentés par ordre alphabétique sous une forme aussi concise que possible.

Les questionnaires qui suivent chaque compte-rendu n’ont pas été repris : on n’en a retenu que les réponses « utiles », qui figurent à la suite du texte, après un unique astérisque.

Tous les textes retenus, sauf ajustements de détail, sont transcrits dans la forme même - et dans l’esprit - que leur a donné leur auteur.

 

SUMMARY 

First : 

ROMONA (« YELLOW BUBBLES »)

then : 

       

 « BULLES JAUNES » 

en exergue :

ROMONA

(29.05.05)

 

 Je n'entrerai pas dans les détails. Mais j'étais là, dans cette petite chaloupe en aluminium, regardant l’énorme mur noir du chaland qui avançait, sachant que dans quelques secondes nous allions entrer en collision, et que je ne pouvais rien y faire.

Le souvenir de ce qui s’est passé ne m’est revenu que beaucoup plus tard. Quoi qu’il en soit, quand la chaloupe a frappé la muraille noire, je suis tombée à l'eau, ma tête a cogné le chaland, et je me suis retrouvée en train de nager pour remonter vers la surface, sans trouver mon chemin. Je ne pouvais pas croire que c'était comme ça que j'allais mourir... j'ai pensé à mon fils qui était en neuvième année d'école et que je n'allais pas pouvoir terminer d'élever, combien se serait dur pour lui, et j'ai souhaité pouvoir rester en vie pour le voir grandir.

Ensuite, j'ai renoncé, j'ai arrêté de nager et je me suis laissé aller... puis, de nouveau, j'ai pensé à David et j'ai fait une dernière tentative... je me souviens du froid extrême... puis, le calme... un bonheur total.

J'étais hors de mon corps, si légère, si libre, si contente ¨d'exister¨... seulement d’exister. Tout le monde était bouleversé, et essayait désespérément de m'aider, mais je n'avais pas besoin d'aide, j'étais très bien... et très heureuse, plus heureuse que je ne l'avais jamais été ! En PAIX... avec un sentiment total d'Acceptation et d'Amour. C'était plus fort que tout ce que j'ai jamais ressenti dans ma vie.

J'ai réalisé que je connaissais Tout. Et que Tout est si simple... les gens rendent les choses si difficiles ! Elles ne le sont pas. Ce qui a vraiment retenu mon attention c'est de savoir pourquoi nous ne pouvions pas utiliser tout notre potentiel cérébral... oui ! Ce fut toute une révélation ! Nous avons avec nous cette connaissance de ce côté-ci, tout le temps dans notre tête, mais elle ne nous est pas accessible... car pour vivre ici et apprendre, nous devons progresser dans l’expérience, la compréhension de la douleur émotionnelle, de la douleur physique, de la solitude complète, de l'impuissance complète... cette partie de notre cerveau, donc - celle qui sait - est endormie aussi longtemps que notre cœur bat.

Quand notre cœur cesse de battre... la connaissance complète nous revient. Toute personne qui meurt voit et entend ce dont elle a besoin pour se détacher de son corps et passer de l'autre coté de la manière la plus calme, la plus acceptable qui soit.

Mais il y a d’autres choses dont je veux me souvenir... ici, c'est la plus dure école à laquelle je puisse aller, et je n'ai pas terminé ! J'ai encore des choses à faire ici-bas... j'ai davantage à apprendre. Cela sera encore plus difficile, maintenant... maintenant que je sais où j´aurais pu demeurer !  

*

Ce que je puis dire de mieux concernant cette expérience, c’est que mon degré de conscience et de lucidité s'est élevé à une plus haute fréquence. C'est l'unique manière dont je puisse expliquer ce qui s’est passé. Les couleurs étaient comme s’il y avait des lumières brillantes allumées dans leur texture même. Et je n'étais pas solide... j'étais faite d'une substance très légère.

Je ressentais un bonheur extrême. Je pouvais voir et sentir la terre, mais je savais que j'étais hors de mon corps, dans un lieu nouveau, un peu comme si je regardais dans un miroir, de l'autre côté.

Il y a une lumière dans laquelle vous pouvez entrer, certains peuvent y pénétrer seuls, tandis que d'autres ont besoin d'aide pour s’y sentir à l'aise. Je savais que c'était là, à quelque distance, mais je voulais rester dans la dimension où j'étais, m'y arrêter pour assimiler les connaissances que je recevais. Nous sommes dans ce monde, mais il y a un monde pareil à celui-ci dans lequel je peux marcher avec vous et sentir vos pensées et vos émotions. Je sais que nous venons dans cette dimension pour apprendre et nous souvenir de ce que nous ressentons. Cela nous donne un point de repère pour mieux comprendre les autres dimensions... y a-t-il une meilleure façon d'expliquer cela ? Disons que si vous ne vous êtes jamais fracturé un os, vous ne pouvez pas comprendre ce que ressent la personne qui vient de se casser un bras... jusqu’à ce que vous en fassiez vous-même l’expérience.

Je sais qu'ici-bas, les chemins vont devenir de plus en plus difficiles pour tout le monde. Ceux d'ici et leurs enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants devront être plus forts, afin de pouvoir passer à travers de ce qui va arriver. Je ne me souviens pas en détail de ce que se sera.

Mon beau-frère est décédé en 2000. Il ne croyait pas en la vie dans l'au-delà. J'étais au téléphone avec ma sœur qui vivait à Walnut Creek en Californie. Tout à coup, j'ai vu tout en jaune comme si quelqu'un avait mis une feuille de papier jaune devant mes yeux. Puis, tout était rempli de bulles, des milliers de bulles. Ceci a continué un moment jusqu‘à ce que la couleur jaune disparaisse, et les milliers de bulles aussi. Alors, j'ai entendu une voix dans ma tête me disant : « Dis-lui... dis-lui... dis-lui » ! Elle est devenue si forte que je ne pouvais même plus entendre ma sœur. J'ai donc dit : « Marsha, je dois te dire quelque chose qui n'a aucun sens... je ne suis pas folle... mais je dois te dire : BULLES JAUNES » !

Elle ne pouvait pas le croire ! Elle était heureuse, si heureuse ! Puis, elle m'a dit qu'un soir son mari Bob et elle regardaient un film appelé Houdini (je ne suis pas sûr de l'orthographe). Bob a fait une remarque disant qu'il n'y avait pas de vie après la mort. Alors, Marsha lui a dit qu'elle penserait à un mot secret, connu seulement par eux deux, et que celui qui partirait le premier devait s'arranger - s'il existait une vie après la mort - pour dire le mot secret à celui qui serait resté ici. Le mot secret était... BULLES JAUNES ! Elle l'avait choisi parce que cela n'avait aucun sens, et que personne n'aurait jamais pu lâcher simplement ces mots à moins que l'un d'eux le lui ait dit.

Autre chose... ma sœur Marsha m'a appelé un soir et je lui ai dit de regarder les nouvelles, car quelque chose allait se passer sur le pont du Golden Gate durant la semaine suivante, et qu'à cause de cela, beaucoup de gens y serait. Je voulais qu'elle m'appelle si c'était arrivé. Elle m'a appelé et m'a dit que quelqu'un avait essayé de sauter du pont.

Je vois mes amis différemment. Ils se plaignent de ceci ou cela. Nous sommes ici pour vivre le problème, l'adversité, en faire l'expérience, apprendre d'elle, continuer et grandir. Si vous ne le faites pas, votre temps d'apprentissage ici ne s'accomplira pas comme il aurait pu l'être. Certaines relations sont faites pour durer éternellement, mais d'autres sont seulement un tremplin vers quelque chose de mieux. Nous sommes censés être ici pour apprendre... et continuer.

Dieu est nécessaire dans ma vie, l'église n'est qu'une option. Mon expérience fut une révélation. Je ne suis plus la personne que j'étais et, quelquefois, ça me manque. Je vois le monde avec un regard différent.

Changer n'est pas toujours facile... mais c'est nécessaire.

 

***

ALAIN P

(25.03.10)

 

Je regardais la TV, j'ai eu besoin d'aller dans la salle de bains, je me suis lavé les mains, et là, je ne sais toujours pas pourquoi, j'ai éprouvé le besoin de "prendre un temps pour moi", de me détendre, et j'ai mouillé mon visage avec les mains, posant mes paumes sur le visage, comme une caresse. J'étais très calme. J'ai fait cela pendant 10 secondes peut-être, puis j'ai saisi la serviette de toilette et j'ai enfoui mon visage dedans, toujours en position de "masque protecteur", j'étais bien.

J'allais sortir de la salle de bains, mais j'ai refait ce geste de couvrir mon visage avec mes deux mains, quand tout à coup, dans l'obscurité de mes yeux fermés et avec mes deux mains sur le visage, une "flèche" de lumière est entrée à l'intérieur de mon crâne, côté droit, la pointe de la flèche venant de l'extérieur vers le centre de mon cerveau. Je regardais donc, à l'intérieur de mon cerveau - par une sorte de regard intérieur - cette flèche de lumière qui grossissait en progressant, diffusant une très douce lumière quand, du côté gauche du crâne, la même flèche de lumière est entrée, puis une troisième venant du sommet de la tête, le tout se rejoignant au centre de ma tête, à peu près derrière le nez, dirais-je. J'étais envahi par un cône de lumière qui couvrait tout mon être, une Lumière d'Amour, incroyablement blanche, douce et aimante. J'ai vraiment eu l'impression que cette Lumière était quelqu'un, quelqu'un qui aimait, et qui était juste là, derrière la lumière, à droite.

 J'avais toujours mes mains sur mes yeux fermés, et je voyais mes mains jointes mises en abîme, c'est à dire que je voyais 7 ou 8 fois l'image de mes mains jointes, les unes derrière les autres. Le cône de lumière était aussi à l'extérieur de moi, c'était si doux !

Puis, doucement, la Lumière s'est retirée. Le moment de stupeur passé, je n'ai su dire que « Merci, merci, merci » !

Je suis retourné dans le salon, je ne savais que faire pour remercier. A l'époque, je travaillais un tout petit air de guitare, très court mais très léger et très subtil, très délicat. Je travaillais ce morceau depuis une ou deux semaines, et je me suis dis que j'allais jouer ça pour La Lumière, encore sous le choc d'Amour, comme un hommage de ma part. Ce morceau qui d'habitude était si joli m’a semblé d'une lourdeur, d'une grossièreté inattendue, comparé à l'expérience si subtile que je venais de connaître... j'en ai été déçu, mais bon, c'est l'intention qui compte... aujourd'hui, si je joue ce petit air, les gens sont charmés, et moi seul sais combien il est lourd.

Pendant les 3, 4 jours qui ont suivi l'expérience, je me suis senti inaltérable, chacune de mes cellules avait été vivifiée, je n'éprouvais même pas le besoin de manger. J'étais indestructible... mais le terme le plus approprié est : inaltérable.

Puis, le quotidien est revenu...

Je suis incapable de vous dire combien de temps cela a duré : 20 secondes ou 4 minutes, impossible de savoir, disons trois minutes, mais peut-être aussi bien 10 minutes, impossible à dire, "missing time" (en anglais dans le texte).

Pendant toute l'expérience, j'étais complètement conscient d'être debout, vivant comme n’importe quel humain sur la Terre, dans ma salle de bain, les deux pieds bien au sol.

*

Difficile d’exprimer un Amour inconcevable dans notre langage... & La Lumière : immense, douce, claire, chaude, intelligente, aimante.

Les yeux fermés et masqués par mes deux mains, je voyais mes mains multipliées et je voyais dans ma tête. Je suis incapable de savoir combien de temps cela a duré, il n'y a plus eu de temps !

Avec l'Amour qui arrivait, loin là-bas, si l'expérience avait duré un peu plus longtemps, je pressens que la connaissance serait arrivée.

J'ai toujours eu, plus ou moins, un très bon sixième sens, je peux tirer les cartes, prévoir le sexe d'un enfant qui va naître à 100 %... je suis sensitif.

Assez rapidement j'ai tenté de raconter : il y a ceux qui rigolent, ceux qui ont leur stupide opinion de 10% de notre cerveau qui serait utilisé, ceux qui ne croient en rien, et ceux qui m'écoutent. Je ne le raconte plus qu'à des personnes capables de l'entendre.

Quelques jours après, je me suis dis que j'avais eu une chance extraordinaire d'avoir connu ça, et l'année d'après j'ai fait une petite prière pour le jour anniversaire. Sept ans après (au moment où j'écris ces lignes), j'y repense encore. C'était bien réel : mes mains, la lumière, mes remerciements, la guitare, mon inaltérabilité, et l'AMOUR surtout, c'est ça le plus mémorable : cette lumière est l'Amour, et elle existe !

Les religions sont les jardins d'enfants de la spiritualité, l'amour est partout, chacun peut se faire sa propre église de ce qu'il veut, chanter intérieurement pour une fleur, rire au vent pour que quelqu'un retrouve ce rire dans l'avenir, prier dans sa maison pour le bonheur des gens qui y habiteront dans 100 ans, on peut aimer dans les étoiles et en laisser la trace quelque part si on prie avec le cœur.

Si seulement on pouvait disposer de cette force au quotidien, on changerait le monde qui va à l'envers. N'oubliez pas ça : les décisions mondiales sont toutes inversées : on donne de l'argent aux banques, pas aux pauvres... il neige et on jette les gens à la rue en France parce qu'ils n'ont pas de papiers, etc...

Nous DEVONS changer ça ! C’est impératif !

 

 

***

ANALISA

 

J’ai 26 ans. Mon EMI a eu lieu en avril 1988 alors que j’avais 22 ans. Lorsque j’étais petite, j’ai été gravement agressée par mon père et mon grand-père, j’ai également été victime de la pornographie enfantine et de la prostitution de mineurs. J’ai été droguée, alcoolique et j’ai subi des désordres nutritionnels pendant de nombreuses années.

L’un de mes problèmes, c’était l’incapacité de m’endormir. J’avais très peur de dormir, car la nuit et le sommeil furent longtemps, pour moi, synonymes d’agression. Après 7 nuits sans aucun sommeil, j’ai fini à l’hôpital, gravement malade. Les médecins ont déclaré à ma mère qu’ils ignoraient si j’allais résister ou non (elle ne me l’a dit que plusieurs années plus tard).

Tout ce dont je me souviens, c’est que j’étais dans la chambre d’hôpital et que tout à coup, j’ai été environnée par cette lumière brillante d’un blanc jaunâtre, presque dorée. Elle brillait encore plus dans le lointain, je voyais cette lumière comme superposée au paysage de l’autre côté de la fenêtre. Soudain, j’ai été attirée vers cette lumière sans que je sache comment, c’était le sentiment de paix et d’amour le plus indescriptible que j’aie jamais éprouvé. C’était de l’extase à l’état pur. Mon cœur était vivant, j’avais l’impression que des rivières aux infinis courants d’eaux fraîches le traversaient, c’était une sensation très vivifiante ! Je voulais que ce sentiment ne s’arrête jamais, j’étais tellement heureuse (pour la première fois de ma vie) !! J’étais tout simplement fascinée, restant dans cet état durant ce qui a semblé à la fois un long et un court moment. C’était comme si toute la connaissance était déversée en moi, que rien n’était retenu. J’étais aimée sans mesure, et il était répondu à toutes mes questions.

Ensuite j’ai entendu une infirmière en colère, je la voyais comme si j’avais regardé vers le bas depuis un point proche d’un angle du plafond. Finalement je me suis retrouvée dans mon corps sans savoir comment, je ne me rappelle pas de toute la séquence des évènements qui ont suivi, mais c’est alors que les choses sont devenues très bizarres, j’ai plané près de la mort pendant le reste de la journée (la première expérience s’est produite en début d’après-midi). J’étais très triste d’être de retour. Simultanément, j’avais le pouvoir de « détecter » certaines choses. J’étais capable en regardant ma grand-mère de voir la douleur que son passé avait provoqué. Je pouvais sentir la culpabilité d’un avortement dans sa vie passée, sa manière d’ensevelir cette souffrance. Je pouvais « sentir » les pensées négatives environnant les personnes. Je pouvais littéralement déceler ce qu’elles pensaient.

 Ma mère m’a décrit après mon EMI comme une enfant-fleur des hippies ! Je suis restée dans cet état pendant quelque temps, mais ensuite, mon passé négatif a repris le dessus. Comme je n’avais pas vraiment fait face à mes antécédents douloureux, ils m’ont violemment atteint. Les vieilles culpabilités, douleurs et colères ensevelies sont revenues rôder. J’ai commencé à penser à quel point j’étais indigne de ce que je venais de vivre, et je suis retombée dans mon ancien état, une dépression qui tord les entrailles. C’est alors que j’ai eu ma seconde EMI.

J’étais allongée sur le lit quand j’ai soudain ressenti cette obscurité. Il n’y avait aucune lumière, il n’y avait rien. Tout à coup il y a eu ces êtres tout autour de moi. Je ne me souviens pas de leur nombre, mais j’ai senti qu’ils avaient été autour de moi depuis quelques temps et qu’ils attendaient ce moment. Ils ont commencé à m’entraîner et m’ont emmené dans cet endroit de désespoir absolu. Il n’y avait rien et cependant j’existais dans cet horrible vide. La nature de ce vide était l’ABSENCE DE DIEU. Je veux insister fortement sur ce point. C’était une torture absolue... mon pire cauchemar devenu réalité. Les êtres qui se trouvaient là m’ont dit que toute ma famille était condamnée à se retrouver dans le vide, et que ce serait ma faute.

En parler seulement est très, très dur. C’était de la terreur pure.

Après ce qui a semblé une éternité, je me suis retrouvée dans mon corps à l’hôpital. J’ai raconté mon expérience à mon fiancé d’alors. Je ne pouvais pas m’arrêter d’en parler. Il m’a quitté 2 semaines plus tard. J’ai subi les effets négatifs de la seconde expérience pendant 3 ans (au cours de l’année passée, les effets positifs de la première se sont dévoilés) !

Je pense que la principale différence entre les 2 EMI consiste en mon état d’esprit du moment. Pendant la première, je savais dans mon cœur que j’étais aimée, j’étais prête pour une mort paisible, et c’est ce qui s’est produit. Pendant la seconde, j’ai laissé mes peurs les plus profondes s’accomplir devant moi. Je croyais être hors de toute aide et de toute espérance. Je pense vraiment que si j’avais demandé de l’aide pendant la seconde expérience, elle serait venue. Au lieu de cela, j’ai pensé que même Dieu ne pouvait m’aider et je suis restée dans cet endroit horrible.

La première expérience était tellement intense et magnifique que les mots sont totalement impuissants à la décrire. Parallèlement, la seconde était tellement horrible que je suis incapable d’en amorcer une description.

*

J’étais très lucide, plus lucide que lorsque j’étais en vie, c’était comme si tout le savoir m’était accessible (au cours de la première expérience)… pour la deuxième, j’étais bien trop lucide.

En comparaison de ce que j’ai vécu « là-bas », ce monde semble être un rêve. La première fois, j’ai ressenti une joie et une beauté indicible. J’étais tellement extraordinairement heureuse, plus qu’extatique. Je me sentais libre. Je me sentais légère. Je ressentais un AMOUR infini. La seconde fois j’ai éprouvé le vide et l’horreur. Je me sentais abandonnée et détestable... terrorisée.

L’« effet tunnel » ? C’était comme si j’avais été emmenée sur un rayon de lumière vers la source de lumière... elle était plus brillante au loin… c’était plutôt similaire à un chemin de lumière... blanc – jaune doré.

Lors de la seconde expérience, il y avait des êtres affreux… celui dont je me souviens le mieux visuellement était démoniaque, horrible à voir… J’étais en « enfer »… c’était affreux… un vide, une vacuité… une absence de Dieu… une absence d’amour… il n’y avait pas de vision… uniquement des pensées à l’état pur, torturées et abominables. Tout était infini et se produisait simultanément… rien n’était linéaire… il n’y avait ni fin, ni commencement.

Dans l’autre expérience, par contre, tout était compréhensible, tout était amour, et cet amour était fait de lumière... l’amour-lumière est le principe de fonctionnement fondamental de toute chose. Il était partout et en chaque chose. La raison de toute souffrance, c’est de n’avoir pas conscience de cet amour-lumière. J’ai compris de quoi parlait Jésus (et je pense que j’en suis arrivée là parce que j’étais catholique à l’époque). L’Esprit Saint dont parlent les Ecritures est pur amour-lumière. Cet esprit était en moi... et il est en chacun de nous.

J’ai su que cet esprit de lumière, l’amour de Dieu était présent ici sur la terre depuis toujours, que les hommes allaient s’éveiller à sa réalité. On ne m’a pas donné de vision spécifique d’évènements à venir... seulement le savoir que finalement l’amour de Dieu serait vu comme la réalité et c’était tout ce qui comptait !!

La lumière m’a communiqué télépathiquement qu’elle voulait que je la voie afin que je comprenne et que j’en parle à d’autres personnes sur terre... ainsi j’ai su que j’allais repartir, comme si tout cela faisait partie d’un plan.

Malgré toutes mes tentatives, je n’ai pas pu échapper aux effets ultérieurs de ces expériences. Pendant les 3 dernières années, j’ai vu un « fantôme » et j’ai fait d’autres rencontres bizarres avec des puissances surnaturelles. Des choses me touchaient alors qu’il n’y avait rien ni personne qui aurait pu le faire. J’ai reçu un appel téléphonique de ma tante décédée tandis que je me trouvais dans un moment de détresse. J’ai fait des rêves prophétiques. Je passe de très mauvais moments avec les orages car j’attire les éclairs comme un aimant. L’année passée, les éclairs ont frappé de nombreuses fois littéralement à quelques centimètres de moi, généralement à une distance d’environ 60 cm, mais le dernier était vraiment à quelques centimètres. Mon médecin à même dit en plaisantant que j’avais peut-être dans la tête une plaque de métal dont j’ignorais la présence.

Je ressens les émotions des animaux et des plantes. Quelquefois je peux déceler des esprits auprès des gens... leurs proches essayant de les guider et de faire passer des messages par eux. Mon corps a changé également. Je ne peux plus manger n’importe quel type de nourriture, sinon j’ai des aigreurs d’estomac. Les plats cuisinés m’embarrassent et me font me sentir mal. J’achète des produits bio. J’ai besoin de faire de l’exercice sans quoi je tombe dans la dépression. Je ne peux absorber dans mon corps quoi que ce soit qui lui nuise de quelque manière.

Au moment de ma « mort », j’étais catholique, mais depuis lors j’ai étendu ma vision à une perspective plus universelle, faite d’amour et non dictée par un dogme ou une religion, car j’en suis fermement convaincue, Dieu, qui est pure énergie, pur amour, et rien d’autre, se manifeste sous la forme la plus aimante et la plus réconfortante pour vous, quelle qu’elle soit.

Je suis constamment stupéfiée de voir combien les gens nient la réalité qui les entoure ! Cela peut être très frustrant par moments. Si chacun s’éveillait à cette beauté, je vois à quel point cet endroit deviendrait un monde merveilleux. Il n’y aurait plus de guerres ni de haine. Il n’y aurait que l’amour. J’ai perdu des amis à cause de cela. Ils me considèrent comme naïve et puérile et me l’ont dit (nombre d’entre eux sont des militants pacifistes et des droits civiques). Cela me blesse, mais je sais que sans le lien avec la source divine que j’ai sentie lorsque je suis « morte », je suis perdue.

Je suis intensément reconnaissante à « Dieu » de m’avoir laissée apercevoir l’au-delà et de savoir que nous sommes tous ici en mission, chacun d’entre nous. J’essaie de profiter des petites choses de la vie, j’écoute les animaux, les plantes et les minéraux, j’essaie également de faire chaque jour des choses agréables pour les autres et pour moi-même. Je vis plus dans le présent ! Ma pratique religieuse évolue, actuellement je participe aux cérémonies des Indiens d’Amérique, mais je ne me cantonne pas à un seul chemin car je vois la vérité dans toutes les croyances ! Autrefois, mon catholicisme était trop strict. D’autre part, j’étais auparavant constamment hésitante sur ce que je voulais faire de ma vie, mais j’ai compris que ma voie et ma mission dans cette vie est de devenir enseignante, d’aider les petits enfants à comprendre non seulement leurs talents, mais encore à quel point ils sont uniques et estimés (j’ai été agressée dans une telle mesure quand j’étais plus jeune, que j’ai vraiment le sentiment que c’est arrivé pour m’orienter sur cette voie).

Les premières personnes à qui j’ai raconté mon expérience étaient mon ex-fiancé et les infirmières. Mon fiancé m’a quittée au bout de 2 semaines, les infirmières ont dit que je souffrais de psychose, on m’a envoyée dans l’aile psychiatrique...

D’autres personnes réagissent mieux, comme un professeur dont je suis très proche, il m’a beaucoup soutenue car il a lui-même vécu deux EMI. Ma nouvelle thérapeute me croit et ne pense pas que je sois folle, elle estime que je suis là dans un but défini...

Lorsque j’ai commencé à travailler sur mon passé d’agressions et à le résoudre, la sensation que j’avais dans mon cœur lorsque je suis morte la première fois est revenue. Bien qu’elle ne soit pas présente en permanence, lorsqu’elle est là tout est intensifié, je perçois des chose qui ne sont pas ordinairement perceptibles. C’est comme si l’amour de Dieu s’écoulait à travers moi... j’ai le pouvoir de donner tant d’amour aux autres, c’est merveilleux !

 

 

***

ANGELA S

 

Je me suis réveillée tôt le matin, incapable de respirer, sauf assise. Mon mari m'a emmenée à l'hôpital après une visite pressée chez notre généraliste de famille. On m'a conduite en chaise roulante dans une salle, on m'a posé un masque à oxygène, et on m'y a laissée en attendant les résultats des tests.

Pendant que j'étais couchée là, mon mari était assis au pied de mon lit. J'avais du mal à respirer, j'étais très faible, je ne pouvais qu'espérer qu'on arrive au bon diagnostic, j'avais donc recours à la prière intérieure. Je redoutais ce qui m'arriverait. A ce point-là, je n'avais reçu aucun médicament, sauf l'oxygène par masque.

Ce que je me rappelle, c'est que j'avais essayé de reprendre haleine, et que j'avais trouvé cela énormément difficile, comme si je portais un poids sur la poitrine. J'ai fermé les yeux, et tout d'un coup je me suis sentie libre. Non seulement libre, mais légère et rassurée. Je n'avais plus peur, je n'avais plus aucun souci. J'étais comme un enfant, de nouveau, émerveillée par l'absence totale de pesanteur.

Ensuite, j'ai senti deux mains posées sur chaque épaule. Sans regarder en arrière, je savais que ces deux êtres étaient deux amis, debout derrière moi. Pas besoin de regarder. C'était comme s’il ne m'était pas permis de regarder, mais n'importe, car je sentais qu'ils agissaient de bonne foi. J'ai demandé si j'étais morte, si c'était mon moment de partir. Ils ont répondu que non. Ils ont dit que je devais les accompagner, ils voulaient me montrer quelquechose. Ils n'ont pas attendu ma réponse (j'aurais dit oui).

Alors, ils m'ont retirée de mon corps par les épaules, et ils m'ont emmenée au travers du plafond et de tous les étages pour sortir du bâtiment, en vol vers le « ciel ». Je volais, et c'était enivrant. Mais à une certaine hauteur, tout est devenu noir, il y avait une sorte de néant, un lieu où tout était silencieux, sans la perception d’aucune température - rien que ce néant profond et le silence.

J'ai demandé où j'étais, et ils m'ont positionnée avec un contact de mains (c'est difficile à expliquer, car il n'y avait aucun point de repère permettant de me situer, mais je savais qu'ils étaient en face de moi à cause de leur contact de mains). Ils m'ont dit de regarder, et j'ai regardé. Au lointain, à une distance immense, j'ai vu quelque chose qui commençait à s'accroître. Je ne pourrais dire si la chose s'approchait de moi, ou si c’était elle qui devenait plus grande. Il n'y avait rien autour pour relativiser le phénomène. Quand elle fut assez proche je commençai à distinguer des petits « êtres » qui enrobaient de rubans de lumière une « chose » centrale. Plus proche encore, je distinguais toute sorte de choses qui font partie de la création : chats, montagnes, arbres, rivières, gens, étoiles... tant de choses en ébullition, toutes ensemble. Comme dans une soupe contenant le tout, chaque chose était conçue avec clarté dans sa bulle, mais avec la crevaison de sa bulle, elle se réabsorbait dans le tout.

Impossible de vous dire avec quelle joie - jubilation - j'ai contemplé cette occurrence. C'est le bonheur le plus accablant que j'aie jamais ressenti de toute ma vie. On m'a demandé « Que vois-tu » ? J'ai répondu (comme sans le moindre doute) : « La Création ».

Alors on m'a demandé « Qu'as-tu appris ? »... et j'ai dit (comme si je l'avais toujours su, bien que cette idée fût absente de ma philosophie personnelle) ...« L'être de chaque chose est identique avec celui de toute chose » (everything IS everything else). J'étais comblée de connaissances nouvelles. On a fait simplement : « ET » ?... J'ai répondu « Ce que fait chacun importe pour tout ce qui est ». C'était intéressant d'entendre les réponses qui sortaient de mes propres lèvres... alors que je ne les connaissais pas comme miennes... on m'a dit « Bien »... et tout de suite, j'ai été retirée de la joie et on m'a emmenée ailleurs.

En un clin d'œil, nous étions debout dans un lieu tout blanc. Ils étaient encore derrière moi (je le savais), mais cette fois-ci encore je n'avais ni besoin, ni envie de regarder en arrière. Pas de murailles, pas de plancher, pas de plafond - ce lieu n'était qu'une blancheur totale. La seule chose distincte était une porte. Elle était simple, de couleur rouge, telle une porte de théâtre... mais sans support aucun. Elle tenait en place toute seule, c’était l'unique couleur de ce lieu.

Je supposais que c'était la porte d'entrée de l'au-delà, et j'ai demandé encore une fois si j'allais mourir à l'instant. Ce n'est pas par peur que je l'ai demandé, plutôt par une curiosité enfantine. Ils ont dit que non, qu'il me restait une chose à apprendre avant mon retour. On m'a sommée de passer le seuil de la porte. Très polie, j'ai répliqué (consciente que cela menait vers l'au-delà) qu'on venait de me dire que je n'allais pas mourir de sitôt. On m'a poussée avec douceur vers la porte. Je me fiais à eux totalement, un peu perplexe, mais sans révolte.

J'ai franchi le seuil de la porte... et je n'ai rien ressenti de spécial. Je leur ai dit que rien ne s'était produit. Ils m'ont dit de répéter mon action, mais cette fois-ci avec chaussures. Je regarde en bas pour la première fois, et je vois que j'ai des jambes, des pieds, et que je porte des tennis rouges et voyants. C'est bizarre, mais jusqu'à ce moment-là je n'avais pas tenu compte de mon « corps », sauf par rapport aux événements qui se produisaient manifestement autour de moi.

Je passe encore par la porte, encore une fois je ne ressens rien, et je le leur dis. On m'a dit de regarder mes pieds. Les chaussures sont restées de l'autre côté, elles ne sont pas entrées avec moi. Question : qu'est-ce que j'en ai déduis ? Tout de suite, je réponds que nous devons quitter tout ce qui est matériel, quand nous mourons. Je suis contente de ma réponse, mais je doute que ce soit une réponse complète, tellement cela parait évident.

On insiste encore une fois avec la question secondaire : «... ET » ? Alors, les mots se forment sur mes lèvres comme si je les avais toujours su, juste sur les bords de ma conscience, mais maintenant c'est parfaitement clair : « Je n'ai rien ressenti en passant la porte parce que je n'ai pas changé, moi. Ma situation a changé, voilà tout. Les tennis n’ont jamais faut partie de mon moi. Je dis : « Nous ne changeons pas avec la mort. Nous sommes toujours des papillons, nous nous déplaçons simplement pour occuper un autre ciel ». Si j'en ai eu des larmes, je ne les sens pas, pourtant ce que je viens de dire résonne dans mon coeur, mon âme, mon être même. Je sais que j'ai appris.

Ils m'ont dit que c'était l'heure du retour. Je m’en suis remis volontiers à leur gouverne à travers ce lieu « quelconque » où nous étions, pour en sortir. Et nous sommes descendus dans l’obscurité encore une fois, passant par toit, plafonds et planchers pour regagner ma chambre.

Je descendais horizontalement comme si j'allais revêtir mon corps, mais je planais encore au-dessus, à un mètre environ. J'ai senti leurs main qui m'ont lâché les épaules, et je ne voulais pas qu'ils partent. Je leur ai dit que je n'étais pas encore dans mon corps. Ils ont dit que j'avais le pouvoir d'y arriver, que je n'avais pas besoin d'eux. Ils sont partis sans me dire adieu.

Je voyais mon mari encore au pied du lit. Il s'était endormi, assis dans la chaise. Pour descendre, j'ai fait une sorte de détente, et ça a réussi ! A quelques centimètres près, j'y étais... et comme un enfant qui a un nouveau jouet, je suis montée de nouveau, rien que pour voir si je le pouvais, et en effet je le pouvais !

J'étais sur le point de ressayer la manoeuvre, mais j'ai vu que mon mari bougeait, et mon coeur a été soucieux, d'un coup, j’ai pensé qu'il aurait peur. Je ne voulais pas l'effrayer, alors je suis descendue tout à fait. Avec le retour au corps, toute la souffrance m'est revenue aussi... la pesanteur, la douleur à la poitrine, la lutte pour reprendre haleine. La seule chose différente, c'était mon attitude mentale. J'étais complètement libérée de la peur... si ASSUREE. J’inaugurais une nouvelle vie où la mort ne serait plus jamais à craindre. J'avais de nouvelles réponses, un nouveau point de vue, une nouvelle philosophie. Ici-bas, ce que je faisais importait, et ma destination finale était un lieu de félicité.

Mon mari m'a tendu la main, pour toucher la mienne. Il avait le visage plein de soucis. Je lui ai dit de ne pas s'en faire... que je n'allais pas mourir encore. Pas cette fois-ci, du moins.

Depuis, je n'ai raconté ce voyage qu'à certaines personnes. J'essaie de garder le silence, sauf si je crois que quelqu'un a besoin d'écouter un tel récit, et qu'on ne prendra pas cela pour des fantaisies inventées. Cependant, ma fille m'ayant montré ce site, j’ai eu envie de partager cette expérience avec ceux qui cherchent sincèrement à savoir ce qui se passe après la mort.

*

Pendant TOUTE l'expérience j'étais très consciente et lucide, mais je dois dire que quand je regardais l'immense phénomène de la création, dans la noirceur, ce moment de joie m'a donné une grande clarté, ainsi que que le moment où je planais, au retour.
J’éais plus consciente, plus lucide que d'habitude. Je pourrais dire « normale », parce que je me sentais « normale », mais la profondeur d'émotion provenant de cette lucidité était loin d'être normale.

Je « savais » simplement ce qu'on me disait. C'était un son plus doux, comme une voix douce à l'arrière de ma tête, et qui ne me frappait pas les oreilles, cela me baignait plutôt les oreilles.

Tout d'un coup je me suis sentie « libre ». Non seulement libre, mais légère et « rassurée ». Je n'avais plus peur, je n'avais plus aucun souci. J'étais comme un enfant, de nouveau, émerveillée par l'absence totale de pesanteur. J'étais légère et calme. Une euphorie sans drogues.

Mon départ de l'hôpital en vol... il n'y avait pas de tunnel. La lumière était partout autour du phénomène de création dans le néant, et tout autour de moi dans le lieu blanc.

Deux êtres étaient derrière moi. Je n'ai jamais regardé en arrière pour les voir. Je n'en ai eu ni besoin ni envie, je ne sais pas pourquoi je n'ai pas regardé. J'avais le sentiment d'être connue d'eux, mais je ne sais pas qui ils étaient, seulement qu'ils étaient amis. (Pas des amis que je connaissais, ils étaient simplement amicaux). Peut-être des anges, mais c'est pure conjecture de ma part. Je n'en suis pas sûre. Ils m'ont beaucoup parlé, c'est-à-dire, quand je leur posais des questions, ou bien qu'ils m'en posaient. Voir ci-dessus.

Le vide était tout noir, sans orientation perceptible en tant que « dessus » ou « dessous ». Le lieu blanc n'avait pas de murs, ni plancher, ni plafond - un lieu tout simplement blanc. La seule chose distincte était la porte. Une porte rouge, comme une porte de théâtre... mais qui se tenait debout toute seule. Elle était dressée là, bravant la force de gravité, au milieu du néant blanc, la seule couleur du lieu. Impossible de distinguer le sol au-dessous de soi.

J'ai attendu une semaine pour parler. Je pensais qu’on ne me croirait pas, mais il me tardait de raconter. Le jour où j'ai quitté l'hôpital, quand mon mari me conduisait chez nous en voiture, je le lui ai raconté. Il l'a reçu silencieusement, puis il a essayé de préciser le moment de l'occurrence, pour tester ma mémoire. Il était franchement sceptique, mais cela ne m'a pas perturbée. C'est bien ce que j'attendais, et de lui et des autres. Je l'ai raconté maintenant à une douzaine de personnes, dont la plupart le reçoivent avec des larmes de joie et d'acceptation. Je suis très circonspecte quand il s'agit de choisir à qui je le raconterai, c'est le coeur qui me mène à choisir. Je n'ai aucune idée de l'effet que ça fait par la suite. Sauf ma fille, qui m'a montré ce site : elle se réjouit de m’avoir appris que d'autres personnes ont vécu des expériences similaires, car cela m'encourage à le raconter à d'autres personnes.

Pour moi, c'était si authentique que je savais bien que tôt ou tard je serais obligée de le raconter à quelqu'un, quitte à donner l’impression que j’étais folle. C'était trop important pour que je puisse le garder pour moi seule. J'étais infiniment soucieuse à l’idée que mon manque de précision puisse amoindrir aux yeux d'autrui la la réalité de ce que j’avais vu et vécu.

Tout avait de la valeur et de la signification. Tous les jours, quand je me réveille, je suis consciente que ce que je fais a de l'importance. Je pense à ce que sera mon sourire de l'autre côté du monde. Je regarde un arbre, et je réfléchis : cet arbre connaît une montagne. Quand je vois un mourant, je ne peux faire autrement que me réjouir quand sa souffrance est terminée... et quand je dis, maintenant, à des funérailles : « Il est dans un monde meilleur », je le crois de tout mon coeur, de toute mon âme.

Je SAIS que c'est vrai.

Je pense que je dois souligner à quel degré je me sentais ENFANTINE pendant l'EMI, à la différence de mon état habituel. J’étais totalement confiante, j'étais enjouée, curieuse... bien des choses associées avec le point de vue de l'enfance.

Une sagesse profonde en moi s'était alliée à un joyeux émerveillement.

 

***

ANITA MOORJANI

25/01/07

 

J’avais le cancer (lymphome de Hodgkin). Sous oxygène et perfusion, je me suis mise à dériver entre pertes et reprises de connaissance... je pouvais réellement sentir que mon esprit quittait mon corps. Je voyais et j’entendais les conversations entre mon mari et les médecins, conversations qui avaient lieu à l’extérieur de ma chambre, à une douzaine de mètres dans le couloir.

Ensuite, je suis vraiment « passée de l’autre côté » vers une autre dimension, j’y ai été absorbée dans un sentiment d’amour total. Et j’ai ressenti avec une extrême clarté la raison pour laquelle j’avais le cancer... pourquoi, en premier lieu, j’étais venue dans cette vie... quel rôle chaque membre de ma famille jouait dans mon existence, dans le grand plan des évènements et, plus généralement, comment fonctionne la vie. La clarté et la compréhension que j’ai atteintes dans cet état sont pratiquement indescriptibles... les mots semblent réduire le vécu. J’étais dans un endroit où je comprenais qu’il existe bien autre chose que ce que nous sommes capables de concevoir dans notre monde tridimensionnel. J’ai réalisé à quel point la vie est un cadeau, j’ai vu que j’étais environnée d’êtres spirituels aimants, toujours proches de moi alors que je l’avais toujours ignoré.

La quantité d’amour que je ressentais était écrasante... je découvrais à quel point je suis puissante, j’ai vu les capacités stupéfiantes que nous, les humains, possédons au cours d’une vie physique. J’ai découvert que mon parcours me conduirait à vivre le « paradis sur terre », et que j’allais partager mon nouveau savoir avec d’autres personnes. J’avais pourtant le choix de retourner à la vie ou d’aller vers la mort. On m’a fait comprendre que ce n’était pas mon heure... mais que j’avais quand même le choix. On m’a aussi fait comprendre que si je choisissais la vie, mon corps allait guérir très rapidement... en quelques jours !

On m’a montré comment les maladies démarrent à un niveau énergétique avant de devenir physiques. Si je choisissais d’aller vers la vie, le cancer allait disparaître de mon énergie et mon corps physique allait récupérer très rapidement. J’ai ensuite compris que lorsque les personnes ont des traitements médicaux pour les maladies, ceux-ci éliminent la maladie du corps uniquement, mais pas de l’énergie, donc la maladie revient. J’ai réalisé que si je revenais, ce serait avec une énergie très saine. Ensuite le corps physique allait très rapidement et définitivement se mettre au niveau de l’état énergétique. On m’a fait savoir que ceci est valable pour tout, pas seulement pour la maladie – l’état physique, l’état psychologique, etc.. On m’a « montré » que tout ce qui se passe dans nos vies dépend de cette énergie qui nous environne, créée par nous. Rien n’est immuable, nous créons notre environnement, notre condition, etc... en fonction de l’état de cette « énergie ». La compréhension qui m’a été accordée de ce que nous obtenons et de ce que nous faisons en ce monde, était phénoménale ! Tout dépend de notre niveau énergétique. On m’a fait sentir que j’allais en avoir des « preuves » de première main si je retournais dans mon corps.

J’ai dérivé entre les deux mondes, entrant et sortant, et chaque fois que je me retrouvais dans « l’au-delà », on me montrait de plus en plus de scènes, dont une qui dévoilait comment ma vie avait touché toutes les personnes qui en faisaient partie. Une autre représentait mon frère dans un avion : il avait entendu la nouvelle de mon agonie et venait me rendre visite (lorsque j’ai commencé à reprendre connaissance, mon frère était là, il venait d’arriver par avion). J’ai ensuite eu un aperçu de mon frère et de moi dans une vie antérieure, semble-t-il. J’étais alors beaucoup plus âgée que lui, comme une mère pour lui (dans cette vie-ci, il est plus âgé que moi). J’ai vu que dans cette vie-ci j’étais très protectrice à son égard. J’ai tout à coup pris conscience qu’il était dans l’avion pour venir me voir, j’ai eu le sentiment : « je ne peux pas lui faire ça ! Je ne peux pas le laisse venir et me voir morte ». J’ai ensuite vu comment le parcours de mon mari était lié au mien, comment nous avions décidé de venir vivre cette vie ensemble. Si je partais, il allait probablement suivre peu après.

On m’a fait comprendre que si je choisissais la vie, mon choix allait modifier le résultat des examens cliniques ! J’ai pris ma décision. Alors que je commençais à me réveiller (dans un état très confus car, à ce moment là, j’étais incapable de dire de quel côté du voile je me trouvais), les médecins se sont précipités dans la chambre, arborant un grand sourire, et ils ont annoncé à ma famille : « Bonne nouvelle, nous avons les résultats et ses organes fonctionnent, on n’arrive pas à y croire !! Son corps paraissait vraiment avoir cessé de fonctionner » !

Comme ils étaient eux-mêmes incapables de comprendre ce qui se passait, ils m’ont fait subir examen après examen, j’ai triomphé de tous avec panache, éliminer chaque examen me renforçait encore plus ! On m’a fait passer un scanner sur la totalité du corps, et comme on ne trouvait rien, on a demandé au radiologue de recommencer !!!!

Après ce que j’ai vu, je me rends compte qu’absolument tout est possible, que nous ne sommes pas venus ici pour souffrir. La vie est censée être magnifique et nous sommes très, très aimés. Ma façon de voir la vie a drastiquement changé, je suis tellement heureuse que l’on m’ait accordé une seconde chance de vivre le « paradis sur terre ».

*

L’expérience était bien autre chose que ce que les mots peuvent exprimer. La mettre en mots la réduit, la limite. Ce que j’ai vu, perçu et ressenti, la clarté que j’ai ressentie par rapport à la vie représentait bien plus que tout ce que nous sommes en mesure de concevoir. Les mots pour décrire cela n’existent pas.

Je perdais et reprenais connaissance, j’avais donc conscience des deux « côtés ». J’avais également connaissance des conversations ayant lieu hors de la chambre, hors de portée de mon audition.

J’avais conscience de ma présence dans la chambre. Même si pour les autres, mes yeux étaient fermés et que je n’étais pas éveillée, j’étais quand même en mesure de « voir » tout le monde dans la chambre et de faire en même temps l’expérience de l’autre dimension, comme si elles existaient simultanément.

Je me sentais très aimée, comme si ce que j’avais fait n’importait pas : j’étais aimée quand même. Je n’avais rien à faire pour le mériter, je n’avais pas à faire mes preuves. J’étais environnée de nombreux êtres, dont mon père et ma meilleure amie, tous les deux décédés. Je n’ai pas reconnu les autres, mais je savais qu’ils m’aimaient et qu’ils me protégeaient. Je me suis rendu compte qu’ils étaient là tout le temps, même lorsque je n’en avais pas conscience.

J’ai eu le sentiment d’être dans l’autre dimension beaucoup plus longtemps que cela n’a duré en réalité. La quantité de choses que j’ai vues et apprises aurait dû prendre beaucoup plus de temps dans cette dimension-ci. De plus, avec les examens médicaux qui ont été effectués, même s’ils étaient déjà faits, les résultats dépendaient de ma décision de revenir à la vie ou non. Cela a vraiment changé ma conception du temps !!

Je percevais tout avec une netteté stupéfiante ! J’ai compris pourquoi j’avais eu le cancer, comment les gens contractent des troubles... la vie est un cadeau, et nous ne nous en rendons pas compte. Nous n’avons pas besoin de faire quoi que ce soit pour faire nos preuves face à Dieu, il n’y a ni « paradis », ni « enfer ». Je me suis rendu compte que nous créons notre paradis ou notre enfer ici, sur la terre !

Quand j’ai atteint le point où j’ai senti que je devais décider de retourner à la vie ou de continuer dans la mort, ma meilleure amie était là (elle était morte du cancer 2 ans auparavant), elle m’a dit que j’étais allée aussi loin que possible, et que si je continuais, je n’allais pas pouvoir repartir. Je savais que mon corps allait guérir très rapidement, et c’est ce qui s’est passé. Je savais que tous les examens allaient comporter des résultats stupéfiants. On n’a trouvé aucune trace de maladie dans mes scanners, mes biopsies, etc...

Dans les jours qui ont suivi, dès que j’ai été en état de parler, j’ai commencé à raconter mon expérience aux membres proches de ma famille, mon mari, mon frère (que j’avais vu dans l’avion), ma mère. Nous étions tous très émus et en larmes. Ils ont ensuite vu la rapidité de mon rétablissement, le choc pour les médecins qui ne parvenaient plus a trouver de trace du cancer, cela a changé toute ma famille.

Je l’ai aussi racontée à ma meilleure amie qui était à mes côtés pendant cette expérience, cela a également changé sa vie. Mes rencontres après que je sois sortie de l’hôpital ont changé de nombreuses personnes, car la dernière fois qu’elles m’avaient vue ou avaient entendu parler de moi, j’étais sur mon lit de mort !

Mon EMI m’a semblée complètement différente de tout ce que j’avais lu : il n’y a pas eu de lumière, de tunnel, de figure religieuse, je n’ai pas vu toute ma vie défiler en un éclair. Tandis que je la vivais, je ne pensais absolument pas que c’était une EMI ou une expérience hors du corps. Ce n’est que plus tard que je me suis rendu compte que j’avais glissé dans une autre dimension... rien d’autre, en tout état de cause, ne pourrait expliquer la mutation que j’ai ressentie dans ma propre manière de penser !

Ce qui m’a impressionnée, c’est la manière dont mon corps est passé en si peu de temps de ‘quasi mort par cancer’ à ‘en pleine santé sans trace de maladie’ ! Cela ne me donne pas seulement le sentiment que rien n’est réel (y compris le cancer : une modification de conscience l’a fait disparaître) !... mais cela me rend également très forte, j’ai maintenant une compréhension totalement différente de la vie.

Je ne me suis jamais sentie aussi bien ! Je me sens « reliée » d’une manière que je n’ai jamais connue auparavant. Comme « guidée ». Je n’ai plus peur de rien. Je sais que je ne vais pas mourir avant d’avoir terminé tout ce que je suis venue faire ici. Même le temps venu, je n’ai pas peur de mourir. De très, très nombreuses « coïncidences » ont eu lieu dans ma vie depuis l’expérience (d’où le sentiment d’être guidée). Des choses me sont tombées dans les mains lorsque je les ai souhaitées, un appel de la bonne personne, une rencontre par hasard avec la personne nécessaire, j’ai reçu des e-mails qui répondaient aux questions auxquelles il me fallait les réponses, etc... la vie est tout simplement devenue beaucoup plus facile. Cependant, je ne suis bien que depuis quelques mois. Je me sens toujours très euphorique et, pour le moment, je ressens toujours la réalité de tout l’événement.

A vrai dire je n’ai jamais été très portée sur la religion. Je n’ai toujours pas foi en une religion particulière, mais ma croyance en la spiritualité, en l’au-delà et en la puissance de notre propre moi supérieur (âme) s’est renforcée. Je suis en mesure de retrouver cette sensation de « lien », d’être aimé, de ressentir les autres êtres autour de moi, particulièrement lorsque je suis immobile dans un environnement tranquille.

Anita also is a member of the forum : http://www.nderf.me

 

Observations supplémentaires

 

Au vu du caractère remarquable de ce récit, j’ai envoyé par mail à Anita des questions supplémentaires. Ses réponses se trouvent sous les questions.

                                                                                                          Jeff - NDERF

Mes questions :

1. Vous écrivez remarquablement bien !!! Avez-vous vécu un certain temps dans une région anglophone du monde ?

2. Vous aviez un lymphome de Hodgkin. A-t-il été diagnostiqué par biopsie ? Comment le diagnostic a-t-il été réalisé ?

3. Combien de temps après le début de la chimiothérapie les ganglions que vous aviez ont-ils totalement disparu ?

4. Le fait que les examens médicaux, déjà réalisés, allaient voir leurs résultats modifiés en fonction de votre décision, est remarquable. Si vous aviez choisi de ne pas retourner sur terre, avez-vous le sentiment que les examens médicaux auraient changé après votre décision en temps terrestre, ou bien, votre choix aurait-il affecté les examens au moment où la prise de sang a été réalisée, ce qui, en temps terrestre, si je comprends bien, se serait situé avant que vous ne décidiez de revenir sur terre. Tout commentaire supplémentaire que vous feriez à ce sujet sera grandement apprécié.

5. Vous écrivez : « Cela ne me donne pas seulement le sentiment que rien n’est réel (y compris le cancer, une modification de conscience l’a fait disparaître !), mais cela me rend également très forte, j’ai maintenant une compréhension de la vie totalement différente ». En tant que médecin traitant des cancers, toute autre indication que vous pourriez me fournir à ce sujet serait tout à fait bienvenue.

6. Les médecins qui vous ont traité souhaiteraient-ils communiquer avec moi ? Nous avons besoin de votre accord préalable pour partager des informations sur le diagnostic et le traitement médical vous concernant. Dans le cas où vos médecins souhaiteraient rédiger votre expérience pour la publier dans la littérature médicale en tant que « rapport de cas », je serais enchanté d’apporter mon aide dans toute la mesure du possible. Cela pourrait certainement accroître la connaissance des EMI dans votre pays.

 

Réponses d’Anita :

 

Question 1 : Merci beaucoup pour vos réactions et vos compliments sur mon Anglais ! J’ai fréquenté, ici à Hong-Kong, une école privée britannique pendant toute ma scolarité, en effet, c’était une colonie britannique jusqu’en 1997. Après avoir terminé ma scolarité, j’ai poursuivi d’autres études à Manchester, au Royaume Uni, mais je suis retournée à Hong-Kong après les avoir achevées.

Lorsque j’ai vécu mon EMI, j’ai pu voir et percevoir certains aspects de mon avenir, j’ai senti que l’une des raisons pour lesquelles je devais repartir, c’était que j’étais censée toucher et inspirer la vie des gens. J’ignore comment, dans cet état j’ai su que j’étais supposée inspirer des milliers, peut-être des dizaines de milliers de personnes. Mais la manière dont je devais m’y prendre n’était pas claire. Et ce matin, j’ai reçu votre mail où vous écrivez : « Au long des années, des dizaines de milliers de personnes vont lire votre expérience et, j’en suis sûr, en seront inspirées. ». Je comprends maintenant pourquoi on m’a fait sentir que je n’avais rien à faire !! Je l’ai accompli en vivant l’EMI !!!

En ce qui concerne vos autres questions, je suis désolée si les réponses semblent un peu longues, mais je souhaite être aussi claire que possible :

Question 2 : Il y a environ trois ans et demi, j’avais un lymphome de Hodgkin. A l’époque, ma meilleure amie venait juste de mourir du cancer, elle avait un sarcome dans la région de la poitrine. Je l’ai accompagnée lors de cette expérience, je l’ai vue souffrir de la chimio, c’était affreux. Puis, je l’ai regardée mourir.

Nous étions amies depuis l’école primaire et nous avions grandi ensemble. Lorsque par la suite j’ai eu ce diagnostic l’année même de sa mort, j’ai subi un choc, tout comme de nombreuses personnes dans notre cercle d’amis. J’avais très peur de la chimio, j’ai donc refusé le traitement et je suis allée voir un naturopathe, spécialisé dans le traitement des cancers. J’ai épuré mon régime, j’ai suivi une thérapie du colon et j’ai pris toutes les pilules que le médecin m’a prescrites. Mais il y a environ 2 ans, les ganglions ont paru grossir à nouveau, le médecin a donc modifié mon traitement, il m’a également envoyé chez un phytothérapeute. A nouveau, la maladie a semblé maîtrisée pendant une courte période, mais il y a environ 1 an, j’ai commencé à produire du liquide dans la région de la poitrine, mon bras gauche a enflé également. Mon médecin a drainé la plèvre plusieurs fois. Pendant ce temps mes ganglions enflaient de plus en plus, jusqu’en janvier 2006 où ma santé s’est fortement détériorée en 2 ou 3 semaines. Ma respiration devenait de plus en plus laborieuse, j’étais sans cesse essoufflée, il me fallait utiliser une machine portable à oxygène. Je perdais du poids, je ne pouvais pas manger car je me sentais rassasiée en permanence. Mes muscles se détérioraient à tel point que je ne pouvais pas marcher, j’utilisais un fauteuil roulant. J’avais des lésions de la peau qui suintaient. Le 2 février il m’a été impossible de bouger. Je ne pouvais pas ouvrir les yeux, sortir du lit, encore moins marcher. J’ai tout simplement accepté que ce soit la fin : j’allais mourir, je me suis simplement abandonnée.

Mon mari m’a emmenée d’urgence à l’hôpital, on m’a attribué une oncologue qui, après m’avoir examiné, a dit : « C’est trop tard. Je ne peux rien faire ». Mon mari l’a implorée, elle a consenti à m’affecter quelqu’un d’autre, en effet, elle pensait qu’elle allait « perdre son temps », ou peut-être ne voulait-elle pas de ma mort dans son dossier. Elle était très remontée contre mon naturopathe, elle pensait qu’il était de sa responsabilité de m’envoyer plus tôt à l’hôpital, elle a clairement indiqué que c’était de « sa faute » si j’allais mourir.

Les scanners ont montré que le lymphome s’était étendu à tout le corps, que les organes étaient en danger. Les pieds et les mains se sont mis à gonfler comme des ballons, le visage était tout enflé. L’oncologue a déclaré : « Ses organes ont déjà cessé de fonctionner, elle est en train de mourir d’une défaillance des organes ». Ecoutant le plaidoyer de mon mari, elle a appelé un autre oncologue, qui a dit mon mari : « Je ne peux rien promettre, je vais voir ce que je peux faire. Les prochaines 24 heures sont critiques. Elle est trop instable pour pratiquer ne serait-ce qu’une biopsie afin de déterminer le type de traitement à injecter. Nous allons également commencer immédiatement à pratiquer les examens pour ses fonctions organiques car tous les symptômes semblent indiquer une défaillance ». Cette conversation, qui eu lieu à l’extérieur de ma chambre, à une douzaine de mètres de distance, je l’ai entendue et vue... à l’évidence, j’avais donc quitté mon corps à ce moment là.

J’ai été reliée à une machine à oxygène, une sonde gastrique, quelque chose surveillait mon cœur, mon pouls, ma pression artérielle, etc., etc.. Le lendemain matin (après avoir, au cours de la nuit, dérivé entre les deux mondes et pris la décision de revenir à la vie), j’ai commencé à me sentir plus éveillée, plus rattachée à ce monde qu’à l’autre, c’est alors que les médecins sont entré en disant que mes organes montraient un fonctionnement normal. J’étais encore un peu embrouillée et j’ai dit quelque chose du genre : « Ah, je pensais qu’on le savait déjà ». Mon frère venait d’arriver, après avoir passé la nuit dans l’avion. Le soir même, j’étais complètement réveillée et prête à m’asseoir. Toute ma famille a commencé à fêter cela. En 4 jours, mes progrès ont été remarquables, j’ai été transférée de l’unité de soins intensifs vers une chambre particulière normale. Il y a eu une réduction significative de mes ganglions au cours de ces 4 jours.

Question 3 : Un spécialiste des blessures est venu examiner les lésions de ma peau (au cou et sous le bras). Il a déclaré qu’une opération allait être nécessaire, mais il devait attendre que je me renforce. Mes blessures, cependant, ont guéri miraculeusement au cours des semaines suivantes, et je n’ai jamais eu besoin d’opération. Environ une semaine après être sortie des Soins Intensifs, on a pratiqué une biopsie de la moelle sans rien trouver. Environ 10 jours plus tard, on m’a envoyée faire une biopsie de ganglion : rien n’a été découvert. A chaque fois, je savais que les résultats des examens allaient être négatifs. L’oncologue a tenu cependant à m’administrer une chimiothérapie réduite au minimum qu’il ait jamais administré : six « cycles ». J’ignore pourquoi, mais je n’ai subi aucun effet secondaire majeur de la chimio. J’étais tellement dynamisée par mon EMI, que c’était comme si rien n’allait pouvoir m’abattre ! Je savais que j’allais bien me porter – mieux que bien.

Question 4 : voilà le point tellement difficile à exprimer dans notre langage tridimensionnel. Le temps semble avoir une signification totalement différente dans l’au-delà. Ce que j’ai ressenti, c’est que toutes les possibilités existent simultanément, cela dépend seulement de celle que l’on choisit. C’est un peu comme lorsqu’on se trouve dans un ascenseur, tous les étages d’un immeuble sont disponibles, mais on peut choisir à quel étage on sort. Donc si toutes les éventualités à venir sont disponibles pour ma décision, alors je suppose que tous les scénarios existent également dans le passé...

Ainsi, selon la possibilité à venir que je choisis, cela détermine également quel passé l’accompagne automatiquement (j’ai choisi la vie, cela a donc influencé le passé, sélectionnant le résultat d’examen approprié pour la fonction organique). J’espère être claire... c’est très net dans ma pensée, mais c’est difficile à mettre par écrit. Lorsqu’on ma donné le choix, j’ai eu en fait une vision de la feuille de résultats du labo, intitulée : « Diagnostic : Défaillance des organes »... puis, dans le corps du texte : « Mort due à une défaillance des organes causée par un lymphome de Hodgkin ». Lorsque j’ai effectivement vu la feuille après être revenue, la page était pratiquement identique et le titre correspondait mot pour mot : « Diagnostic : Défaillance des organes »... mais le corps du texte spécifiait : « Il n’y a pas d’indication de défaillance des organes ». J’ai vraiment eu la chair de poule en voyant cette feuille, sachant ce qui aurait pu y être inscrit.

Question 5 : Je sais maintenant qu’il existe bien autre chose que ce dont nous avons conscience, ou ce que nous sommes capables de comprendre. Tous les jours depuis l’EMI, j’acquiers de plus en plus de compréhension. Je découvre que j’ai maintenant le sentiment de « savoir » ou « comprendre » certaines choses, pour lesquelles ce n’était pas le cas auparavant. La meilleure image que je pourrais donner c’est : Imaginez un immense entrepôt obscur, vous vivez dans cette entrepôt avec une torche électrique. Tout ce que vous en connaissez, c’est ce qui est visible dans le pinceau de la petite torche. Lorsque vous désirez un objet, peut-être allez-vous le trouver, peut-être pas, mais cela ne signifie aucunement qu’il n’existe pas. Il est là, mais vous ne l’avez pas éclairé avec la torche. Vous ne pouvez voir que par le piceau de votre lampe. Puis un jour, quelqu’un allume la lumière et, pour la première fois, vous voyez l’intégralité de l’entrepôt. Les dimensions en sont presque écrasantes, vous n’arrivez même pas à voir jusqu’au fond, vous savez qu’il y existe bien autre chose que ce que vous voyez. Par contre, vous vous rendez bien compte de la manière dont les produits sont alignés dans les rayons, vous remarquez juste le nombre d’objets différents présents dans l’entrepôt et que vous n’aviez pas aperçus, vous n’en aviez même pas imaginé l’existence, pourtant ils existent bel et bien, parallèlement à ceux dont vous saviez qu’ils existent (ceux que votre torche avait pu révéler).

Ensuite, même si on éteint la lumière, rien ne peut enlever la compréhension et la netteté de votre expérience. Même si vous n’avez à nouveau qu’une torche, vous savez maintenant comment rechercher les articles. Vous savez ce qui est possible, vous savez même ce qu’il faut rechercher. Vous commencez à envisager la situation différemment, c’est depuis ce nouveau tremplin que vos expériences démarrent. Ainsi, je me rends compte que dans ma vie quotidienne, je me réfère à différents aspects de mon expérience, à différents moments, je comprends également les choses d’une façon différente, en sachant des choses dont j’ignorais que je les connaissais.

J’ai vu toute personne en tant « qu’énergie ». Et c’est son niveau d’énergie qui détermine le monde qui l’entoure. Le savoir que j’ai retiré de ceci, c’est que si le cancer n’est pas dans « l’énergie » d’une personne, il n’est pas dans sa réalité. Si se sentir bien vis à vis de soi-même est dans son énergie, alors sa réalité sera positive. Si le cancer est dans son énergie, même si on l’éradique avec la médecine moderne, il va revenir rapidement. Mais si on le supprime de son énergie, le corps physique suit promptement. Aucun d’entre nous n’est aussi « réel » ou physique que ce que nous pensons. Nous sommes probablement d’abord de l’énergie, le physique n’étant que le résultat de l’expression de notre énergie. Et nous pouvons changer notre réalité physique si nous modifions notre énergie (certaines personnes ont remarqué que j’utilise le terme « Vibration »). On m’a fait sentir qu’afin de conserver mon énergie/vibration à un niveau élevé, je devais vivre dans le présent, profiter de chaque moment de la vie, utiliser chaque instant pour rehausser le suivant (qui à son tour rehausse l’avenir). C’est au moment où l’on accroît son niveau d’énergie que l’on peut modifier son avenir (comme mes résultats d’examen). Cela paraît très simpliste, mais le sentiment était très profond lorsque j’en vivais la compréhension.

Question 6 : Jusqu’à maintenant je n’ai pas parlé de mon EMI à mes médecins, en effet, ils paraissent un peu vieux jeu et j’ignore comment ils réagiraient. Toutefois, je veux bien essayer. Je les vois jeudi matin pour un examen général et je vais aborder le sujet. J’ai déjà pensé à leur en parler, mais cela ne paraissait jamais être le bon moment. Toutefois, pendant tout mon séjour à l’hôpital, ils ont indiqué à quel point mon rétablissement était remarquable. Je vous tiendrai informé de la façon dont se passent les choses avec eux : s’ils sont d’accord, cela ne me pose pas de problème que vous communiquiez avec eux.

 

ENTRETIEN NDERF

avec Anita M.

© Anita M. 2006

 

http://www.nderf.me

 

Anita M. est née à Singapour puis elle a vécu au Sri Lanka jusqu’à l’âge de deux ans. Elle fait partie de l’ethnie Sindhi en Inde, sa famille a ensuite déménagé à Hong-Kong où elle a grandi, elle parle couramment Sindhi, Cantonnais et Anglais, elle connaît également une multitude de dialectes. Bien qu’hindouiste par la naissance, elle a d’abord fréquenté des écoles catholiques, puis des écoles privées britanniques à Hong-Kong, elle a ensuite étudié en Angleterre, avant de retourner à Hong-Kong afin de travailler en tant que cadre supérieur pour une société française de mode, avec laquelle elle a voyagé partout dans le monde, utilisant son éducation multi-culturelle, multilingue dans différentes affaires et milieux sociaux. En décembre 1995, elle a épousé Danny son âme sœur, qui l’aime inconditionnellement (et qui persiste, bien qu’elle soit maintenant devenue une accro des EMI).

En avril 2002 on lui a diagnostiqué un lymphome de Hodgkin et après quasiment 4 années de lutte contre la maladie, elle a été admise en février 2006 dans le service de soins intensifs de son hôpital local, où on lui donnait moins de 36 heures à vivre. Son EMI remarquable et son rétablissement miraculeux - semble-t-il - après un cancer, a suscité un intérêt énorme à l’échelle internationale.

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NDERF : Bonjour Anita. C’est une joie de vous parler à nouveau. A peine quelques mois se sont écoulés depuis votre EMI et votre rétablissement, je me demandais donc comment vous-vous sentez ces jours-ci ? L’intérêt des médias et du public pour votre expérience a-t-il affecté votre capacité de vous déplacer à votre guise ?

Physiquement, je me sens vraiment très bien, merci pour votre question. Lorsque je me trouvais dans l’état d’EMI, c’était comme si je m’étais éveillée à une réalité différente. J’avais la sensation de m’être réveillée de « l’illusion » de la vie. De ce point de vue, c’était comme si ma vie physique n’était que l’apogée de mes pensées et croyances jusqu’à ce moment là. Il semblait que le monde entier n’était que le point culminant des pensées et croyances collectives. C’est à dire le sommet des pensées et croyances de chacun d’entre nous. C’était comme si rien n’était vraiment réel, mais que nous l’avions rendu réel par nos croyances. J’ai compris que même mon cancer n’était pas réel, il faisait également partie de l’illusion. Donc, si je retournais à mon corps, je n’allais plus avoir le cancer.

Par ailleurs, il y a cet incroyable compréhension de la manière dont nous sommes tous interconnectés. Comment ce que je ressentais en moi-même affectait tout mon univers. J’avais la sensation de faire un avec tout. Je ressentais un lien avec tout ce qui vit. Je sentais que l’univers entier est en moi. En ce qui me concerne, si je suis heureuse, l’univers est heureux. Si je m’aime moi-même, tout le monde m’aimera. Si je suis en paix, l’univers entier est en paix, etc..

De même, la sensation de temps et d’espace est très différente dans cette dimension. Elle ne semble pas linéaire, comme ici. C’était comme si tout se passait simultanément. J’ai vu ce qui pourrait être interprété comme des vies antérieures, j’ai vu ce qui se produisait alors (mon frère dans l’avion, les conversation entre les membres de ma famille et les médecins), j’ai également vu se dérouler l’avenir de cette vie-ci. Et tout semblait arriver en même temps, je vivais tout simultanément. J’ai l’impression que ce n’est qu’après mon retour que mon cerveau a dû le traiter comme se produisant en temps linéaire, mais dans cette dimension là, cela ne paraissait pas du tout être le cas. De même, la distance et les murs massifs ne m’empêchaient pas de voir et d’entendre tout ce qui me touchait à l’époque.

Maintenant que je suis de retour dans la vie en 3D, c’est comme si les murs massifs, les distances et le temps étaient des contraintes qui peuvent être surmontées simplement par une modification « d’état ».

 

NDERF : Extraordinaire ! J’imagine qu’une expérience telle que celle-ci peut mettre la pagaille dans les pensées !! Pouvez-vous donc m’en dire plus sur la manière dont l’EMI a affecté la façon dont vous pensez et traitez les informations maintenant ?

Eh bien, tout d’abord, ma vision du monde a complètement volé en éclats. Au cours des derniers mois, les médecins m’ont dit et redit que ce qui m’est arrivé est totalement inexplicable. Ils n’arrivent pas à comprendre comment, en quelques jours seulement, ont disparu ces milliards de cellules cancéreuses. Médicalement, j’aurais dû mourir. Mes organes avaient cessé de fonctionner. J’aurais dû être tuée par le cancer, ou par les traitements, ou encore par la tentative d’élimination de milliards de cellules cancéreuses submergeant mes organes eux-mêmes hors d’état de fonctionner.

Comment pourais-je, maintenant, tracer la frontière dans mon esprit entre ce qui est « réparable » ou « curable » et ce qui ne l’est pas ? Le mot « impossible » n’a plus de sens pour moi, et les limites du possible ou de ce qui ne l’est pas sont très floues.

Ayant vécu cette expérience, j’ai l’impression que rien n’est réel... mais que toutes les possibilités existent. Je vis maintenant ma vie en sachant que je peux créer ma propre réalité sur la base de ces vérités nouvelles que j’ai apprises.

 

NDERF : C’est une façon de vivre vraiment puissante. Je voudrais entrer dans le détail de vos déclarations au sujet de votre propre réalité, mais avant que je ne le fasse, pendant que nous sommes sur le sujet du corps physique, il semble que vous n’envisagiez plus la problématique de la maladie de la même manière, en fait on dirait presque que vous vous sentez « invincible ». Pouvez-vous développer ce sujet ?

Bien ! Avant mon expérience, l’une de mes plus grandes craintes dans la vie c’était le cancer, une autre peur concernait la chimio (j’ai vu 2 personnes mourir sous chimio), je subissais également une myriade d’autres angoisses.

Maintenant, passons à mon EMI. Cet état a provoqué en moi un immense changement de conscience. C’était comme si j’avais pénétré dans une réalité au delà de ma « pensée », où vivre dans l’intellect signifiait vivre dans « l’illusion ». Les mots ne sont pas adaptés pour décrire cet état, mais j’avais le sentiment que nous construisons ce monde avec notre pensée. Ce monde serait donc une illusion. C’était comme si j’étais allée au delà. Il y avait une sensation d’interconnexion avec l’univers entier, de ne faire qu’un avec le monde entier, avec chaque chose. J’ai également été inondée par une énergie englobant tout, inconditionnellement aimante, qui ne fait pas de discrimination, qui ne juge pas. Cette énergie universelle est là pour nous, peu importe qui ou ce que nous sommes. Je me sentais incroyablement puissante et magnifique. C’est dans cet état très éveillé que j’ai pris la décision de revenir à la vie. C’était un choix puissant de revenir et de faire à nouveau l’expérience de la VIE dans ce corps. Voyez-vous, dès que le choix de vivre ou de mourir m’a été offert, j’ai SU qu’une fois ma décision prise, RIEN à part moi-même n’allait pouvoir me tuer, RIEN ! Le simple fait de m’offrir ce choix, de prendre ma décision, l’a rendu réel. Dès que mon choix a été fait, chacune des cellules de mon corps à réagi à cette décision, et j’ai guéri presque immédiatement.

Les médecins ont continué à pratiquer des examens, mais ils n’ont rien pu trouver. J’ai compris que tout ce qui a été entrepris ensuite, tous les examens, les biopsies, les traitements, tout cela avait été entrepris pour satisfaire mon entourage et, bien qu’une grande partie ait été très, très douloureuse, j’ai SU que j’allais bien me porter. A partir du moment où mon moi supérieur/âme/esprit/connexion-à-tout-ce-qui-est (quel que soit le nom qu’on lui donne) avait décidé de continuer à vivre au travers de ce corps-ci, rien dans ce monde physique tridimensionnel ne pouvait plus affecter cette décision. C’est comme si toute décision prise dans la réalité authentique surpasse tout dans « l’illusion » d’ici, construite par la pensée : le monde tridimensionnel.

Voilà le sentiment d’invincibilité. Le sentiment que rien, à part moi-même, ne peut m’atteindre.

 

NDERF : Pensez-vous que ce sentiment puisse être atteint par d’autres, ou bien croyez-vous que cela ne peut se réaliser que par une EMI ou par quelques élus ?

Je crois fortement que cela peut être réalisé par d’autres. Je ne me considère absolument pas comme particulière, ou élue, ou quoi que ce soit de ce genre. Pour que quelque chose de ce genre se produise, peut-être faut-il seulement dans sa vie physique être dans la bonne « situation » psychologique.

Ce qui m’est arrivé peut sans doute être assimilé à un événement simplement dû au hasard. Mais gardez à l’esprit que j’avais le cancer depuis presque 4 ans. Durant ces quatre années, j’ai drastiquement changé. Vivre avec un cancer en phase terminale à un âge relativement jeune, voir sa propre déchéance, change une personne ainsi que sa vision de la vie. J’étais à un moment de ma vie où je n’étais pas particulièrement attachée à une façon de pensée spécifique, et j’avais abandonné le souhait d’une issue particulière. A mon avis, arriver à ce point était important pour moi.

L’EMI ma donné la dernière « impulsion » dont j’avais besoin pour voir au delà de cette réalité. Une fois que j’ai vu que le corps n’est pas réellement moi, que mon cancer n’était pas réel non plus, j’ai ensuite pu voir à quel point je suis aimée, j’ai reconnu ma propre magnificence... et quand ma décision de vivre a été prise, le corps physique n’a fait que refléter cet état « nouveau ».

J’ai fait le choix de revenir lorsque j’ai réalisé que le « paradis » n’est pas un endroit mais un état. Je suis certaine qu’il existe des gens qui sont exactement au bon stade intérieur pour qu’ait lieu un tel changement. Ils n’ont pas besoin de vivre une EMI pour que cela se produise. Peut-être ont-ils seulement besoin d’être informés de ce qui est possible.

Je ne pense pas que tout le monde doive passer par quelque chose d’aussi extrême qu’une EMI pour voir de tels miracles se produire. Peut-être suffit-il d’une volonté d’abandonner les croyances qui pourraient l’empêcher.

Il semble que notre fort attachement à certaines croyances soit ce qui tient l’illusion en place. Peut-être que la volonté d’examiner et d’abandonner les croyances qui peuvent nous retenir pourrait nous aider à progresser plus rapidement, en tant que conscience collective (un meilleur terme serait peut-être : « inconscience collective »)...

 

NDERF : Cela me ramène à une question que j’ai différée. Comment créons-nous notre réalité ?

Depuis l’autre dimension, on a vraiment l’impression que rien n’est réel, seules nos croyances à leur sujet rendent les choses telles qu’elles sont. Maintenant, sachant cela, j’examine ce que je crois et je ne conserve que ce qui sert à développer ma vie : j’abandonne tout ce qui semble être restrictif, ou qui ne me fait pas me sentir positive d’une manière quelconque.

Je pense qu’une fois que l’on commence à croire que quelque chose est possible, on se met à en prendre conscience, cela commence ensuite à devenir vrai pour soi. Plus on y croit, plus cela devient vrai pour soi. C’est pourquoi il est tellement, tellement important de croire à des choses positives, plutôt que négatives. Quel que soit ce en quoi l’on croit, on découvre qu’on a raison. L’univers offre exactement ce en quoi l’on croit. Si vous pensez que la vie est magnifique, vous avez raison. Si vous pensez que la vie est dure, cela va s’avérer juste également.

Mon intention personnelle est de faire prendre conscience aux gens de ce que notre corps humain est capable de faire, afin qu’ils l’admettent dans leur système de croyance : si un miracle est extraordinaire, c’est parce qu’il s’agit d’un événement incompatible avec notre système de croyances. Une fois qu’on le voit se produire, on peut commencer à y croire. Une fois que l’on commence à y croire, il peut entrer dans notre conscience et se produire de plus en plus fréquemment. C’est aussi simple que cela.

 

NDERF : Effectivement, si nos croyances créent notre réalité, alors il est certainement important de croire en des choses positives, en des choses qui nous servent, plutôt qu’en celles qui agissent à notre encontre. Mais comment faire dans un monde qui semble tellement rempli de négativité ?

Souvenez-vous : j’ai dit que je sentais l’univers en moi... le monde extérieur n’est que le reflet de mon monde intérieur ! Beaucoup de personnes disent que le monde est très négatif, mais ce n’est pas tout à fait vrai. Regardez autour de vous, TOUT existe simultanément dans cet univers, le positif comme le négatif. Il y a la pauvreté, la richesse, la maladie, la santé, l’amour, la haine et la peur, le bonheur et le désespoir, etc..

Il n’y a PAS plus de négatif que de positif. C’est seulement parce que l’on choisit de voir le monde de cette manière qu’il existe plus de négatif. Plus on choisit de voir les choses ainsi, de leur donner notre attention et notre énergie, plus on les attire dans sa vie, dans la « réalité ».

N’oubliez pas ceci : je crois que cette réalité est créée par notre inconscience collective. C’est ce que j’ai eu le sentiment de dépasser pendant mon EMI. Chacun d’entre nous, en tant qu’individu, a TOUJOURS le choix de décider ce qu’il veut voir et croire comme étant la réalité.

 

NDERF : Par conséquent, si la vie d’une personne n’est pas satisfaisante pour elle, que suggérez-vous pour qu’elle inverse la situation ?

L’une des choses les plus précieuses (« puissantes ») que j’ai retirées de mon EMI, c’est à quel point je suis aimée. Sans condition. Je continue donc à m’aimer inconditionnellement moi-même. Je suggèrerais fortement de pratiquer ce genre d’amour pour soi-même.

Rappelez-vous, j’ai dit que l’univers n’est qu’un simple reflet de moi-même. Si je suis frustrée par la manière dont la vie se déroule pour moi, il est futile de changer des éléments extérieurs sans examiner ce qui se passe à l’intérieur. Nombre d’entre nous sommes très négatifs à notre propre égard. Nous sommes à nous-mêmes notre pire ennemi. La première chose que je dirais est de cesser de se juger soi-même, d’arrêter de s’auto-flageller à cause de ce que l’on est dans la vie actuellement. Je découvre que je suis constamment déçue par les gens, je les juge. Et c’est ainsi que je me traite sans cesse moi-même. Je ne fais qu’exprimer à l’extérieur mon propre dialogue avec moi-même. Plus je m’aime inconditionnellement, plus il est facile pour moi de voir la beauté dans ce monde, et dans autrui.

Il est impossible d’aimer quelqu’un plus qu’on ne s’aime soi-même. On ne peut pas donner ce qu’on ne possède pas.

Peu importe où l’on se trouve, ce n’est que le point culminant de ses propres pensées et croyances à ce moment là : on peut changer cela. Souvenez-vous, j’ai inversé mon cancer à la 11ème heure. Alors même que les médecins disaient qu’il était trop tard, ce n’était toujours pas trop tard. Donc, il n’est JAMAIS trop tard pour faire ou changer quelque chose. Il est important de voir la puissance que recèle le moment présent pour inverser le cours de notre vie.

Si l’on croit que les choses « attirent leurs pareilles », alors la meilleure manière d’attirer ce qui est le mieux pour soi, c’est de s’aimer soi-même au point d’être rempli de cet amour, de n’attirer dans sa vie que tout de qui confirme cette croyance sur soi-même. C’est en fait très simple, vraiment.

Quand on se rend compte de sa propre magnificence, on n‘attire que magnificence dans sa propre vie. C’est ainsi que je vois les choses.

 

NDERF : Pouvez-vous me dire comment on devient inconditionnellement aimant dans un monde qui n’est pas toujours aimant ?

Tout d’abord, rappelez-vous que j’ai le sentiment que l’univers n’est qu’un reflet de moi-même. J’apprends donc à m’aimer moi-même intégralement.

Cependant, il existe une différence entre « être aimant » et « être amour ». Etre aimant signifie donner de l’amour à quelqu’un, qu’on en ait pour soi-même ou non. Cela veut dire donner ce que l’on peut avoir ou ne pas avoir à donner. Ce type de don d’amour peut finalement épuiser, car on n’a pas toujours des ressources illimitées. Alors on se tourne vers autrui pour renouveler son stock d’amour, et si ça ne marche pas, on cesse de s’aimer soi-même, parce qu’on est exténué.

Etre amour, par contre, signifie m’aimer moi-même inconditionnellement, de telle manière que cela déborde et que quiconque autour de moi devienne tout simplement et automatiquement un destinataire de mon amour. Plus je m’aime, plus cela se déverse sur autrui. C’est quasiment comme être un vaisseau propulsé par l’amour. Lorsque je suis amour, je n’ai pas besoin que les gens se comportent d’une certaine manière pour qu’ils soient destinataires de mon amour. Ils reçoivent automatiquement mon amour du fait que je m’aime moi-même. Donc pour moi, cesser d’être amour signifie cesser de m’aimer moi-même. Par conséquent, je ne vais pas cesser d’être amour du fait d’autrui.

 

NDERF : En conséquence, quelle méthode suggérez-vous pour augmenter sa propre énergie aimante ?

Je pense que c’est mon dialogue avec moi-même qui augmente ou diminue l’énergie que je rayonne vers l’extérieur. Lorsque mon dialogue intérieur s’est retourné contre moi, avec le temps, cela a épuisé mon énergie et causé une spirale descendante dans ma situation extérieure. J’étais toujours très, très positive à l’extérieur, effervescente, aimante, etc, etc... pourtant mon propre monde s’écroulait autour de moi, je m’épuisais, j’étais de plus en plus malade.

S’il arrive qu’on voie une personne qui soit vraiment positive, pétillante et gentille, et que pourtant sa vie s’effondre autour d’elle, on pourrait penser : « Regardez ! Ce truc d’être positif ne marche pas ». Le problème est là, NOUS NE CONNAISSONS PAS le dialogue intérieur de cette personne. Nous ne savons pas ce qu’elle se dit à elle-même, dans sa tête, jour après jour.

Rappelez-vous, je ne prêche pas la « pensée positive » avec un optimisme invétéré. La « pensée positive » peut être fatigante, pour certaines personnes cela peut signifier « inhiber » les évènements négatifs qui se produisent, cela finit par être plus épuisant encore.

Je parle de mon propre dialogue mental avec moi-même. Ce que je me dis à moi-même dans ma tête jour après jour. Je sens l’extrême importance de ne pas avoir de jugement et de peur dans mon propre dialogue mental avec moi-même. Lorsque notre propre dialogue intérieur nous dit que nous sommes en sécurité, aimés inconditionnellement, acceptés, alors nous rayonnons cette énergie à l’extérieur et changeons notre monde extérieur en conséquence.

Je pense également qu’il est très important de voir la perfection dans l’instant. Le moment présent est très puissant. Chaque instant renferme une promesse, chaque moment peut être un virage pour toute votre vie.

Je suis souvent incomprise lorsque je dis que chaque moment est parfait, que tout est parfait. Les gens ont peur de voir la perfection dans une situation qui ne leur convient pas, ils pensent que voir la perfection signifie ne rien changer. Pour moi, voir la perfection ne veut pas dire conserver la situation statique. Cela signifie voir la perfection à l’endroit précis de son voyage en cet instant même, peu importe où on se trouve. Voir la perfection dans l’instant, où que se trouve ce moment dans le voyage. C’est cela voir la perfection.

 

NDERF : C’est très puissant, pouvoir modifier l’extérieur d’une manière très positive, uniquement en changeant notre monde intérieur avec un dialogue interne positif, en s’aimant soi-même. C’est une explication très claire de : « L’univers n’est qu’un reflet de moi-même. ». Cela explique également pourquoi il y a tant de négativité dans le monde. Ce doit être le reflet des dialogues intérieurs des autres personnes qui se projette à l’extérieur. Est-ce bien ce que vous croyez ?

Oui, c’est exactement ce que je pense. Voulez-vous connaître le meilleur de cette sensation d’énergie positive pour soi-même ? Je n’ai pas le sentiment d’avoir à dire quoi que ce soit à quiconque pour relever les autres mais, tout simplement grâce à mon moi aimant qui parle à moi-même, les gens autour de moi ressentent ma présence positive. Sans même avoir à dire quoi que ce soit, on commence à remarquer que les autres sont attirés vers notre présence positive, qu’ils sont énergisés par notre énergie. Avoir un dialogue intérieur positif aide à relever les autres autour de soi, même lorsqu’on ne leur parle pas, simplement en ayant des pensées positives à son propre sujet !!! Car l’énergie rayonne tout simplement, elle se déverse et touche les autres !! C’est pourquoi ce dialogue intérieur, aimant soi-même, est tellement important pour rendre le monde meilleur.

Avez-vous remarqué qu’il existe des personnes qui semblent tout simplement illuminer une pièce lorsqu’ils y pénètrent ? Ou bien, simplement, des gens que l’on remarque, même dans une foule, juste parce qu’ils rayonnent de l’énergie ? On peut parier qu’elles ont un une image d’elle-même très positive et très forte, qu’elles exécutent un programme de dialogue interne avec elle-même très positif.

Que nous disons-nous intérieurement à nous même jour après jour ? Ne faisons-nous que nous auto-flageller, nous juger nous-même ? Sommes-nous trop durs envers nous-mêmes et sommes-nous notre pire ennemi ? Voilà le vrai travail !! Je pense que nous devons commencer par changer ce dialogue intérieur, en nous aimant nous-même de plus en plus, puis, même sans avoir à dire ou faire quoi que ce soit pour quiconque, l’intégralité du monde extérieur changera pour refléter ce monde intérieur. J’ai effectivement remarqué que mon monde physique et les autres autour de moi reflétent le monde intérieur.

 

NDERF : Vous avez mentionné le sentiment d’unicité auparavant. Le lien avec toute chose, tout ce qui est, que vous avez ressenti à l’état d’EMI. Pouvez-vous développer un peu plus ce qui concerne ce sentiment ?

Dans cet état d’EMI, j’avais le sentiment d’être reliée à tout. J’étais tout et tout était moi. C’est quelque chose de tellement difficile à expliquer, car les mots adéquats n’existent tout simplement pas. C’était comme s’il n’y avait pas de séparation, jusqu’à ce qu’on arrive dans la vie physique et que l’on regarde le monde au travers de l’intellect. En fait, on dirait que la séparation, c’est la pensée.

Il y avait TANT de clarté dans cet état mais, j’ignore comment, je n’avais pas le sentiment que cette netteté provenait de la pensée. C’était comme si quelque chose d’autre réalisait la compréhension, ce quelque chose était capable d’identifier la pensée comme étant séparée, comme étant la cause de la déconnexion d’avec tout ce qui est. J’ai eu la sensation que l’ego et la pensée ne faisaient qu’un. Donc, dans cet état qui est au delà de l’intellect, il n’y avait ni ego ni chaîne. Et tout ne faisait qu’un. Je ressentais la connexion avec TOUT. Il n’y avait ni discrimination ni jugement à l’encontre de QUI ou de QUOI que ce soit. J’avais le sentiment que la souffrance est provoquée par notre propre pensée se retournant contre elle-même. Que l’on soit criminel ou malade du cancer, c’était comme si tout provenait de la même chose. Tout provient d’une maladie ou séparation de la pensée. Ou de la manière dont l’intellect interprète la séparation.

Si seulement nous savions à quel point nous sommes parfaits et magnifiques, il n’y aurait pas d’hôpitaux ni de prisons. Il semble que l’imperfection soit la création de la pensée, le jugement également, TOUT ! En tant qu’êtres humains physiques, nous devons traiter l’information avec l’intellect. Et tout ce que nous percevons est séparation, en effet, c’est ainsi que notre pensée traite l’information. Mais au delà de l’intellect, nous ne faisons qu’un, nous sommes totalement interconnectés. En fait, nous ne sommes pas notre pensée... nous sommes bien, bien autre chose.

Néanmoins, alors que je me trouvais dans cet état, même si je sentais que je ne faisais qu’un avec tout, il me semblait toujours me reconnaître moi-même en tant qu’être séparé de l’unicité, comme si j’avais ma propre évolution. C’était comme si je possédais cet intellect, qui n’est pas moi, et pourtant, en quelque sorte… j’avais l’obligation de le faire « évoluer » de mon mieux, mais j’étais HORS de ma pensée, en train de l’observer. Lorsque nous sommes dans le physique, nous sommes DANS notre intellect, regardant à l’extérieur, la séparation entre toute chose devient plus saillante, évidente.

Il semblait que tous les problèmes et soucis du monde proviennent de notre pensée propre et collective. Il semblait que l’intellect collectif, avec toutes ses pensées et croyances, soit ce qui crée l’illusion dans laquelle nous vivons.

Mais je crois que nous avons toujours l’option de voir au delà et de créer différemment. Si je choisis de le faire, les personnes autour de moi sont influencées en conséquence. Nous pouvons vivre dans ce monde, mais décider de ne pas vivre dans l’illusion qui a été créée par tous les autres.

 

NDERF : En parlant de « pensée » quelle est votre opinion sur la télépathie ? L’envisagez-vous comme étant de la transmission de pensée ?

Cela semble se situer au delà de l’intellect, ne pas être de la transmission de pensée. Pour moi, cela semble être le lien que nous possédons les uns avec les autres, tel que je l’ai décrit plus haut, la connexion avec l’unicité, tout ce qui est.

J’ai le sentiment que nous nous connectons avec les autres lorsque nous sommes en contact avec ce lien universel. Pour moi, voilà comment cela semble se passer. Disons que, pour les besoins de la discussion, je sois capable de communiquer avec vous par télépathie. Ce qui se passe, c’est que j’ai fait le vide dans ma pensée, je l’ai rendue plus transparente, j’ai renforcé le lien avec l’unicité universelle. Vous faites de même, donc vous et moi accédons en quelque sorte à la même banque de données de « l’unicité ». Mais la raison pour laquelle cela semble être de la transmission de pensée, c’est parce qu’ici, dans le physique, nous communiquons tous les deux, nous nous connectons au niveau de la pensée. Cependant, comme nous accédons tous les deux aux mêmes informations en même temps depuis cette banque d’unicité, qu’ensuite nous utilisons notre pensée pour communiquer l’un avec l’autre, nous remarquons que nous sommes arrivés tous les deux à la même conclusion, nous l’interprétons alors comme le fait que nos intellects communiquent l’un avec l’autre. Mais en fait, nous nous sommes tous les deux reliés à la même banque « d’unicité ». C’est en quelque sorte ainsi que cela me semble être.

C’est la raison pour laquelle je pense qu’il est important de se débarrasser des chaînes de la pensée, la rendre plus ouverte pour se connecter à cette unicité. Alors les personnes qui conviennent pour nous, se relieront à nous car elles seront au même niveau de clarté, elles accèderont à la même banque d’unicité, au même niveau que nous. Les personnes qui sont fermées errent dans le brouillard, se heurtant aux autres personnes qui se trouvent également dans ce même brouillard, elles tâtonnent et luttent au long de la vie. Alors que celles qui se trouvent dans la clarté, sont transparentes, elles passent quasiment à travers celles qui sont dans le brouillard. Et personne ne peut se heurter contre elle ni les dévier, elles sont en effet tellement transparentes et légères au niveau énergétique. C’est à peu près ainsi que je ressens les choses.

 

NDERF : J’aimerais détailler un peu votre vie, peut-être un peu votre passé, vos croyances, comment vous menez actuellement votre vie. Vous avez dit que dans votre EMI vous compreniez tout en ce qui concerne la raison pour laquelle vous êtes ce que vous êtes. Pouvez-vous développer un peu plus ce sujet et votre situation de vie spécifique, comme la culture dans laquelle vous avez été éduquée, les croyances religieuses que vous pourriez avoir ?

Bien ! Je suis multi-culturelle et multilingue. Mes parents sont originaires d’Inde, je suis née à Singapour, mes grands-parents vivaient au Sri Lanka, mais j’ai grandi à Hong-Kong, j’ai reçu une instruction britannique. De plus, lorsque j’ai commencé à travailler, en partie à cause de mes compétences linguistiques, mon travail impliquait de voyager dans le monde entier.

Je suis née Hindouiste, mais je ne pratique pas. J’ai fréquenté une école internationale, j’étais entourée de chrétiens de musulmans, d’hindouistes, de bouddhistes, de taoïstes, etc., ainsi que de personnes qui n’avaient pas de religion du tout. Lorsqu’on grandit à Hong-Kong, la religion n’est pas un facteur important dans la vie, Car Hong-Kong est très multi-culturelle. Les croyances spirituelles semblent n’être qu’une philosophie que les gens tissent discrètement dans leur propre vie.

Je n’ai personnellement aucune croyance forte d’une foi quelconque, de quelque manière que ce soit.

Lorsque j’étais encore étudiante, J’étais très troublée parce que je n’arrivais pas à comprendre les contradictions criantes entre les différentes religions (nous sommes en effet confrontés à de nombreuses religions), je ne comprenais pas non plus les contradictions flagrantes entre les religions et la science. Je ne saisissais pas comment on pouvait nous enseigner un chose dans un cours de religion, au sujet de la création de la vie, puis apprendre quelque chose de complètement différent, sur le même sujet, dans un cours scientifique. J’ai passé de nombreuses années à chercher des réponses à mon trouble, mais je n’ai jamais rien trouvé de satisfaisant, en fait, jusqu’à ce que je vive mon EMI. Maintenant je ne cherche plus. Je ne connais toujours pas toutes les réponses, mais je ne ressens plus la nécessité de chercher. J’ai le sentiment que la mort m’a appris comment vivre.

Quoi qu’il en soit, au cours de l’état d’EMI, j’ai saisi l’importance du fait que je sois multiculturelle, j’ai compris pourquoi j’avais été exposée à des extrêmes en matière de culture et d’éducation (une combinaison de l’orient et de l’occident). Tout est devenu tellement, tellement clair pour moi. Lorsqu’on m’a donné le choix de revenir ou non, mon idée première a été de continuer dans la mort, car dans cet état, il n’y a pas d’attache avec les proches ici-bas. Mais immédiatement après, a suivi la compréhension ou lumière : « Je comprends maintenant ! Donc faites-moi repartir dans la vie et vivre cette nouvelle compréhension » ! Le sentiment était vraiment que le Paradis est un état, pas un endroit. C’est cette compréhension qui m’a fait revenir. A ce moment là, j’ai vraiment ressenti que, quelle que soit la direction que j’allais prendre, j’allais emmener le « Paradis » avec moi !

Par ailleurs, il m’a semblé connaître très clairement les raisons pour lesquelles mon (absolument merveilleux) mari était qui il était, pourquoi nous étions venus ensemble. J’ai compris qu’il nous restait encore beaucoup à faire tous les deux, et que si je choisissais la mort, il allait me suivre peu de temps après, comme si je sentais que nos desseins étaient étroitement liés. J’ai aussi en quelque sorte ressenti que si je ne revenais pas, j’allais manquer nombre des cadeaux que la vie comportait encore pour moi en raison de ce que j’étais devenue à ce moment-là. D’une certaine manière, je pensais : « Le travail est terminé. La scène est campée. Maintenant il ne reste plus qu’à y aller et exister ». Les mots ne sont pas adéquats, mais c’était en quelque sorte ainsi.

 

NDERF : Vous dites que dans votre EMI vous avez eu un aperçu de vie antérieure. Croyez-vous en la réincarnation, pensez-vous ainsi en raison de votre culture hindouiste ?

En fait, pour dire la vérité, c’est à cause de ma culture hindouiste que je l’ai interprété de cette manière, comme une vie antérieure. Mais en réalité, le sentiment était le même que tout ce que j’ai vécu dans cet état. Tout se déroulait simultanément. Donc, dans les faits, cela semblait être une vie parallèle. J’ai également vu mon avenir et tout semblait aussi réel, le passé, le présent et l’avenir. Tout paraissait se produire simultanément.

Il existe certains aspects de mon expérience que mon propre intellect à parfois du mal à saisir. Mais j’espère que cela viendra à un moment quelconque dans « l’avenir », à mesure que j’aurais développé ma propre pensée afin de l’appréhender. C’est une affaire de temps et d’espace complètement différent dans cette autre dimension. Donc, pour répondre à votre question, Je pense que nous devons modifier notre conception du temps, la manière dont nous l’appréhendons, afin de réellement le saisir et le comprendre. La sensation n’était certainement pas celle de « vies successives » ou « d’évènements successifs » tels que nous les concevons ici dans le physique.

C’est la même chose pour la vision de mon avenir, même si j’ai vu mon avenir se dérouler, j’avais toujours le sentiment de conserver le libre choix de ne pas l’atteindre, Ce que je voyais était le résultat que je pouvais attendre du déroulement de ma vie, si je persistais à « me souvenir de ma magnificence » pendant que j’allais suivre le cours de ma vie. C’est très difficile à expliquer, mais c’était comme s’il y avait des possibilités infinies, mais il m’était toujours possible d’atteindre la possibilité absolument meilleure en choisissant toujours de « me souvenir de ma magnificence ».

 

NDERF : Pouvez-vous détailler un peu plus la manière dont vous vivez votre vie maintenant, en étant capable de voir « au delà de l’illusion » ?

L’un des problèmes qui se pose à moi, c’est que le langage est limité et inadapté pour tenter d’expliquer ce que je souhaite dire. Il est tellement facile de mal comprendre, de mal interpréter les sentiments authentiques qui sont communiqués.

Tout d’abord, pour moi, la souffrance est une illusion. J’aimerais qu’il existe un meilleur terme à utiliser, car lorsque j’avais le cancer, si quelqu’un m’avait dit que ce n’était qu’une illusion, j’aurais été encore plus frustrée. Le sentiment éprouvé est alors : « S’il s’agit d’une illusion, alors pourquoi cela ME paraît-il tellement réel ??? » et « Alors, comment dois-je briser cette illusion ?? ». Ainsi, j’hésite parfois à utiliser le mot illusion lorsqu’une personne souffre. Cela peut provoquer encore plus de frustration. Mais pour le moment, c’est le seul mot qui me vienne à l’esprit pour expliquer ce que je tente de dire.

Lorsque j’étais malade, j’ai pensé que peut-être on ne découvre qu’après la mort que « l’illusion », c’est ici-bas. C’est-à-dire, quelque chose qu’on ne pourrait voir que d’un autre royaume, tant que l’on est dans celui-ci, on serait « enchaîné » à l’illusion. Je pensais que tant que l’on se trouve ici-bas, cela reste la « réalité » pour nous. Je n’aurais jamais pensé qu’il est possible de voir au delà de « l’illusion », de pouvoir malgré tout revenir et exprimer la vie dans le physique. Mais afin de pouvoir le faire, de revenir et de vivre à nouveau la vie dans le physique, je devais être préparée afin de voir la vie totalement différemment des autres. Peut-être que pour certaines personnes, l’idée de faire cela est plus difficile. Il est plus facile de ne pas revenir, que de vivre dans un monde de personnes qui ne voient pas la vie de cette façon. Dans le monde en ce moment même, rien ne nous engage à considérer la vie comlme une illusion.

Je vois maintenant la vie de la manière suivante : rien n’existe dans ce monde tant que nous n’en prenons pas conscience. Rien n’existe tant que nous ne l’exprimons pas, soit en tant qu’individu soit collectivement. Plus on prend conscience de quelque chose, plus cela devient réel dans le physique. Collectivement, nous sommes probablement en train de créer notre réalité physique par défaut, sans le savoir. Toutefois, en tant qu’individus, nous avons toujours le choix de créer différemment de ce qui est créé «extérieurement ».

Les problèmes auxquels nous sommes confrontés présentement, y compris la grande quantité de souffrance que nous endurons, sont dus au fait que nous n’en sommes pas conscients. Je n’ai pas de réponse universelle sur la raison pour laquelle nous n’en sommes pas conscients dès la naissance. Cependant, il est également tout à fait probable que si tout le monde en prenait conscience simultanément, alors ce serait le chaos car ce monde n’est pas préparé à fonctionner avec un « éveil collectif de l’illusion ». A mon avis, la façon dont nous considérons collectivement la réalité physique, a été confuse dès le départ.

Si je voyais encore le monde par mes yeux tridimensionnels, en mettant le physique avant la conscience, alors je devrais prendre les mots des médecins pour argent comptant quand ils disent : il est médicalement impossible que des milliards de cellules cancéreuses traversent le corps hôte en si peu de temps sans le tuer. Il n’est pas non plus médicalement possible que des milliards de cellules « disparaissent » juste comme ça, sans traverser le corps hôte. Si j’avais dû attendre que les scientifiques en aient d’ABORD eu la preuve, avant que je ne découvre que ma conscience dépasse TOUT ce qui est physique, alors j’aurais encore le cancer !

NDERF : Voilà ce qui m’amène à vous interroger sur votre dessein. Diriez-vous que votre dessein est simplement d’exister dans le physique maintenant, de vous y exprimer, ou bien y a-t-il autre chose ?

Pour moi, le but est d’ETRE, c’est différent d’être ICI. L’accent est mis ailleurs, quand on se focalise sur le fait d’être ici, on peut s’y perdre. Le monde physique est plein des « versions de la vie selon les autres ». Mais lorsque le dessein consiste à ETRE, cela signifie être SOI, ne souscrire qu’à SA propre version de la vie (ou créer sa propre version de la vie). Pour moi, cela signifie être l’expression d’exactement qui je suis.

Mon but est d’être moi autant qu’il m’est possible !

Avant mon expérience, Je poursuivais mon dessein extérieurement. Mais après mon EMI, j’ai découvert qu’il n’y avait rien en dehors de moi-même. Il n’y avait rien à poursuivre. Il me fallait simplement être, ensuite l’extérieur allait se mettre en place.

 

NDERF : Pouvez-vous détailler un peu plus la différence entre poursuivre votre but extérieurement (ce que vous faisiez) et simplement « être », ce que vous faites maintenant ?

Lorsque nos « aspirations » sont extérieures, le monde apparaît comme étant limité et en rivalité, on utilise des références extérieures pour juger son propre accomplissement. Pour moi, c’est là que se trouve l’illusion. Il n’y a pas de limite à la quantité d’existence, on semble mesurer le fait d’exister par l’accomplissement d’objectifs. Ce n’est pas mon cas, ni celui de la plupart des gens qui sont heureux. Mon intention est de modifier votre vision, pour que vous voyiez la magnificence de votre être, que vous soyez riche, pauvre, physiquement diminué ou non, avec la personne que vous aimez, ou non, etc..

Je suis maintenant recentrée sur le fait d’exister, je suis la créatrice de ma vie, c’est à dire, l’artiste de ma vie. Je ne reste plus là à réfléchir aux rivalités extérieures. Chacun d’entre nous est unique, avec des caractères et des talents spécifiques. Il me suffit d’exprimer ma propre existence, ma propre unicité. Un vrai artiste ne se préoccupe pas vraiment qu’un autre puisse créer aussi bien ou mieux que lui. Il est trop occupé à s’exprimer, purement dans le but de s’exprimer. Il a trouvé quelque chose intérieurement et ne fait qu’exprimer sa beauté intérieure, ainsi que la participation du monde en celle-ci. Plus on découvre et exprime de beauté intérieure, plus l’univers y participe et le reflète vers soi.

Voilà la différence entre « être » et « poursuivre ».

 

NDERF : pensez-vous que ce qui vous est arrivé puisse arriver à quelqu’un d’autre ?

Je n’en suis pas certaine, mais cela semble bien être le cas. Je n’ai absolument pas l’impression d’être « élue » ou particulière par rapport à qui que ce soit sur la planète. Est-ce que je crois que je peux « recréer » cet état, maintenant que j’en ai fait l’expérience ? Il me faut répondre oui. J’ai la sensation que je vis ma vie depuis cet état maintenant.

En ce qui concerne les autres, mon point de vue est que chaque personne est unique. Chacun d’entre nous traite différemment les informations. Certains sont plus logiques, d’autres plus créatifs, d’autres plus scientifiques, d’autres encore s’appuient sur la religion pour répondre. Mon avis est que cela n’a pas d’importance. Nous sommes tous uniques. J’ai une manière de traiter et d’exprimer qui pourrait ne pas convenir à nombre de personnes. Je ne suis que le produit de ma propre situation de vie.

Quels que soient les moyens utilisés par une personne pour traiter les informations de sa vie, je crois fortement que cela doit la servir, la développer, tout comme son approche du monde en mutation (ne pas la restreindre ou la limiter elle et son expérience de vie).

Qui ou quoi que vous soyez, ouvrez-vous à la possibilité que la vie sera peut-être différente si vous changez votre façon de penser maintenant.

En ce qui concerne ce qui s’est passé pour moi, c’est arrivé à une personne, pourquoi cela ne se produirait-il pas pour des personnes de plus en plus nombreuses ? Comment pouvons-nous réaliser cela en tant que conscience de masse ? Comment pouvons-nous nous développer pour le permettre ?

Je ne possède pas toutes les réponses pour tout le monde, uniquement pour moi, car je peux seulement savoir comment je traite les informations personnellement. Je suis seulement en mesure d’élaborer la manière particulière dont je permets à ces choses d’arriver.

Pourtant, dans l’état qui est le mien actuellement, je ne vois que perfection là où je suis, sans connaître de réponses absolues, en utilisant cet état comme mon propre voyage personnel, afin de me développer et de vivre plus chaque jour. Plus je m’exprime, plus je me sens reliée à l’univers.

Il me semble qu’un attachement aux croyances, une réticence à les abandonner, à envisager les choses d’une façon nouvelle, est ce qui retient la conscience de masse. Voilà ! Mais c’est seulement ma vision des choses !

 

NDERF : Pouvez-vous développer votre idée que c’est l’attachement des personnes à leurs croyances et leur réticence à y renoncer qui pourrait nous retenir en tant que conscience de masse ?

Il me semble maintenant que nos vies « physiques » ont été construites autour de choses qui présentent une certaine apparence. Gardez à l’esprit que les personnes sont dépendantes de la manière dont les choses sont organisées, et de leur apparence. Tout ceci conditionne notre subsistance, notre santé, notre bien-être et notre sécurité.

Les vies des personnes sont « construites » sur certaines croyances et leurs vies fonctionnent dans un cadre où toutes les autres personnes autour d’elles croient également que ces choses sont vraies. Si tout le monde autour de soi croit à quelque chose, on a tendance à le croire également, à penser que c’est la vérité. Et la vie évolue, en tant que conscience de masse, sur la base de ces « vérités » supposées. Cette façon d’être persiste depuis longtemps. Elle semble être solide, avec des fondements sûrs. Dans l’état quadridimensionnel, j’ai eu le sentiment que c’est de cette manière - tout le monde croyant et voyant la même chose - que nous avons créé la réalité physique actuelle, cette « illusion ». Cela, en soi, le rend vrai pour la conscience de masse.

Si nous, en tant que conscience de masse, croyions à quelque chose de totalement différent, alors le monde serait le point culminant de cette croyance collective. De ce point de vue, il semble vraiment que notre croyance collective crée cette « illusion », ou « vérité ».

Cependant, je souhaite ajouter ici qu’il est possible que nos sociétés telles qu’elles sont structurées actuellement ne soient tout simplement pas prêtes à connaître toute la vérité. L’humanité n’est pas prête à ce que « l’illusion » soit brisée. Tout est tenu en place par le fait que chacun croit et pense d’une certaine manière.

Donc, si quelqu’un arrive avec la capacité de voir au delà de cette « illusion », il est beaucoup plus facile pour ceux qui vivent encore dans l’illusions « d’abattre » le messager, plutôt que de modifier cette « illusion », ce qui créerait trop d’incertitude et de chaos. Cela ne peut se faire du jour au lendemain. L’inconscience collective humaine n’est pas capable de s’y confronter. TOUT devrait être considéré différemment si les hommes voyaient tout à coup au delà de l’illusion... et cela créerait le CHAOS, pas la paix ni l’amour (ce que tentent d’amener ceux qui voient au delà de l’illusion). Nos systèmes médicaux, judiciaires, éducatifs, religieux devraient être TOTALEMENT revus et réévalués. Cela ne peut être réalisé du jour au lendemain.

Ceux qui voient au delà de l’illusion, s’en rendent compte. Et ceux qui s’en rendent compte se recentrent sur la création d’une réalité pour eux-mêmes, sur la base de leurs propres croyances plutôt que sur la création de l’inconscience collective.

L’univers change au rythme qu’il est capable de soutenir, c’est pourquoi ceux qui voient au delà de l’illusion sont capables de voir la perfection dans le fait que les choses soient « exactement telles qu’elles sont ». Ce que l’on qualifie de « conflits », les guerres, les différences entre riches et pauvres, les contradictions entre religions et sciences, cela pourrait n’être qu’une manifestation naturelle d’une conscience qui s’éveille, qui commence à voir plus loin que l’illusion de l’inconscience collective créée par l’homme.

Tout se produit à un rythme parfait, acceptable par notre fragile communauté. La façon dont fonctionne notre monde actuellement n’est pas au niveau nécessaire pour accepter la VERITE AUTHENTIQUE. La collectivité ne semble pas encore capable de la tolérer. Peut-être ne le sera-t-elle jamais. Tant que nous sommes ici, peut-être sommes-nous censés traiter les choses à ce niveau. Pourtant, en ce qui me concerne, je ne doute pas que cette capacité (de vivre au delà de l’illusion) soit accessible à l’individu, s’il en fait le choix.

 

NDERF : S’il y avait un message ou une leçon de votre EMI que vous souhaiteriez faire connaître ou comprendre, quelque chose que vous voudriez crier sur les toits, de quoi s’agirait-il ?

Je voudrais que CHACUN de vous sache que chaque partie de lui est magnifique. Votre ego, votre pensée, votre intellect, votre corps, votre esprit, votre âme : vous êtes un superbe produit de la création de cet univers. Chaque part de vous est parfaite. Il n’y a rien à abandonner, rien à se faire pardonner, rien à atteindre. Vous êtes déjà tout ce que vous devez être. Nous rendons cela tellement compliqué. Mais ça ne l’est pas.

Si une religion fait que vous vous sentiez inférieur à Dieu, alors : soit vous l’avez mal interprétée... soit elle ne fait pas correctement son travail, elle ne vous enseigne pas la vérité. Si un Gourou ou un Guide ou un maître vous fait ressentir que vous n’êtes pas « encore » éclairé, que vous devez encore « apprendre », « renoncer » ou « abandonner » avant d’y parvenir, alors : soit il ne fait pas du bon travail en vous enseignant qui vous êtes, soit vous traduisez mal sa pensée.

La majeure partie de notre souffrance provient du fait que nous nous sentons « inférieur ». Nous ne sommes pas INFERIEUR A QUOI, OU A QUI QUE CE SOIT !! Nous sommes complets ! La seule chose qu’il vous faille apprendre, c’est que vous êtes déjà ce que vous cherchez à atteindre !!

Abandonnez-vous à votre unicité ! Exprimez-la ! C’est votre raison d’être, c’est pour cela que vous êtes ici dans le monde physique !!

 

Message du 30 Nov 2006 6h59

 

Bonjour Al ! Bienvenue sur le forum !

Vous avez posé cette question : « Comment peut-on supprimer quelque chose de sa conscience ? Je sais qu’on ne peut pas simplement le supprimer car cela ne le fait pas disparaître. Vous connaissez cette vieille blague : j’essaie de ne pas penser à un éléphant rose… Zut ! trop tard… »

Je vais vous donner une réponse très simple sur la manière dont je le fais dans ma vie quotidienne : je me concentre sur ce que je souhaite le plus. Par exemple, si je suis en mauvaise santé, je ne vais pas me focaliser sur la maladie, ni sur une tentative d’élimination de cette maladie. Au lieu de cela, je me concentre sur le bien-être, sur des actions pour mon corps qui me font me sentir bien et en bonne santé. Je vais également me focaliser sur des parties de mon corps qui fonctionnent sainement.

Nous avons tendance à donner beaucoup plus d’énergie à ce que nous ne souhaitons pas dans nos vies, par rapport à celle que nous donnons à ce que nous souhaitons. Autant j’ai remarqué que ma propre énergie s’épuise lorsque je me focalise sur ce que je ne souhaite pas, ou ce que je ne possède pas... autant je me sens galvanisée lorsque je me concentre sur ce qu’il y a de bon, de magnifique en moi.

J’espère avoir été utile, Al.

Très affectueusement,

                                                                                                                      Anita

 « N’attendez pas de mourir pour apprendre à vivre »

 

 

***

ANNETTE

 

Je suis une mamy de presque 62 ans et depuis l’âge de 24 ans environ, mon corps subtil se détache de mon enveloppe terrestre pour aller vivre des aventures toujours instructives, mais pas toujours agréables ! Ce n’est jamais moi qui provoque le phénomène.

Celà commence par des vibrations, alors que je suis endormie. Ces vibrations réveillent ma pensée et je peux les intensifier ou les faire cesser rien qu’en y pensant fortement. Quand les vibrations sont si « serrées » qu’elles en deviennent imperceptibles, il y a toujours un grand choc et ce que j’appelle affectueusement « mon corps léger » sort de moi... de façon différente à chaque fois, et c’est le moment ou il faut que ma « pensée saute d’une tête dans l’autre », sinon, je retombe dans mon corps physique ! Mon corps léger a des contours légérement brillants, l’intérieur est comme de la fumée de cigarette. J’ai conscience d’avoir tous mes membres, et surtout, je suis folle de joie. Si je le souhaite, je peux voir mon corps physique, mais il n’a plus d’importance, puisque ma pensée est dans le corps léger. J’ai eu la curiosité de le regarder une seule fois, et c’est tout juste si je l’ai reconnu ! Par contre, j’ai un mental fort actif et lucide, une vision pas toujours très nette, qu’il faut parfois « mettre au point ».

Dans cet état, je peux choisir ma destination (çà, c’était au tout début), mais avec les années, les voyages se font de plus en plus spirituels et ce n’est plus vraiment moi qui décide où je vais me retrouver !

Inutile de dire que pendant bien des années, j’ai usé de tous les subterfuges pour que cesse cet état qui me terrorisait et me promenait aux frontières de la folie... car mes expériences n’étaient pas belles et lumineuses comme elles le sont aujourd’hui. Mais j’avais un mari et 5 enfants, et personne ne devait s’apercevoir de rien... priorité absolue... sinon, ç’eût été l’internement, à coup sûr !

J’ai été torturée pendant bien des années et le 28 février 1998, (c’est pas très vieux), dans un de mes voyages, « on » m’a fait comprendre de « n’avoir plus peur... que de la peur ». A partir de ce jour, je me suis laissé aller au lieu de résister, et j’ai progressé... surtout en Tolérance, car la tolérance amène l’Amour... j’ai vu des choses extraordinaires que seule une personne l’ayant expérimenté peut croire ! Et chaque voyage, aussi beau soit-il, conduit à une méditation et une leçon de vie et d’amour...

C’est ainsi que mes proches ne me reconnaissent plus... et c’est ainsi que j’en suis malheureuse, car je ressens tout « trop fort ». Eux sont restés les mêmes et moi j’ai tellement changé... en mieux, bien sûr : je me sens un peu « mutante ». Les endroits où je me retrouve sont divers, et je ne sais jamais ce qui va m’arriver. Je sais pertinemment que ce ne sont pas des rêves....

Quand on a vécu çà, on ne peut plus confondre avec un simple rêve. J’ai vu des beaux paysages lumineux et aussi des entités, pas toujours très aimables qui trouvaient que je n’étais pas assez « pure » pour les côtoyer ! J’ai été très vexée cette fois-là ! Je suis allée jusqu’où il m’était permis d’aller, ensuite « on » me dit de repartir et « on » me reconduit gentiment, mais fermement dans ma chambre. Là, bizarrement, je perds toute force et mon seul refuge est mon physique.

Depuis 1998, à chaque réveil de voyage, je consigne tout par écrit et même je dessine ce que j’ai vu, mais à la rigueur je n’en n’ai pas besoin, car tout est resté clair et net dans mon esprit. Chaque détail est à sa place, depuis 40 ans !

 Non, je ne me drogue pas, je ne bois pas une goutte d’alcool, même pas de café, ni de cigarettes, j’ai une tension régulière à 13/8. A part de l’arthrose, je vais très bien, et de mieux en mieux avec moi-même et les autres. Je me suis souvent posé la question « Pourquoi moi » ?... et je viens d’avoir la réponse : « parce que tu es à l’école, tu apprends, tu es ici-bas pour apprendre et mettre en pratique tes leçons ». Je ne parle pas d’un Dieu quelconque, je ne l’ai jamais rencontré, mais d’entités pleines d’un amour et d’une compréhension indescriptibles, çà oui. C’est vrai qu’on se sent « chez soi » là-bas. Mais courage, on y retournera quand ce sera notre tour, et selon qu’on a mis en pratique les principes appris, le retour sera plus ou moins agréable... mais toujours pardonné pour les ratages.

Voilà, j’ai encore des milliers de choses à dire, bien sûr, mais ceci était pour David... David, tu es à l’école, tout comme moi... le chemin spirituel n’est pas facile, alors courage ! Et merci pour ce forum qui nous permet enfin de dire ce qu’on cache et qui fait mal, car on est poussé à partager notre savoir et nos expériences. Euh, j’ai oublié, je ne fréquente plus l’église depuis ma communion... donc, rien à voir avec la religion dans laquelle j’ai été élevée...

Merci d’avoir partagé ces moments de bonheur avec moi, car c’est un bonheur que d’en parler librement. Gros bisous à tous et peut-être @ +.................Une Mamy voyageuse....

Annette

P.S. : Je pense sincèrement qu’il doit y avoir pas mal de personnes qui sont devenues malades à cause de ce "don" ou "malédiction", selon comment on le ressent. Moi, j’ai poussé très loin les recherches pour m’assurer que je ne devenais pas folle. J’ai dû prétexter des maux de tête effroyables et incessants pour bénéficier de toutes les techniques modernes d’exploration médicale, et même subir une biopsie d’une artère de la tempe ! Tout ce fatras médical n’a rien donné, bien sûr, mais cela m’a énormément rassurée...

 

 

***

ANONYME

(vingt ans plus tard : souvenirs de ma mort et de ses conséquences)

 

Au début de mes études universitaires (1976 - University of Northern Colorado), je m’étais inscrite à une classe de tennis pour la session d’hiver. Comme il faisait trop froid pour jouer à l’extérieur, nous frappions des balles sur le mur du gymnase. Tout à coup, j’ai commencé à ressentir une migraine qui gagnait rapidement en intensité. Je me suis mise à craindre que, d’ici à ce que que la classe finisse, la douleur devienne hors de contrôle. On m’avait prescrit un médicament que je conservais en cas de douleur extrême. Je ne l’avais utilisé qu’en de rares occasions lorsque j’étais incapable de fonctionner normalement : je sombrais alors dans le sommeil pour 24 heures.

Je devais retourner au dortoir, je sentais que je ne pouvais plus attendre. J’ai pris le médicament en pensant que j’allais être paralysée sur place... et en espérant que quelqu’un m’amènerait au dortoir.

Selon mes plus lointains souvenirs, j’ai toujours eu des maux de tête. Pendant mon adolescence, ce fut pire encore. Les migraines duraient des semaines. J’étais terrifiée par cette douleur et convaincue que quelque chose n’allait pas chez moi, que je ne dépasserais pas la vingtaine. J’étais déprimée lors de l’anniversaire de mes 20 ans. Car je réalisais que je devais continuer – me planifier une vie – prévoir le futur – grandir. Huit mois plus tard, donc, durant la classe de tennis, j’ai utilisé cette médication réservée aux crises de douleur insurmontables.

Je continuais à frapper des balles sur le mur quand j’ai senti que le médicament commençait à paralyser mon corps. Je me suis mise en marche vers le dortoir : 15 à 20 minutes qui m’ont paru comme un instant. Je marchais seule et j’ai grimpé la colline par delà la librairie du campus. Puis, je me suis vue dans ma chambre de dortoir, préoccupée par un travail dû pour bientôt. J’ai commencé à me demander si j’avais pris le médicament ou si j’avais simplement pensé le prendre. J’ai conclu que je ne l’avais pas pris puisque j’étais réveillée et souffrante.

Alors, j’ai pris une dose et je me suis assise à ma table pour finir mon travail. Peu après, je perdis le contrôle de mon corps et je tombai sur mon document. J’étais toujours consciente et je ressentais ma migraine, mais je ne pouvais pas bouger ni ressentir quoi que ce soit plus bas que ma nuque. Je restais là, impuissante. J’ai appelé à l’aide, mais la femme de ménage passait l’aspirateur dans le corridor près de ma chambre et personne ne pouvait entendre mes gémissements.

Lorsque l’aspirateur s’arrêta, je criai de nouveau. Un étudiant m’entendit. Il entra avec précaution dans la chambre et, ne sachant pas quoi faire pour m’aider, il est allé chercher de l’aide. Il est revenu avec un ami, et à deux, ils se sont débrouillés pour me traîner jusqu’au lit. J’ai immédiatement sombré dans le sommeil.

Durant mon sommeil j’ai pris conscience que je n’avais plus aucune douleur. Je réalisais qu’il n’y avait pas un seul moment de ma vie où je n’avais pas ressenti d’inconfort physique. J’étais ahurie. Je ne ressentais ni migraine, ni lit sous moi, ni vêtements sur mon corps, pas même l’oreiller sous ma tête. C’était un tel soulagement. En même temps j’étais envahie par des sentiments de paix, de contentement, de joie, de bonheur et d’amour. Je me sentais incroyablement bien. Je ne trouve pas de façon d’expliquer aux autres à quel point je me sentais bien, pourtant, je m’en souviens très clairement malgré les vingt années qui se sont écoulées.

Une autre transformation s’effectua dans mon esprit. J’étais complètement éveillée et intéressée par l’expérience, mais mon mental n’avait rien à voir avec celui que j’avais toujours eu. Je comprenais tout ce qui se passait – je savais que j’étais morte, mais je ne ressentais pas la moindre parcelle de peur, d’incertitude ou de résistance. Tandis que je vivais cela, je pris conscience de ma compagne de chambre, Trina, qui entrait dans la pièce. Elle me regarda sur le lit du bas. Pensant que je « dormais », elle grimpa sur celui du haut. Je remarquai que le lit avait beaucoup bougé pendant qu’elle grimpait, mais que je n’avais ressenti aucune douleur. Je la vis prendre sa Bible, l’ouvrir aux Psaumes et lire. C’est quand j’ai commencé à lire par-dessus son épaule que j’ai réalisé que je n’étais plus dans mon corps. Je me suis regardée sur le lit, j’ai regardé Trina à nouveau, et j’ai pensé : « Elle ne sait même pas que je suis morte » ! Cela m’a amusée.

J’ai cessai de me concentrer sur la chambre pour profiter d’un moment de repos paisible. Le temps n’avait plus de réalité. Il se peut que ce soit durant cette période que j’ai reçu la connaissance dont je devais me rappeler plus tard – mais je n’ai pas de souvenir d’un quelconque apprentissage. Je n’avais même pas l’impression de bouger jusqu’à ce que je remarque un chatoiement de lumière à distance, que je réalise que j’étais dans le noir et que je me dirigeais vers la lumière.

Quand j’y repense maintenant, ça me rappelle quand j’étais enfant et que nous explorions les tunnels de voies ferrées près de notre école au Kenya. Ces tunnels étaient plus sombres que tout. J’étais effrayée par l’incapacité de voir, par les sons et par le fait de savoir que ces tunnels étaient remplis de chauve-souris. Je me souviens que j’étais soulagée lorsque j’apercevais un point de lumière à distance. Ma peur disparaissait au fur et à mesure que la lumière grandissait. Ce souvenir d’enfance est similaire à l’expérience visuelle que j’ai vécue en me dirigeant vers la lumière, mais les sentiments et les émotions ne pouvaient pas être plus différents. J’avais du plaisir au-delà de ce que l’esprit humain peut concevoir.

La lumière prit de l’expansion au point d’éliminer toute noirceur et je me retrouvai dans un endroit plus beau que tout ce que j’ai vu. Quelques années auparavant, j’avais vu la splendeur de Lake District au nord de l’Angleterre et j’avais été enchantée par cette beauté. Mais l’endroit où je suis allée à ma mort, était encore plus beau. Il y avait des collines, des vallons en série, et des cascades de ruisseaux. Le gazon était plus vert que ceux des quartiers les plus riches. Il faisait soleil et je marchais seule, admirant le paysage.

J’étais seule, mais sans éprouver de sentiment de solitude. Je ne me sentais pas seule, et lorsque je revois ces magnifiques collines, je ne me souviens pas d’avoir croisé personne avant d’apercevoir un homme derrière un muret de pierres. Je comprenais tellement de choses... je n’avais plus les limites du mental humain. Je savais que cet homme de l’autre côté du muret allait me conduire vers Dieu. Je savais que mon expérience était représentative de mes besoins. Je rencontrais quelqu’un en qui je pouvais avoir confiance. Une autre personne que moi aurait vu ce qu’elle avait besoin de voir. Mon mental humain habituel ne contenait qu’une collection de pensées très vagues concernant l’après-vie ; mais là, j’étais dans un lieu que je reconnaissais, et cet homme, je le connaissais depuis toujours. Je savais où j’allais et ce qui se préparait, et j’étais remplie de joie.

L’homme portait une tenue sport – jeans et chemise ample. Il démontrait de la gentillesse et de la compassion et se concentrait sur moi. Il m’a regardée dans les yeux et, soudainement, j’ai su que mon heure n’était pas venue. J’étais stupéfaite. Je savais que si je passais le muret, je pourrais continuer – j’avais le choix, mais nous savions aussi tous les deux que je devais retourner. En regardant son visage, j’ai dit : « Ce n’est pas le temps ». Et il a répliqué : « Non, effectivement ».

Il faudrait des pages et des pages pour décrire tout ce que j’ai appris et expérimenté mais cela m’a semblé se produire en un instant. J’avais vécu une seule minute d’après-vie, mais c’était une expérience très profonde.

Aussitôt que j’ai su que je devais revenir, j’ai rappliqué dans mon corps en un éclair. Ce fut violent, douloureux, effrayant. À chaque fois que je me rappelle cet incident, même maintenant après toutes ces années, je pleure. Je ne pouvais pas croire que j’avais décidé de revenir. Avais-je oublié la souffrance, le stress, la peur et les limitations reliés au fait d’être un humain (OUI !) ? Comment avais-je pu quitter la paix, l’amour, la joie et la beauté ? Je savais que j’aurais pu passer le muret. J’aurais pu continuer. Comme j’avais été folle de revenir !

Je regrettais ma décision et, en même temps, j’étais sidérée par la peur que l’esprit humain entretient vis-à-vis de la mort. Je savais que j’étais morte et j’avais peur. Même si j’avais gardé un souvenir clair de l’après-vie, j’étais tenaillée par les peurs que j’avais toujours eues et je ne semblais pas pouvoir intégrer mon expérience adéquatement à ce moment-là.

Lorsque ma compagne est descendue de son lit, j’ai été « réveillée » par une douleur intense causée par le lit qui bougeait. Je me souvenais de l’absence de toute douleur lorsqu’elle était montée. Les mots commencèrent à sortir de ma bouche - j’essayais de lui expliquer ce qui m’était arrivé. Sa première réaction fut le doute. Lorsque je lui ai mentionné le passage de la Bible qu’elle avait lu pendant que je « dormais » dans le lit d’en bas, elle fut incapable de répondre - elle coupa court à la conversation et alla probablement chercher de l’aide. La responsable du dortoir de notre étage entra. Ce n’était pas une amie intime, mais je la respectais. Elle écoutait et essayait de comprendre. Je la suppliai de ne pas me laisser dormir. Je lui ai dit que si j’avais une seconde chance, je ne reviendrais pas. Elle a fini par me quitter et j’ai dormi, mais on ne m’a pas offert de seconde chance de mourir.

Je n’avais jamais entendu personne parler de ce genre d’expérience. Je me sentais seule et confuse. J’ai rapidement cessé de parler de mon expérience parce que les réactions étaient négatives et blessantes. Mais j’ai commencé à réaliser que mon expérience m’avait beaucoup appris. C'est en réfléchissant à l’absence de douleur et à la paix incroyable éprouvée que j’ai perdu la peur de la mort que j’avais toujours eue. Cette peur n’est jamais revenue. Je sais ce qui m’attend et j’ai hâte d’être là à nouveau. Je suis très consciente d’être revenue pour une raison particulière. Je ne sais pas quel est mon but, mais je sais que je le connaissais parfaitementt avant de revenir. Je comprends aussi que je devais oublier cette étape. L’un des cadeaux les plus précieux reçus lors de cette visite dans l’après-vie fut le réconfort que je ressens à la mort d’un ami ou d’un membre de la famille. Ma tristesse est sincère - en terme de manque - par contre, je sais à quel point ils sont joyeux et libres.

Même si j’ai rarement parlé de ma mort, j’ai parfois essayé d’échanger sur ce que j’ai appris durant mon expérience car je suis consciente de posséder une connaissance qui dépasse ce dont je me souviens; par contre, ce dont je me souviens est clair comme le cristal. Le plus grand obstacle pour en parler, ce sont les mots. Je suis consciente que ce que j’écris est très loin de la réalité, de mes sentiments et de ce que j’ai appris.

Mes opinions religieuses ont beaucoup changé. J’ai été élevée dans un foyer chrétien et, à l’âge de 10 ans, je m’étais engagée à suivre Jésus. Mes parents étaient missionnaires en Afrique de l’Est. À l’époque je me sentais très loin de Dieu, ou rebelle par rapport à la morale de mon éducation, mais je me considérais chrétienne malgré tout. Durant ma mort, j’ai acquis une compréhension qui m’a fait dépasser mes anciennes croyances, mais quelque part, les nouvelles confirmaient les anciennes. Ça n’a pas été facile pour moi d’intégrer ce que j’avais appris.

La Bible, bien qu’inspirée par Dieu, a été écrite - et elle est lue - par des humains. C’est profond, mais c’est limité. Cela nous donne tout juste une idée de ce qui dépasse notre entendement. L’amour sans condition, non mérité et non gagnable de Dieu dépasse l’entendement. La joie, la paix, le bonheur, le contentement et l’amour que nous expérimentons dans nos vies, tout cela n’est qu’une ombre de l’après-vie. Notre idée de la rédemption répond à un désir d’obtenir ce qui nous appartient déjà. La façon dont nous la percevons, ne nous apporte qu’un pâle reflet de la réalité divine. Je ne cherche plus la vérité parce que je sais qu’en temps voulu nous allons tous comprendre comment les vérités s’entrecroisent les unes les autres.

Je suis donc beaucoup plus ouverte aux croyances différentes des miennes car je sais à quel point l’esprit humain est limité. Je sais que Dieu se présente à nous de la façon qui convient à nos besoins et nos croyances. Dieu lui-même, sous la forme de Jésus, a combattu pour apporter une compréhension à ses proches fidèles. La nuit avant sa mort, sa frustration était évidente puisqu’il réalisait qu’ils ne comprenaient pas et que son temps était échu. Jésus était limité par son humanité. L’Esprit Saint est limité par notre humanité.

La religion est le résultat de notre inaptitude à saisir la Spiritualité. Cela nous aide à comprendre. Mais cela peut aussi engendrer la souffrance, l’exclusion et la confusion.

Au début, j’étais seule avec mes expériences. Cela avait été un merveilleux voyage, mais l’incapacité de l’exprimer adéquatement (c’est toujours aussi difficile) m’a conduite à l’autocensure. Puis, un ami professeur en sociologie me parla d’un livre de Kübler-Ross. Son livre fut un immense soulagement : je n’étais pas seule après tout !

Il fallut plusieurs années avant que je rencontre le genre d’amis qui me savaient honnête et crédible – des amis à qui je pouvais confier mon histoire. Ces amis-là m’ont encouragée à en parler davantage, à lire d’autres livres sur la mort imminente et à mieux intégrer ce que j’avais appris dans ma vie.

Il y a eu des moments où je me suis sentie tellement dépassée par les événements de ma vie que j’ai prié pour mourir, pour avoir la chance d’expérimenter cet émerveillement encore. Mais j’ai fini par comprendre que, sachant ce qu’était l’amour inconditionnel, un tel contentement, une telle beauté et une telle paix, j’avais la capacité de l’appliquer à ma vie, ici et maintenant, et que je pouvais peut-être aider les autres - je n’ai pas besoin d’attendre de mourir. Car je possède les souvenirs nécessaires pour enrichir ma vie, ici.

Tant de choses ont changé depuis 20 ans, depuis que j’ai goûté à l’après-vie. Je ne suis pas certaine de pouvoir séparer ce qui provient de l’expérience de ce qui provient simplement de la croissance et de la maturité naturelle.

Ci-dessous l’esquisse d’un bilan...

 

AVANT

 

1. J’étais religieuse et j’avais beaucoup de questions.

2. J’étais terrifiée par la mort et le mourir.

3. La douleur de mes migraines et de mes maux de tête contrôlaient ma vie. J’étais dépendante des médicaments.

4. Je me débattais avec une pauvre image de soi.

5. J’ai vécu beaucoup de ruptures avec des membres de ma famille, et certains amis.

6. « Qui suis-je » était fortement relié à mon choix de carrière.

7. J’avais besoin d’objectifs précis pour avoir l’impression d’avoir un but.

8. Je me débattais avec les pressions de la vie.

 

MAINTENANT

 

1. Je suis plus spirituelle et je reçois beaucoup de réponses.

2. Mon réconfort sera de connaître la liberté et la JOIE allant de pair avec la mort.

3. Je contrôle mes migraines occasionnelles. Je prends seulement du Tylenol.

4. Je suis créative et indépendante et je suis très fière de mes succès.

5. J’ai beaucoup de plaisir en amitié et une merveilleuse relation avec ma famille.

6. « Qui suis-je » est relié à ma connexion avec Dieu, ma famille et mes amis.

7. J’ai un but, mais je n’ai pas besoin de savoir ce que je vais accomplir.

8. J’ai beaucoup de motivations pour vivre. Je ressens encore de la pression, mais je peux plus facilement la contrôler.

 

Il y a quelques années, une amie me demandait : « Si tu en avais encore la chance, passerais-tu le muret » ? J’ai répondu sans hésitation : « Oui, définitivement ». Elle répliqua : « Tu quitterais tout ce que tu as maintenant » ?

« Oui, je le ferais », lui répondis-je. Ce n’est pas que je veuille quitter mes enfants, mon conjoint, mes parents et tous mes amis, mais j’ai pu apprécier la chance qui m’a été offerte, et lorsque viendra le temps, ce sentiment de paix indescriptible sera de nouveau là pour moi.

 

 

***

ANONYME Dr INDIEN

 

« Je suis doyen médecin homéopathe, je pratique depuis plus de trente ans. Je vous envoie le détail de mon EMI personnelle pour publication. Vous pouvez indiquer mon adresse mail. Que les personnes qui ont le même état d’esprit se rassemblent et parlent de ce sujet important qui a impliqué la conscience collective indienne pendant des milliers d’années... avec mes chaleureuses salutations ».

En Inde, avec nos traditions philosophiques vieilles de plus de sept mille ans et les expériences de milliers de saints et de sages, nous croyons en une philosophie holistique de la Vie. Aucune expérience menée selon des « critères expérimentaux moyens » ou des études objectives du cerveau ne peut expliquer le fonctionnement de la conscience, qui relève du domaine quantique. La science moderne ne nous permet pas de définir une ligne de conduite.

J’étais sceptique au sujet des expériences transcendantales jusqu’à ce que j’aie moi-même une EMI en 1969. Après avoir subi une attaque de dysenterie sévère et une perte de sang, j’approchais de la fin. Soudain, j’ai quitté mon corps et l’ai regardé depuis le plafond. Dans cet état, je pouvais instantanément connaître et voir tout ce à quoi je pensais. J’ai pensé à ma mère. J’ai pu la voir courir paniquée sur un quai pour prendre un train. Plus tard, quand par chance j’ai guéri, j’ai pu corroborer le fait qu’à ce moment précis, elle courait sur un quai à des centaines de kilomètres de là afin de prendre un train pour venir me voir, ayant reçu un télégramme l’informant de mon état.

Comment l’esprit peut-il voyager dans l’espace et dans le temps ? L’esprit est une réalité transcendantale. Une entité quantique. La science n’a pas encore atteint ce niveau de compréhension. Comme le dit Shakespeare : « Il existe sous le ciel des Vérités dont on ne peut même pas rêver ! »

RECIT DETAILLE

 

L’incident s’est produit en septembre 1969. Malgré cela, comme l’EMI est une expérience profonde, elle est fortement gravée dans ma mémoire. Je me souviens instantanément de certains tout petits détails, bien que trois décennies se soient écoulées depuis.

J’avais trente sept ans à l’époque, et j’étais un homme solide. J’étais agnostique et sceptique vis à vis de la religion, ou de tout ce qui n’était pas strictement scientifique. Ma famille venait juste de déménager dans une petite ville appelée Eluru dans l’Andhrapradesh en Inde. En raison des conditions non hygiéniques là-bas, j’ai subi un accès de dysenterie grave. Je me suis fait soigner par un ami médecin à l’Hôpital Général. En dépit d’un traitement antibiotique vigoureux, mon état s’est détérioré très rapidement. Le pouls est devenu très faible, à peine palpable.

Le troisième jour de pleine lune à minuit, le médecin a été appelé, car mon état se détériorait rapidement et je m’effondrais. Tandis qu’il auscultait mon cœur, j’ai tout à coup quitté mon corps... depuis le plafond, je regardais mon propre corps ! La visibilité était très faible, comme si un nuage de fumée m’avait séparé du reste de l’environnement. La douleur sévère avait disparu. J’étais calme et tranquille. Soudain, j’ai réalisé que j’étais mort ! Mon Dieu ! J’ai amené mes jeunes enfants et ma famille dans un endroit étranger, et je les laisse sans aucune protection financière ou autre !

Tout était brumeux. Mais c’était comme si je pouvais voir sans la vue, entendre hors son. J’étais dans une autre dimension de l’existence. Je pouvais entendre les lamentations des femmes en dessous, et les conversations chuchotées. Une pensée s’est imposée à moi. A quel point la vie est absurde ! Au matin, le corps serait brûlé. Est-ce là tout ce qu’est la vie ? Et la mort, le terme vide de sens d’une succession de merveilles sans limites et d’opportunités innombrables ? La vie serait donc comme une bulle flottant sur la mer. Alors qu’est-ce que la mort ? Une entrée vers une autre dimension ?

Dans cet état hors-du-corps, je pouvais accomplir tous mes souhaits comme si j’étais omnipotent, omniscient : j’ai pensé à ma mère et je l’ai vue paniquée courir sur un quai de gare à des centaines de kilomètres de distance. Elle a confirmé plus tard qu’en effet, elle courait éperdument dans la gare de Vijayavada recherchant un train pour Eluru après avoir reçu un télégramme au sujet de mon état critique.

Je réfléchissais calmement et objectivement tandis que mon cerveau et mon corps gisaient en bas ! Comme si je n’étais pas cette personne touchée par la mort. L’évolution donne à la matière des niveaux de conscience de plus en plus élevés et la mort semble les saisir. Pendant que je méditais, j’ai pris conscience d’une présence. En une communication sans parole CELA m’a informé que je pouvais retourner dans mon corps, si tel était mon désir. Mais il ne fallait pas perdre de temps.

Alors, en cet instant critique, j’ai demandé une réponse à l’énigme de la Vie car cette pensée m’avait totalement absorbé. Il y a eu une belle vision d’étoiles passant près de moi dans un bruit de tonnerre. Au centre de tout ce tumulte se trouvait une lumière étincelante. Chaque étoile semblait être un petit centre de conscience. Elle fusionnait dans la conscience centrale et en émergeait selon le désir de cette VOLONTE cosmique qui resplendissait comme un soleil immense, énorme ! La vision a disparu et j’ai remarqué que le médecin baissait les yeux vers moi avec stupéfaction. J’ai souri faiblement et je lui ai dit que j’allais bien. L’infection virulente avait disparu et j’ai pu récupérer en quelques jours.

L’EMI ne peut pas être expliquée en termes objectifs ordinaires. J’ai subi une modification positive de ma personnalité. Toute mon arrogance a disparu.

 

 

***

ANTHONY M

 

Bonjour. Je m’appelle Anthony M. et je viens juste de vivre l’incident le plus horrible de ma vie. J’ai été tué dans un accident de moto et je suis passé de l’autre côté du mur ! Là, j’ai rencontré des membres de ma famille qui étaient déjà décédés, j’ai rencontré Jésus, j’ai vu le Paradis et j’ai eu finalement la chance de me voir accorder la grâce de revenir sur terre. Voici l’histoire de ce qui s’est passé et la façon dont j’ai été « poussé » à revenir à la vie, au lieu de rester dans l’au-delà.

Avez-vous déjà reçu un coup à la tête assez fort pour vous faire voir une éclatante lumière bleue ? Eh bien, cette lumière bleue éblouissante que vous percevez, si vous avez déjà été frappé au nez ou entre les yeux, cette lumière que vous voyez... c’est le chemin qui mène au ciel ! Après la collision - avec une voiture que je n’ai même pas vu arriver - j’ai senti une chaleur intense et cette lumière bleue tout autour de moi, quel que fût l’endroit où je regardais. Ensuite, j’ai ressenti une douleur extrême et de la chaleur tout autour de mon corps. Je ne savais pas ce qui ce passait, ni à quoi m’attendre... mais je ne me suis pas bloqué, car cela m’interpellait.

D’ailleurs, j’ai entendu : « Anthony, tu es très gravement blessé, viens par là »... ce que j’ai fait. J’ai suivi la lumière bleue qui montait en spirale. Plus je me sentais à l’aise en suivant la lumière, plus la douleur et l’intense chaleur s’évanouissaient. Je suis monté vers la lumière jusqu’à ce que je ne sois plus capable de discerner quoi que ce soit en dessous de moi. Ensuite, le chemin de lumière s’est transformé en marches. Entendons par là que je ne flottais plus mais me tenais immobile sur une seule marche qui était de la même couleur que la lumière bleue. Dès que j’en gravissais une, une autre apparaissait, puis une autre... et ainsi de suite. J’ai monté l’escalier jusqu’à ce que je ne puisse pas aller plus haut. Quand je me suis trouvé à quelque 10 ou 15 pieds du sommet à atteindre, les marches de lumière ont cessé d’engendrer de nouvelles marches. Alors, je me suis arrêté et j’ai regardé vers le haut.

J’ai vu une petite passerelle blanche en pierre avec un garde-fou en fer forgé et en chêne de teinte sombre. J’ai levé les yeux vers la gauche de cette passerelle. A cet endroit, se tenait ma famille : mon père, deux de mes sœurs, ma grand-mère et mon oncle. Le centre du pont manquait et le côté droit se trouvait entièrement vide. A ce moment, j’ai essayé de parler à ma famille mais c’était exactement comme s’ils ne pouvaient pas ou ne voulaient pas m’entendre. Ils regardaient tous droit devant eux, à travers moi, quelque chose derrière moi, au dessus de ma tête, qu’ils devaient aimer et admirer, parce qu’ils souriaient tous et paraissaient si paisibles, si aimants...

C’était si beau là-haut ! Pas de nuages, pas d’arbres, pas de saleté, pas d’herbe - que du blanc. Le blanc le plus pur, le plus éclatant que j’aie jamais vu. Il luisait presque. Après le pont se trouvait un énorme bâtiment. Fait de pierres blanches et de petites fenêtres carrées. A ce moment-là, je n’ai pas su quoi penser, mais maintenant que je suis de retour et que j’ai eu le temps de réfléchir - je pense que c’était peut-être le Ciel.

La première personne qui m’a parlé, c’était mon père. Il m’a dit « Anthony ! Qu’est-ce que tu fais ici ? » Je lui ai répondu : « je ne sais pas ». Puis il a dit : « Anthony, tu sais, mon blouson » ?... j’ai répondu « oui »... « Eh bien ! Il ne te revenait pas. Il appartient à ton frère. Qu’est-ce qui serait arrivé si tu avais porté ce blouson quand tu as eu cet accident » ? J’ai répondu « Accident » ? Je ne savais absolument pas de quoi il parlait parce que j’ignorais qu’une telle chose s’était produite. Ensuite, mon père m’a montré le blouson de cuir que je portais quand la voiture m’a touché. Il était entièrement lacéré. Maintenant, je savais ce qu’il voulait dire. Si j’avais porté son blouson au moment de l’accident, il aurait alors été, lui aussi, complètement mis en pièces. C’était comme si mon père pouvait entendre mes pensées, car il a dit ensuite : « Mais alors que serait devenu ton frère ? J’ai pensé : « Sans le blouson de mon père qui voulait dire tellement de choses pour eux deux »... Mon père m’a dit : « Arrange-toi pour que ton frère récupère ce blouson aussitôt que possible, il n’était pas pour toi... il était pour lui ». J’ai répondu : « Oui, papa, je le lui rendrai le plus tôt possible ».

Au moment où je m’apprêtais à parler à mes sœurs, cette lueur blanche, opalescente les a tous entourés. Elle paraissait si éclatante, si pure, pareille à l’énergie la plus bienfaisante qu’on puisse trouver ! Ensuite, entre la lueur teintée de blanc et leurs entités proprement dites est apparue une autre ombre, mais cette fois faite de l’or le plus pur et le plus éclatant que l’on puisse imaginer. Je me suis retrouvé dans l’adoration la plus complète. Les mots ne pourraient décrire la formidable émotion dans laquelle j’étais plongé. Puisqu’ils paraissaient tous si heureux, je les enviais.

Ensuite, je me suis élevé jusqu’à l’endroit où se tenait ma grand-mère et j’ai essayé de repousser ses cheveux en arrière. Je voulais savoir ce qui se trouvait entre eux et l’éclatante lumière pure. Mais, comme je faisais le geste d’atteindre sa chevelure, j’ai senti sa main qui écartait la mienne. Je l‘ai regardée, comme pour l’interroger : « Granny ? Qu’est ce que tu fais ? Tu me manques tellement » ! Puis, j’ai essayé encore et encore, et elle a repoussé ma main à chaque fois, en disant : « Anthony… tu n’as pas besoin de regarder cette lumière, elle n’est pas pour toi. Tu dois repartir ». J’étais proprement abasourdi. C’est alors que Norma, Audrey, Granny et Oncle Carl se sont mis à me parler. Ils disaient tous à l’unisson : « Anthony ! Ce n’est pas ton heure. Tu dois t’en retourner. Il te reste tant de choses à vivre ! Ce n’est tout simplement pas ton heure ! Va t’en. J’ai répondu : « Mais ça fait tellement mal ! Je ne crois pas être capable de retourner et, en plus, je ne sais pas comment faire » !

A ce moment précis, un rayon de lumière effilé est descendu sur ma droite - comme une puissante lampe halogène dans la nuit sombre. J’ai levé les yeux pour localiser la source de lumière et c’est alors que j’ai vu Jésus flotter au sommet du rayon de lumière. Il est descendu vers moi, toujours en flottant. Ensuite, il m’a regardé droit dans les yeux et a dit : « Alors, Anthony, qu’est-ce que tu vas faire » ? J’ai regardé Jésus droit dans les yeux et dit : « Tu veux dire que j’ai le choix » ? Jésus a répondu : « Bien sûr que tu as le choix. Tu as été très grièvement blessé dans un accident. Personne ne pourrait te blâmer si tu restais en haut ». Je me suis alors mis à penser : « Qu’est-ce qui va se passer avec ces gens, en bas, que j’aime tant » ? Alors Jésus a mis sa main sur mon épaule, m’a fait pivoter sur moi-même et, sans prononcer un mot, m’a demandé de regarder en bas. J’ai regardé en bas, là où tous les gens que j’aimais et chérissais se tenaient ensemble, si tristes et si perdus. Et Jésus m’a dit : « C’est ce que ta mort fera aux gens que tu aimes ».

Et puis, il m’a ouvert leur coeur. J’ai pu voir ma femme Ann, ma mère Grace, mes frères Daren et Buvy, mes soeurs Christie et Diana. Leurs cœurs étaient déchirés et du sang s’égouttait des lambeaux. Jésus m’a dit que leurs cœurs étaient brisés. J’ai aussi vu mes beaux-enfants Nicolas et Danielle. Ensuite, Jésus a dit : « C’est ce à quoi ressemblera le futur sans toi dans leurs vies ». J’ai vu ma mère avec dans le cœur une peine qui ne disparaîtrait jamais. Elle disait des choses dans le genre : « Pourquoi mon petit bébé tellement unique » ? J’ai alors regardé Ann. Elle ne quittait plus jamais la maison, elle avait arrêté de manger, s’était mise à fumer davantage et, plus grave encore, n’avait plus jamais de rendez-vous amoureux, ne sortait plus. Ensuite, j’ai vu Danielle. Elle avait environ vingt ans et se préparait pour descendre l’allée centrale de l’église, sans personne pour la conduire à l’autel. Elle était tellement triste. Elle voulait un mariage conventionnel et elle aurait donné n’importe quoi pour que je me trouve là, que je puisse la voir si jolie et si fière ! Elle savait que j’aurais agréé le mari qu’elle avait choisi. Un homme énergique, semblable à celui que j’étais. A cet instant, le choix n’était plus difficile - je savais que je devais revenir. Je me suis mis alors à entendre les prières de tous les gens qui se souciaient de moi. Ma femme, Pauline Morin, mes anciens voisins, ma mère, mes beaux-parents, et mes frères et sœurs. Je pouvais entendre leurs pensées et leurs prières et donner un coup d’œil circulaire pour voir qui disait la prière. Une fois que j’avais reconnu la personne, une des marches disparaissait et je devais descendre d’un pas.

Alors, j’ai dit à Jésus : « Je voudrais rentrer ». Je pense réellement que Jésus a approuvé ma décision, car il a dit « Ce n’est pas ton heure. J’ai des projets plus importants, bien meilleurs pour toi ». Ensuite, j’ai pensé : « Comment faire avec la douleur ? La guérison ? Est-ce que je serai encore moi-même » ? Là encore, Jésus doit avoir lu dans mes pensées, car il a dit : « Personne ne peut traverser ce que tu as traversé et revenir les mains vides. Je vais te renvoyer avec quelque chose ». Alors, de sa main droite il a saisi ma main droite. Puis, avec sa main gauche, il l’a placée derrière ma tête dans un mouvement de caresse. Toute ma douleur a disparu à ce moment, et à la seconde où il a placé sa main gauche derrière ma tête, mes pieds se sont dressés jusqu’à ce que je me retrouve à un angle de près de 45 degrés. Nous avons alors amorcé une descente qui était aussi douce que celle d’un escalator, jusqu’au moment où nous nous sommes trouvés juste au-dessus du Maine Medical Center. Alors, comme si nous avions été des fantômes, nous sommes entrés par le toit jusqu’à la salle d’opération où mon médecin était en train d’opérer mon crâne et mon cerveau sévèrement endommagés et, à ce moment, Jésus a continué de glisser en douceur et a replacé mon esprit dans mon corps d’un geste très subtil. C’est tout ce dont je me souviens.

*

Après l’impact, j’ai ressenti une immense douleur ainsi qu’une chaleur intense. La lumière bleue m’environnait, quel que fût l’endroit où je regardais. Elle m’appelait à elle mais pas avec des mots ou en utilisant le langage. Plus exactement, je faisais partie de la lumière et du tunnel.

Au début, la lumière était bleue. Puis elle est devenue blanche. C’était un blanc opalescent, il luisait presque mais ne brillait pas. Il était éclatant mais pas trop, comme une lueur éclatante de pureté. Pur, mais pas dans le sens habituel du mot. Pur comme quelque chose que vous n’avez jamais vu auparavant et ne pourriez jamais décrire ou exprimer en mots. Comme une aura qui se trouvait partout, mais à l’intérieur de vous. Mais aussi autour des membres de ma famille qui brillaient, mais pas réellement. C’était blanc tout autour d’eux mais un blanc opaque, comme une ombre en trois dimensions. Une âme. Une présence. Ensuite, entre cette ombre et leur véritable entité, est apparue une ombre dorée près de la surface de leur corps, parfaitement mélangée à l’ombre opaque. Pas de zones grises, mais pas de noires ou de blanches non plus. On ne peut le décrire, le dessiner ou même l’imaginer. Il faut y avoir été.

Je pouvais entendre les gens prier pour moi mais ce n’était pas des paroles. J’étais capable d’entendre leurs pensées comme des mots, mais pas avec mes oreilles. Je me sentais vraiment au chaud, sans crainte, heureux de voir ma famille, et particulièrement ma grand-mère.

Ils étaient à environ 15 pieds (près de 5 mètres) en face de moi, légèrement sur la gauche, un peu plus grands que moi, mais pas vraiment. Ils étaient tous là : mes oncles, mes soeurs, mon père et ma grand-mère.

Ils étaient tous l’un à côté de l’autre, mais pas dans un ordre précis comme, par exemple, ma grand-mère en premier, ma sœur à côté d’elle à gauche, etc. Ce n’était pas du tout comme cela. Ils étaient là, se tenant l’un à côté de l’autre mais sans aucun ordre ni endroit précis. Ils étaient juste là. Ils paraissaient tous si paisibles et si aimants. Ils regardaient dans ma direction, au-dessus de moi, au-dessous de moi, à travers moi, quelque chose qu’ils admiraient ou respectaient et aimaient. Le premier à communiquer fut mon père.

J’ai appris que je ne faisais pas ce que j’aurais dû faire. Je savais que je devais aider d’autres gens mais ne savais pas comment ni pourquoi. J’ai su que je devais revenir parce que ma famille en vie comme ma famille disparue disaient que je devais le faire.

Je pense que j’ai peut-être vu le Ciel lui-même. C’est difficile à décrire car tout était blanc. Pas d’arbres, d’herbe ou de saleté, juste du blanc. Pas de ciel, pas de terre, pas d’espace, pas d’endroit. Juste une présence.

Je pouvais voir et entendre le futur et le présent dans le même temps. Je pouvais entendre tout le monde en même temps, mais individuellement. Difficile à expliquer...

Je savais combien j’étais aimé. Je savais combien on avait besoin de moi. Je savais que je devais retourner car j’y étais poussé (convaincu de manière subliminale). Je savais que j’étais fort. Je savais à quoi m’attendre lors de mon retour.

J’étais limité par les escaliers de lumière que je suivais, jusqu’à ce que plus aucune marche ne se génère. Je ne pouvais pas monter, aller plus loin, à gauche ou à droite, descendre ou repartir par où j’étais venu.

J’ai vu ma fille se marier à vingt ans. Elle en a seulement dix-huit actuellement, aussi c’est le temps qui dira si c’est exact.

J’ai reçu le don d’une mémoire photographique et je suis maintenant gaucher.

La première fois que j’ai partagé cette histoire remonte à la minute même où je suis sorti du coma. Je l’ai partagée avec qui voulait m’entendre. Ma femme a apporté mon ordinateur portable et je lui ai dicté l’histoire. Je l’ai partagée avec toute personne qui voulait bien m’écouter et j’ai imprimé plusieurs copies pour les neurochirurgiens qui m’ont sauvé la vie, les infirmières qui se sont occupé de moi, mon médecin généraliste, mon employeur, mes amis et ma famille. J’ai rendu tellement de gens heureux en leur faisant partager cette histoire ! Je les ai fait rire, pleurer. Cela a apporté de l’espoir à ceux qui étaient malades et la paix à ceux qui avaient perdu quelqu’un.

Je ne savais des EMI que ce qui se dit dans la presse populaire des supermarchés, et dans les reportages ou émissions télé à sensation.

La façon dont j’ai récupéré après mon accident tient du miracle. J’ai été touché à la tête par une voiture surgissant sur ma moto. J’ai été projeté à 76 pieds (environ 25 mètres) et j’ai atterri sur la tête - sans casque - me défonçant le crâne, me brisant le cou et le dos sur les aires de remorquage. Le gars qui m’avait percuté a couru dans sa maison pour faire le 911. Le flic qui a répondu se trouvait à moins de 200 m de mon accident. L’appel a été scanné et le voisin immédiat du type s’est trouvé être un technicien ambulancier de repos qui a stabilisé mon état et a pratiqué la réanimation cardio-pulmonaire sur moi jusqu’à ce qu’une ambulance arrive, trois minutes plus tard.

J’étais seulement à 10 minutes du Maine Medical Center et les meilleurs neurochirurgiens de la Côte Est (qui s’étaient déplacés de Boston, Massachusetts, pour une conférence dans notre ville) se trouvaient déjà dans la salle des urgences quand je suis arrivé. J’ai été cliniquement mort pendant 33 minutes, avant d’être ranimé et de survivre par moi-même (enfin, pas vraiment). Je suis resté sous assistance médicale pendant près de deux semaines. Comme le technicien ambulancier en repos avait commencé à pratiquer une réanimation cardio-pulmonaire presque immédiatement, je n’ai pas souffert de dommages à long terme au cerveau. On m’a enlevé un tiers du cerveau. Surtout sur les lobes temporaux, puis frontaux et ensuite sur l’occiput. Après moins de six mois de thérapie, je n’ai pas de déficits neuronaux, cognitifs, émotionnels/psychologiques. On avait dit à ma famille que je ne passerais pas la semaine si je sortais du coma, ou que si je sortais un jour du coma, je serais « semblable à un légume, comateux dans le meilleur des cas ». On avait dit que j’aurais de la chance si je survivais mais que j’aurais besoin d’une aide constante pour le restant de ma vie. On a aidé ma famille à trouver des infirmiers à domicile dans le sud de l’Etat du Maine. Si vous me rencontriez aujourd’hui, vous ne devineriez jamais que j’ai eu un accident aussi horrible.

L’ensemble de l’expérience fut constructif et important. Ma vie a changé définitivement et dans le bon sens. Ma femme disait toujours qu’elle savait que je l’aimais. Mais elle sentait en permanence que je n’avais jamais réellement « besoin » d’elle. Elle a dit que, maintenant, je lui donne l’impression qu’elle a de l’importance, lui fais sentir que je l’aime, que j’ai besoin d’elle, et que ma vie serait dépourvue de sens si elle n’en faisait pas partie. Et c’est vrai. J’étais toujours vantard, arrogant, égocentrique et agressif. Maintenant, je suis calme, patient, compréhensif, aimant, attentionné, sympathique, capable de compassion, j’ai un élan pour la vie et les gens qui s’y trouvent.

J’étais un entrepreneur à la poursuite du tout-puissant dollar. Après l’accident, j’ai fermé mon entreprise et j’ai commencé à travailler dans le secteur social. Je travaille à aider des enfants et des familles défavorisés à surmonter les obstacles qui se dressent sur leur chemin, afin de rendre leur vie plus complète et plus heureuse. Je gagne maintenant en deux semaines ce qui me prenait un jour et demi auparavant. Mais je suis capable de faire profiter d’autres gens de mes expériences de vie, connaissances et savoir-faire. Je suis bon dans ce que je fais, et c’est ce que Dieu attendait de moi à mon retour. Et c’est un sacré travail, mais qui en vaut vraiment la peine !

Le simple fait que j’ai survécu est médicalement inexplicable. Cela peut être vérifié auprès de plusieurs médecins, spécialistes, chirurgiens, etc... Les chirurgiens qui m’ont opéré m’ont dit : « Anthony... il n’y a aucune explication médicale au fait que vous ayez récupéré d’une manière aussi remarquable après votre accident. Après ce que vous avez traversé, une intervention divine demeure la seule explication ».

Comme je l’ai déjà souligné ci-dessus et tout au long de mon récit, j’éprouve un respect nouveau pour les gens que j’aime et ne prends plus jamais rien pour acquis. En outre, j’étais toujours incertain quant à ce que les gens éprouvaient pour moi, mais maintenant, il n’y a plus de problème. Je les aime, j’ai besoin d’eux, les apprécie et, en retour, je sais qu’on m’aime, qu’on a besoin de moi et qu’on m’apprécie. Il n’existe pas de sentiment plus agréable !

Je vais davantage à l’église, j’ai toujours été croyant, mais je suis maintenant vraiment croyant. Je me sens offensé quand quelqu’un parle mal du Seigneur en ma présence et je porte religieusement le crucifix que j’ai eu pour ma première communion. Je ne suis pas un dévôt borné, mais je vis religieusement. Je ne jure pas, je n’intoxique pas mon corps, je suis loyal, confiant et respectueux à l’égard de ma femme, mes enfants, mes frères et mes sœurs. Je fais mon possible pour aider ceux qui en ont besoin ou le demandent, et je m’efface toujours au profit de l’autre. Je tire mon bonheur de celui des autres. Je suis impliqué, zélé, dévoué, serviable, respectueux, patient, miséricordieux, à l’écoute et je me montre très chaleureux et aimant envers tout le monde.

Je voudrais ajouter que je souhaite à chacun de traverser une expérience similaire à celle-ci, l’accident mis à part. Elle a changé ma vie à jamais, pour le meilleur. Je pense que si chacun avait l’opportunité d’expérimenter ceci, le monde serait tout à fait différent. Remarquez que j’ai dit « différent », pas « meilleur ». C’est tout un état d’esprit, une façon de penser. J’ai aimé l’après-vie, mais j’aime aussi ce monde. C’est seulement que cette expérience induit une nouvelle manière de penser, une autre perspective, un meilleur comportement. Je pense que cela pourrait nous être utile à tous.

Je voudrais ajouter que lorsque je me trouvais là-bas, il n’y avait aucun doute. Mais plus j’ai de temps pour penser et réfléchir, plus j’essaie de rationaliser des choses où la réflexion n’a pas de place. C’était un moment où je me trouvais, mais je n’y étais pas, je pense. Est-ce que cela a du sens ?

 

 

***

ANTHONY N

 

Je venais d’entrer dans ma chambre, il était 21 h 15, j’étais assis sur le lit lorsque j’ai subi un attaque d’asthme sévère. Tandis que je perdais connaissance (en raison du manque d’oxygène, j’imagine), j’ai entendu une voix près de mon oreille. Le ton et le rythme de la voix dénotait une bienveillance absolue, un calme total qui contrastait fortement avec la panique que je ressentais à cause de la respiration interrompue. Cette voix n’était pas la mienne, elle me disait de ne pas m’inquiéter, qu’elle allait s’occuper de moi, que je devais la suivre. A ce moment là, j’ai quitté mon corps, je me suis regardé, allongé sur le lit, les yeux ouverts. J’étais totalement calme, sans peur. La voix m’a dit qu’elle voulait me montrer quelque chose, j’ai senti que je me déplaçais très rapidement en direction d’une lumière, et lorsque je suis entré dedans, je me suis retrouvé en train de voler dans un autre monde.

Tout dans cet autre monde était fait de ce que je ne peux décrire que comme de la lumière liquide. Tout était vivant, le sol, les montagnes, même le ciel. La voix était toujours avec moi, elle ne m’a jamais quitté pendant toute l’expérience. Elle m’a dit que l’endroit où je me trouvais était le monde « réel », que j’avais une tâche à accomplir pendant mon séjour là-bas. Je me suis posé sur le bord d’une montagne au sol dénudé, il n’y avait ni arbre, ni herbe, ni rivière etc.. la lumière était partout mais il n’y avait pas de soleil, la lumière semblait provenir de tout, même de l’air.

Environ à mi-hauteur sur la montagne, se trouvait un grand rocher. Sur ce rocher il y avait une brillante dalle dorée (je sais que cela paraît bizarre)... la voix m’a dit que je devais aménager un jardin sur la montagne, et que chaque année une dalle allait apparaître en haut du rocher. Avec ces dalles, j’étais censé construire un chemin gravissant la montagne depuis la base jusqu’au rocher. On m’a dit de planter en haut de la montagne des arbres ressemblant à des chênes ou autres...

Je suis resté là pendant TRES longtemps, durant ce temps la voix était toujours présente, je ne me suis jamais senti seul et je n’ai jamais demandé pourquoi je me trouvais là, j’étais totalement en paix, sans cesse imprégné de sentiments de joie absolue et d’un amour entier. Je savais que la voix était la personne/chose la plus digne de confiance dans l’univers. Au cours des années, j’ai regardé pousser les arbres, ainsi que les fleurs et les herbes que j’avais également plantées. Les couleurs des fleurs étaient différentes de toutes celles que j’avais vues auparavant, comme si, là-bas, il y avait 20 couleurs dans l’arc-en-ciel. Je suis incapable de les décrire car il n’y a tout simplement pas de référence vis à vis de leur apparence.

On m’a enseigné de nombreuses choses. Je pouvais (à défaut d’une expression meilleure) « voir dans l’âme des personnes ». J’ai compris en un instant toutes les ramifications de toutes nos actions sur autrui, la colère née de la douleur et de la peur, ainsi que nombre d’autres enseignements dont je considère maintenant qu’ils définissent la condition humaine. Puis j’ai vu chaque personne sur la planète interconnectée par des lignes. Le sentiment d’amour et d’empathie qui m’a traversé était tellement écrasant que mon cœur a paru sur le point d’exploser !

Environ 2500 ans après mon arrivée, la dernière dalle est apparue sur le rocher. J’étais conscient de chaque année, ce n’était pas comme dans un rêve, c’était un « temps réel », pour autant que cela ait un sens. Le chemin s’étirait maintenant de la base jusqu’au rocher, mais au cours des ans le rocher avait progressivement changé de forme, il avait maintenant une apparence cubique, comme un genre d’autel. Les arbres que j’avais initialement plantés avaient poussé, les branches s’étaient arquées, les troncs avaient épaissi, formant en haut de la montagne ce que je ne peux décrire que comme un temple. La voix m’a dit que la première partie de ma tâche était accomplie, je devais maintenant mettre un pied sur le chemin. Je suis allé en bas de la montagne et j’ai mis un pied sur le chemin. A cet instant j’ai été broyé par la plus déchirante et insupportable douleur, mais la voix m’a dit de ne pas sortir du chemin. J’ai demandé ce qu’était cette douleur, car elle n’était pas physique, la sensation était (et à nouveau cela paraît bizarre) semblable à une douleur spirituelle. La voix m’a dit qu’il s’agissait de la douleur du moindre péché que je pourrais commettre contre ma propre âme. Il m’a été communiqué qu’il ne s’agissait pas du péché dans un quelconque sens religieux, dans ce cas, c’était la douleur de ma propre âme causée par une blessure que je pourrais m’infliger moi-même durant ma vie. J’ai continué à gravir le chemin, chaque fois que faisais un pas, la douleur ressentie était pire que la précédente, près du sommet j’ai dit à la voix que je n’allais pas pouvoir terminer.

La voix était douce et patiente, elle a dit qu’elle était avec moi et que j’allais terminer, que j’avais besoin des leçons enseignées. Je me suis alors très violemment mis en colère, j’ai demandé pourquoi j’avais été placé ici tout ce temps pour subir une souffrance aussi terrible. J’ai poursuivi jusqu’au bout du chemin avec les encouragements et la présence de ce qui était (c’est alors seulement que je l’ai compris) un être spirituel supérieur. J’ai atteint l’entrée du temple aux arbres, j’ai pénétré à l’intérieur, il s’y trouvait le seul autre être que j’aie vu durant tout mon séjour là-bas. Il était de dos, agenouillé, comme en prière.

Je me suis à nouveau mis en colère, je me suis précipité vers cette silhouette, disant que je savais maintenant que tout était réel, pourquoi devais-je alors subir toute cette souffrance. La silhouette s’est levée et s’est retournée, c’était indescriptible, un être de perfection, fait de ce que je ne peux décrire que comme de l’amour pur. Je savais qu’il s’agissait de la source de la voix. J’étais bouche bée après tout ce qui s’était passé, j’ai seulement réussi à dire : « Je peux te voir ». L’être m’a touché la joue avec douceur en disant simplement : « Et maintenant, tu sais... il est temps pour toi de repartir ». On m’a aussi dit que le jardin que j’avais créé continuerait à exister à cet endroit pour toujours, que j’allais y retourner un jour.

Tandis que je sortais avec l’être du temple aux arbres, j’ai vu pour la première fois d’autres personnes allant vers le temple, assises sur l’herbe, regardant les fleurs, discutant et riant. L’Etre a souri en disant : « Regarde ce que tu as accompli ici ». Je me suis senti totalement submergé, mais j’ai alors instantanément été réintégré dans mon corps, que j’ai immédiatement ressenti comme incroyablement lourd, confiné et presque non naturel. L’attaque d’asthme était totalement terminée, j’ai jeté un coup d’œil au réveil qui affichait 21h23. l’expérience entière avait pris environ 8 minutes, depuis l’attaque initiale jusqu’à mon retour. Je ne l’ai jamais raconté avant, car je pense que la plupart des gens diraient qu’il s’agissait d’une hallucination. Je peux seulement dire que c’était plus « réel » que tout ce que j’ai vécu dans ce monde. 

*

Au moment où je me suis vu de haut, je n’étais que pure conscience, sans corps. Dans « l’autre » endroit, j’avais une forme physique, mais mon corps, comme tout le reste là-bas, était fait de lumière liquide.

Une voix était là, avec laquelle j’ai conversé durant un nombre d’années considérable. Par contre, la transition entre ce monde et « l’autre côté » fut extrêmement brève et rapide.

La lumière était vivante. La voix m’accompagnait. Finalement, j’ai rencontré le propriétaire de cette voix, puis j’ai vu d’autres personnes qui venaient dans le jardin quand il a été terminé.

J’étais dans un autre « monde », un monde purifié. Je suis resté là-bas pendant plus de 2500 ans. Tout est un, chaque chose fait partie de tout le reste. A un niveau plus pratique, tandis que j’étais là-bas j’avais immédiatement accès à toute la connaissance désirée. J’ai aussi été informé des conséquences de tout ce que j’avais pu dire ou faire aux autres autour de moi. Puis, il fut temps de repartir. J’avais compris que j’avais terminé ce pourquoi j’avais été amené là.

Quand je suis revenu, j’ai conservé une grande partie du savoir auquel j’avais eu accès. Je connaissais intuitivement les réponses aux choses. J’ai tout de même fini par suivre des cours de philosophie à l’université d’Oxford.

Depuis cette expérience, et alors qu’ils agonisaient - ou juste après leur mort - j’ai été visité par des membres de ma famille et des amis de celle-ci. Cela s’est produit à la fois lors d’expériences vécues tandis que je dormais - très différentes des rêves cependant - ainsi que consciemment à l’état de veille. Je sais bien à quoi cela fait penser, mais je ne me considère pas comme étant particulièrement religieux ou vraiment porté sur la spiritualité. Aussi bizarre que cela puisse paraître, après tout ce que j’ai écrit plus haut, je me considère comme étant rationnel, les pieds sur terre et pragmatique. Je n’adhère pas à un quelconque nouveau mouvement, ou autre...

Les expériences que j’ai eues et que je continue d’avoir (parfois de façon inopportune) sont réelles et vécues. Je ne revendique pas la capacité de les prouver, j’ai cependant fait passer des messages à plusieurs personnes au cours des quelques 15 dernières années, cela ne se produit pas souvent et je n’en retire absolument aucun profit personnel, bien au contraire : dans certains cas, j’ai été tourné en ridicule (c’est compréhensible j’imagine).

Je ne crains absolument pas la mort et je ne la considère pas non plus comme la fin. Je suis très conscient de mes propres actes, du type de relations que j’entretiens avec les autres, le monde, etc...

Je suis beaucoup plus compréhensif envers les autres, je ne me considère pas comme particulièrement matérialiste, même si je travaille en tant que responsable marketing dans l’industrie. L’argent et les biens ont peu de signification pour moi. Les personnes sont ce qui importe le plus.

J’ai fait cette expérience trop tôt pour que je puisse dire ce qui se serait passé si je ne l’avais jamais vécu. Cela a eu un fort impact sur ce que je suis. Bizarrement j’étais triste d’être de retour dans ce monde, de ne plus être là-bas.

J’étais très jeune quand c’est arrivé. Par la suite, pendant un certain nombre d’années, j’ai considéré l’avenir comme quelque chose que je devais traverser pour retourner là-bas. Au cours des dernières années, j’ai atteint la compréhension et la paix à ce sujet.

L’important, c’est que je sais qu’il existe autre chose. L’émotion pure et la profondeur que j’ai ressenties là-bas sont très difficile à transmettre fidèlement.

 

 

***

ARTHUR

 

Quand j’ai vécu cette expérience, en 1988 (j’étais extrêmement malade, 41° de fièvre pendant une semaine), je ne savais rien des EMI, j’en étais totalement ignorant. Mon expérience est nette. Tous les membres décédés de ma famille ainsi que de bons amis étaient là pour m’Accueillir et me guider, j’ai vu des anges emplissant toute une prairie, la musique était tellement gracieuse qu’elle ne souffre aucune comparaison avec quoi que ce soit sur terre. Beaucoup de choses se sont passées, on m’a même montré des évènements qui seraient survenus plus tard si j’étais resté là-haut (au paradis).

On m’a dit de me marier avec une certaine femme, que nous allions avoir deux enfants : un garçon, puis une fille. C’est ce qui s’est passé. Y penser me fait monter les larmes aux yeux, la joie me donne la chair de poule ainsi qu’un sentiment de vénération au-delà de toute description. L’amour était partout, mais ce sentiment ne peut être exprimé, de sorte qu’on ne peut restituer les émotions engendrées par l’évènement.

On m’a donné le choix, nous avons eu une longue discussion, on m’a montré les films de ce qui allait se passer chez moi si je restais avec eux et que j’allais vers la lumière qui approchait. J’ai lutté pour revenir et j’ai franchi le tunnel à toute vitesse, retournant d’où j’étais venu. J’ai percuté le lit avec un boum qui a dû être audible : trois infirmières ont accouru, remerciant Dieu parce que la fièvre était vaincue !!!

A mon retour, j’ai douté de l’endroit où j’étais allé, il y avait en effet là-bas deux amis encore en vie. Mike, un client de Londres s’y trouvait, il portait un manteau de sport en cachemire vert, tenant un club à manche en bois. Une amie d’enfance, Betsy, souriait et m’a embrassé. Les autres étaient morts, certains d’entre eux étaient des arrières-grand-parents, je ne les avais vu qu’en photo et jamais je ne les avais rencontrés.

Tout ceci s’est produit pendant la première semaine d’octobre 1988, alors que j’étais traité pour la maladie du légionnaire. A Thanksgiving, ma mère m’a dit : « J’ai une triste nouvelle, ton amie Betsy est morte l’été dernier ». Un premier frisson m’a parcouru le bras.

Pendant les fêtes de Noël, j’ai appelé Mike, et l’on m’a dit qu’il ne pouvait pas répondre parce qu’il était mort. J’ai demandé : « Comment, où, quand » ? On m’a répondu : « En juillet dernier au tournoi annuel ‘LLOYDS GOLF’. La partie était terminée et il venait de se rhabiller pour dîner, il a eu une crise cardiaque ». J’étais sans voix : la confirmation de l’endroit où j’étais allé m’a frappé comme une tonne de briques.

COMMENT MIKE ET BETSY SONT-ILS VENUS A MA RENCONTRE ? COMMENT LA COMMUNICATION S’EST-ELLE FAITE ? COMMENT ONT-ILS SU QUE J’AVAIS PASSE LA LIGNE A L’HOPITAL DE MIAMI ? Comment ? Je me suis cent fois posé la question.

Salutations, Arthur

 

***

BENNY G

(10.10.04)

 

J’ai subi une défaillance cardiaque qualifiée de « Mort subite par fibrillation ventriculaire ». En deux jours, je suis mort cliniquement trois fois. La première, c’est quand on m’a déclaré mort à l’arrivée à l’hôpital... on m’a montré les papiers.

Je n’ai pas flotté au dessus de mon corps, ni quoi que ce soit de ce genre. Je me suis instantanément retrouvé dans « l’au-delà » et, chacune des trois fois, je l’ai compris instantanément. Chaque fois que je suis mort, ce fut identique, comme si cela se reproduisait.

Le « savoir » ne s’est pas répété, il a plutôt progressé. Je n’avais pas peur. La première chose que j’ai vue, c’est un visage. Pas celui de Jésus, ni de Dieu, ni d’une figure religieuse, c’était un visage « universel », c'est-à-dire qu’il ressemblait à tous les visages qui existent ou ont existé, masculins et féminins. Ses yeux étaient comme tous les yeux qui existent ou ont existé, masculins et féminins. Si un portraitiste de la police me demandait de le décrire, j’en serais incapable. Il était très proche, peut-être à 50 cm. J’étais tellement hypnotisé par ses yeux, que je ne me souviens plus s’il avait des cheveux ou même un corps, cela n’avait aucune importance.

Il me regardait très calmement en me demandant : « Qu’as-tu fait » ? J’ai répondu : « Je ne comprends pas ». Encore une fois, très calmement il m’a répondu : « Si, tu le sais ». A cet instant, comme frappé à la tête par une batte de base-ball, j’ai commencé à voir des images de mon passé. Je n’ai pas eu le syndrome « voir toute ma vie défiler en un éclair», c’était des évènements précis de mon passé, certains paraissaient banals, d’autres sérieux. Banals comme, par exemple, dans la situation suivante : quelques années plus tôt, un chat affamé était venu à ma porte en miaulant pour demander à manger, et je l’avais fait partir. Des choses de ce genre. Très réalistes et tout à fait exactes (culpabilité ??? Je l’ignore). Graves dans une situation que je ne vais pas décrire mais au cours de laquelle se sont produites de mauvaises choses, alors que j’étais plus jeune. J’ai compris que quand on va dans « l’au-delà », on n’est pas « jugé », mais qu’on se « juge » soi-même. On n’est pas tant jugé sur ce qu’on a fait dans sa vie que sur ce qu’on n’a pas fait. Ce concept était tout à fait écrasant, on ne peut en effet se tromper soi-même.

Par ailleurs, c’était comme si on m’avait ouvert la tête et qu’on avait déversé dans mon esprit toute la connaissance de l’univers, avec le volume et la pression d’une lance à incendie. Je comprenais tout. Tout. Ce n’était pas « divin » c’était plutôt comme un évènement de « conscience cosmique ». Je voyais le « Grand Esprit » (si vous voulez) dans tout. Tout est vivant ou constitué de cette conscience qui englobe tout. Dans la terre, les roches, la respiration d’une chèvre des montagnes, une bactérie E-coli, le vent vaporeux sur Mars, la peinture de mon bureau, les vents solaires, les étoiles. Tout.

Tout.

Je ne suis pas en train de dire que maintenant je « sais » tout et pas vous, ni que je suis meilleur que vous. Cela m’a ouvert un œil neuf. Maintenant que j’y réfléchis... nous ne sommes pas meilleurs que le plus petit des microbes, nous pensons seulement que nous le sommes, c’est notre ego qui nous éblouit... mais je comprends tout ! C’était comme être jeté dans un océan de compassion.

Je sais que c’était réel. Qu’on me croie ou non, je m’en fiche. Je ne vais pas non plus aller le crier sur les toits, ni participer à l’émission d’Oprah Winfrey. En fait, d’une certaine manière, je suis désolé que toute l’humanité ne voie pas cela. Mais je « sais » également pourquoi on ne lui montre pas au cours de cette vie. J’ignore comment l’expliquer... tout ceci est arrivé seulement quelque mois auparavant, je progresse difficilement dans tout ce que j’ai vu et ressenti. C’est tout à fait bouleversant, magnifique, merveilleux, parfois j’en pleure de joie... comme en ce moment ! C’est la raison pour laquelle j’ai du mal à écrire cette histoire.

Je n’en ai parlé qu’à deux personnes : au collègue qui m’a fait le massage cardiaque et ramené à la vie en salle de formation, et à ma femme. Trois personnes en vous comptant.

Je n’ai pas peur de mourir. Nous ne devrions pas pleurer les morts non plus. Qu’ils nous manquent, qu’on s’en souvienne, oui... mais pas les pleurer. Ma femme ne le comprend pas, mais ce n’est pas grave. Je ne m’attends pas à ce que quiconque comprenne ce que je tente de dire.

C’était tellement merveilleux, éclairant, fantastique que personne ne pourrait le croire. Et cela n’a pas été provoqué par le « manque d’oxygène » au cerveau. C’était aussi réel que de prendre un coup de sabot de mule dans la tête.

En deux jours, je suis mort cliniquement trois fois. La première fois on m’a déclaré mort à l’arrivée à l’hôpital. On m’a montré les papiers.

Ce n’était pas un rêve. C’était aussi vrai que les impôts.

Je n’en suis pas sûr, mais j’ai entendu un genre de violoncelle très profond... comme s’il était très loin. Incertain... j’étais focalisé sur d’autre pensées.

J’étais tellement concentré sur ce que je voyais et ressentais, que je ne me souviens pas s’il y avait de la lumière ou de l’obscurité. C’est curieux que je ne m’en rappelle pas, mais j’imagine que cela ne m’importait pas. J’avais la sensation de pouvoir aller n’importe où, simplement en y pensant. Mais à ce moment là, je me sentais bien à l’endroit où je me trouvais.

Environ 1 minute s’est écoulée « ici », cela pourrait correspondre à des heures, des semaines, des mois « là-bas ». Le temps n’importait pas. Je suis totalement en paix, maintenant. Pas seulement avec moi-même, mais aussi avec le monde.

Comme je l’ai écrit plus haut, je « comprends » maintenant. Je pense que la vie est trop précieuse pour qu’on la supprime, à moins que ce ne soit absolument nécessaire. Et je suis heureux d’avoir vu ce que j’ai vu. L’émerveillement était tellement écrasant qu’il fallait que j’en parle à quelqu’un, j’avais l’impression que, sinon, j’allais exploser.

Parallèlement, je sentais que si je n’en parlais à personne, ce serait tout aussi bien. Difficile à expliquer... je suis à l’aise, je n’ai pas peur de la mort, tout est exactement à sa place. Je dois travailler ma compassion.

 

 

***

BOBBI D

(09.07.09)

 

J’étais entraînée en arrière, le visage orienté vers la terre mais je ne me souviens pas de l’avoir vue. Je savais que je la quittais. Je n’étais pas « dans un tunnel », c’est le tunnel qui était créé autour de moi par la vitesse incroyable à laquelle je me déplaçais. J’y repense quand je vois les traînées de condensation des avions à réaction dans le ciel. Le réacteur crée la traînée, c’est similaire. Il n’y avait aucune peur dans cette expérience, même si ce qui arrivait à ce moment là m’était inconnu. Je me suis rendu compte que j’avais quitté mon corps, que j’étais morte. Mais cela m’était égal, j’étais en paix.

La vitesse a commencé à diminuer, j’ai eu le sentiment que j’arrivais quelque part. Là se trouvaient six esprits, je les voyais nettement, ils portaient les vêtements de leur époque sur terre. Cinq étaient des hommes, l’autre une femme. Je n’en avais connu aucun sur terre. Pourtant, j’ai immédiatement compris qu’ils m’aimaient tous profondément, sans condition, intégralement. Je les considère maintenant comme un comité d’Accueil venu à ma rencontre à un endroit précis.

Sur le moment je ne pensais pas à tout cela. J’étais sereine, heureuse, libre. Ils m’englobaient dans un amour immense. Tout est mis à nu là-bas. Mais il n’y a ni honte, ni culpabilité, ni tromperie, ce n’est pas possible là-bas. Il y a compréhension totale sans même avoir la pensée de devoir comprendre. Une compréhension totale dans une clarté parfaite, présente depuis toujours. Je dois développer cet aspect parce qu’il existe une grande différence entre notre réalité physique et la réalité authentique après la mort du corps.

Là-bas dans cet endroit hors du corps physique, tout ce que l’on est, sent, pense, est exposé à tous : sentiment et compréhension dans une clarté parfaite. Ce qui comptait le plus n’était pas ce que j’avais fait pendant la vie physique mais qui j’étais, celle que j’étais à l’intérieur, mon âme importait davantage que tous les actes physiques que j’avais accomplis. En d’autres termes, seul importait qui j’étais vraiment en mon âme à ce moment là. Ce qui ne veut pas dire que toutes mes expériences de vie physique n’avaient pas significativement contribué à former la personne que j’étais, en fait elles y avaient effectivement contribué. Et l’influence des actions physiques sur l’âme ne peut être négligée. C’est difficile à expliquer. On pourrait croire qu’on peut nuire à autrui, ou avoir de mauvaises pensées à l’égard des autres, que ce n’est pas grave tant qu’on reste soi-même une belle personnalité... mais c’est faux. Cela change effectivement l’âme, on ne peut rien y faire. Toutefois, les actes physiques n’étaient pas aussi importants que la personne (moi) créée par ces expériences. C’est là-dessus qu’on met l’accent quand on considère autrui dans cette dimension-là.

Par contre, je ne pouvais pas voir ce que les esprits qui m’Accueillaient avaient fait dans leur vie physique. Simplement, je voyais (sentais et comprenais avec une clarté parfaite) qui ils étaient intérieurement, exactement comme eux pouvaient me voir clairement. Tout cela se passait par sentiments/pensées se produisant simultanément à une vitesse incroyable. Je voyais les lèvres bouger tandis qu’ils parlaient, mais je n’entendais pas comme on entend dans le monde physique. L’élément temps, tel que nous le connaissons dans la vie physique, n’existe pas. Par exemple, une des âmes qui m’ont Accueillie a dit à une autre âme, lentement, en plaidant, en faisant des pauses : « Elle a tant subi, on devrait lui permettre de rester ». Physiquement, au rythme qu’elle suivait, il aurait fallu quinze secondes pour le dire, cela n’a pourtant nécessité aucun délai là-bas, ce fut instantané. Même si je sais que cela paraît bizarre. Un individu qui communique ressent la notion de temps. Mais le temps n’existe pas en termes physiques. C’est le plus magnifique des langages, parfaitement clair, compréhensible, libérateur, parfait. Je n’ai décelé aucun timbre qui aurait permis d’identifier une voix particulière. Ce n’est pas ainsi. Le timbre existe. C’est simplement un timbre qui identifie une âme particulière, pas quelque chose qui soit audible physiquement.

La suite va être difficile à comprendre pour vous. Je vais donc vraiment m’efforcer de l’expliciter. Tout se passe simultanément, ou mieux, se chevauche. Imaginez un millier d’évènements et des gens qui parlent exactement au même moment. Et vous comprenez chaque détail de tout ce qui se passe. Je comprenais avec une clarté parfaite chacune des six âmes qui parlaient exactement en même temps, je connaissais également le plus profond de leur cœur, ainsi qu’une multitude d’autres évènements et d’informations que j’avais le privilège de recevoir, tout cela exactement au même moment. Il n’y a pas l’ombre d’un doute sur ce qui est dit grâce au mécanisme de cette forme de communication (les âmes sont à nu, de plus on le ressent et on sait que c’est la vérité). Et on ne remet rien en question, ce n’est pas utile. On sait instinctivement qu’il s’agit de la véritable forme de communication. Instantanément on sent qu’on a été libéré de toutes les limitations des liens physiques, qu’on est enfin chez soi, à sa place. Pourtant, je ne me souvenais absolument pas que cet endroit fût chez moi. C’était plutôt savoir instinctivement, intuitivement, que j’étais à ma place. Le doute n’existe pas là-bas, il est impossible. Tout ressort d’une connaissance parfaitement claire.

Ce qui est le plus mis en relief dans cette expérience, c’est l’AMOUR. On est si totalement englobé dans un amour qui n’existe pas dans notre monde physique. Quelle que soit la profondeur de l’amour que l’on porte à ses enfants, on ne peut l’y comparer. Cet amour est le plus pur, le plus authentique, le plus profond, le plus absolument irrévocable qu’on puisse JAMAIS imaginer. Toutefois, je me rends compte que vous pourriez dire : « C’est bien ce que j’éprouve pour mes enfants » : c’est aussi ce que je dirais moi-même. Mais cela va bien au-delà de ce que ces mots peuvent décrire. Et je pense que c’est parce que la communication se fait sous forme de sentiments. C’est renversant. Quand on reçoit cet amour, il n’est pas appréhendé par la pensée, il est RESSENTI par l’âme. Et l’immense sentiment de ce parfait amour pénètre directement dans le cœur, comme une émotion que l’on vit. Pour l’exprimer ainsi, cela peut mettre l’âme à genoux dans un grand souffle de sensation. Toutefois, ce n’est pas écrasant dans le mauvais sens du terme, ça l’est totalement de la meilleure manière imaginable. Une fois qu’on y a goûté, on est changé pour toujours. C’est une béatitude complète. C’est ce qu’on a toujours voulu et tellement plus encore. J’étais en vénération d’être tant aimée. Je le suis encore et le resterai toujours.

Il existe une grande lumière vers laquelle j’étais poussée à aller, mais je n’ai pas pu le faire. De loin, j’aurais comparé cette lumière aux représentations du soleil avec les rayons qui en émanent. La lumière est moins grosse à son origine quand elle est loin, les rayons s’écartent à mesure qu’ils s’éloignent de la source. Plus la lumière est proche, plus son point d’origine grossit, jusqu’à ce qu’on soit tellement proche que ce point d’origine illumine tout le champ de vision. Cette lumière est la source de l’amour « renversant ». C’est probablement la raison pour laquelle l’instinct dit : « J’en voudrais davantage, je vais là-bas. ». Par contre, cela ne signifie pas que je ne ressentais pas un immense amour de la part des âmes individuelles que je rencontrais, au contraire. L’amour qu’elles me portaient était suffisant pour totalement saturer une vie entière d’être humain.

Simplement, quand je me suis rendu compte qu’il y avait davantage d’amour, encore plus grand, et que j’ai réalisé que cette source d’amour était encore plus proche de moi en termes de relation, je l’ai désirée encore plus. C’était comme si l’entité émettant cet amour incroyable envers moi était celle qui me connaissait le mieux. Cet amour dépassait ce qu’une mère ou un père éprouvent pour leur enfant. Donc, en un sens, j’étais attiré vers mon plus proche parent, même si, sans l’ombre d’un doute, ce n’était pas le genre de parent que l’on connaît dans le monde physique. La sensation était plus réelle que n’importe quelle relation dans le physique. Maintenant, je considère cette lumière comme Dieu. Et je suis reconnaissante qu’elle ait révélé son amour pour moi lors de mon expérience de mort.

Bien, je vais vous donner les détails de l’expérience en termes humains, même si je pense que ces détails sont totalement insignifiants en comparaison des aspects réels et importants que je viens de vous communiquer : en arrivant à l’endroit où les six âmes m’ont Accueillie, j’ai perçu leur amour par le biais de leurs pensées/sentiments. Je me sentais libre, merveilleusement bien. Simultanément, elles ont tenu entre elles une longue conversation pour savoir si on me permettait de rester (je ne sais où). Quoi qu’il en soit, j’étais heureuse de rester simplement là où j’étais. Autour d’elles régnait un univers teinté de bleu profond (mais pas un sentiment sombre), c’était agréable. Il n’y avait aucune terre, j’avais plutôt l’impression que les âmes étaient venues à ma rencontre dans un endroit de l’univers où il n’y a aucune terre. Ce n’était cependant pas antinaturel, bien au contraire : cela avait l’air davantage naturel que sur terre. Cela semblait juste.

Je revois encore nettement les visages dans ma mémoire. Elles étaient d’avis que je sois autorisée à rester. J’étais tellement heureuse. En aucun cas je ne voulais repartir. Pas question ! Je n’avais aucun doute là-dessus. J’avais été libérée de la prison exigüe de mon corps physique. Ma pensée était mille fois plus affutée, libre et en mesure de fonctionner à pleine capacité, avant ma mort j’ignorais que cela fût possible. L’amour était incomparable. Jamais je n’allais repartir volontairement. J’étais en train de visualiser un millier d’images concernant l’univers et l’histoire en cours, mais je n’étais pas en mesure de toutes les saisir. On m’a par contre accordé une compréhension totale au sujet de la vie, en mettant l’accent sur l’importance de la vivre telle qu’elle est donnée et sur le fait que nous ne faisons qu’un.

Je ne participais pas à la conversation qui se poursuivait à mon sujet. Je n’étais qu’observatrice. Puis la lumière s’est rapprochée, chacun en a pris conscience, se concentrant sur elle. Il y a eu une pause tandis que l’attention de tous se mobilisait. Une femme est apparue, entièrement environnée de lumière (tout le champ visuel). Pourtant, les six autres âmes n’étaient pas entourées de lumière, seulement la femme. C’est difficile à décrire. C’était comme si le champ de vision n’avait été empli de lumière que si on regardait cette femme. Mais si on observait les autres âmes, toutes étaient entourées d’un agréable arrière-plan bleu. Comme les autres âmes, la femme m’aimait profondément, même si son visage arborait un air grave et autoritaire. Elle était habillée dans un style bien plus ancien, en noir, avec un capuchon. Ce vêtement la couvrait entièrement jusqu’au cou. C’était une femme âgée, au visage marqué par le temps. Elle me fixait droit dans les yeux.

Les autres âmes l’imploraient de m’autoriser à rester. Elle n’a pas dit un mot (pensée/sentiment). Elle s’est contentée de continuer à me fixer, comme si elle se concentrait profondément pour analyser la situation. Il y a eu une pause après que les autres âmes aient plaidé ma cause tout leur soûl. Elle a continué à me fixer, puis a déclaré : « Elle repart ». Mon cœur s’est effondré. J’ai finalement pris la parole en implorant : « Non, non s’il te plaît, non ». Elle est restée ferme. Je lui ai communiqué ma pensée du fond du cœur : ne pas partir. Mes émotions pleuraient en profondeur. Il allait falloir me forcer. Je me suis alors rendu compte que je planais au dessus de mon corps.

Puis, une infirmière m’a empilé de la glace sur la poitrine, me disant de me réveiller. J’étais nue, sans aucun drap. J’ai regardé mon corps avec dégoût, je ne ressentais rien à son égard. Avec douceur mais de plus en plus fort, l’infirmière m’a piqué le bras gauche en disant : « Réveillez-vous ». Ensuite j’ai ressenti une douleur inouïe, réalisant que j’étais de retour dans mon corps. Mon cœur s’est effondré. Etre de retour m’a fait me sentir complètement abandonnée. L’infirmière s’est rendu compte que j’avais repris connaissance. Elle a répété plusieurs fois : « Ouvrez les yeux ». Puis elle a commencé à me mettre de petites cuillérées d’éclats de glace dans la bouche, m’informant que ma fièvre était trop élevée, que je devais sans cesse manger de la glace. Elle a continué à me donner des cuillérées jusqu’à ce que je perde connaissance.

*

Notre vocabulaire n’est conçu que pour la vie physique. J’ai toujours dû batailler pour expliquer mon expérience aux rares personnes en qui j’avais confiance. Même si une très longue conversation est nécessaire, ainsi qu’une grande attention pour dépasser les problèmes de compréhension de chaque personne, cela engendre pourtant un enthousiasme personnel profond de pourvoir en parler à quelqu’un de confiance, car en le faisant je partage le savoir le plus important, le plus merveilleux qu’on puisse acquérir.

J’étais mourante quand on m’a amenée d’urgence à l’hôpital. On m’a opérée trois jours plus tard alors que je ne réagissais pas aux antibiotiques. On savait que le risque de décès lors de l’opération était très important et cela s’est confirmé. Les chirurgiens (ils étaient trois) m’ont dit qu’ils ne pensaient pas pouvoir me réanimer. L’un d’eux m’a informé que cela avait duré cinq minutes. Un autre a déclaré à ma mère que l’EMI avait très probablement été provoquée par des hallucinations. Je savais que c’était inexact. Le dernier m’a dit que cela pouvait être réel car il avait entendu des histoires similaires de la bouche d’autres patients réanimés. Une fois suffisamment forte pour le faire, je ne pouvais pas parler d’autre chose, je voulais le dire à tout le monde.

Il y avait une clarté parfaite. Les champs étaient différents. Un champ pouvait concerner une zone, un autre champ s’appliquer à une autre zone, le tout dans la même région. Les couleurs étaient toutes extrêmement agréables et belles. L’intensité de la lumière ne peut être décrite en termes humains. Je me suis échinée à trouver les mots adéquats pour la décrire la lumière : elle est très brillante, mais pas agressive pour les yeux, elle est très agréable. Elle est aussi guérissante, aimante, compréhensive, incroyablement puissante et bonne. L’intensité n’était faible que lors de la phase de déplacement. Elle était plus forte que sur la terre, au point d’arrivée.

Certaines âmes apparaissent comme des entités nuageuses filantes. Elles prennent la forme d’une petite boule lorsqu’elles sont loin. Mais elles tourbillonnent sans cesse, laissant une sorte de trou au milieu quand la boule commence à se disperser, puis à tourner en un mouvement circulaire. La boule grossit à mesure qu’elle approche. Ensuite, quand elle commence à se disperser (avec le trou au milieu), son contour prend la forme d’une tête humaine, mais finalement un tourbillon se déclenche. Le processus se répète continuellement tandis que l’âme se rapproche. Il y a aussi des couleurs, le bleu apparaît en premier, au stade du tourbillon. On voit ensuite des sortes de « films » dans les zones bleues qui virent au vert. Certaines âmes apparaissent sous leur forme humaine antérieure, parfaitement nettes sous tous les aspects, vêtements compris. On comprend celles-là tout à fait nettement.

Bien qu’on entende, il n’y a pas d’audition au sens humain du terme. On ressent avec les sentiments, la pensée, la perception. La netteté, la compréhension, la source sont parfaites. On ressent si la personne parle lentement, etc. Pourtant le temps n’existe pas. On perçoit la hauteur, la force, mais on n’entend pas comme un humain. C’est une communication parfaite. J’ai su que la femme que j’ai vue, totalement englobée dans la partie la plus intense de la lumière, possédait l’autorité pour décider de mon destin.

Je ressentais béatitude, amour, bonheur, extase, paix, réconfort, plénitude... imaginez tous les états positifs et multipliez-les par mille.

Je n’ai pas vu de tunnel. Ou s’il y en avait un, il était engendré par la vitesse incroyable à laquelle je me déplaçais. Je voyais des stries en forme de tunnel autour de moi et derrière moi, sous forme de traînées : je créais ces stries et le tunnel par ma vitesse. C’est comme générer des mouvements de particules tandis qu’on les traverse rapidement. C’est difficile à expliquer. Je parie qu’on peut l’expliquer scientifiquement, mais je n’ai pas la moindre idée de la manière de le faire. Quand quelque chose se déplace rapidement, les particules sont peut-être forcées de se déplacer sur les côtés.

J’ai beaucoup appris. Nous ne faisons tous qu’un. Nous devrions savourer la vie, totalement. On ne meurt pas. On est libéré après la survenue de la mort physique. Je n’ai pas peur de la mort, mais je possède une compréhension exhaustive de la nécessité de vivre la vie. J’ai davantage de respect pour la vie. Je me sais capable d’un amour incroyablement profond, compréhensif, total. Il ne faut pas blesser les autres, ils font partie du même Unique que soi. Il ne faut pas juger, mais chercher à comprendre et aider autrui. J’ai des facultés de voyance (que tout le monde possède, d’ailleurs)... mais elles doivent être utilisées avec précaution, orientation et soin. Je peux atteindre un état de béatitude partielle. Je sais qu’après la mort, cela s’améliore. Je peux même atteindre le bonheur par le biais de pratiques spirituelles.

LA VIE REPRESENTE BIEN DAVANTAGE QUE CE NOUS EN VOYONS.

La dimension dans laquelle je me trouvais n’appartenait sans aucun doute pas au monde. Je n’y ai vu aucun objet. J’ai appris qu’il existe au moins deux autres dimensions (celle dans laquelle je me trouvais et celle d’où venait la femme dans la lumière). Le temps n’existe pas dans ces dimensions. La communication est plus pure et meilleure en dehors de la terre. C’est l’amour qui y règne. Là-bas, on peut voir l’histoire dans le passé, le présent et l’avenir. C’est simultané.

Je crois que l’ordre de l’univers peut être mesuré scientifiquement et qu’il le sera. Je pense qu’on pourra prouver l’existence de l’âme quand l’étude des énergies qui lui sont liées aura été développée et menée en profondeur, avec des outils et du temps, cette étude étant faite en parallèle aux recherches en physique. Je n’ai pas eu de réponse quant à mon projet de vie. Je crois que nous évoluons tous en des êtres spirituels élevés servant un but (celui de la lumière). Je me demande ce qu’il peut être.

J’ai rencontré là-bas une limite qui n’était pas physique mais qui était bien réelle. Je n’ai pas été autorisée à aller au-delà. Si j’avais pu franchir la limite, ou simplement rester là où je me trouvais, j’en aurais été très reconnaissante.

J’ai beaucoup plus d’intuition, j’ai acquis des facultés spirituelles que je n’avais pas auparavant. Cependant, bien que ma conscience se soit souvent avérée probante et significative, elle est également sujette à des inexactitudes non négligeables. Il m’a fallu toute ma vie pour me rendre compte que je devais me maintenir dans un état hautement spirituel, centré sur l’amour, pour éviter ces inexactitudes. Etant donné les contraintes de temps qui pèsent sur ma vie, ce n’est pas toujours facile à faire. C’est véritablement une vertu d’ordre élevé. Intérieuremnt, j’ai développé voyance et spiritualité : elles coexistent.

J’ai parlé de ce qui m’était arrivé dès que j’ai été en mesure de le faire. La réaction varie selon les personnes. Mon père (qui m’a avoué plus tard avoir vécu une EMI étant enfant : il n’avait pas dépassé le plafond de sa chambre) croyait encore que la vie disparaissait avec le corps physique. Ma mère était convaincue que j’avais eu des hallucinations dues à la maladie et à l’anesthésie. Mon mari, qui m’aimait profondément, s’est rapproché de la dévotion au cours de l’année que nous avons passée ensemble. Une amie a trouvé cela rassurant après la mort de son frère. Je fais très attention à qui j’en parle, j’ai appris cela peu après mon expérience, alors que je le criais naïvement sur tous les toits.

Je ne savais absolument pas ce qu’étair une « EMI ». C’est vers l’âge de 25 ans que j’ai découvert un livre à la librairie : « La vie après la vie ». Ce fut très réconfortant pour moi de découvrir qu’il existait d’autres personnes dans mon cas. Mes parents ont tenté de me faire douter, mais c’était impossible. Cette expérience a été la plus réelle, la plus nette de toute ma vie.

L’AMOUR, l’AMOUR, l’AMOUR : nous ne vivons pas la vraie vie. Nous ne sommes pas censés vivre sans spiritualité, elle fait partie de ce que nous sommes. C’est difficile de vivre dans un monde rude, avec des personnes à l’esprit fermé. Je sais que la vie représente bien davantage. Pourtant, j’ai passé la majeure partie de mon existence entourée de personnes qui ne pourraient jamais comprendre ni croire quoi que ce soit hors de l’existence physique. Je suis parfois impatiente avec ces personnes et je dois lutter pour me maîtriser.

Je me garde d’exprime les idées liées à mon EMI. Je m’efforce de trouver d’autres méthodes pour ouvrir les esprits sans évoquer les sujets paranormaux ou religieux. Je suis attirée par les gens ouverts, généreux... c’est avec eux que j’ai fondé les relations les plus étroites et les plus profondes.

 

 

***

© Bridget Fragale

(2008)

 

C’est dans des moments comme ceux-ci que j’aimerais avoir un logiciel de reconnaissance vocale ! Bon, allons-y...

Je conduisais un tacot, j’en ai perdu le contrôle. La voiture a fait plusieurs tonneaux décrivant une longue diagonale sur une berge en pente. J’ai eu la sensation que mon père décédé était là et me tenait la tête... j’étais comme une pièce de monnaie dans une boîte qu’on secoue.

Dans mon souvenir suivant, je rêve que je vole. Je volais tellement bien ! Par la suite j’ai également rêvé que je volais. Mais là, il y avait une différence : c’est que je pouvais continuer à voler même en pensant que j’étais en train de voler... je n’ai pas descendu ni atterri dès que je me suis mise à analyser le vol : j’ai simplement continué à voler. Quand j’ai essayé de voler plus haut, je suis allée plus haut, quand j’ai essayé d’avancer, j’ai ralenti, quand j’ai essayé de descendre je n’ai pas pu... ainsi, quand j’ai tenté de m’arrêter, j’ai réalisé que j’étais tractée en douceur vers le haut. C’est à ce moment là que j’ai compris que quelque chose se passait réellement, et que je n’étais pas en train de rêver.

J’ai regardé autour de moi... la cime des pins, l’espace entre moi, l’herbe et la route... j’ai levé les yeux vers le ciel au dessus de moi et je me suis rendu compte que tout était très net, je voyais mieux qu’avec mes lunettes. J’ai ensuite ressenti l’air froid d’avril sur moi, la chaleur du soleil matinal, la manière dont il réchauffait l’air froid du matin. C’est alors que j’ai regardé en bas... j’ai vu ma voiture sur le toit. Ma tête avait l’air de dépasser d’en dessous. Le véhicule reposait en travers sur moi, j’avais la tête qui émergeait de la vitre brisée. J’ai pensé : « Si mon corps est en bas, qu’est-ce qui est en haut » ?

Mon corps astral s’est retourné, regardant vers le haut.

Ce que j’ai vu pourrait être décrit comme un tourbillon. Dans le ciel il y avait un trou environné de nuages et d’éclairs pareils à du plasma. Dans ce trou il y avait des étoiles, mais pas celles que l’on voit au delà de notre atmosphère la nuit, c’était plutôt semblable au centre de l’univers, comme une galaxie tournoyant autour de la lumière la plus brillante qu’on puisse imaginer, que j’ai perçue comme étant la source. Et juste en dehors du trou, il y avait des sphères lumineuses entrant et sortant de ce trou... elles possédaient des luminosités, des couleurs et des formes différentes.

A ce moment là je me suis prosternée en disant, ou plutôt en pensant : « Oh mon Dieu, tu existes » ! Je me suis inclinée et je me suis recroquevillée autant que je le pouvais, car j’ai compris que j’avais été ignorante depuis toujours.

 

Un peu de contexte :

 

Dès ma naissance j’ai su que Dieu existe. J’avais coutume de jouer avec Lui quand j’étais petite. Juste avant d’aller dormir, je demandais quelle taille faisait l’univers, je fermais les yeux et j’allais aussi loin que je le pouvais avant de m’endormir. Je me souviens d’être allée très loin et d’avoir compris que l’univers est infini. Etant enfant, cela dépassait légèrement mon entendement. J’étais douée en calcul, j’avais un niveau de compréhension élevé. J’effectuais de longues divisions à l’âge de 6 ans, je faisais des rêves prémonitoires depuis que j’étais en âge de parler.

A 8 ans, j’ai vu en rêve la mort de ma famille. J’ai rêvé qu’ils allaient mourir dans un accident au cours d’un voyage au Nevada, je le leur ai dit mais ils ne m’ont pas écoutée. Tous les adultes que je connaissais m’ont dit que ce n’était qu’un rêve, et j’ai voulu les croire parce que je refusais que mes parents meurent. Quand leur avion s’est écrasé, j’ai été dévastée psychiquement, émotionnellement, pour ne pas dire spirituellement. J’ai pensé que Dieu avait été cruel de me donner de tels rêves sans aucune maîtrise sur les évènements, d’autant plus que je ne parvenais plus à décrypter aussi nettement la réalité... j’ai demandé que cela cesse.

J’ai vécu quelques autres phénomènes entre cet âge et mon accident. Entre temps, j’ai traversé une série d’évènements très traumatisants, des séparations et d’horribles épreuves qu’aucun enfant ne devrait affronter. Cela m’a fait oublier Dieu et mon lien avec Lui. J’ai commencé à me droguer, à faire la fête, à faire du mal aux autres et à moi-même au travers de mes actes.

 

Retour à mon expérience :

 

Alors que je me prosternais, j’ai revu ma vie depuis la perspective de Dieu : la vérité. J’ai vu chaque fois où j’avais été égoïste, prenant des décisions dans mon propre intérêt. J’ai vu toutes les fois où j’avais manipulé ou bien semé la discorde pour un bénéfice personnel. J’en ai alors ressenti la douleur multipliée plusieurs fois. C’était comme un rayon dans le plexus solaire, c’était tellement douloureux que j’en étais détruite, c’était comme si toutes mes forces avaient le souffle coupé. Je ne suis pas une personne mauvaise, je n’arrive pas à imaginer ce que cela aurait été si j’avais été violente, ou si j’avais assassiné mon prochain. Je suppose que revoir sa vie de cette manière serait un enfer.

A cet instant, un être fait de lumière est arrivé près de moi. Je n’ai pas été élevée dans la religion, je n’ai pas été baptisée non plus. Peut-être fais-je erreur, mais j’ai eu l’impression que c’était celui qu’on appelle le Christ. Il ne s’agissait pas du Christ qu’on voit sur les peintures ou les images, ce n’était pas le Christ dont parlent les évangélistes, ce n’était pas le Christ de l’Amérique ni aucune autre représentation que j’aie pu découvrir. C’était un être parfaitement pur, parfaitement bienveillant. Il ne jugeait absolument pas... à tel point que je pouvais à peine saisir son niveau de compassion, dans cette petite mais brillante lumière qui le constituait. Je n’ai pas été en mesure de sonder cet amour incroyable avant qu’il m’ait touchée en disant : « Je prends cela, c’est pour moi », et qu’en me touchant il m’enlève le rayon.

Sa lumière a paru s’assombrir un instant, le rayon a disparu puis « il » a « dit » : « Tu es pardonnée. Tu étais chair et avec la chair vont la biologie, la psychologie, l’instinct, le désir, le mécanisme, l’ego et leur servitude. Etre chair, c’est pécher, c’est la nature de l’être. Il n’y a aucune faute à être humain ». Cela m’a donné une sérénité que je n’ai plus jamais ressentie depuis.

C’est alors que je me suis rendu compte qu’il faisait partie de la grande lumière : en un sens il était le gardien de notre planète, un peu comme s’il y avait été affecté, c’était son lot de « régner » et de prendre soin, de guider, de protéger, d’aimer et de nourrir. Mais cet être représentait davantage que ce qu’il m’a semblé être à ce moment là... et je m’en rendais compte. Je me suis vraiment enthousiasmée et je me suis mise à poser des questions comme un petit enfant...

Et les extra-terrestres ? Et les univers parallèles, la vie sur d’autre planètes, les OVNI, etc, etc... ?

C’est alors que j’ai perçu un grand rire étouffé, j’ai aussi eu l’impression qu’on m’avait caressé la tête, on m’a donné la source par le haut de la tête. C’était comme un fleuve géant et quand j’ai introduit la tête dedans, j’ai pu voir depuis le début du début, le début du tout et du rien. J’ai vu l’intégralité de l’univers... du big bang au big stop, j’avais la mémoire de l’univers. J’ai compris la cosmologie, la biologie, la spiritualité, la conscience, l’existence, la non existence, la physique, les mathématiques, j’ai fondamentalement su tout ce qui peut être su et non-su.

Dieu est simultanément tout ce qui peut exister et tout ce qui peut ne pas exister, je suis humaine, je ne peux donc le comprendre qu’en termes humains. Même le meilleur de l’humanité n’est qu’humain et tout est anthropomorphique. C’est comme si une chaise regardait une table en pensant qu’elle voit une chaise bizarre sans dossier. Une chaise peut ne jamais savoir qu’elle est une chaise, elle fonctionnera pourtant toujours comme une chaise. Elle peut ne jamais se demander si elle est une chaise, ni voir au delà de sa « chaisité », pourtant elle sera tout autant une chaise.

Lorsque j’avais environ 14 ans, je me demandais si Dieu pouvait faire en sorte qu’un rocher soit tellement lourd qu’Il ne puisse pas le soulever ? Oui et non simultanément, tout à la fois et rien du tout.

Après cette grande révélation, je me suis rendu compte que je n’étais pas à ma place, que j’avais un corps, j’ai réalisé que si je ne retournais pas à ce corps, il allait cesser de fonctionner, j’étais en effet ce qui le faisait progresser dans le temps et dans l’espace.

A cet instant, j’ai dit merci et pardon pour le dérangement dans cette grande histoire, que j’étais éternellement reconnaissante, etc... mais qu’il me fallait repartir. On m’a dit que je devais assumer l’entière responsabilité de ce que j’avais fait.

Je me suis rapidement rassemblée du mieux possible et j’ai foncé auprès de l’être de lumière (le Christ), puis, telle un saumon remontant le courant, j’ai « bondi » pour réintégrer mon corps. Lorsque je suis entrée dedans, je suis passée par le haut de la tête. Tel un récipient étanche qu’on referme il a produit un « BOMMMMP ! » très fort.

C’était comme essayer de mettre un superordinateur dans un Amiga ! Ça ne rentrait tout simplement pas. J’ai eu un moment de perte, d’abandon d’une partie de ma compréhension, afin de pouvoir retourner rapidement dans mon récipient. Je savais que j’allais pouvoir la retrouver plus tard, qu’elle allait m’attendre, quel que soit le moment où j’allais repartir, mais pour lors j’avais une tâche à accomplir !

J’ai donc regrimpé dans le corps. C’était froid, calme, il n’y avait ni électricité ni plomberie, c’était comme une grande maison vide, abandonnée, j’avais l’impression que cela résonnait et qu’il faisait noir. J’ai presque paniqué, mais ma détermination est revenue en force.

J’ai voyagé le long de la moelle épinière jusqu’aux extrémités. J’ai descendu la jambe droite sans problème. J’ai tenté de descendre la jambe gauche, mais il n’y avait plus de liaison. Je suis remontée à travers les viscères et dans le cœur, j’ai fait le tour de la cage thoracique, descendu les bras, puis je suis remontée dans le cerveau.

Je suis allée dans le bulbe rachidien - ou ce que j’ai perçu comme étant le centre du cerveau -, telle un commandant de bord j’ai basculé les commutateurs. J’ai dit : « Bon ! Cerveau, faisons redémarrer ce corps » ! J’ai ordonné au cœur de pomper, au sang de circuler mais de se coaguler au niveau de la hanche. J’ai ensuite tenté de respirer. Mon souffle a produit un grand sifflement. Lorsque j’ai essayé d’ouvrir les yeux, je n’ai vu que du sang, une couche de pâte rouge et poisseuse me recouvrait les yeux. J’ai cligné pour m’en débarrasser. J’ai ensuite essayé de bouger, un son semblable à celui produit par un sac de pierres m’a secoué la colonne vertébrale, remontant jusqu’à la tête et au cerveau, j’ai cessé de remuer.

J’entendais l’alarme de portière ouverte qui se déclenche quand les clés sont sur le contact, je percevais aussi les parasites de la radio qui fonctionnait toujours, c’était étrange. J’ai regardé autour et j’ai vu un policier à côté de moi. Je l’ai regardé, il pleurait. Il m’a dit : « J’ai cru que vous étiez morte ». Je lui ai répondu : « Ne vous inquiétez pas, je viens de parler à Dieu, tout va bien se passer ».

Il m’a tenu la main et j’ai regardé son couvre-chef, vous savez celui qui ressemble un peu à un chapeau de cow-boy. Je lui ai déclaré : « Vous êtes mon héros »... il m’a répondu que j’étais le sien.

Je lui ai dit que j’étais fatiguée, il s’est écrié : « NON ! Parlez-moi, vous devez rester éveillée. Racontez-moi ce que Dieu a dit ».

Je lui ai avoué que j’étais totalement responsable de l’accident, et j’ai demandé comment allaient mes amis.

Il a répondu qu’ils allaient s’en sortir. Il m’a ensuite raconté ce qui s’était passé.

Le bruit de l’alarme, de la radio, le ciel, tout m’étourdissait et je me suis presque évanouie. J’ai entendu l’ambulance arriver. L’équipe se préparait à utiliser la pince de désincarcération mais j’ai protesté. J’avais un mauvais pressentiment à ce sujet, comme si elle allait me tuer. Je me suis donc extraite moi-même. La jambe gauche a été compressée, distordue sous la traction de mon corps. On m’a installée à l’arrière de l’ambulance, on m’a posé une perfusion et l’oxygène, le policier était près de moi. Il me tenait la main et m’a dit que je pouvais dormir maintenant.

*

Radiographies, moniteurs cardiaques, lumières, aiguilles, masques, bruits, sang, bips, conversations, Latin, math, juridique. Vertiges. Douleur.

*

Je suis restée aux soins intensifs pendant 36 heures, perdant et reprenant conscience. On m’a fait une injection épidurale de morphine, j’aurais pu jurer qu’il y avait des araignées partout. Par contre il y a effectivement eu des religieuses et un prêtre. Ils n’arrê-taient pas de venir et de prier tandis qu’on attendait l’arrivée de ma mère. Le prêtre m’a administré les derniers sacrements au moins 3 fois. J’ai plané au dessus de ma tête la plupart du temps, observant tout cela comme un genre de cirque. Chaque fois qu’on entamait les derniers sacrements, je retournais dans mon corps et je disais : « Arrêtez ça, je ne suis pas encore morte ». Mon esprit savait que tout allait bien, mais mon corps pensait différemment. Je sais que mon corps a pensé plusieurs fois qu’il allait mourir, mais mon esprit a refusé de croire quoi que ce soit de ces absurdités, il est simplement resté fidèle au poste.

Dans un moment de tranquillité, j’ai ouvert les yeux et j’ai vu un crucifix de l’autre côté de la pièce. Je me suis mise à rire intérieurement. J’ai dit : « Tu n’es pas là-haut, descends de là, descends de cette croix. Pourquoi font-ils ça ? Pourquoi te laissent-ils là-haut ? Ils veulent te garder là-haut ? C’est tellement stupide, tu es bête, descends de cette croix » !

Juste à cet instant, le Christ a été là, fait de lumière. Il était tellement beau, exactement comme un juif. De longues boucles noires et un beau visage avec de grands yeux marrons, la mâchoire et le nez proéminents. Il portait une robe monacale en étoffe, ceinte d’une corde de fibres. Aucune fantaisie mais il était empli de la lumière la plus brillante qu’on puisse imaginer. Il a souri d’un air entendu, il paraissait préoccupé.

Je me suis exclamée : « Ohhh ! c’est génial, comment fais-tu ça ! Comment peux-tu faire ça ? Tu es là ? Comment es-tu arrivé ici ? Tu étais là-bas et maintenant tu es ici ? Tu m’as entendue ? C’est tellement génial la façon dont tu fais ça. C’est comme une preuve que tu es ici ! Tu es impressionnant ! Merci ! Et maintenant » ?

« Maintenant tu dois vivre la vérité ».

« Ah oui ? C’est facile, je peux le faire. J’ai fait ce que tu as dit, j’ai dit la vérité, j’ai assumé mes responsabilités. Je peux le faire ».

« Je sais »... a-t-il répondu, il avait l’air fier de moi. « Ce ne sera pas toujours aussi facile. Ce pourrait être la chose la plus difficile que tu aies à faire ». Il regardait la croix. Tout est soudain devenu logique pour moi. Il m’a touché la main et une chaleur s’est répandue à travers mon corps. Je suis restée dans mon corps, j’étais stabilisée.

On m’a envoyée à Minneapolis pour subir une opération expérimentale de haute technologie, elle allait constituer une première pour un nouveau type de procédure de reconstruction osseuse, elle allait être réalisée par le grand Dr Templeman... l’homme du temple... amusant, non ?

Je suis restée 5 semaines à l’hôpital. De là, je suis allée dans une maison de repos pour 6 mois de convalescence. J’ai écrit dans mon journal : « Etre debout sera étreindre mon cœur, marcher sera faire progresser mon esprit, danser sera revendiquer mon âme ».

Je me suis mise debout 6 mois plus tard, j’ai marché au bout de 9 mois... aujourd’hui je danse sans souffrir.

Dieu existe. 

*

Je suis prolixe. J’ai pris du plaisir à trouver les mots, à créer un nouveau vocabulaire pour décrire ce qui m’est arrivé. Ma voiture a fait plusieurs tonneaux, elle m’est retombée dessus, me fracassant la hanche gauche en plus de 70 morceaux, me fracturant les côtes gauches qui sont ressorties dans le dos en perforant le poumon droit. J’avais du sang plein les yeux quand j’ai fini par les ouvrir.

Ma vue était spirituelle, mon ouïe télépathique. J’ai connu toutes les émotions connaissables par l’esprit. Il semble que beaucoup de choses m’aient été montrées pendant une très courte durée.

Ce que j’ai vu pourrait être décrit comme un tourbillon. Dans le ciel il y avait un trou environné de nuages et d’éclairs pareils à du plasma. Juste en dehors du trou, il y avait des sphères lumineuses entrant et sortant de ce trou, elles possédaient des luminosités, des couleurs et des formes différentes.

Maintenant, quand je fais une palpation pour évaluation et traitement des tissus, je peux voir dans le corps de façon holographique. Lorsque je m’occupe d’une personne, je vois parfois le traumatisme qui provoque la douleur, que celle-ci soit physique, émotionnelle ou spirituelle. Je peux voyager dans les rêves d’autres personnes, je suis extralucide pour certaines choses. J’ai une intuition très aigüe. J’apprends de façon conceptuelle et avec beaucoup d’intelligence, c’est comme si je me souvenais tout simplement à nouveau de ce que je suis en train d’apprendre. Je ressens les gens, la façon dont ils s’orientent dans leur réalité, leur niveau de liaison.

J’ai commencé à parler de mon expérience immédiatement. J’ai dit aux médecins de faire leur travail et de me laisser m’occuper de la guérison, ils n’arrêtaient pas en effet de me dire que je n’allais plus jamais marcher normalement. Je me sens poussée à raconter mon expérience et à aider les autres. Quelquefois, je bute sur un échec qui m’éloigne des autres ou de moi-même, mais j’attribue cela au fait qu’ils ne sont pas prêts à entendre ces choses. Certaines personnes veulent se sentir mieux, d’autres veulent guérir.

Je perdais et reprenais conscience de ce qui s’était passé. Quand je touchais le fond, j’étais déprimée par ma situation et ce que j’avais provoqué. Lorsque je m’apercevais du don qu’on m’avait fait, j’étais transportée.

L’expérience a changé ma vie. Depuis, je suis toujours restée sur le chemin de l’autoréalisation. Je veux aider à guérir le monde.

Je ne peux pas agir mesquinement afin de plaire aux autres. Dieu est amour, tout le reste c’est des foutaises.

Rien ne soutient la comparaison avec cette expérience, et rien, jamais, ne reproduira ce qui s’est passé.

Contactez-moi pour toute aide que je pourrais vous apporter, j’aimerais beaucoup vous aider dans ce projet ! Cela fait partie des informations les plus importantes... nous commençons en effet à nous relier à notre véritable potentiel, ici sur terre.

 

 

***

BURKE

(été 1988)

 

Quand j’ai été éjecté du bateau, j’ai heurté l’eau avec une force incroyable, mes oreilles sonnaient en échos de terreur tandis que les hélices des moteurs hors bord approchaient. J’ai d’abord été frappé par la quille du bateau... puis j’ai senti quelque chose de solide sur lequel je reposais : c’était le fond du lac.

Mon cerveau s’est trouvé tout de suite en surcharge. Un indescriptible sentiment de terreur s’est installé. J’ai ouvert la bouche à la recherche d’air, ne faisant qu’absorber une énorme quantité d’eau. Je la sentais pénétrer dans mon corps, en prendre possession et revendiquer son nouveau territoire. J’ai fermé les yeux et me suis rendu compte que je venais d’être intégralement débarrassé de mon ego (c’est mon interprétation de la sensation et de l’effet produit). Un sentiment de calme m’a alors envahi comme si j’étais libéré d’une impuissance qui avait conditionné toute ma vie.

J’ai fait une transition progressive vers un autre espace. Je me suis retrouvé dans un vide ; je ne peux le décrire que comme une plaine infinie de néant, comme un espace sans étoiles ni planètes. Je n’avais pas de corps physique et je voyais par un moyen autre qu’une paire d’yeux... tout semblait prendre corps à partir de la même source universelle dont je faisais partie, moi aussi. Je n’étais plus conscient (et ce n’était plus nécessaire) du mécanisme des évènements, car toute chose était acceptée pour ce qu’elle était, du fait de son existence même.

J’ai immédiatement été bombardé par des masses d’information qui provenait de toutes les directions à travers de multiples dimensions (c’est du moins ce qu’il m’a semblé). Les informations se précipitaient en moi comme s’il s’agissait des dernières étapes d’un accomplissement, des dernières touches visant à perfectionner l’harmonie dont je faisais maintenant partie. C’était comme si mon être était devenu un vide qui, en s’ouvrant, permettait l’accès de tout ce qui avait existé et de tout ce qui allait exister. En ce qui a paru être un clin d’œil, le stockage de l’information a été terminé. A ce point, je ne peux fournir qu’une relation approximative de ce qui s’est produit, car les mots sont à des kilomètres du sentiment réel. Disons que je comprenais tout ce qui avait existé ou qui devait exister... il n’y avait donc plus besoin de penser ni de se poser des questions.

J’étais complet. J’avais atteint la paix la plus élevée qui puisse être, car mon esprit était silencieux et j’étais : j’étais, tout simplement. Rien d’autre. Je faisais partie de tout ce qui avait jamais été. Je n’avais donc ni attente, ni pensée. J’existais en tout et n’avais pas de forme, seulement un état parfait et complet d’existence.

J’ai crevé la surface du lac, et le murmure d’un souffle s’est à nouveau précipité en moi, mes yeux se sont ouverts : j’étais une autre personne.

Après cette expérience, je n’ai pas eu de sentiment « d’illumination » ou de changement. Mais je me souvenais de l’expérience et pendant quelques temps, tout semblait « poli », le monde avait des couleurs bien plus énergétiques…

Pendant les 3 années suivantes, j’ai été obsédé par la recherche de la source du sentiment que j’avais éprouvé pendant cette expérience, j’ai bientôt sombré dans une dépression massive après n’avoir trouvé aucune réponse. Et j’ai décidé de me suicider à cause de l’énorme somme d’anxiété que je subissais.

J’ai appelé mon père et je lui ai demandé pardon pour ce que j’étais sur le point de faire. Après avoir raccroché, je me suis effondré sur le sol et je me suis immédiatement vu en dessous de moi, j’ai alors été transporté vers un niveau élevé, dans une lumière qui n’avait pas d’effet sur la vue. Je ne possédais pas de forme physique et j’avais une vision à 360 degrés. Je suis entré (j’ai été déplacé, j’ai flotté) dans une forme en bois qui paraissait être un hall incroyablement grand, occupé par des centaines de personnes. Elles n’ont pas réagi à ma présence tandis que je passais sur leur droite, le long du mur Est. J’ai vu un immense tableau représentant celui que nous considérons actuellement comme le Christ. J’ai tout de suite remarqué des petits cercles colorés rebondissant sur les parois directement en face et tout autour de moi. J’ai regardé autour de moi et je me suis aperçu que les gens s’étaient levés, regardant vers le Nord. Les couleurs étaient maintenant incroyables, dansant et zigzaguant par millions et confondues en une source lumineuse unique, massive, émettant une brillante couleur blanc-perle... mais tandis que je commençais à regarder la source, ce qui semblait difficile à en juger par la vision de ces gens, j’ai été « délicatement » stoppé par une force opposée.

A ce moment précis, ce fut comme si je me trouvais réellement devant la mort. J’ai pu sentir l’angoisse pénétrer en moi, mais elle a tout de suite été apaisée par une source qui semblait me caresser, comme si une main avait été placée sous mon existence. J’ai commencé à être tiré en arrière, toujours incapable de me retourner suffisamment pour voir la source, je voulais y aller... absolument rien d’autre ne comptait.

On m’a ensuite informé (sans paroles, mais par une communication directe au travers de mon subconscient) que ce n’était pas mon heure, que ce que je vivais n’avait pas d’importance, l’essentiel étant que je considère ce qui m’arrivait comme une simple expérience. Je l’explique au mieux ainsi : je me trouvais sur une falaise de la vie... mon choix étant de sauter ou de reculer et de réévaluer la situation. La source m’a simplement expliqué qu’aucune des deux options n’était la réponse, la réponse était de le comprendre uniquement en tant qu’expérience, rien de plus... ainsi le cycle serait bouclé. C’est alors que j’ai eu un hoquet en inspirant de l’air, et je me suis assis... le retour à mon corps physique avait été immédiat.

Mon angoisse était passée. Dés lors, j’ai eu une immense estime pour la vie. De nouveau le monde brillait comme si les couleurs avaient été polies. Je pouvais sentir l’odeur de l’air et ressentir son existence... j’ai effleuré les plantes et les arbres, sentant leur être et ce que je pense être leurs émotions. Ma compassion pour la vie et tout ce qui vit est montée en flèche. J’ai acquis une connaissance que j’ignorais, et jusqu’à ce jour, j’ai été en mesure de percevoir la vie d’un point de vue totalement différent : ma perception est toujours bien plus large, ma capacité de mémorisation a été incroyable, apprenant la plupart des aspects de la technologie actuelle sans aucune formation ! Il y a tant à dire... je ne peux qu’espérer que cela inspirera tous ceux qui ont lu ces lignes.

Je vis cette expérience depuis longtemps, et maintenant je souhaite la communiquer à tous. Je ne crains pas la mort, et je sais que la transition vers elle est progressive et sans douleur. J’ai pu comprendre beaucoup de choses concernant la vie et son fonctionnement profond. On sait que lorsque notre heure arrive, on est tout simplement plus « présent », par exemple avant un accident : les choses ralentissent, s’arrêtent presque, comme dans un film au ralenti dont on ferait partie et que l’on serait en mesure de visionner image par image. A cet instant, on consulte un index, comme pour savoir si l’heure est venue : le corps le sait, comme le sait tout l’être. Si l’heure est venue, alors la mort à lieu progressivement pour le corps... mais si l’heure n’est pas venue, le corps traverse l’expérience et le film reprend sa vitesse initiale.

J’espère avoir rendu compte avec exactitude des enseignements que j’ai reçus, j’espère les partager avec vous tous, et j’espère trouver un être compatissant qui m’aidera sur ce chemin.

Namaste,

                                                                                                                      Burke

*

Tout, dans cette expérience, est difficile à transmettre : l’information reçue, la façon de la recevoir et ses répercussions sur notre vision du monde, tout cela arrivant en même temps depuis de multiples dimensions...

Ce phénomène, simplement : le fait d’être... le sentiment d’être complet.

Finalement, je dirais que j’ai fait de mon mieux pour expliquer une chose pratiquement inexplicable.

 

***

CARA

(06/07/08)

 

Après une craniotomie, mon corps est resté en équilibre entre la vie et la mort pendant deux jours. C’est à ce moment que mon esprit l’a quitté. J’ai regardé en bas vers lui... même si ce n’était pas une vision agréable ! Je ne me sentais pas concernée. J’ai perçu mon corps comme étant un véhicule servant à me transporter dans l’école de la vie. Je me trouvais dans un endroit d’amour, d’attention, de compassion, de contentement, d’acceptation, de joie... un endroit de « savoir ». Je percevais les autres êtres et moi-même comme des masses d’énergie, toutes reliées et pourtant distinctes. Il n’y avait ni forme corporelle, ni communication telles que nous les connaissons sous forme humaine. Il y avait un unique sentiment d’omniscience. Tous les êtres spirituels se soutenaient mutuellement, je les « connaissais », même s’ils n’avaient pas la même forme que lorsque je les avais connus à l’école de la terre.

Dans le monde spirituel, il n’y avait pas de limitation telle que l’espace ou le temps. J’avais conscience de la vision générale relative au passé, au présent et à l’avenir. Je savais que l’école de la terre constituait une partie de mon évolution. Il y a eu un passage en revue de ma vie dans ce corps-ci, ainsi que pour mes vies antérieures. J’étais juge des bénéfices et de la valeur de chaque expérience. Elles paraissaient toutes très liées et pourtant distinctes. L’attention s’est portée sur chacune des expériences de vie, toutes contribuant à un résultat final. Je ne voulais pas retourner à l’école de la terre, mais après délibération avec les autres êtres d’énergie, y compris l’être Divin (une grande masse d’énergie), nous avons décidé que repartir servirait davantage le bien.

J’avais le choix, bien que la décision ait paru se prendre en accord avec les autres êtres. Je savais également que si je ne repartais pas cette fois dans ce corps-ci, j’allais revenir à l’école de la terre dans un autre corps afin de terminer ce que j’étais venue y faire. Avant cette expérience, je ne croyais pas à la réincarnation, mais je ne l’excluais pas non plus. Maintenant, je suis certaine d’avoir vécu de nombreuses réincarnations. Quand je suis revenue dans le corps, j’étais satisfaite. J’ai eu l’impression que mon esprit se pelotonnait à nouveau dans un endroit chaud et confortable. A cet instant, le corps s’est stabilisé cliniquement. En fait, on ne s’attendait pas à ce que je survive, on avait dit à ma famille et à moi-même que je n’allais plus jamais fonctionner « normalement ».

Je ne fonctionne pas « normalement » suivant l’acception conventionnelle. J’ai vécu ma vie telle une aventurière attentive et même si je me suis toujours trouvée sur un chemin de découverte, cette expérience hors du corps a intensifié et renforcé toutes mes croyances préexistantes. Elle a ouvert davantage de canaux dans mon cœur et mon esprit. De même, quand vous avez une radio, si vous laissez tout le temps la même station, vous aurez probablement toujours le même type de musique et les mêmes opinions aux informations... mais si de temps en temps, vous changez de fréquence, alors vous pourrez entendre autre chose !

Bien qu’ayant relaté mon EMI à des centaines de personnes dans les cours de l’université du Vermont, c’est la première fois que je vais sur un site web dédié aux EMI, et je viens juste d’apprendre quelque chose d’intéressant. Le Dr Melvin Morse déclare qu’il existe un « point divin » dans le lobe temporal droit, qui « agit comme un émetteur récepteur de l’esprit universel… en fait, on peut apprendre à stimuler cette partie de notre cerveau de nombreuses manières qui ne sont ni la mort imminente ni la mort effective ». Ma blessure se situait au niveau du lobe temporal... peut-être a-t-il été « stimulé » plutôt qu’endommagé... intéressant ! 

Cette expérience se situe en dehors de mes croyances de l’époque. Je ne possède pas le vocabulaire voulu pour la décrire convenablement. Je compare cela au fait d’être témoin d’un événement ou d’un rituel dans une autre culture/langue, de revenir dans ma culture/langue et de tenter de décrire ce que j’ai vécu. 

Je me suis trouvé au niveau de conscience et de lucidité le plus élevé alors que je me trouvais hors du corps, dans le monde spirituel. Même lorsque je suis revenue dans le corps, alors que la forme humaine était encore inconsciente, j’avais un niveau de conscience plus élevé que la « norme » humaine.

Pendant l’expérience Hors du Corps dans le monde spirituel, il n’y avait ni limitation, ni jugement, ni comparaison d’aucune sorte. Tout était absolument différent, étendu, hors « norme » par rapport à la perspective humaine conventionnelle. Mais c’était tellement plus « normal » sur l’autre plan que je m’y sentais davantage « chez moi » qu’ici... à l’école de la terre, j’ai souvent eu la sensation d’être en terre étrangère.

Ainsi que je l’ai mentionné précédemment, tout était plus étendu, plus clair. Je ne possédais ni vue, ni ouïe telles qu’on les connaît ici. Il y avait un sentiment d’omni-science sans limitation. A l’école de la terre, la manière dont nous (les humains) voyons et entendons « normalement » est réductrice.

Je ne « ressentais » pas de la même façon que sous forme humaine. Nos sentiments humains sont généralement limités à ce que nous connaissons sur le plan terrestre. Il y avait des « sentiments » étendus dont je ne parviens même pas à commencer la description (j’ai ressenti de la paix, de l’agréement, du soulagement, du calme, de la joie, du bonheur et beaucoup, beaucoup plus encore).

J’ai vu de la lumière, mais pas telle que nous la connaissons sous forme humaine. Une fois encore, notre perception de la lumière est limitée à ce que nous connaissons à l’école de la terre.

Il y avait beaucoup d’êtres. Nous communiquions par perception extrasensorielle. J’utilise ce terme parce que c’est ce que j’ai trouvé de plus proche du type de communication dont j’ai fait l’expérience. Dire « où ils se trouvaient » serait réducteur. Ils étaient partout et nulle part. J‘ai reconnu ces êtres, tous me soutenaient pour mon voyage dans le monde spirituel ainsi qu’à l’école de la terre.

Je n’ai absolument pas « vu » de figures religieuses... et je ne le souhaitais pas ! Les êtres spirituels n’étaient pas du tout « morts ». Ils étaient tout à fait en vie, sous une autre forme. L’esprit qui avait été ma mère au cours de cette vie-ci était présent, elle avait quitté la forme humaine environ un an avant mon EMI. Elle avait été pour moi un esprit-guide au cours de nombreuses incarnations, elle m’a également accompagnée sous forme physique.

J’ai revu toutes mes vies antérieures. Je trouve plus satisfaisante, plus acceptable, cette expérience de vie-ci. J’ai abordé de nombreuses activités au cours de cette vie, y compris plusieurs carrières, plusieurs activités et sports différents à un niveau de compétition. J’ai fait de grands voyages vers des contrées lointaines, pratiqué des arts, etc...

Parfois, j’avais l’impression de ne pas être suffisamment concentrée pour me fixer sur un centre d’intérêt. Avec ce passage en revue de mes expériences de vie, j’ai appris que toutes les activités étaient/sont liées les unes aux autres, elles servaient chaque fois une opportunité d’apprentissage intéressante.

Revoir mes vies antérieures a été une expérience incroyable et instructive, j’avais le choix entre les voir ou non. Je maîtrisais tout à fait l’intégralité de ce qui se passait au cours de l’EMI. Je crois que cette sensation de maîtrise provenait de ma volonté d’être ouverte au processus.

Pendant la Sortie Hors du Corps, j’étais également consciente de ce qui arrivait dans la salle des Soins Intensifs où se trouvait mon corps. Comme je l’ai dit plus haut, il y avait un sentiment d’omniscience et une conscience étendue de tout ce qui est. Lorsque j’en ai été capable, j’ai visité cette salle ainsi que les personnes qui s’étaient occupé de moi lorsque le corps s’y trouvait. Le directeur m’a montré la pièce où j’avais été placée. Lorsque j’y étais, le lit avait été déplacé de manière à disposer les machines et les instruments qui avaient été amenés là afin de me garder en vie. Le directeur a été surpris lorsque je lui ai dit comment la pièce avait été disposée. J’étais inconsciente... comment étais-je au courant ?... j’avais observé tout cela depuis un point situé en hauteur !

J’ai également obtenu un exemplaire de mon dossier médical, je voulais en effet savoir ce qui était arrivé cliniquement au corps à certains moments. C’est ainsi que j’ai su que mon corps avait été entre la vie et la mort pendant deux jours. Le corps se stabilisait, puis déclinait, puis se stabilisait à nouveau... et ainsi de suite. Au même moment (bien qu’il n’y ait pas de limite temporelle dans le monde spirituel), je décidais si oui ou non je voulais revenir. Au départ, je voulais quitter le corps et rester dans le monde spirituel. J’étais dans une dimension tout à fait différente pour laquelle il n’existe pas de description en langage humain... tout au moins dans notre langue.

Ainsi que je l’ai mentionné, il y a eu des discussions avec les autres êtres spirituels, et c’est avec leur soutien et leurs encouragements que j’ai décidé de revenir à ce corps.

L’espace dans lequel je me trouvais m’était très familier, il ne me paraissait pas étrange du tout. Il semblait plus « normal » qu’à l’école de la terre... je le ressentais davantage comme chez moi.

Il n’y avait pas de frontière, de limitation du temps ou de l’espace... difficile à décrire ! J’avais un sentiment d’omniscience... la connaissance du passé, du présent et de l’avenir... une vision générale de l’ordre et du but de l’univers.

Je sais que tout est extrêmement bien chorégraphié. Rien n’est dû au hasard. Les coïncidences n’existent pas. Cependant, même si tout est bien planifié, nous avons le choix en ce qui concerne la manière dont nous utilisons les informations. Par exemple, chaque personne croise notre chemin pour une raison précise. Nous avons le choix d’être indifférent à cette personne et à cette expérience, mais nous pouvons aussi décider d’être ouvert aux possibilités offertes par cette interaction. Nous avons le choix de vivre chaque moment en étant conscient et totalement dans l’instant, ou bien nous pouvons choisir de ne pas être totalement dans l’instant... ce que beaucoup de personnes font dans notre société.

Quand j’ai repris connaissance, après la blessure et l’EMI, j’ai reçu des centaines de cartes, de lettres, de messages, etc. Beaucoup mentionnaient : « Vous ne vous souvenez probablement pas de moi, mais il y a cinq ans, vous m’avez dit quelque chose qui a changé ma vie »... ou bien : « Il y a 10 ans vous avez fait une chose pour moi qui a changé ma vie ». Je n’avais rien fait de spécial pour ces personnes, j’étais simplement attentionnée, j’existais dans l’instant avec elles... disant ou faisant quelque chose dont elles avaient besoin à l’époque. J’ai appris que TOUT ce que nous disons ou faisons a une influence. CHAQUE moment est important. Je me suis toujours souvenu de la raison pour laquelle je suis ici, j’ai poursuivi ma mission au mieux de mes possibilités à tout moment.

Bien qu’il ne se soit pas agi d’une compréhension soudaine, l’EMI a consolidé ce qui était en mon cœur à partir du moment où je suis revenue cette fois-ci à l’école de la terre. J’ai appris davantage sur moi-même, sur autrui et sur l’univers.

Je ne peux pas dire que la décision de « retourner » à l’école de la terre ait été une décision consciente de revenir à la vie, car dans l’autre état d’existence il s’agit également de la vie... à une échelle beaucoup plus grande.

Je n’ai pas décelé un quelconque « point de non retour ».

En tant qu’êtres spirituels, nous pouvons décider à tout moment de l’endroit où nous souhaitons être. La connaissance était/est très précise. Je n’ai pas retenu toutes les informations que j’ai reçues et vécues lors de la Sortie Hors du Corps. TOUT était/est significatif. Mais le corps/l’esprit humain ne peuvent contenir le niveau d’énergie nécessaire pour vivre ce dont on peut faire l’expérience sous forme spirituelle. L’état spirituel se situe à un niveau d’énergie plus élevé. C’est comme avec l’électricité. Un récepteur 110 volts ne peut accepter 220 volts. Mais on peut transcender les limitations humaines en élevant son propre niveau d’énergie, comme pour l’électricité... il est possible de brancher un transformateur !!!

Mon interprétation de ce concept, c’est qu’on permet consciemment à une énergie plus importante de nous traverser. Encore une fois, comme avec l’électricité… si un humain reçoit un flux électrique qui ne peut pas s’écouler, le corps sera probablement blessé ou mourra. Pourtant, il est possible que des humains reçoivent un flux électrique qui, s’il peut circuler à travers le corps, ne les blesse pas. Il y a quelques années, alors que je travaillais dans le cabinet d’un dentiste qui était en train de faire des radios, j’ai subi une électrisation avec du 220 volts. Mais j’avais une main en haut de la machine et l’autre sur le carter, l’énergie a ainsi circulé. Même si j’avais une sensation différente dans chaque bras, il n’y a pas eu de séquelles.

Pour moi tout est médiumnité, paranormal, spécial. J’ai vécu une autre expérience intéressante lors de laquelle j’ai effectivement quitté mon corps.

Je sortais avec un homme divorcé qui avait trois enfants adolescents. Il se querellait constamment avec sa fille de 14 ans. Un soir, alors que j’étais frustrée dans mes tentatives de médiation chez eux, j’ai quitté les lieux en disant : « Je ne peux rien faire ici ». Je suis rentrée chez moi et je suis directement allée me coucher alors qu’il n’était que 19 heures environ, je suis immédiatement allée dormir. Vers 22 heures (j’ai vérifié par la suite) le téléphone a sonné alors que j’étais encore endormie... j’ai eu l’impression de retomber dans mon lit. Mon compagnon était en pleurs, il m’a dit qu’il venait d’avoir avec sa fille la conversation la plus aimante, la plus intuitive de toute leur relation. Il m’a remerciée d’avoir été avec eux. Je sais que je me trouvais dans leur espace, amenant l’énergie de l’amour dans cette situation. Alors même que, rentrée chez moi, j’allais au lit pour dormir, j’ignorais au niveau humain ce que j’allais faire, mais je savais, sur un plan de conscience plus élevé, que je pouvais faire quelque chose à un niveau différent.

Je crois me souvenir qu’il m’a fallu environ 2 ans avant de commencer à raconter mon expérience. Au début, cette dernière m’avait laissée troublée et sceptique, elle était en effet trop étrangère à mes croyances de l’époque. Du fait de ma blessure au cerveau, j’ai pensé quelque temps que j’étais « anormale », ce qui correspondait au pronostic. Un de mes proches avait un ami professeur de sociologie à l’université du Vermont, celui-ci était en train d’écrire un livre sur le processus de guérison de l’esprit et du corps, il souhaitait parler avec moi (pour moi le processus de guérison a été très rapide, si on se réfère à la gravité des blessures). Nous nous sommes rencontrés... il m’a invitée a venir parler lors de son cours... une de ses collègues m’a invitée à parler lors du sien, etc, etc...

J’ai été conférencière occasionnelle à l’université pendant environ 8 ans. Les réactions des étudiants étaient évidemment variées. Ils étaient généralement très tolérants et ouverts au dialogue. Je n’ai pas vraiment fait de « conférences », j’ai plutôt raconté succinctement mon histoire, les encourageant à poser des questions, ou à exprimer leurs pensées/sentiments sur le sujet. Nous entrions généralement dans de grandes discussions. Habituellement, je débutais aussi le cours en indiquant que je ne faisais que raconter mon expérience, sans tenter de modifier les croyances de qui que ce soit. La réaction des étudiants était excellente. Ils se disaient souvent influencés de manière positive. La seule chose que j’encourageais chez eux, c’était d’ouvrir leur cœur et leur esprit à ces idées. Lorsqu’on ouvre son cœur à tout, quoi que ce soit, on CONNAIT la vérité. J’ai raconté mon expérience à de nombreux amis. Lors des cours de sociologie de l’université du Vermont, j’ai principalement parlé de nombreux aspects différents de l’expérience : la mort, l’agonie et le deuil. Le cours s’appuyait sur un document du même nom « Death, Dying and Bereavement » de Michael R. Leming et George E. Dickinson.

De manière assez intéressante, la raison pour laquelle je suis allée sur votre site pour la première fois, c’est parce qu’un ami m’interroge actuellement au sujet de cette expérience. Il veut savoir de quelles « preuves » je dispose pour corroborer mon récit. Comment je « SAIS » que c’est vraiment arrivé, qu’il ne s’agit pas seulement de mon imagination... eh bien, je lui ai répondu que mon passeport avait été tamponné par les esprits... et je suis allée sur le web pour voir vers quelle « preuve », s’il en existe, je pouvais lui fournir.

L’expérience a toujours été « réelle » pour moi (peut-être parfois plus réelle que l’expérience à l’école de la terre), mais au début j’hésitais à l’affirmer, je ne voulais en effet pas renforcer l’idée que je pourrais être anormale à cause de ma blessure à la tête. Lors des premières fois où j’ai parlé à l’université, j’ai pensé qu’on pourrait me lancer des tomates pourries pour avoir des idées aussi stupides... bon, ce n’est qu’une blague :o) Par la suite, étant plus à l’aise avec l’expérience et avec moi-même, je me suis d’autant moins soucié de ce que les gens allaient penser de moi ou de mes idées.

Depuis plusieurs années j’ai cessé d’être conférencière occasionnelle à l’université, j’en avais en effet assez de ce récit... après quelque temps ce n’était plus une nouveauté ! Mais aujourd’hui, alors que j’écris sur ce même sujet, que je le revisite, de nouvelles informations me viennent, et cela devient signifiant d’une façon différente.

Je suis plus claire, maintenant, en ce qui concerne mes relations. Je n’ai plus de patience pour les plaintes ou les conversations futiles. Ma philosophie de vie est : « Sois ce que tu voudrais que les autres soient »... et : « Si on ne fait pas partie de la solution, on fait partie du problème ». Je suis très engagée dans mes expériences de vie, ainsi qu’avec les gens qui m’entourent.

J’avais abandonné la religion catholique plusieurs années avant l’EMI. Etant enfant, je remettais en cause de nombreux concepts enseignés par l’Eglise catholique. Toutefois, en tant que bonne catholique irlandaise, je continuais à me rendre à l’église ainsi que me l’ordonnaient mes parents. Quand j’ai quitté la maison, je ne suis pas allée à l’église le dimanche suivant... et j’ai passé la journée à attendre la foudre censée me frapper mortellement ! Eh bien, j’ai survécu à ce dimanche là... et à tous les autres depuis :o)

Après l’EMI, j’ai exploré plusieurs religions différentes. A cause de l’expérience, je tentais de savoir où était « ma place » à l’école de la terre. En fait, je n’adhère à aucun dogme religieux de manière régulière. Lorsque je visite d’autres pays, j’aime participer à des cérémonies religieuses, lorsqu’on m’y invite je chante dans le chœur de la United Church, etc...

Je suis satisfaite de voir que je fais partie de tout... et de rien :o)

Je ne prends aucun médicament ou substance dans le but d’amplifier l’expérience de l’école de la terre. Si j’étais droguée, je pourrais passer à côté de quelque chose.

Je voudrais ajouter que cette expérience fut pour moi un véritable cadeau.

 

 

***

CATHERINE D

 

Je ne me suis pas vue sortir de mon corps ou flotter au-dessus de lui, je me rappelle seulement être entrée dans un large et long tunnel comme on entre dans un tunnel de train. Au début il y avait encore de la lumière d'ici-bas, ensuite je suis entrée dans une obscurité qui n'était pas totale, même si elle était de plus en plus dense et qu'elle emplissait toute la voûte car elle n'était pas noire mais plutôt gris foncé, épaisse et dense dans ses contours, alors qu’au centre le vide était net.

Au bout de ce tunnel, j'apercevais une magnifique lumière terriblement attractive. C'est très difficile de décrire une lumière qui n'existe pas sur terre. Je dirais que la LUMIERE et même L'OMBRE ressemblent à ce que, peut-être (?), la physique nucléaire peut produire : il s’agit de petits points d'énergie ultra-lumineux, hypermobiles et DENSES. Les couleurs sont très, très vives, nettes, comme PURES et chaque point lumineux qui constitue la lumière, semble individuel mais participe au tout qui la constitue et semble contenir la totalité du prisme des couleurs. Quant au champ de vision il englobe tout.

Au moment où j’ai atteint la fin du tunnel, je ne pouvais plus avancer (de l’autre côté, il y avait la lumière, mais j'étais encore dans l'ombre). A ce moment j'ai entendu la voix de Dieu qui s'adressait à moi. Sa VOIX m'a immobilisée. Sa voix a une force d'énergie AGISSANTE. Pendant qu'il me parlait je sentais bien que je ne pouvais plus bouger alors que je voulais absolument rejoindre la lumière. Ma conscience était claire et comme acérée, c'est une hyper-conscience, ultra-nette. Tout ce qui m'a été dit a été percu et compris comme étant VERITE. Cette conscience ENGLOBE TOUT, absolument tout. Elle est INSTANTANEE. Elle est transmise par télépathie.

Sa présence (Dieu) n'était pas visuelle bien que j'eusse pu indiquer précisément là où il était posté, un peu comme caché dans l'ombre. Sa présence était perceptible par la masse d'énergie que je sentais émaner de lui et du lieu où il se trouvait.

C'était Dieu sans qu'il ait eu besoin de se présenter : il communique en plaçant des VERITES dans notre esprit. Le fait qu'il était Dieu était une de ces vérités.

Pour ce qui a été exprimé ou transmis, je dirais qu’il a commencé par me faire part de son mécontentement : ce qu'il a inscrit en moi, c'est ce qu'il ressentait LUI et c'était du mécontentement. Ensuite, lorsque j'ai voulu répondre, il a inscrit son autorité ferme mais emplie d'amour en moi, puis il m'a dit qu'il était trop tôt, que je ne pouvais pas entrer dans la lumière et qu'il fallait que je retourne car " j'avais quelquechose à accomplir sur terre " sans rien me préciser de ce qui était attendu de moi.

C'était le moment (quand il m'a parlé) le plus intense de mon expérience (Dieu savait lire dans mes pensées), donc c'est là que j'ai eu le moment de conscience et de lucidité maximum. La voix de Dieu était très nette, je pouvais donc identifier clairement sa source. Elle était grave et profonde, comme si elle emplissait tout, même moi à l'intérieur. Elle était à la fois calme, pesée, pénétrante, pleine d'autorité et d'amour. Si je parle d'autorité, c'est que j'ai senti, au moment où je voulais parler que sa voix m’en empêchait : il lisait dans mes pensées et répondait aux questions que j'avais dans la tête.

Après avoir parlé, tout a été très, très vite : j'ai réintégré mon corps à toute allure, plus vite que pour venir, et suis sortie du coma avec le sentiment d'être revenue du plus magnifique voyage qu'on puisse faire en une vie.

*

La force et l'intensité de ce qui est ressenti, la suprême beauté et la notion d'amour inconditionnel : il n'y a pas de mots pour décrire cette expérience car rien de tout cela n'existe sur terre, ne lui est comparable en beauté, en force ni en quoi que ce soit.

J'ai fait deux EMI au cours de ma vie : une à 14 ans et une seconde à 22 ans et le message de FOND est IDENTIQUE : c'est un message d'amour et d'espoir, quant à l'existence de Dieu et de son amour sans limites, et de mondes spirituels supérieurs (et inférieurs).

Il n'y a pas de temps tel qu'on le conçoit ici (ici, il est court)... le temps existe, mais dans une autre dimension (plus grande et plus longue et je dirais aussi qu'il dépend des lieux où on se trouve). On a aussi la sensation que l'espace semble infini (on sent que derrière chaque dimension se trouvent d'autres dimensions) et dans cet espace, on "flotte".

Je n'ai pas franchi la limite d’un monde à l’autre car c’était IMPOSSIBLE (j'ai voulu le faire, et c'est comme si quelquechose d'invisible me retenait. C'était lié à sa voix : elle a le pouvoir d'APPLIQUER sa volonté, elle a un pouvoir AGISSANT).

Ce qui est certain, c'est que je suis revenue avec une évidence et des dons : ma foi est devenue inébranlable, je crois définitivement et sans appel en un Dieu unique, universel, empli d’amour et de bonté. Quant aux dons : je suis revenue voyante ! Je peux voir le passé, l'avenir et le présent des gens proches ou inconnus sous forme de flash mais aussi simplement en utilisant un support (tarots).

Je peux aussi percevoir la présence des entités invisibles et je suis en lien avec le spirituel. Parfois, très rarement, des personnes qui "partent" se présentent à moi au moment où elles s'en vont ou après qu'elles soient parties. Je peux aussi percevoir la présence des êtres spirituels invisibles (contact avec les anges) et parfois, très rarement hausser légèrement les niveaux énergétiques, atteindre d'autres sphères (elles sont terrestres, mais invisibles et légèrement supérieures). Toutes ces capacités dépendent DE LA QUALITE DE MON DEGRE D'AMOUR UNIVERSEL et de mes propres ETATS D'ENERGIES. Je crois aussi avoir reçu la capacité de ressentir la compassion. Je crois que je ne l'avais pas avant.

Je reste "connectée" avec le sprirituel et les sphères spirituelles (visibles et invisibles). Bien que très sociable, je suis devenue plus solitaire et plus secrète. A présent, je prie à l'intérieur de moi et non plus en "pratiquant" selon les règles établies et transmises par l'église, car je sais que certains "devoirs" chrétiens ne sont que des fictions, je pense par exemple à la fidèlité... Dieu ne nous demande pas d'être fidèle, il demande que nous nous aimions car l'amour est SON énergie, et en nous aimant nous y contribuons. Je prie également pour le monde, et non plus uniquement pour mes proches. J'y ajoute également certaines pratiques wicca, utilisant les éléments et les énergies qu'on y puise, ce que je ne faisait pas du tout avant.

Par ailleurs, disons que je suis pressée de retourner là-haut.

J’ai un sentiment de frustration car on m'a dit que j'avais quelque chose à faire dans cette vie sans me dire quoi... et 26 ans plus tard je ne sais toujours pas ce qui est attendu de moi ! Enfin, j’aimerais savoir si les personnes ayant connu une EMI se sont vu « retirer » quelque chose. Exemple : je suis revenue avec des facultés extrasensorielles, mais il y en a d’autres que j'ai perdues !!

 

 

***

CHANTAL

 

J’ai été victime d’un accident de la circulation, le 10 juillet 1987. J’étais en moto, j’ai vu un camion arrivant en sens inverse traverser la ligne médiane de la route et m’arriver dessus. J’ai serré le plus possible sur ma droite. A partir de ce moment là, plus rien de concret... je n’ai même pas senti le choc de l’accident !

Immédiatement, je flottais dans les airs, regardant mon corps et ma moto glisser sur la route, au milieu de la circulation. J’assistais à mon accident : un ami motard roulant derrière moi réussit à m’éviter miraculeusement (il m’en est resté des traces de pneu sur mon casque et son témoignage), ma moto qui faillit m’écraser plusieurs fois, la file de voitures qui roulait en sens inverse et à laquelle j’échappais toujours. Je savais que j’étais morte. Il était clair que mon esprit s’était détaché de mon corps mort. Je n’en éprouvais aucune peine, je regardais cette scène avec attention mais sans émotion, ce n’était que mon corps ! Brusquement, je me suis envolée. Je suis partie dans un tunnel. Il était fait de nuages, blancs et doux comme du coton, qui me donnaient envie de me rouler dedans. Mais je ne pouvais pas m’arrêter, je n’étais pas maître de mon chemin, j’étais guidée ; je volais vers la lumière que je voyais au bout du tunnel, je le savais et en étais heureuse, elle m’attirait ! Je n’avais aucune peur ou angoisse, au contraire, j’étais parfaitement sereine ; je ne me posais aucune question, j’avais un sentiment de sécurité. J’étais portée par les airs qui me conduisaient vers le bout du tunnel d’où cette lumière fabuleuse jaillissait.

En approchant d’elle, elle brillait toujours autant mais ne m’aveuglait pas. Aucun mot de notre vocabulaire sur terre n’existe pour décrire ce type de lumière. Elle est énergie pure, elle est puissance, elle est conscience, elle est amour, elle est nous tous, elle est la perfection et je ressentis tout ça en y pénétrant. C’était toujours cet aspect de nuages si doux, mais ils étaient le sol, tandis que le ciel était d’un bleu apaisant... et le tout baignait dans cette lumière indescriptible, à la fois violente et douce. Je vis une foule, là pour m’Accueillir, de laquelle émanait un puissant sentiment d’Amour. Ils étaient debout devant moi, comme en arc de cercle, vêtus de "toges" (ce mot me semble le plus approprié) blanches. En m’approchant, je vis devant ma fille - décédée 5 ans avant - mes grands parents paternels, un ami très cher et d’autres personnes que j’avais connues, toutes décédées bien sûr.

Comment exprimer ce qui se passa ? J’ai communiqué avec ma fille, avec tous ceux que je retrouvais, mais sans mots. Par télépathie, pourrait-on dire. Je reçus par pensée leur joie de m’Accueillir. Une pensée me venait et j’avais la réponse immédiate, tout en sachant avec certitude qui me parlait. Et je me rendis compte que je n’avais pas de questions à poser car j’avais, comme eux tous, la connaissance absolue et totale de tout. Je n’en étais pas étonnée. Puisque j’étais de retour parmi eux, j’étais redevenu esprit, et j’étais comme eux, dans la lumière, notre mère, qui est en tout, autour de tout et à travers tout, qui est énergie créatrice, perfection totale, amour total (un sentiment bien supérieur à celui que nous connaissons sur la terre), qui est une éternité d’amour, qui est la conscience à l’état pur. Ce monde est tout amour et j’en étais emplie. J’éprouvais un sentiment radieux d’extase, de paix, de perfection. J’étais dans un état de béatitude, je n’avais jamais connu pareil état de bonheur. J’étais dans un monde infini d’amour, de beauté, de douceur, d’énergie et de paix. Je n’ai pas pensé un seul instant à ceux que je laissais sur terre, ni que l’on pouvait m’y renvoyer. Et pourtant !

Brusquement, je me suis retrouvée dans mon corps gisant sur la route. L’enfer, c’était la terre. J’avais un pied et une partie d’une cuisse arrachés. Les douleurs étaient abominables. Je n’ai pas pu accepter d’être revenue sur terre pendant plusieurs jours. J’étais tellement bien avec eux, dans l’Amour, la Lumière et la Connaissance, alors que je n’étais que souffrance dans mon lit d’hôpital. Puis, la gentillesse et la compréhension dont j’ai été entourée m’ont aidé à accepter, doucement, ce retour sur terre. Ils m’ont aidé sans rien savoir. J’ai mis très longtemps à pouvoir en parler.

J’ai raconté un mois après environ à mon compagnon et à l’ami motard qui me suivait ce jour-là, l’étape de la décorporation car celui-ci me dit qu’il avait failli m’écraser et je me mis à lui raconter ce que j’avais vu, qu’il me confirma. L’accident s’était déroulé exactement comme je l’ai moi-même vu. Je vous laisse imaginer leur surprise à mes propos ! Puis, il s’est passé environ 3 ans avant que je puisse raconter à mon compagnon mon voyage complet et deux ans encore avant de pouvoir en parler à des amis proches. Je n’ai toujours rien dit à ma famille.

Aujourd’hui, 10 ans après, je suis habitée par cette expérience. Elle m’a beaucoup aidé à accepter la peine et le vide qu’a laissé en moi la disparition de ma fille, car j’ai communiqué avec elle et ressenti son Amour et je sais maintenant que nous serons réunies de nouveau à ma mort. Je n’ai plus peur de la mort, bien évidemment ; je l’attends même avec une certaine impatience (afin de retrouver ma fille car je n’ai pas d’autre enfant) mais je ne ferai rien pour la provoquer, malgré tout.

Je ne peux plus travailler à temps complet, je ne peux plus pratiquer d’activités sportives, n’ai plus la même résistance physique. J’ai beaucoup souffert et conserve pour toujours des douleurs assez importantes. En même temps, j’ai appris que je devais me tourner vers la recherche de la connaissance et le partage de l’amour plutôt que vers mes anciennes valeurs.

J’ai maintenant l’assurance que notre esprit continue de vivre après la mort de notre corps physique et que nous retrouvons ceux que nous avons aimés. Je crois en la réincarnation. Malgré les années de souffrance que j’ai vécues et celles que je vivrai, je ne peux regretter d’avoir eu cet accident tant cette E.M.I. m’apporte de certitudes.

 

 

***

CHRISTOPHE

 

L’éveil de la kundalini m’a ouvert des voies auxquelles je n’osais pas rêver dans ma jeunesse : quoi de plus excitant de réaliser qu’au final "la magie" existe, et qu’il est possible de faire autre chose que métro-boulot-dodo dans la vie ?

Mais ce qui m’a conduit chez un psy avec l’impression d’être devenu fou, c’est la transformation de mon "monde". Avant, mon corps était bien défini : je percevais uniquement de la chair. Après la chair il y avait les poils et après il n’y avait plus rien.

Brusquement mon corps n’a plus été mon repère : je me suis retrouvé comme un flot d’énergie habillé d’un corps : cela à complètement changé ma perception de moi même.

Avant, le monde que je voyais était constant : un arbre était un arbre, une voiture, une voiture et un chien, un chien. Nous sommes bien intégrés dans notre monde : nous le touchons, le sentons, le voyons, le goûtons, l’entendons : il n’est pas possible au premier abord que nous n’en fassions pas partie intégrante. On a beau nous dire à l’école que notre perception est générée par notre cerveau, que ce que nous voyons est une illusion, nous n’y prêtons pas attention. Nous retournons dans notre monde où nous sommes si bien incrustés.

Et puis un matin tu te lèves et le monde n’est plus le même ! Et là, tu ne peux plus oublier que c’est une illusion : tu ne peux plus "T’OUBLIER" dans l’illusion. C’est trop différent : ton mental disjoncte... l’image ne correspond plus ! J’ai vu cette rue pendant 10 ans. Je la connais pas coeur : c’est la même... et plus la même !

BUG... il m’a fallu un an pour réussir à intégrer cette expérience : je me terrifiais en me regardant dans un miroir : on aurait dit un illuminé, quelqu’un qui a effleuré le divin. Et au final c’est bien ce que j’étais.

Il m’a fallu plus de 10 ans pour pouvoir écrire ce que furent toutes ces années pour moi. La transformation en elle-même est simple... le monde des hommes n’a pas changé : nos voitures, nos blocs de béton, nos rues toutes goudronnées sont toujours les mêmes ! Mais la nature s’est transformée. La première fois que j’ai vu un arbre, la réflexion qui m’est venue a l’esprit a été : « La forêt est devenue magique !... comme dans les dessins animés... elle est enchantée » ! Et je disais ça en regardant deux pauvres platanes perdus dans une forêt de béton. Mais ils étaient tellement majestueux que je ne voyais plus la rue à coté.

La lumière s’est transformée d’une manière indéfinissable et surtout les reflets ! Les couleurs sont plus vives ! Avant je ne savais pas que le monde que je voyais était terne et moche : c’était le seul que j’avais !

Le plus grand mystère est dans les arbres et la nature. Lorsque le soleil éclaire un arbre il réfléchit la lumière comme un diamant ! Cela n’arrive pas tout le temps : quelquefois le même endroit avec la même luminosité va être identique : je ne verrai que "la forêt enchantée" qui est déjà très belle. Mais parfois, sûrement au gré de l’ouverture d’un centre énergétique quelconque, les choses se transforment encore : les arbres deviennent des diamants vivants qui réfléchissent la lumière dans tous les sens !

Dans ces moments là, je peux regarder stupidement pas la fenêtre pendant des heures, je peux oublier de traverser en regardant un pauvre platane tout déplumé en plein hiver à coté d’un feu rouge : la nature me donne le goût du divin : je le sens dans ma bouche, je l’ai sur le bout de la langue, je sens que je pourrais entrer de plein pied dedans. Je suis comme un affamé qui sent l’odeur de son repas, je le cherche partout mais n’arrive pas à le trouver.

Je sens le divin dans la lumière reflétée par des arbres de diamants !

"Et il était incroyable de comprendre que la lumière est vivante. La lumière est un être vivant qui contient toute la sagesse de l’univers et occupe chaque espace."

                                      « La voix de la connaissance » par DON MIGUEL RUIZ

 

Au début, j’ai cru que j’étais fou. Alors je suis allé voir un psychologue et je lui ai tout raconté en pensant qu’il me donnerait des cachets. Mais après plus de 20 séances à raconter toutes les choses que je voyais et expérimentais avec mes yeux plus ou moins exorbités, il a conclu en disant que je n’avais simplement aucune maladie mentale connue.

Alors j’ai laissé tombé la théorie, les idées reçues de la société et j’ai décidé que ma voie désormais serait d’expérimenter l’univers pour trouver le divin qui nous crève les yeux et que nous ne voyons pourtant pas !

L’interêt pour moi de raconter toutes ces choses aujourd’hui, c’est d’abord de m’en libérer. Ensuite, je rends ce qu’on ma donné : à cette époque quand j’ai compris que la science ne pouvait rien pour moi, les témoignages des gens qui ont eu la même expérience que moi m’ont énormément aidé à trouver ma voie .

Aujourd’hui, c’est à moi de laisser un témoignage pour les autres !

 

 

***

CLARK B

 

Je n’ai pas vécu « l’expérience du tunnel », contrairement à beaucoup d’autres. Je planais simplement au-dessus de ma famille. Je savais que j’étais mort et je me sentais coupable de voir pleurer ma femme et mes enfants alors que j’étais si bien. J’aurais voulu qu’ils soient morts comme moi, et j’ai tenté de leur faire savoir que j’allais bien. Quant à mon corps, je le considérais comme une vieille chaussure bonne à jeter.

A ma naissance on m’avait également donné pour mort. Ma tante était dans la salle d’accouchement. Les médecins ont décidé de pratiquer une césarienne, ils ont eu du mal à me sortir. Quand ce fut finalement fait, je ne réagissais plus, on m’a laissé de côté. Les médecins se sont focalisés sur le sauvetage de ma mère. Mais il n’y avait de place que pour trois paires de mains, heureusement pour moi. L’interne en surnombre a donc fait le tour de la table, il m’a attrapé et a entamé un bouche à bouche. Je dois la vie au Dr Hershfeld.

Je crois que Dieu donne des missions aux hommes. Je crois également que nous, qui avons vécu une expérience de mort imminente, nous sommes des messagers de Dieu pour informer les gens qu’il ne faut pas craindre la mort, qu’il faut mener sa vie comme si on devait mourir demain, c'est-à-dire vivre une bonne vie en sachant qu’on est sur le bon chemin.

*

Tant que j’étais hors de mon corps, j’étais conscient au maximum de ce qui se passait. C’est quand j’ai été réintroduit dans mon corps que les choses ont dégénéré. J’ai souffert d’amnésie partielle pendant environ trois mois. Ma mémoire à court terme ne fonctionnait pas très bien. J’étais comme une mémoire vive d’ordinateur qui fuirait. Le disque dur fonctionnait bien, mais la RAM perdait tout le temps des données.

Ce que je ressentais durant cette expérience était curieux... c’était comme si tous les instincts animaux avaient disparu. J’étais un pur esprit aimant. J’ai ressenti l’amour pur, la paix, le contentement et la joie. Mais aussi culpabilité et tristesse que ma famille ne soit pas morte pour partager ce que je ressentais...

J’ai vu une lumière au loin, comme dans le film « Voyage au centre de la terre », avec Pat Boone. A la fin les personnages sont dans une immense assiette de pierre et ils sont propulsés hors du volcan par la lave. Lorsque j’ai commencé à reprendre connaissance, c’était comme si je m’étais trouvé loin derrière mes globes oculaires et que j’étais entraîné vers la lumière qui, en grossissant, s’est avérée être le plafond de la salle des Urgences. Après quelques questions posées par quelqu’un qui s’occupait de moi, j’ai sombré à nouveau dans le « trou » de mes globes oculaires. Immédiatement après je me suis retrouvé hors de mon corps, observant ceux qui s’occupaient de moi.

Ensuite je ne me souviens de rien, jusqu’à ce que je reprenne connaissance aux Soins Intensifs. J’ai vérifié auprès de ma femme l’endroit où elle et les enfants se tenaient tandis qu’on s’occupait de moi à la maison, idem pour la disposition de la salle des Urgences.

Comme décrit plus haut, je dois être un messager pour ceux qui craignent la mort. Par ailleurs, je sens qu’on m’a accordé la richesse matérielle, non pour moi-même, mais afin de faire le bien et d’aider les autres à vivre de bonnes vies. Le principal, c’est de ne plus craindre la mort. Je l’attends maintenant avec impatience. La richesse matérielle est sans importance. Ce qui est fondamental c’est ce que je dois améliorer... vivre la vie que Dieu souhaite pour moi, faire selon sa volonté.

Je n’ai parlé de mon expérience qu’à ma mère. Je ne l’ai dit ni à ma femme, ni à personne d’autre avant que des livres sur les expériences hors du corps ne commencent à sortir. Je ne voulais pas que les gens pensent que je suis fou. J’avais peur de faire une dépression. A l’époque, je craignais également d’avoir subi des dommages au cœur, j’avais peur de ne plus être là pour élever mes enfants.

Maintenant, en sachant que d’autres ont vécu des expériences similaires ou même plus profondes, j’ai intégré l’évènement et j’ai mieux compris ma mission dans la vie.

Ma femme et moi avons fini par divorcer. Elle était matérialiste et voulait prendre du bon temps. Quand nous avons divorcé, elle a dit que pour elle, j’étais davantage un père qu’un mari...

 

 

***

COUGAR

 

J’ai vécu une expérience superficielle et deux plus profondes. La première EMI se produisit à l’âge de 11 ans. J’ai pris un coup qui a bloqué mon souffle. Mon diaphragme était coincé. Un moment terrifiant! Je ne pouvais plus inspirer. Je ne pouvais qu’expirer. J’ai choisi de conserver le peu d’air que j’avais. J’allais mourir. Je dis adieu à tout. Je voyais toute la terre derrière moi. Je ne pouvais bouger que mes yeux. Tout devint plus vivant. Les feuilles des arbres étaient plus vertes. Le bleu du ciel était plus bleu. Je n’avais jamais vu plus belle nature ! Soudain, je vis monter de la terre l’histoire des 400 dernières années. J’avais le « nez » d’un vieil amérindien. Je pouvais facilement distinguer une espèce d’arbre uniquement par son odeur.

J’ai été éloigné de la terre et je flottais à travers différentes strates de l’atmosphère. Une forme d’amour très évoluée m’enveloppait, un amour différent de celui que j’avais reçu de mes parents et de mes grands-parents. Une voix remplit ma tête et me dit que tout se passerait bien... je retournais chez moi ! Soudain, il y eut une explosion d’air dans ma gorge : j’étais de retour dans mon corps. Un air délicieusement aromatique remplissait mes poumons pour les régénérer...

Ma seconde EMI fut profonde. Elle eut lieu à l’âge de 24 ans, en 1974, alors que je vivais au Colorado. J’avais reçu trois messages m’annonçant un accident de circulation. Pourquoi? Je ne sais pas. Je ne pouvais pas l’éviter, j’entrai en collision. J’ai volé dans les airs, loin de ma motocyclette, et je suis sorti de mon corps. Je le voyais tout défait sur le sol. Mon dos était fracturé à deux endroits.

Un brouillard gris, glacial, m’enveloppa et m’entraîna dans un tunnel de lumière, me guidant vers les cieux. Je ressentais un amour grandissant s’approcher de moi et simultanément un son faible qui devint de plus en plus fort et se répandit autour de moi, comme un houhouhou. Ce bourdonnement s’installait aussi en moi. Une voix accompagnait ce son. Cela ressemblait au bourdonnement d’une centaine d’avions à réaction ou à un roulement du tonnerre amplifié. La voix ressemblait à la voix d’un grand-père qui m’aurait aimé comme son fils. Cette voix savait tout de moi et me parlait. Même mes manquements étaint mis en évidence avec amour et compréhension.

Pendant ce temps, je voyageais vers des paysages pastoraux et, finalement, vers un temple d’albâtre sur le faîte d’une montagne. Le houhouhou me remplissait partout en dedans. Il y avait des arches et des piliers qui se prolongeaient jusqu’à un dôme qui semblait fabriqué dans un roc épais ressemblant à de l’albâtre. Tout cela resplendissait de l’intérieur vers l’extérieur. On me conduisit dans une pièce où je pus voir des choses concernant les gens qui dormaient sur terre, mais qui étudiaient ici. Je fus conduis à la pièce principale où j’aperçus une estrade d’où émanait une lumière brillante. À l’intérieur de cette lumière il y avait sept êtres reliés entre eux par la lumière. Ils étaient sept en un. L’amour que ces sept visages de Dieu projetaient vers moi me rappelait l’expérience vécue à 11 ans. Cela m’était familier, je me sentais comme chez moi. Les sept entités de lumière parlaient d’une seule voix dans ma tête; cette voix ne traversait pas la pièce... on remplissait ma tête de sagesse. Pendant qu’on me parlait, la pièce disparaissait car les images placées dans ma tête remplissaient toute la pièce comme sur un écran géant, à la différence que j’étais dans l’image, et que tout semblait vivant autour de moi.

On me montra le futur de l’humanité. Ce n’était pas un futur paisible au départ. C’était dérangeant et presque insupportable. J’avais été tellement naïf et idéaliste. Maintenant, mon innocence m’était retirée. Je vis la faim individuelle et la famine. Je vis des guerres, de la souffrance, de la manipulation égoïste et une multitude de corps jonchant d’immenses champs de bataille. « Comment se fait-il qu’il y ait tant de cruauté en ce monde » ?... pensai-je en secouant la tête de désarroi.

Les anges me dirent : « Ce ne sont que des probabilités pour la planète, qui n’arriveront pas si vous décidez de changer. Tout suit son court, mais peut changer si c’est nécessaire, à l’échelle individuelle comme à l’échelle planétaire ». Un rugissement torrentiel comme une chute d’eau me traversa la tête. Le brouillard gris revint. Mes yeux s’ouvrirent aussitôt. Il n’y avait pas de tunnel sur le chemin du retour. Je vis l’intérieur de l’ambulance. Les voix s’évanouissaient dans ma tête avec la promesse de visites futures.

Les chercheurs s’enquièrent des changements survenus après les EMIs. En premier lieu, les dons. Bien sûr, lorsqu’on vit des changements majeurs aux plans de la perception et de l’acuité, certaines conséquences affectent parfois ce qu’on appelle le quotient intellectuel. Je me suis mis à penser davantage en fonction de la collectivité que de l’individualité. Je suis en résonance avec Cliff Robertson dans ‘Flowers for Algermon’ (Charly).

On m’a fait don de la patience et de la capacité de voir derrière les masques conscients et inconscients des gens. J’ai reçu le pouvoir de quitter mon corps, un pouvoir de guérison limité, le pouvoir de ralentir les battements de mon cœur et d’accéder à l’état thêta. On a augmenté ma capacité d’aimer, mais ça ressemble plutôt à une chandelle tendue vers le soleil. Vous savez, l’amour fusionnel des cieux défit toute description et n’a de pareil nulle part.

Les malédictions. D’abord ceci crée une sorte d’aliénation, particulièrement lorsqu’on est si jeune. Ensuite, on revient avec certains pouvoirs comme le pouvoir d’éteindre les ampoules électriques, une rangée de réverbères, de transformateurs, de lumières de tableaux électroniques, le pouvoir d’arrêter l’enregistreuse d’un journaliste, le pouvoir de faire fonctionner des jouets dont les piles sont mortes. Le pouvoir de lire les pensées par pure télépathie (en haut avec les êtres de lumière et en bas avec nous). Quoi? Vous ne trouvez pas que c’est une malédiction? Cela peut paraître étrange de pouvoir fendre les nuages par la pensée ou de trouver une place de stationnement libre là où vous en avez besoin, de recevoir un téléphone d’une personne au moment où vous y pensez ou de finir à sa place la phrase de quelqu’un… et c’est merveilleux de voir un oiseau sauvage se poser sur son bras étendu alors qu’on dit adieu au Mont Shasta après une semaine passée sur les lieux.

Dans une relation, cela peut aider de voir votre propre peur occultée se manifester à travers l’autre de sorte que vous pouvez l’amener dans la lumière du jour pour en discuter et vous en libérer. Mais qu’en est-il de la fois où vous étiez vraiment dérangé, où vous pratiquiez consciemment le contrôle verbal, tout en engueulant télépathiquement la personne aimée si intensément que plus tard lorsque vous vous êtes reparlé de ce qui avait été dit, celle-ci s’énerve lorsque vous affirmez ne pas avoir dit ces choses à voix haute (je savais que je ne les avais pas dites... à haute voix) ?

Une rue achalandée. Une centaine de voitures par minute dépassent les piétons dans les deux sens. Vous conduisez. Vous passez probablement inaperçu parmi cette centaine de voitures qui défilent. Une femme. Le peu de temps passé à marcher sur le trottoir l’a désensibilisée du va-et-vient de la circulation. Plus vous approchez, plus vous vous sentez attiré par elle mais vous ne voulez pas attirer son attention. À votre étonnement, plus vous approchez plus vous trouvez qu’elle paraît bien. Vous voulez détourner votre regard, mais ne réussissez pas pour longtemps. Votre véhicule n’est pas particulièrement puant ni bruyant, or elle se détourne pour vous regarder droit dans les yeux! Après l’avoir dépassée vous la regardez dans le rétroviseur le plus longtemps possible non plus pour l’admirer mais pour voir si elle ne va pas regarder quelqu’un d’autre dans le trafic… non ! Quoi ? Cela n’a pas l’air d’une malédiction ? Après tout, c’est peut-être un moyen agréable et sûr d’attirer l’attention. Vous pourriez même être reconnu et gagner en popularité dans les jeux de salon.

Allons plus loin alors. Entendre les gens penser absolument le contraire de ce qu’ils disent... ce niveau de télépathie a conduit des gens à la folie. Certaines personnes essaient de freiner cela, mais, apprendre à ouvrir et à fermer à volonté occasionne une large diminution de la faculté. Ne pas freiner signifie s’ouvrir à des niveaux plus hauts et plus dangereux : c’est-à-dire avoir le pouvoir de contrôler le corps d’autres personnes jusqu’au point de réussir contre leur volonté. Contrairement à la formule « gravée dans la pierre » que les hypnotiseurs utilisent et dont ils parlent à tort et à travers, il est possible de faire faire aux gens ce que vous voulez. Inviter la télépathie c’est inviter tout ce qui vient avec, à un niveau que bien des gens ne saisissent pas dans notre monde d’aujourd’hui. On peut même tuer par télépathie! La plupart des gens dénient cette possibilité ou quoi que ce soit de ce genre.

Peut-on contrôler une telle responsabilité et un tel pouvoir sans en abuser? Je n’ai découvert aucun bénéfice à la télépathie dans notre monde actuel. Les gens ne sont pas prêts. À mon avis, on en abuserait simplement. La violence télépathique ne peut même pas être touchée par la loi. De plus, on discrédite les pouvoirs télépathiques en les qualifiant de véritables sottises ce qui les rend encore plus attirants et tentants pour le petit nombre qui accède à ce pouvoir prématurément. On peut en abuser gratuitement selon les directives et les limites de la seule loi spirituelle qui existe dans l’invisible.

Il y aurait beaucoup à dire sur la télépathie avant d’arriver à une véritable compréhension, à une sagesse. On trouve une certaine tristesse dans la sagesse. Oh, être heureux! Être innocent ! Mais nous ne pouvons pas retourner en arrière.

Les sept entités de lumière remplirent leur promesse. Elles vinrent me voir après mon EMI de 1974 et me firent progresser. Elles se présentaient dans mes rêves ou entre mes rêves, me poussant toujours à plus de lucidité. Elles se présentaient individuellement avec chacune leur propre tâche. Elle me guidèrent à travers le monde et au-dessus du monde. Elles me montrèrent l’univers. Elles m’amenèrent dans les cieux, me montrèrent certains plans d’existence et me firent voyager jusque devant « l’incréé créant ». Elles me montrèrent des vies antérieures. Je ne sais pas s’il s’agit de « mes » vies antérieures ou simplement de « vies antérieures » comme telles. Cela m’importe peu. Ce qui compte c’est que j’ai appris beaucoup de ces vies... et quoi qu’il en soit, c’est comme si je les avais vécues. Mon livre, Angels in the Light, raconte quelques-unes de ces vies et décrit les plans célestes. C’est comme le livre de Zardoz, Out of Time Touch Teaching, il y a plein de choses réconfortantes pour les moments de déprime. J’ai effectivement vécu toutes ces vies, vous voyez ?

Dans l’arène des vies antérieures, on m’offrit le bonus de revivre une mort physique très pénible. C’est ainsi que j’ai pu prendre conscience de mon immortalité à mon retour. La mort physique ne met pas un terme à la vie. Cela confirme le sentiment d’immortalité ressenti lors d’une EMI. On passe de la croyance à l’expérience, et conséquemment, l’on sait avec certitude. C’est une source de grande sagesse.

Un ange me donna une deuxième série de dix commandements comportant une différence importante. La première série stipulait « Tu ne feras pas… » et la deuxième stipule « Tu feras… ». L’on ne peut passer à la seconde série sans avoir maîtrisé la première, la base. Ce n’est pas biblique, c’est spirituel. J’ai aussi visité d’autres personnes ayant été célèbres selon les standards terrestres en vue d’observer leur progression dans les mondes à venir. Connaître leur passé facilitait mon évolution. Cela confirmait également la continuité de l’évolution personnelle d’une vie à l’autre. Ce n’est pas parce que nous mourons que tout est fini ou que nous pouvons tout balancer derrière pour recevoir les récompenses de l’après vie. Il y de plus en plus de responsabilités, mais aussi, plus de justice et de plaisir !

Ces anges m’ont enseigné que nous étions tous connectés, que toute vie est précieuse, que trouver l’amour en soi était un dur labeur, que nous devrions générer plus d’amour plus souvent, car l’amour humain pâlit devant l’Amour Éternel.

Je suis plus petit qu’une chandelle tenue devant le soleil.

Amour de l’Esprit,                                                                                                                                                                                                                       COUGAR

 

 

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CS 984

(13.06.04)

 

Dans mon enfance, j’ai subi un grand nombre d’agressions. L’une d’entre elles m’a mené aux Urgences, puis au bloc opératoire. Tandis qu’on m’opérait, j’ai fait un arrêt du coeur... au même instant, je n’étais plus sur la table d’opération, je me trouvais de l’autre côté de la pièce, regardant vers la table. Il y avait un cercle de médecins, tous s’occupant frénétiquement de mon corps. C’était comme si je m’étais trouvé entre 3 et 6 mètres plus loin. Il est probable que ma notion de l’espace était très différente de l’environnement physique réel. Quand j’ai regardé la table où était allongé mon corps, j’ai vu que les médecins portaient des tenues chirurgicales. J’étais petit et j’ai trouvé qu’ils avaient l’air rigolo : ils portaient des bonnets de douche sur la tête.

J’ai ensuite remarqué qu’autour des médecins il y avait d’autres personnes. Elles étaient extraordinairement grandes. Elles étaient vêtues de blanc, elles « brillaient » beaucoup. Elles émettaient de la lumière. Leurs visages étaient doux et aimants. J’ai compris qu’il ne s’agissait pas d’êtres de ce royaume-ci, et qu’ils étaient là pour veiller sur moi. Je crois qu’ils me sont apparus (ou que je les ai perçus) sous une forme que je pouvais comprendre à l’époque. Ils paraissaient être des « anges ». Ma famille était pieuse et un ange était un genre d’être que je pouvais comprendre. Si l’expérience se produisait aujourd’hui, j’ignore si je les percevrais sous la même forme.

L’une de ces personnes s’est approchée de moi. Elle m’a « dit » (il n’y avait aucun langage, seulement de la communication, difficile à expliquer) que le monde physique nous appartient, à nous les êtres physiques, les hommes, les animaux, les plantes... nous sommes physiques et nous sommes soumis aux lois du royaume physique. Mais le royaume physique n’est PAS la seule chose qui existe. Elle m’a appris qu’elle, ainsi que les autres qui l’accompagnaient, étaient des êtres éthériques. Ils ne pouvaient pas influencer le royaume physique.

Elle m’a dit cela pour m’expliquer qu’elle ne pouvait empêcher ceux qui me faisaient du mal de le faire. Mais tandis qu’elle expliquait cela, j’ai compris que la douleur que j’endurais la faisait souffrir également. Son empathie était totale. J’ai compris qu’elle (et ceux qui étaient avec elle) seraient toujours avec moi. Elle m’a expliqué que même s’ils ne pouvaient pas faire cesser ce qui se passait, ils seraient toujours là pour regarder ce qui arrivait. J’ai compris que j’allais toujours rester en contact avec quelqu’un qui comprendrait totalement ce que je traversais.

Elle voulait que je le sache parce qu’ils ne font pas partie de ce royaume, il faut de la sensibilité pour se relier à eux. Ils ne peuvent pas directement influencer ce qui se passe ici, mais ils peuvent communiquer et influencer les humains (ou les animaux, etc...) dans ce royaume-ci. Ensuite, nous pouvons à notre tour influencer le monde qui nous environne. Il est assez difficile d’expliquer ce concept ! Ainsi que je l’ai dit, c’est quelque chose que j’ai simplement compris. Cela venait d’elle, elle l’expliquait, mais pas avec des mots.

J’avais conscience d’un amour total, dénué de toute restriction, complet, accompagnant son message. Ces êtres me connaissaient, ils m’aimaient, ils voulaient seulement le meilleur pour moi. Ce fut une expérience stupéfiante.

*

Un « savoir » spécifique m’était communiqué. Je peux exprimer ce message avec des mots, mais le langage en soi n’était pas utilisé pendant l’expérience. C’est un peu difficile à expliquer.

Mon niveau de conscience physique était nul ; j’étais cliniquement mort. Mais ma conscience réelle était tout à fait nette. Je percevais de nombreux détails dans la pièce autour de moi, j’ai compris ce qui m’était communiqué, j’ai éprouvé des émotions... j’étais lucide, mais je n’étais pas dans mon corps. Le souvenir est un peu comme un rêve parce que l’expérience n’impliquait pas mon corps. Mais quand elle s’est produite, ce n’était pas comme un rêve.

Je n’ai aucune idée de la forme que j’avais quand j’étais séparé de mon corps. Je ne me suis pas regardé. J’ai seulement vu ce qui m’entourait. C’était une expérience dépourvue de son. J’ai à nouveau entendu des bruits lorsque j’ai réintégré mon corps. C’est ainsi que j’ai su que j’étais de retour. Tout semblait bruyant en comparaison.

Je n’ai pas vu de lumière et je n’ai pas traversé de tunnel. Peut-être ne suis-je pas allé assez loin dans l’expérience, j’ai été ramené rapidement. Mais lorsque je me suis séparé de mon corps, la pièce a effectivement paru bien davantage éclairée, comme si la lumière des êtres l’illuminait.

Je n’ai pas revu ce qui s’était passé dans ma vie, mais je savais que l’être qui communiquait avec moi était au courant de tout. J’ai beaucoup appris de l’expérience. Simplement l’idée générale selon laquelle nous sommes tous redevables de nos propres actions ici, c’est à nous d’être justes, attentionnés, aimants, de ne pas nous faire souffrir les uns les autres. Ni Dieu ni aucun être spirituel n’interviendra et n’arrêtera les évènements. Nous pouvons nous relier au royaume spirituel, apprendre, grandir et grâce à cela, nous changer nous-mêmes. Mais c’est ce changement qui changera le monde qui nous entoure.

Par ailleurs, nous ne sommes jamais seuls, il y a abondance d’amour dans l’Univers.

Comme je l’ai dit, ma sensation d’être très loin de la table d’opération ne concordait pas avec l’espace physique dans la pièce. C’était une petite salle d’opération. C’était comme si la pièce s’était étirée d’un côté. Par ailleurs, j’ai eu la sensation qu’on me communiquait de nombreuses choses, le temps a paru ralentir. La durée réelle au cours de laquelle j’ai été en arrêt n’a probablement été que d’une minute. Je ne suis pas certain de la durée exacte.

Je n’ai pas eu le sentiment que le retour à mon corps venait d’un choix. J’ai eu la sensation d’y retourner, un point c’est tout. Il n’a pas été envisagé d’aller plus loin.

J’étais très jeune quand c’est arrivé, j’ai continué d’être mormon comme ma famille jusqu’à ce que je sois adolescent. J’ai abandonné la religion quand j’avais 17 ans, je me considère maintenant comme athée. Je ne crois pas en Dieu. Mais je n’ai pas non plus une vision clinique, scientifique des choses. J’ai une capacité d’empathie. Il me suffit de regarder les gens pour déceler leurs intentions réelles, leurs principaux traits de caractère. J’en ai eu confirmation très, très souvent. Comme j’étais très jeune, je ne sais pas quand cela s’est développé, si l’EMI a entraîné cette capacité ou si je l’avais déjà.

J’ai un sentiment spirituel très profond, je crois absolument qu’il existe autre chose que ce que nous pouvons comprendre de notre environnement physique. Je crois également en une certaine forme d’au-delà, je suis toutefois totalement incertain de sa nature. Je pense que cette expérience modèlera toujours ma philosophie et mes croyances.

Je ne pratique aucune religion, je ne reçois donc pas d’influence. Cependant, comme je l’ai mentionné plus haut, l’expérience modèle ma vision du monde. Je ne crois pas être un jour capable de croire que nous ne faisons que naître puis mourir, et qu’il n’existe rien d’autre que la terre.

 

 

***

CURT A

(17.06.05)

 

 Je travaillais comme électricien dans une compagnie industrielle à Waterloo, Iowa. Je voulais sauver mon mariage et élever mes deux enfants jumeaux de 4 ans. Un samedi de Mars, nous avons eu une panne de courant. Nous devions rétablir l'électricité.

Le maître électricien m'a demandé d'attacher un câble de terre à la clôture de maille pour neutraliser l'électricité statique. Ne sachant pas que l'interrupteur était cassé, j’ai touché la dernière phase, ce qui a provoqué une explosion. L'énergie électrique m'a projeté contre la clôture de maille entourant les interrupteurs. Quand j'ai atterri par terre, j'ai réalisé que j'étais en feu. J'ai commencé à courir dans l'édifice vers la douche la plus proche. Le maitre électricien qui n'était pas blessé m'a fait trébucher. J'ai roulé par terre.

Mon contremaitre qui venait d'arriver pour vérifier comment avançait la réparation, s’est employé à éteindre les flammes avec ses mains. Quand il a arrêté, j'ai baissé les yeux et j'ai vu que je n'avais pratiquement plus de peau sur la poitrine. Je pouvais voir mes pieds, mais les semelles de mes chaussures avaient disparues. Il m’a dit que tout irait bien.

Tandis qu'il parlait, un de mes amis proches est apparu en arrière de son épaule gauche. C'était un pilote de jet militaire décédé deux ans auparavant dans l'écrasement d'un avion. Mike portait sa combinaison de vol. Il m'a dit qu'il était là pour m'aider à faire la transition. Je lui ai dit que je n'étais pas encore prêt à partir. Il m' encourageait, me disant combien c'était merveilleux. Mais j'étais ferme, je ne voulais pas partir. La raison était que mon père était mort quand j'avais quatre ans, et que mes enfants, justement, avaient quatre ans. Puis, tout aussi soudainement qu’il était apparu, Mike a disparu.

Tout d'un coup, une boule de lumière blanche a surgi à ma droite. Trois entités étaient dans cette lumière. Elles étaient complètement vêtues de blanc et portaient des cordes d'or autour de la taille. Instantanément, toute ma vie a défilé devant moi. Autant le bien que le mal. Je ne pouvais pas voir les visages des trois entités. J'ai répété que je voulais rester avec mes enfants. Je voulais avoir l'opportunité de les voir grandir. J'ai été élevé par un parâtre très violent et je ne voulais pas que la même chose se reproduise. Cela m'a été refusé.

Ou bien, m'a-t-on dit par télépathie, je devrais faire trois choses. Et si j'étais d'accord, je pourrais les voir grandir... Une : j'allais devoir marcher dans la vallée de la mort, autrement dit rester 11 semaines hospitalisé aux soins intensifs du Centre pour les grands brûlés...

Deux : j'allais porter les cicatrices et supporter la douleur de mes blessures pendant le reste de ma vie. Ce que j'ai fait.

Et Trois... j'allais devoir diffuser mon histoire au reste du monde, ainsi que le fait qu'il existe une vie réelle après la mort physique. L'entité m'a demandé si j'étais d'accord pour accepter ces conditions. J'ai accepté, et la lumière a disparu. J'ai regardé le visage de mon contremaître, tandis qu'il me disait que j'irais bien. J'ai regardé directement dans ces yeux et lui ai dit que je le savais.

*

Lors de mon accident, 4160 volts d'électricité ont explosé dans mon corps. J'ai reçu 2100 volts à travers mes biceps et ma hanche droite. J'étais brûlé à 89% au total, dont 57% au troisième degré.

J’ai connu l’utopie totale !! Un sentiment que j'ai été amené à ressentir de nouveau durant les jours douloureux qui ont suivi. Il m'a semblé que j'avais parlé avec les entités durant des heures, en fait, cela n'a duré que quelques secondes, au plus quelques minutes.

J'ai compris que nous sommes tous dans un voyage pendant lequel nous faisons différents choix. Mais il existe un Pouvoir Supérieur, et IL a un Plan. Pratiquement, on peut dire que nous sommes tous des brutes appelées à se transformer en de beaux papillons.

L’important, c’est que je vois la mort comme la chose la plus merveilleuse qui puisse nous arriver. Et je respire le parfum des fleurs chaque fois que j'ai la possibilité de le faire. Je tends à jouir des choses simples que la vie me donne.

J’ai atteint la paix intérieure totale. L'émotion de l’arrivée au but. La conscience qu'il est nécessaire de nous arrêter et de respirer le parfum des fleurs pendant que nous faisons ce voyage.

Le meilleur a été le sentiment d’utopie qui arrive avec la mort. La pire a été de perdre ce sentiment d'utopie. Sachant que la vie était devant moi, et que j’allais connaître une brutale guérison pour retourner à l'homme que j'étais, en quelque sorte.

                                                                                           (traduit par Jacqueline)

 

 

***

DANIEL E

                                                                                                                                                                

Une nuit de novembre glauque, humide et froide en 1991.

C’était une époque difficile, une journée déprimante venait de s’écouler. A ce moment de ma vie, je mangeais peu et de manière tristement malsaine. Après avoir bu le contenu d’une cafetière dans une tentative de faire s’évanouir mes chagrins, il m’a été impossible de dormir.

Vers 3 heures du matin, toujours éveillé et tendu, allongé sur le dos, j’écoutais le bourdonnement relaxant des battements de mon cœur, comme si je comptais les moutons : « boum-boum... boum-boum... boum... (silence)... il s’est arrêté complètement ! J’ai immédiatement senti la circulation sanguine ralentir, puis s’arrêter totalement dans toutes les parties de mon corps. Dans cette première seconde, je me suis « détaché » du corps et j’ai plané dans et autour de lui. Je pouvais voir la chambre où j’étais, ainsi que mon corps, bien que mes yeux fussent clos. J’étais tout à coup capable de « penser » des centaines ou des milliers de fois plus rapidement... et avec une plus grande clarté qu’il n’est humainement normal, ou possible.

Me rendant compte que le battement suivant n’arrivait pas, j’ai continué à sentir le sang « s’oxyder » tandis qu’il s’arrêtait complètement dans toutes les veines et artères. A ce moment là, j’ai réalisé et accepté que je venais de mourir, et que le temps était venu d’avancer. C’était un sentiment de paix totale, complètement exempt de peur ou de douleur, il n’impliquait absolument aucune d’émotion. Le temps lui-même est soudain devenu infini et hors de propos. En « temps terrestre », seulement dix secondes environ se sont écoulées avant que mon cœur ne redémarre, mais « j »’étais en « temps zéro » (je ne sais comment le dire autrement).

En fait : hors du temps. Il semblait s’agir d’une progression naturelle ; il y a eu un passage en revue automatique de toute ma vie, le moindre événement était vécu au complet avec les émotions (mais vu objectivement) et se déroulait devant et autour, tel un film panoramique. De la naissance à la mort, de manière linéaire, contemplé en toute objectivité, sans tristesse ni remords, en un quart de seconde de « temps terrestre » (selon ma meilleure estimation)... pourtant, il a semblé s’écouler des semaines pendant que ma vie défilait. Une fois ceci achevé, il y a eu quelques autres « instructions automatiques », puis ce fut l’immersion dans une infinie paix, béatitude, extase. Un amour inimaginable ; une compréhension si grande, si puissante ; tellement impressionnante qu’elle en est humainement incompréhensible.

Tandis que je me trouvais là (et seulement là), l’accès à la connaissance m’a été accordé. J’ai vu « Tout ce qui a été, est et sera jamais ». La vraie nature de l’univers était soudain claire comme de l’eau de roche, comme un puzzle géant. Il semblait comporter un ordre parfait... en fait, il était évident que je devais bientôt en faire partie. J’étais sur le point de rejoindre l’entité qui ne peut être que... Dieu ; si vaste en dimensions et en portée que seules les paroles bibliques s’approchent de la description. J’ai toutefois regardé en arrière pour voir ce qu’il en était de mon corps physique... je ne pouvais partir avant qu’il ne soit totalement dépourvu de vie.

A ce moment là, environ 10 battements de coeur (10 ou 15 secondes) avaient fait défaut. Le corps que je contemplais dans le lit était le mien... mais « je » (âme/esprit) savais que l’heure n’était pas venue de partir. Je n’avais pas encore fait mon temps sur terre ; il me restait encore une raison d’être sur terre (plus d’informations là-dessus dans un prochain article).

Quand j’ai été propulsé à nouveau dans mon corps, j’ai réalisé brutalement que j’étais allongé sur ce lit, perdant rapidement conscience physiquement en l’absence de pulsations cardiaques. J’ai alors réagi de façon humaine et j’ai paniqué, j’ai bondi du lit terrorisé tout en me martelant la poitrine avec le poing. Le cœur a redémarré, irrégulièrement. Même après que j’aie descendu les escaliers avec des précautions nerveuses, tremblant comme une feuille, suant à grosses gouttes, mon cœur battait toujours irrégulièrement.

Je me suis rendu seul en voiture à l’hôpital, où l’on m’a annoncé que le muscle cardiaque avait subi un manque de nutriments, ce qui avait provoqué l’arythmie. Il y a eu quelques alertes sévères après cela, mais elles ont vite disparu après une modification de régime et d’activité physique. Je n’ai pas été en mesure de retenir les connaissances accordées ; le cerveau humain est beaucoup trop primitif et limité pour l’héberger. Cette intelligence requiert une autre dimension pour exister et fonctionner. Elle fait pourtant partie de nos trois dimensions... mais limitée à la perception de nos 5 sens. J’en ai cependant retenu suffisamment pour me souvenir de ma pure révérence.

Quiconque est passé par là, (ils sont des millions) sait comment cela change immédiatement sa vie... pour toujours. Mon « expérience de mort imminente » ou EMI a eu lieu en novembre 1991. Le langage est loin d’être adéquat pour décrire avec précision un tel événement. Je reste généralement silencieux sur le sujet à cause des réactions incrédules.

Il est impossible de transmettre l’expérience à ceux qui ne l’ont jamais vécu, particulièrement lorsque c’est en désaccord avec leurs propres croyances. En fait, certains des visionnaires antiques de la Bible pourraient bien avoir décrit ce qui est maintenant connu sous le vocable d’EMI.

Pour ceux que cela intéresse, la raison pour laquelle je n’ai pas de religion est la suivante : il existe de nombreuses religions dans le monde, et nombre d’entre elles affirment être « L’Unique ». Je pense qu’elles ont toutes raison ET tort en même temps. En d’autres termes, dans sa tentative de description de la nature de Dieu et de l’au-delà, l’homme a saisi l’essentiel, mais il en a fait sa « chose ». Cela se solde par des guerres saintes et des conflits inutiles et destructeurs. Je ne crois pas que Dieu veuille que nous nous extermimions les uns les autres en son nom. Je ne peux pas non plus croire que Dieu soit une entité colérique et vengeresse... au moins pas dans le sens des représentations du type feu et soufre.

Qu’il n’y ait pas de malentendu : je suis convaincu à 100 % qu’il existe un « Dieu, Entité/Etre « Créateur », « Tout-puissant ». Je ne l’étais certainement pas avant 1991. Mais après avoir été plongé dans l’au-delà sous forme d’esprit pendant un bref moment, il m’a été personnellement démontré sans l’ombre d’un doute que... NOUS NE MOURONS PAS : nous subsistons sous une forme différente, non physique.

Les sceptiques tentent de dire : « Vous avez sans doute rêvé », ou : « Ah, c’est la bande de gogos New-Age »... ou « Il y a des substances chimiques qui sont relâchées dans le cerveau et qui donnent l’impression de mourir », etc, etc... C... !!!

Les effets de mon EMI ont été décisifs. Cette expérience constitue l’événement le plus « réel » que j’aie jamais vécu. Mon état de conscience y était très aigu, avec un nouveau genre d’objectivité, et semblait se fondre avec la Création. Il me semble qu’on m’avait accordé un savoir étendu et une compréhension claire du monde et de l’univers existant à ce jour. Mon QI qui était dans la moyenne à l’époque est monté à 148 peu de temps après. Je n’ai plus aucune peur de la mort, car je comprends que sur cette petite planète, notre vie est temporaire et courte, et ce qui suit est grand, en vérité.

Quel est le sens de la vie et notre but ici ?? Je répondrai, en me basant sur mon expérience actuelle : vivre et apprendre, faire l’expérience du physique, traverser des épreuves, des vicissitudes et des joies. Nous sommes les élèves d’une école appelée Terre... lorsque la cloche sonne, nous retournons à la maison avec les leçons que nous avons apprises.

*

Il a fallu 7 ans avant que je sois en mesure de mettre mon expérience par écrit. Elle m’a permis de savoir que le temps et l’espace tels que nous les connaissons sont une illusion. Elle a fait de moi un chercheur de vérité et de connaissance. J’y ai éprouvé de la révérence, et découvert la Vérité. J’ai su quelle était la nature de l’univers entier.

J’avais la capacité de voir les choses avec une extrême précision. Je savais que ce n’était pas mon heure, que j’avais encore une mission à accomplir. Cela peut paraître incroyable à certains, mais j’ai démarré un processus rigoureux de croissance spirituelle qui, en 1999, a résulté en l’acquisition de la maîtrise de soi... un ange de Dieu incarné.

Le pire cependant, pour moi, a été de revenir.

 

 

***

DEBRA

 

Nous recevions ce jour là, mais j’avais la nausée. J’étais assise. Quand je me suis levée, j’ai perdu connaissance, et j’ai tout de suite pénétré dans une zone sombre, pas vraiment comme un tunnel (elle ne semblait pas fermée), mais plutôt comme un grand espace. Là, j’ai été Accueillie par le père de mon mari que je n’avais jamais vu (il est mort 3 mois après que j’aie commencé à sortir avec son fils). J’étais allée à ses funérailles sans l’avoir jamais rencontré. Malgré cela, c’est lui qui m’a Accueillie dans l’au-delà et qui m’a tenu la main. J’ai senti d’autres présences autour de moi mais je n’ai pas pu les distinguer. Au bout de l’obscurité, comme en regardant vers l’extérieur au loin, il y avait ce qui semblait être une montagne, et derrière cette montagne se trouvait la plus extraordinaire et magnifique des lumières (les mots que nous connaissons ne peuvent ni décrire ni rendre justice à la beauté de cette lumière).

Il y avait une grande sensation de paix et de soulagement, comme si tous les soucis et les responsabilités n’existaient pas ou étaient insignifiants. Je savais que j’étais avec Dieu et je ne voulais pas retourner à mon corps et à ma famille terrestres. De nouveau, j’ai contemplé la lumière et, l’instant d’après, j’ai été renvoyée dans mon corps. L’ambulance est arrivée et m’a emmenée à l’hôpital.

Par la suite, j’ai été très en colère contre Dieu parce que je ne comprenais pas pourquoi j’avais dû revenir. Maintenant j’ai acquis plus de sagesse et je sais qu’il me restait et qu’il me reste encore des choses à faire. Quand j’aurai terminé, je retournerai vers l’amour de la grande puissance, Dieu.

*

Dans ce royaume - ici-bas - nous ne pouvons pas avoir une compréhension totale de la véritable existence, ou expérience qui nous attend après que la vie actuelle aura pris fin. Notre vocabulaire et nos capacités spirituelles sont du niveau de l’école maternelle en ce qui concerne la compréhension. Nous ne pouvons en aucune façon, sous forme humaine, assimiler, sentir, comprendre, voir, nous immerger de cette façon purifiante et simple qui existe « là-bas » : une complète immersion de soi ne faisant qu’un dans la lumière, expression de l’amour la plus pure, la plus saisissante possible. Je n’en ai parlé à personne pendant des années. J’étais furieuse contre Dieu de m’avoir renvoyée. Je vois mieux maintenant à quel point cette expérience fut un bienfait, y compris le fait que ma vie ait été prolongée.

Je n’étais pas sur le plan terrestre tel que nous le ressentons ou le connaissons, j’étais dans un vide noir et sans point d’appui : il n’y en avait pas besoin. Je percevais ma famille comme si je l’avais entendue sur une TV ou une radio à une certaine distance. Je sentais aussi que je me trouvais près d’une d’entrée, simplement Accueillie par le père de mon mari qui m’a pris la main. Aucune douleur, pas de souci, ni l’envie de retourner vers ma famille terrestre... car ils iraient bien aussi. Je ne voulais pas repartir.

Je ne me rappelle aucun son, aucun bruit. Il faisait noir comme dans une zone vide, pas forcément comme dans un tunnel, je n’ai pas vraiment senti de limites, seulement que l’obscurité persistait quelque peu et que la lumière se trouvait au bout de cette obscurité.

Je crois que cette lumière, si elle était regardée par un œil humain normal, le rendrait probablement aveugle. Sa beauté, sa grâce, son éclat est au delà de notre compréhension humaine. Il nous est impossible de décrire, une fois revenu, l’illumination ou les sentiments qui nous consument en voyant ou en étant dans cette lumière. Elle ne peut être vue qu’en esprit.

En tant que masseuse thérapeute, certaines personnes disent que j’ai la capacité de guérir. J’en attribue tout le crédit à la Grande Puissance. Plusieurs personnes âgées, hispaniques, m’ont appelé kunandera (guérisseuse). J’attribue à la Grande Puissance la volonté qu’il en soit ainsi.

Beaucoup de bonnes choses sont venues à moi. La vie est très belle et j’ai reçu le don de voir cette beauté en chaque infime et insignifiante particule qui existe, de voir à quel point il est facile pour l’humanité de perdre le lien avec le Soi Divin à cause des prétendus besoins et attentes du monde et du « Je » .

J’aimerais dire une chose. En tant qu’humains, nous fêtons la naissance d’un nouveau-né. Nous lançons des invitations à la famille et aux amis afin qu’ils soient témoins de l’arrivée du bébé. Bien... mais POURQUOI nous est-il tellement difficile de parler avec un proche, un ami ou même un inconnu, au moment de sa mort, de ce qu’il ressent ? Pourquoi fuyons-nous la responsabilité d’aider les autres vers la transcendance ou la renaissance dans un autre monde, un monde meilleur d’amour, de paix, de joie, de liberté spirituelle ? Je trouve qu’il est mal de notre part de tourner le dos à ceux qui meurent et de leur refuser, si tel est leur choix, de parler de leurs sentiments, quels qu’ils puissent être. Nous ne devrions pas partir, ou parler de la pluie et du beau temps, etc... ils méritent d’avoir quelqu’un avec qui partager leurs sentiments sur leur lit de mort, ou si vous préférez leur lit de renaissance... quant au nouveau-né qui vient au monde : ce doit être terrible, pour lui, de quitter le ventre de sa mère où il a vécu neuf mois !…combien ce doit être effrayant !... et nous nous réjouissons !

 

 

***

DELONA

 

Bonjour, je m’appelle Delona et voilà mon histoire : en 1977, j’ai subi un accident de voiture et mon fils âgé de 8 ans ½ a été tué. 90 % de mon corps a été brisé. Ma fille âgée de 4 ans a subi une rupture de la rate. Le conducteur de la voiture dans laquelle nous nous trouvions n’a pas été atteint. Quand nous avons été transférés dans l’ambulance, l’équipe d’urgence a travaillé sur mon fils Scott. A ce moment là, je ne savais pas qu’il était si gravement blessé, je me rappelle avoir tendu la main gauche et avoir tenu sa main droite, puis je me souviens qu’un des infirmiers a dit qu’on venait juste de perdre également la mère. Ensuite, mon fils et moi avons marché main dans la main dans un tunnel sombre.

Quand nous sommes arrivés au bout, il y avait des proches et des amis décédés qui nous attendaient. Puis Jésus est venu à moi et a dit que j’avais le choix : je pouvais rester au Paradis ou revenir sur Terre. Il a dit qu’il allait me montrer ce qui se produirait durant ma vie si je retournais sur Terre, mais que je ne me souviendrais de rien. Je me rappelle que ma vie allait être dure et pleine de souffrances. J’ai regardé mon fils et je lui ai dit que je l’aimais énormément, j’ai ensuite pris sa main et je l’ai mise dans celle de mon oncle. Pourtant, même si j’aimais mon oncle, ce n’était pas non plus la personne à laquelle j’aurais confié mon fils.

Puis, j’ai dit à Jésus et à mon fils que je devais retourner sur Terre parce que ma fille n’avait personne d’autre que moi. En un clin d’œil, j’ai été de retour dans mon corps, toujours dans l’ambulance. J’ai entendu l’infirmier dire : « Mon Dieu, la mère est de retour » ! Pourtant, aucun infirmier n’avait travaillé sur moi, ils continuaient à s’efforcer de réanimer mon fils. Les années depuis ce jour ont été très difficiles et si je devais tout recommencer, je ne reviendrais pas. Je suis la seule personne que je connaisse à laquelle Jésus ait donné ce choix, mais je sais qu’il y a d’autres gens là-bas.

La vie est toujours pleine de souffrances pour moi, non seulement parce que j’ai perdu mon fils, mais aussi à cause de toutes les blessures que j’ai subies. De plus ma fille s’est avéré être une grande source de peine, une personne pleine de haine. Je m’en serais mieux sortie si j’étais restée avec Jésus et mon fils...

 

 

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DENISE B

un accouchement difficile

 

Après avoir abandonné la peur de me laisser aller, j’ai voyagé dans l’espace à grande vitesse. J’ai vu une lumière et j’y ai pénétré. Elle était merveilleuse, englobant tout, il y avait un savoir et un amour complets. J’ai vu ma vie défiler, depuis la perspective de mon addiction, de mes comportements répétitifs, etc.… Je suis remontée dans le temps et je me suis vue dans le sein maternel.

Il m’a ensuite été dit de me « souvenir », j’ai alors été précipitée au travers de décisions et d’évènements à venir, et on m’a donné l’opportunité de voir l’univers, de ne faire qu’un avec lui, d’avoir la connaissance de la vérité.

Ce fut comme si le temps devenait simultané : tout arrivait en même temps, il n’existait ni passé ni avenir. L’univers n’est pas unique, mais infini, merveilleux et il continue d’évoluer. Nous sommes seulement dans une dimension, ou si vous préférez il existe de nombreux plans. Tout comme les fourmis n’ont pas conscience de notre existence, nous ne sommes pas conscients d’états d’existence plus élevés, plus évolués. La partie la plus enthousiasmante, c’est de savoir qu’en profondeur il n’existe que l’amour. Nous ne faisons qu’un avec le tout et le tout ne fait qu’un avec nous. Nous sommes ici pour vivre cette vie à fond et nous devons être PRESENT pour le faire, il nous faut abandonner les distractions qui constituent des addictions, des comportements destructeurs, etc.…

Nous sommes ici pour donner le meilleur de nous-même, être le meilleur possible pour autrui. Je ne crains plus la mort, je l’attends plutôt avec impatience. Je ne voulais pas revenir, mais j’avais 2 enfants en bas-âge que je ne pouvais laisser à mon mari, et puis j’aurais aussi tué mon enfant à naître.

Tout s’est passé lors de l’accouchement. Toute la nuit j’ai respiré du gaz sans surveillance. J’ai eu des visions à ce moment là, mais la dernière fois, je suis partie.

*

Mettre en mots des choses aussi merveilleuses est très difficile. La connaissance concernant le temps, l’espace et l’infini, tout cela est vraiment difficile à expliquer.

Je n’étais pas ici, je suis partie vers un autre endroit. J’ai foncé à travers un vide noir, mais en regardant bien, il y avait de petites lumières autour de moi, je les ai prises pour des étoiles.

Quand j’ai pénétré à l’intérieur, une lumière chaude, un amour total englobait tout. La lumière était un être. La communication était un savoir, comme en lisant dans les pensées... il n’y avait aucune parole. Je savais, ils savaient. Je me sentais réunifiée et pourtant individuelle. On m’a donné un aperçu de la sérénité totale. Plusieurs mois plus tard, j’ai vécu un événement dont je savais que je l’avais visionné, je devais faire le bon choix car les conséquences étaient importantes.

Le temps n’existait pas, il n’avait pas d’importance. L’infini est vraiment merveilleux et authentiquement illimité, difficile à comprendre avec nos esprits bornés. Je n’ai plus fait qu’un avec l’univers, pour un temps j’ai eu la connaissance complète sur tout. Je me souviens d’avoir pensé : « C’est ça !! » chaque élément prenait sa place, c’était tellement évident. Le temps, l’espace, le sens de la vie, l’au-delà, etc.…

Au bout du tunnel, du vide spatial, il fallait effectivement entrer dans la lumière. Ce fut comme si j’y avais juste passé le visage et qu’elle m’avait avalée.

J’ai maintenant un discernement, un savoir plus grand. Je ressens les choses très différemment si je demeure vraiment dans l’instant. On m’a fait savoir combien il est important de rester dans l’instant, de ne pas être distrait par les pensées concernant d’autres préoccupations.

Maintenant je crois en Dieu (un meilleur vocabulaire me manque), en l’au-delà etc.… Je crois que les religions ont à peu près raison. La séparation est le fait de l’homme. Nous ne faisons qu’un avec tout, nous sommes juste une pièce du puzzle.

Les choses matérielles ne m’importent plus maintenant. La famille et l’amour constituent le plus important.

 

 

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DERRY

 

Je suis infirmière diplômée d’Etat. Le jour de mon accident, j’avais emmené mon fils de 16 ans au service national des véhicules à moteur (DMV) pour qu’il passe son examen du permis de conduire pour la 2ème fois. Au retour, et par suite d’une distraction de sa part, nous avons été percutés par un camion qui nous a traînés sur 25 mètres avant de s’arrêter.

Clint a perdu connaissance, il avait un pneumothorax, quelques côtes fissurées et une fracture de la clavicule gauche. J’étais beaucoup plus gravement blessée. Ma mort était en principe imminente.

Je suis restée dans un centre de convalescence pendant environ un mois, c’est là que je suis sortie du coma. Par la suite, à peu près toutes les thérapies de rééducation ont été pratiquées chez moi. Je devais faire de nombreux exercices de mémoire et de coordination manuelle/visuelle.

Depuis ma sortie du coma, j’ai des souvenirs très nets de mon EMI, de la période ou j’étais de l’autre côté dans un royaume céleste.

Je me souviens qu’il y avait une brume lumineuse qui envahissait tout. La lumière était partout ; et même elle me traversait ! je me rappelle avoir regardé mes mains et la lumière passait à travers ! Je voyais que mes mains étaient transparentes, mais cela ne m’a pas étonnée. Tandis que je marchais avec un personnage du paradis, Son état d’esprit transparaissait par une lumière d’une intensité tellement forte que je ne peux la décrire. Je savais que ce personnage des cieux était Jésus, Il n’a pas dit qui Il était... je le savais, tout simplement

Je me souviens avoir marché avec Lui, mais nous ne marchions pas au sens physique. Nous flottions juste au dessus du sol. Toute chose revêtait blancheur et luminosité. On pouvait voir le rayonnement vert des plantes. Je voyais l’eau et une forte luminosité inondait tout. L’eau était d’une pureté étincelante. Je me souviens avoir voulu me pencher afin de boire au cours d’eau qui traversait le jardin dans lequel nous marchions. Quand j’ai essayé de prendre l’eau dans mes mains, elle les a littéralement traversées sans même les mouiller. Jésus s’est arrêté et m’a regardé tandis que j’étais penchée, essayant de boire cette eau. Je pouvais sentir son regard sur moi. Ma soif de cette eau a disparue, bien que je n’ai pas été en mesure de la porter à mes lèvres et de la boire. Je ne peux décrire la sensation ressentie lorsque l’eau est passée à travers mes mains, mais j’ai senti quelque chose cependant. J’ai éprouvé le désir irrésistible de faire l’expérience de tout ce qui touchait à ce jardin.

Quand cet être céleste et moi-même parlions, ce n’était pas avec la bouche, j’avais cependant conscience que nous communiquions. Il m’a été donné à choisir entre revenir sur cette terre ou rester avec lui au paradis. Nous savions tous les deux que retourner sur cette terre serait une lutte. Je Lui ai dit que je souhaitais revenir à cette vie sur terre si cela pouvait m’aider ainsi que d’autres personnes. J’ignore comment j’ai pu faire cela, mais je voyais mon mari à l’hôpital, tenant ma main et parlant à mon corps. C’était comme si j’avais été dans la pièce, mais je le voyais depuis une autre perspective qu’au travers de mes yeux. Mon souvenir suivant est d’être piégée dans mon corps tandis que d’autres personnes s’occupent de mes besoins physiques.

Je me rappelle que je savais ce que les infirmières pensaient à leur manière de me toucher. Je savais si elles pensaient que j’allais survivre ou non au travers de leur toucher. Je savais si elles pensaient s’occuper d’une personne quasiment décédée, dont l’esprit n’était plus là.

La communication entre deux âmes peut sembler incroyable, ou même mystique pour ceux qui n’ont pas fait l’expérience de cette communication d’esprit à esprit. Communiquer au niveau spirituel est une expérience très profonde Je crois que je ne possède ce don spirituel que depuis mon expérience de mort imminente. Je crois que je suis revenue pour raconter mon expérience à ceux qui veulent écouter.

*

Je me souviens d’avoir été transparente, l’eau coulait littéralement à travers mes mains et je communiquais par la pensée.

J’ai eu un passage en revue de ma vie, Jésus et moi l’avons regardé ensemble, lui dans mes pensées et moi dans les siennes. C’était une expérience stupéfiante !! Se rappeler, revivre les expériences cruciales, bonnes et mauvaises, lire, ressentir la peine ou la joie du Christ en fonction de mes actes pendant que nous voyions les principales expériences de ma vie. Quand j’ai évoqué le sujet pour la première fois, je me suis aperçu qu’en parlant du passage en revue de la vie, je révélais des informations intimes sur ma vie passée, j’étais gênée d’en parler.

 Je sais que je reste naïve, innocente et j’espère que je le resterai toujours. Mais je me sens assurée, Son Esprit me guide en m’indiquant à qui je peux parler et à quel sujet.

J’ai dit à mon mari que je l’avais vu me parler à mon chevet à l’hôpital, qu’il me tenait la main tandis qu’il me parlait. Il m’a dit plus tard qu’il considérait comme crucial de toujours me tenir la main pendant qu’il me parlait alors que j’étais dans le coma.

Je peux souvent lire dans les pensées d’autres personnes et connaître leurs intentions. Je sais donc avec qui rechercher le contact, et avec qui l’éviter.

Je suis souvent demandée pour parler ou enseigner. Cela m’étonne parce qu’on a souvent du mal à me comprendre, en effet, j’ai du mal à articuler et je vois double à cause de ma blessure à la tête. A l’église, j’enseignais à des enfants de 8 ans avant mon EMI et je continue à le faire. Mais maintenant je suis un enseignant phénoménal, si je puis dire, même avec mon élocution laborieuse. Je sens que depuis mon EMI, je dispose d’un canal spécial pour une assistance d’en haut.

 

 

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DIANE C2

 

J’ai 62 ans et j’en aurai 63 fin mai de cette année. Mon premier encéphalogramme plat est survenu lors d’une opération de la colonne vertébrale le 1er août 1957, il y a de cela 41 ans, pour l’ablation d’un angiome malin de la taille d’un ballon de foot, qui englobait les vertèbres thoraciques 10, 11 et 12, pratiquée par les docteurs Joseph K. Lucas et Jones de l’Orthopedic Hospital à Los Angeles. J’avais 21 ans et j’étais mère d’un garçon de deux ans, Larry. Les médecins étaient très inquiets quant au pronostic. Durant l’opération, l’angiome a saigné abondamment et les chirurgiens ont accidentellement incisé la moelle épinière. Mon activité cérébrale a cessé et l’infirmière est sortie pour prévenir ma famille que j’étais décédée sur la table d’opération.

Je n’ai pas eu conscience de la séparation d’avec mon corps : j’ai cru tout simplement que je m’étais réveillée pendant l’opération d’une façon quelconque. J’ai pensé que je regardais vers le projecteur qui surplombait la table et que je voyais une réflexion de moi-même sur cette table. Quoi qu’il en soit, je pouvais voir le sang, les chirurgiens travaillant sur moi, comment j’étais positionnée tête vers le bas, et comment mon dos était maintenu ouvert pour l’opération. J’ai aussi pu les voir me retourner sur le côté pour tenter une réanimation... c’est tout ce dont je me souviens.

Je me suis réveillée le lendemain aux soins intensifs. Je n’ai pas eu conscience d’avoir réintégré mon corps ni de ce qu’on avait dit ensuite à ma famille. L’infirmière était revenue pour les informer que les médecins avaient réussi à me ranimer, mais que plus jamais je ne marcherais ni ne parlerais. On n’avait pas complètement enlevé l’angiome ni soudé la colonne comme prévu à l’origine.

Le matin suivant au réveil, j’ai appelé une infirmière pour qu’elle m’aide à sortir des blocs qui m’entouraient... le fait même que je parle a fait courir l’infirmière à la recherche des médecins... et non seulement ceux-ci ont accouru, mais il semble que tous les médecins disponibles dans l’hôpital se soient rués dans ma chambre. On m’a fait des commentaires sur le fait que je parle. J’ai demandé si les blocs pouvaient être enlevés, ce qu’a fait le Dr Jones, après quoi il m’a fait rouler doucement sur le dos. Il a demandé comment je me sentais, et comme je le rassurais en lui disant que je me sentais bien, il a commencé à pratiquer tous ces merveilleux tests de piqûre, roulette et autres sur tout mon corps.

Lorsqu’il a été convaincu que je «sentais » vraiment quelque chose, il m’a demandé ce que je voulais faire ensuite... soulever la tête ? Je lui ai non seulement répondu oui, mais je lui ai dit que je voulais qu’on m’enlève le cathéter, que je voulais me lever et marcher. Une fois le cathéter retiré, la tête du lit a été relevée, j’ai pris son bras pour me redresser puis j’ai fait pivoter mon corps et j’ai mis les pieds sur le marchepied. Il m’a simplement dit de laisser pendre mes jambes une minute, mais lorsqu’il a vu que j’étais déterminée à me lever et à marcher, il m’a laissé faire. Naturellement il était près de moi au cas où je serais tombée. Aucun problème. Je n’ai pas cessé de marcher depuis. La dernière fois que j’ai vu le Dr Lucas en décembre 1979, il a envoyé son fils, également chirurgien orthopédique, pour m’examiner. J’ai 3 vertèbres qui ne sont toujours pas soudées, toujours poreuses, fines comme une coquille d’œuf avec des micro-fractures. Le Dr Lucas a cité mon cas dans un chapitre complet de 11 manuels qu’il a écrits.

Ma seconde expérience - ce qu’on appelle maintenant une EMI - a eu lieu le 4 avril 1958. J’étais alors - il y a de cela 40 ans - enceinte de Michael, mon 4ème fils (deux de mes fils sont morts avant cet enfant), et j’étais au delà du terme. J’ai eu une hémorragie grave. Mon mari d’alors est arrivé, il m’a enfournée dans la voiture et nous avons roulé à toute vitesse de Glendale jusqu’à l’hôpital Saint Joseph à Burbank. En chemin j’ai eu très froid et très peur. J’ai senti que j’allais mourir. Honnêtement j’étais effrayée, mais je pense que c’était principalement à cause de Larry, mon fils qui avait alors 2 ans et demi. 

La mort a été très rapide. Un moment auparavant je me sentais lourde, souffrante, glacée et angoissée, l’instant suivant, je me sentais comme si quelqu’un avait pris une clé et avait déverrouillé une lourde armure pour me l’enlever. J’étais libre, vivante, dans une chaleur littéralement remplie d’amour. Et j’étais à plusieurs endroits en même temps. J’étais avec mon mari, avec ma mère qui conduisait pour aller chercher Larry, avec Larry, avec papa à NBC-TV où il travaillait, avec chacune de mes deux sœurs, l’une au travail, l’autre à l’école et avec mon frère à l’école. J’étais aussi avec mon médecin tandis qu’il roulait vers l’hôpital, et je lui ai dit par quelle entrée il est arrivé...

Je connaissais chacune de leurs pensées, ce que chacun faisait en cet instant... et j’étais morte. J’étais avec chacune des personnes en interaction avec eux, également avec ces personnes tandis qu’elles se déplaçaient pour faire ce qui devait l’être. Ainsi, je suis allée avec une infirmière pédiatrique dans les sous-sols de l’hôpital pour chercher du plasma complet... ma capacité d’ubiquité était à ce point. CEPENDANT, j’avais aussi une vue plongeante sur la vallée de San Fernando, comme en avion, jouissant de la vue.

Au même moment, je regardais la terre en bas, on n’était PAS encore allé dans l’espace à l’époque. Je ne suis passée par aucun tunnel. En fait j’ai traversé notre galaxie, continué à travers l’univers... c’était vraiment impressionnant. Je SAVAIS que j’étais CHEZ MOI. Je savais que j’étais partie d’ici pour aller sur terre. En ces sept minutes de mort sur terre, j’ai vécu une durée de 7 semaines, voire plus... C’est aussi net aujourd’hui qu’il y a quarante ans. Je peux fermer les yeux et le revivre à tout moment. Ce fut l’expérience la plus impressionnante, la plus merveilleuse que j’aie jamais vécue.

Alors que mon père était mourant, il m’a demandé de la lui raconter à nouveau, afin de se préparer pour sa naissance. Il était enthousiaste la nuit d’avant, quand il a réalisé que cela allait bientôt se produire. Il était vraiment transporté. Ma sœur est également venue me voir quand on lui a dit qu’elle avait un cancer du cerveau en phase terminale : elle a demandé qu’on ne la mette pas sous assistance médicale. Elle est partie joyeusement, paisiblement, avec le savoir que je lui avais transmis.

Ma mère (nous nous sommes occupé d’elle jusqu’à ses 8 derniers jours de vie sur terre avec un cancer du colon) m’a également demandé de lui raconter l’expérience à nouveau, elle est partie si paisiblement, elle était absolument magnifique. Elle avait 82 ans, juste avant sa mort ( sa renaissance) elle paraissait vieille et malade. Mais dans son cercueil, elle semblait tellement jeune que mon petit-fils a hurlé de joie dès qu’il l’a vue, appelant sa petite sœur pour qu’elle voie que leur arrière-grand-mère était vraiment avec Jésus. Le prêtre a été bouleversé par la remarque de cet enfant à sa sœur : « Viens voir mémé. Elle est belle, elle est jeune. Elle est avec Jésus » !

Le Paradis est très réel... en fait, plus réel que la terre. L’eau étincelle, mais c’est parce qu’il s’agit d’eaux vivantes. Et les couleurs qu’elles produisent sont impressionnantes. Tout ce qui pousse ici, se retrouve là bas mais en beaucoup plus beau et très vivant. Quand on pense : « Comme les eaux sont belles » !... ou : « Les arbres sont », ou : « l’herbe est »... ils répondent à cette pensée par retour avec accusé de réception d’amour. On sent en soi leur amour envers nous pour les avoir appréciés.

Et il n’y a pas seulement la campagne ou les paysages : on trouve la perfection pour toutes les choses que nous avons essayé de créer ou de peindre, ou de construire... ou que nous avons ici sur la terre et dont nous pensons qu’elles vont nous rendre heureux ou améliorer nos vies. Les grands maîtres et les grands bâtisseurs essayent seulement de reproduire le Paradis ici bas. Et c’est parfaitement logique. Parce que la terre à réellement été créée à partir du firmament du Paradis. 

On m’a montré quantité de choses que j’ai eu beaucoup de mal à décrire après mon retour. On m’a emmenée dans une salle informatique indescriptible, d’un niveau que nous ne pourrons jamais atteindre. L’être qui m’accompagnait (que j’ai identifié comme masculin... notre Créateur possède à la fois un côté masculin et un côté féminin) m’a montré des technologies que nous ne possédions pas à l’époque. Il m’a montré comment fonctionnait cet ordinateur. Nous communiquions par télépathie. J’imagine que j’ai dû éprouver de la curiosité pour la guerre de sécession, il a donc pris un CD (à l’époque, je l’ai décrit comme un petit disque métallique) de la taille d’une pièce de monnaie. Il l’a posé sur la surface tabulaire de l’unité centrale, soudain le mur a entièrement disparu et vers le bas, j’ai vu une scène de bataille durant la guerre de sécession. Seulement, je n’ai pas fait que regarder vers le bas, je me suis retrouvée réellement debout sur le terrain pendant la bataille. Ainsi, c’était tout à la fois comme de la réalité virtuelle et un hologramme. J’ai dû exprimer que je n’aimais pas être là, car soudain j’ai été de retour avec cet être, tout a disparu et le mur a réapparu.

Il m’a fait traverser une place ouverte ravissante, avec des fontaines fantastiques, en allant vers un Palais qui devait comporter de nombreux étages (les halls devaient représenter en hauteur 2 ou 3 étages). Il y avait des piliers décorés d’or et des couloirs en marbre, tout était absolument comme dans le rêve du plus riche des hommes et cependant encore mieux que tout ce qu’on peut trouver sur terre. C’était INCROYABLE. Il faudrait trop de mots pour décrire tout ce que j’ai vu. Ensuite nous nous sommes approchés de portes particulièrement ouvragées, très hautes et qui comportaient des symboles ou des lettres qui les recouvraient. Elles se sont ouvertes en douceur.

J’avais remarqué que nous nous déplacions comme au dessus du sol, malgré cela tout me paraissait réel et consistant. Je me sentais tout à fait solide. Il y avait une Lumière dans cette grande salle, elle m’a appelée sans émettre un son. J’ai su qu’on ne me permettait de voir que la réflexion de cette Lumière. J’ai ressenti paix, amour et révérence. La Lumière a dit : « Tends les mains et les bras et vois que ton corps est fait de lumière solide » ! Je l’ai fait et c’était vrai. Je ne pouvais pas voir au travers de mon corps, il était consistant, parfait et beau. Et IL (la Lumière) a dit « Je ne t’ai pas punie en prenant tes fils. Vois-tu, ils sont des trésors si rares que je ne peux pas rester plus longtemps séparé d’eux. Je t’utilise afin que tu mettes au monde tes fils pour Mon Avant-garde ». Et apparemment j’ai compris. Puis Il a dit : « Tu dois repartir maintenant, sache que je t’aime et que je serai avec toi tous les jours de ta vie ». A ces mots, j’ai été propulsée en sens inverse à la vitesse de la lumière, à travers le palais, les grandes aires ouvertes, l’univers, notre galaxie puis directement dans mon corps (rappelez-vous que pendant tout le temps où je me trouvais au Paradis, je savais tout de ce que faisait chaque personne proche ou concernée par ma mort).

J’ai vu mon corps sur la table, la césarienne avait été pratiquée et Michael avait été extrait, il se trouvait dans les mains du médecin. Il était en train de quitter sa petite forme par le haut de la tête afin de naître de nouveau. Si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu. Voilà ce qu’est la mort : une naissance ! Un bébé meurt pour la matrice de sa mère le jour où il est mis au monde. Pourtant nous nous réjouissons de ce cycle de mort et de vie. Quand nous mourons pour la matrice terrestre, nous naissons de nouveau pour l’éternité. Et nos proches prennent le deuil au lieu de célébrer ce moment de joie.

J’ai été projetée à l’intérieur du corps en passant par la tête, tandis que je regardais Michael sortir par sa propre tête, puis j’ai perdu connaissance. J’étais dans un état grave et je n’ai repris conscience que le lendemain, quand le médecin est venu dans l’intention de m’annoncer que mon fils était mort... mais je lui ai tout raconté, y compris le moment de la naissance de Michael retournant Chez Nous... imaginez mes tentatives pour expliquer cela aux médecins en 1958 !

Je me suis réveillée trois jours plus tard dans une chambre spéciale à côté des Soins Intensifs. Je suis morte brièvement le 18 décembre 1968, à la naissance de Gregory, mon dernier fils, c’était mon 11ème fils et mon 13ème enfant. 9 de mes fils sont maintenant nés de nouveau, y compris mon fils aîné, Larry, qui a été assassiné. Mais je n’ai pas peur de la mort. Je sais qui nous sommes, pourquoi nous sommes là, ce que nous devons faire pendant que nous sommes ici. Je suis dans une forme humaine, sujette à la fragilité de cette forme, je chute souvent. Néanmoins je sais que notre Créateur nous demande seulement d’utiliser la clé qui nous a été donnée : l’AMOUR. C’est logique, parce qu’on ne peut oublier cette vénération.

Les anges sont réels, nous devrions le savoir. Lucifer et sa bande n’ont pas été détruits pour une très bonne raison. Nous devrions le savoir ! Nous avons bien un ange gardien et un tourmenteur. La clé de la connaissance c’est que le Créateur fait le tout en trois. Nous devons y réfléchir ! Je pourrais l’expliquer. Les souvenirs de notre vie antérieure ont été bloqués. Nous ne revenons pas une autre fois, et on ne l’attend pas de nous non plus. Le monde entier est une scène et le choix de cette expression n’est pas fait en l’air.

Nous choisissons quand, en qui et à quel endroit nous allons naître. Chacun reçoit en lui la capacité de surmonter ou de supporter ce que la vie peut lui amener. La supériorité de l’esprit sur la matière est un fait, ainsi que la raison de la survenue de miracles. Il s’agit de croire en ce que l’on sait instinctivement. Rien n’est vraiment impossible. Nous pourrions avoir des vies meilleures que celles que nous choisissons de mener. Nous nous reconnaissons souvent mutuellement et ne savons pas pourquoi. Moi, je le sais ! Ainsi les bébés et les petits enfants me reconnaissent.

Et la meilleure blague qu’on nous ait fait, c’est qu’il n’existe pas de race, de couleur ou de religion lors de nos existences après la vie d’ici. Nous sommes tous à l’image de notre Créateur. Nous sommes tous des êtres de lumière solide avec des identités individuelles uniques. Ainsi, nous sommes aussi infinis que le sont nos empreintes digitales. 

La seule véritable souffrance que j’aie subie ici, c’est que l’autre côté me manque. Mais je serai ici ce qu’une gentille sœur a écrit sous ma photo lorsque j’étais au lycée. « Une étoile inextinguible, brillant pour toujours ». Je ne peux même pas haïr les meurtriers de mon fils, au lieu de cela je prie pour eux afin que chacun d’eux soit avec nous dans l’Eternité. Voilà à quel point mon expérience de la vie après la mort a été puissante pour moi. Je n’ai jamais haï ceux qui ont tué mon fils, je savais qui ils étaient et je n’ai pas souhaité de vengeance contre eux. Notre Créateur inspire trop de respect pour qu’on Lui refuse une âme. 

Sachez que je suis en train d’écrire un livre sur ce qui précède ainsi que sur les très très nombreux miracles qui se sont accomplis dans ma vie ici. Mais j’ai pensé qu’en attendant, vous apprécieriez d’avoir un témoignage d’EMI positive. 

*

Je vous ai dit que l’on m’a fait prendre conscience que mon nouveau corps, c’était le corps à l’intérieur de cette forme humaine, ce corps magnifique de lumière massive. Je répète : LUMIERE MASSIVE, en effet on ne voit pas du tout à travers. Elle est massive et on peut se déplacer à la vitesse de la lumière.

C’était comme si une lourde armure était tombée, que j’étais enfin libre. Une chaleur m’envahissait. Tout était parfaitement logique.

J’ai entendu la plus impressionnante des musiques. J’insiste : impressionnante. Il n’y avait aucun bruit au moment de la renaissance. Aucun bruit tandis que je planais au dessus de tous les humains liés à moi, si ce n’est que je savais pouvoir lire leurs pensées ou, dans le cas de mon médecin, entendre ses instructions à l’adresse des infirmières et du personnel.

J’ai su que nous nous jugeons nous-mêmes. Il n’y a pas de grand livre noir sur lequel seraient inscrits nos méfaits. Ce n’est pas le point important de cette vie-ci. L’important c’est l’AMOUR. Si nous nous aimons nous-même, nous devons alors aimer Notre Créateur en nous. L’Amour est la seule chose nécessaire.

J’ai raconté à mon médecin tout ce que le personnel et lui-même ont accompli, avant mon arrivée à l’hôpital St Joseph et jusqu’à ce qu’on me réanime. J’ai dit à ma mère ce qu’elle portait, la route qu’elle a suivie en allant près de Larry, ce qu’elle a pensé et ses prières. J’ai dit la même chose à mon père. J’ai dit à David, mon mari (nous avons divorcé et nous sommes remariés tous les deux) tout ce qu’il pensait et faisait. J’ai dit à chaque membre de la famille avec qui je me trouvais, exactement ce qu’ils faisaient en ce moment précis. Je l’ai vérifié en le racontant à chacun d’eux puis en regardant leur expression et en écoutant leurs remarques. J’ai fait mouche pour chacun d’eux en ce qui concerne la période d’ubiquité de ma mort.

Pendant mon expérience, je n’ai jamais été confinée ni retenue dans un espace. On m’a emmenée partout, mais je SAIS que je n’ai vu qu’un aperçu du Paradis. C’est un vrai ciel, un lieu véritable, au delà de tout ce qu’on peut imaginer. Un lieu d’apprentissage, de vie. Notre foyer, que nous avons dû quitter pour cet examen... un endroit dont on ne se lassera jamais. Il n’y a pas de compétition là-bas, nous pouvons y apprendre, nous y reposer, nous initier au maniement d’un instrument de musique, y pécher ou faire toutes les choses que nous aimerions pratiquer ici et qui sont bonnes et saines pour notre bien-être. Un médecin peut même y étudier davantage comment les humains vont apprendre à guérir. Quelle que soit la connaissance que l’on désire acquérir, quelles que soient les choses que l’on souhaite faire ou réaliser, c’est possible. Je le sais en mon âme.

D’avoir vu tant de choses au Paradis en quelques minutes m’a fait réaliser que le temps est une mesure de l’homme afin de pouvoir s’organiser sur terre, mais c’est totalement inutile au Paradis qui est éternel, sans limitation. Notre destin est de retourner là où nous avons initialement été créés. Le Paradis est très réel, en fait : plus réel que la terre. L’eau étincelle, mais c’est parce qu’il s’agit d’eaux vivantes. Et les couleurs qu’elles produisent sont impressionnantes. Tout ce qui pousse ici, se retrouve là bas mais en beaucoup plus beau et très vivant. Quand on pense : « Comme les eaux sont belles » !... ou : « les arbres sont »... ou : « l’herbe est »... ils répondent à cette pensée par retour avec accusé de réception d’amour. On sent en soi leur amour envers nous pour les avoir appréciés. Il n’y a pas seulement la campagne ou les paysages. On trouve la perfection pour toutes les choses que nous avons essayé de créer ou de peindre ou de construire ou que nous avons ici sur la terre et dont nous pensons qu’elles vont nous rendre heureux ou améliorer nos vies. Les grands maîtres et les grands bâtisseurs essayent seulement de reproduire le Paradis ici bas. Et c’est parfaitement logique. Parce que la terre à réellement été créée à partir du firmament du Paradis.

Le fait même d’avoir vu tant de choses en une si brève période m’a fait réaliser que le temps est une mesure de l’homme afin de pouvoir s’organiser sur terre, mais c’est totalement inutile au Paradis qui est éternel, sans limitation.

Nous avons accepté avant de venir sur terre que soient effacés de notre mémoire :

- qui nous sommes ;

- la raison de notre venue ici ;

- à quoi ressemble le Paradis.

Je crois qu’il y a une raison précise pour que notre horizon s’élargisse soudain avec toutes ces « expériences de mort », je crois qu’il s’agit de la Volonté de notre Créateur qu’il en soit ainsi. C’est une période cruciale dans l’histoire de la terre et nous devons être vigilants en ce qui concerne l’AMOUR. Notre société a fait des ravages, le mal est latent. Nous sommes trop intéressés par l’argent, posséder de plus en plus d’objets à jeter pour avoir un article plus récent, plus fantastique... nous nous désintéressons de plus en plus les uns des autres. Nous avons de moins en moins de respect pour la vie et nous n’avons même pas de respect envers la terre.

Nous préférons financer la course à l’espace au lieu d’utiliser ces fonds pour nourrir les affamés de ce monde, vêtir ceux qui sont nus ou guérir les malades. Il est plus facile de donner un comprimé à quelqu’un plutôt que de traiter honnêtement la maladie. C’est pourquoi tant de personnes sont mentalement déprimées. Avec chaque jour qui passe, nous manquons de plus en plus d’amour. Même la terre est bouleversée, on le voit dans les changements climatique et terrestres. La terre vient de Dieu. Et Dieu n’a pas été étreint par Ses enfants depuis très, très longtemps.

Connaître les évènements à venir n’empêche pas ceux qui sont négatifs de se produire, car même en prévenant, ils arrivent quand même. La plupart des gens n’écoutent pas. Je ne voudrais pas qu’on me prenne pour un oiseau de mauvais augure, épuisant mon énergie à de telles tâches. J’ai donc cessé d’annoncer quoi que ce soit.

Bien que j’aie été attristée de revenir ici, j’ai tenté de vivre chaque jour en affichant un sourire sur mon visage, aussi joyeusement que je le peux quelles que soient les difficultés. Honnêtement, il m’est aussi arrivé de sortir pour hurler vers Dieu... j’aurais préféré rester là-bas. Toutefois, Dieu m’a envoyé de nombreuses joies pendant mon séjour sur terre. Mes trésors sont mes enfants... et maintenant mes petits-enfants.

Je ne suis pas rigide en ce qui concerne la religion. Dieu décide avec nous de qui nous sommes, de l’endroit où nous naissons. Il n’est pas de notre ressort de juger qu’une religion soit la seule manière de garder l’âme dans une bonne condition pour qu’elle revienne à Notre Créateur. C’est une des raisons pour lesquelles je ne comprends pas les guerres saintes. Il n’y a rien de saint dans une guerre. Depuis que je suis morte, je peux pardonner à mes ennemis et je le fais. En fait, je prie pour les hommes qui ont tué mon fils. Je veux que chacun d’entre eux revienne à Dieu et ne soit pas perdu. Et je le pense.

Les gens m’apprécient, je les aime. Je vis une vie normale et saine. Je ne vais pas à l’église tous les dimanches car je pratique quotidiennement l’amour de Dieu. Je Le remercie pour les fleurs, les arbres, les cieux magnifiques (même pendant les journées nuageuses), toute cette beauté qui est encore autour de nous. Je crois en moi-même. Je crois que Dieu incite maintenant tous les expérienceurs à raconter. Il veut notre attention.

J’ai rencontré de parfaits inconnus qui avaient fait une expérience similaire. Le plus curieux, c’est la facilité avec laquelle démarrent les conversations au sujet de ces expériences. Nous semblons mutuellement nous connaître, et nous avons immédiatement une vision plus large sur le sujet.

Je n’ai pas de crainte de la mort, ni de chagrin lorsque quelqu’un meurt sur terre (si ce n’est que la personne qui part avant moi me manque pendant quelque temps). Je ressens très fortement le désir des gens que la vie ait un sens. Il faut nous corriger rapidement. Nous sommes sur une pente terrible et nous devons la remonter.

 

 

***

DIANE G

SITE WEB DE DIANE : http://www.BeyondtheVeil.net

 

L’été 1971, nous avons fait du raft. Celui dans lequel je me trouvais s’est retourné et il est resté planté là à cause des remous. J’ai été éjectée et je me suis retrouvée prise entre l’esquif et les rochers. Très lucidement, calmement, sans paniquer aucunement, j’ai su que j’allais mourir. Je me suis détendue. Je savais qu’il ne servait à rien de lutter, et tandis que j’inspirais dans l’eau, tout est devenu noir.

Dans mon souvenir suivant, je me retrouve à trente mètres au dessus de la rivière, avec une vue plongeante sur le raft coincé contre les rochers en contrebas... Je vois mon mari monter sur un rocher dans la rivière... il semble vouloir plonger pour essayer de me retrouver et, tout à coup, je me retrouve à côté de lui, essayant de l’en empêcher. Mais quand j’ai tendu la main vers lui, elle l’a carrément traversé. J’ai regardé ma main et j’ai pensé : « Oh mon Dieu, je suis morte » ! 

A cet instant, une connaissance totale de la réalité m’est apparue et j’ai vu la multi-dimensionnalité de l’univers. Ma conscience s’est étendue tellement loin au delà du plan physique que je n’en avais plus notion, pas plus que de mon propre moi. Je faisait tellement partie de tout cela, qu’il n’y avait pas de distinction. C’était un flash de lumière brillante, pendant un bref instant j’ai été autorisée à voir à l’intérieur et à faire l’expérience d’un amour tellement profond, puissant et envahissant que je ne peux le décrire que comme une pure béatitude : même ainsi, cela s’en approche à peine.

Tout à coup j’ai été balayée et je me suis retrouvée dans un tourbillon se déplaçant à grande vitesse en direction d’une belle lumière blanche à très, très grande distance. En moi et autour de moi, j’ai continué à être submergée par le sentiment d’amour. Il n’y avait pas de peur, pas d’angoisse, pas de souci. J’avais même l’impression de l’avoir déjà vécu auparavant, de me souvenir que je rentrais chez moi. J’étais pleine de joie. Je ne me sentais pas de corps, pas de sensation de bornes, de limitation. Pourtant, c’était toujours moi et j’avais conscience de vivre cette expérience.

Avant longtemps, je me suis rendue compte que je n’étais pas seule. Il y avait quelqu’un que je ne peux décrire que comme un Etre de Lumière Aimant qui voyageait à mes côtés... à la vitesse de la lumière ! Nous communiquions mentalement. C’était quelqu’un que j’avais toujours connu, je l’ai su dès que j’ai détecté sa présence. Pourtant je ne peux pas vous dire maintenant de qui il s’agit. Je n’avais pas le sentiment qu’il se soit agi d’une figure religieuse familière, ni d’un proche décédé, mais plutôt d’un ami cher qui m’accompagne en permanence, où que ce soit... peut-être est-ce mon ange gardien. Cet Etre m’a indiqué télépathiquement que j’avais le choix de repartir ou non. J’ai pensé : « Non, non, non, je veux que cela continue pour toujours » !

Soudain nous avons fait irruption dans la lumière et toute une nouvelle réalité m’a été révélée, similaire au monde physique, mais plus colorée, plus belle, plus stupéfiante, avec des vibrations plus élevées. J’ai vu des plantes, des arbres, des montagnes, des lacs, des animaux et des immeubles pareils à du cristal étincelant, certains très grands et décorés. J’ai vu des êtres qui se déplaçaient, des êtres de lumière, vaquant à leurs affaires quotidiennes. Ils n’ont pas de corps physiques, mais ils sont constitués d’un champ d’énergie distinct. Ils ne marchent pas, ils flottent. Ils vivent des vies très semblables aux nôtres, mais sans les luttes et les peines. Ils sont artistes, musiciens, danseurs, chanteurs, inventeurs, bâtisseurs, guérisseurs, créateurs de choses magiques... des choses qu’ils manifesteront au cours leur prochaine vie dans l’univers physique.

A nouveau, l’Etre de Lumière m’a dit que j’avais le choix de rester ou de partir, mais qu’il me restait encore des choses à faire dans cette vie et que ce n’était pas tout à fait le moment pour moi de partir. On m’a dit que si choisissais de repartir, on me donnerait un certain savoir que j’emporterais avec moi pour le partager avec autrui. Après une longue discussion, j’ai convenu de repartir et je me suis soudain retrouvée devant un haut bâtiment conique ; tellement élevé qu’il semblait ne pas finir. On m’a dit qu’il s’agissait du Hall de la Connaissance. Je suis entrée dans l’immeuble et je me suis envolée en spirales ascendantes, traversant ce qui semblait être des rayonnages de livres, comme dans une bibliothèque : des millions et des millions de livres que j’ai traversés en volant. Lorsque j’ai atteint le sommet, j’ai fait irruption dans un kaléidoscope de couleurs et, simultanément, ma tête est sortie de l’eau. J’avais descendu la rivière sur une dizaine de mètres par rapport au raft.

J’ai immédiatement eu conscience de l’endroit où je me trouvais et je me suis agrippée au rocher le plus proche. J’ai pu me ressaisir et j’ai expectoré de grandes quantités d’eau. J’étais en état de choc, mais je n’avais pas besoin de soins médicaux. J’ignore combien de temps je suis restée sous le raft, personne n’a regardé sa montre à ce moment là. Cela a pu durer 3 ou 4 minutes, peut-être dix. Le temps n’existe pas, là où je suis allée.

Je ne peux pas affirmer que j’étais cliniquement morte, mais je n’ai aucun souvenir de m’être débattue sous l’eau ni d’avoir tenté de retenir mon souffle jusqu’à ce que j’atteigne la surface (j’ai nagé, fait du ski nautique, de l’apnée et du surf, j’ai eu de nombreuses alertes auparavant me faisant envisager le risque de mourir, mais aucune comme celle-ci. Ces autres fois, je me rappelle parfaitement avoir lutté pour atteindre la surface, les poumons prêts à éclater). Ce dont je me souviens bien, pendant la période durant laquelle mon corps était sous l’eau, c’est ce dont je vous ai parlé.

(extrait de www.BeyondtheVeil.net/nde.html)

*

J’ai pu exprimer par des paroles la 1ère partie de mon expérience hors du corps, mais pour la 2ème, il n’y a tout simplement pas de mots... c’est comme essayer de décrire un coucher de soleil à un aveugle.

J’étais totalement lucide et consciente de ce qui se passait. Ma conscience était beaucoup plus développée que la normale, j’avais connaissance de tout dans l’Univers ainsi que la manière dont tout fonctionne : tout est « unifié ». J’ai su que j’étais en présence de Dieu sans Le « voir ». Je n’avais pas de crainte, seulement de l’amour tout autour de moi.

Je ne me suis pas vue moi-même. Avoir un corps ou non ne paraissait pas important.

J’étais envahie par un amour illimité... exultation… stupéfaction… émerveillement… révérence… liberté… grande joie… béatitude… paix… gratitude…

J’ai eu l’impression de traverser le tunnel à la vitesse de la lumière, mais il est vraiment difficile de dire si j’étais immobile alors que les lumières filaient près de moi, ou si c’était moi qui filait le long des lumières. J’ai vu cela comme l’effet d’une transition entre des dimensions.

Dans l’expérience du tunnel, il m’a semblé me diriger vers une lumière claire et éclatante qui grossissait à mesure que je m’en approchais. Malgré sa luminosité, elle n’était pas éblouissante... c’était de l’amour et de la chaleur. Elle est devenue énorme et je suis passée à travers elle dans un autre plan d’existence.

Il y avait un Etre de Lumière avec moi dans le tunnel. A ce moment là, je savais de qui il s’agissait, mais maintenant je ne pourrais plus vous le dire. Quelqu’un que j’ai connu dans l’éternité. Pas une figure religieuse... peut-être mon ange gardien. Nous avons eu beaucoup de communications télépathiques, mais je ne peux pas vous dire ce qui a été transmis car il ne s’agissait pas de paroles. Cet Etre m’a fait visiter l’au-delà, j’y ai vu beaucoup d’autres êtres de lumière qui vaquaient à leurs occupations. La seule communication dont je me souvienne, c’est que ce n’était pas mon heure. Il me restait encore à faire dans cette vie. Si je choisissais de revenir, on me donnerait accès à un savoir qui m’aiderait dans ma mission.

Après être passée à travers la lumière, je me suis retrouvée dans un environnement magnifique, semblable à une scène pastorale avec des montagnes, des lacs, de l’herbe. Le « soleil » était absent, mais la lumière émanait de chaque chose, elle était partout. J’ai vu des structures cristallines, des immeubles de toutes tailles, certains très hauts et décorés. Les couleurs étaient plus éclatantes que sur terre. Tout paraissait tout à fait normal, rien n’était étrange.

Il n’y avait ni espace ni temps... c’est très difficile à expliquer plus amplement. J’ai eu l’impression d’être partie depuis des jours, mais il ne peut s’être écoulé que quelques minutes.

Je comprenais tout... comment nous étions venus sur terre et pourquoi, ce qui se passe quand nous mourons, où nous allons après la mort, quel est le sens de notre voyage spirituel, comment Dieu est toute chose, l’origine de l’univers physique, comment la vie a démarré, la progression de l’Esprit-Ame-Humain retournant à la Source... j’en ai oublié la majeure partie en repartant, mais cela me revient au cours des années.

Par la suite, j’ai prédit de nombreuses choses qui se sont réalisées, j’ai été pionnière dans le domaine du réveil des consciences. De nombreuses pratiques que j’ai initiées sont devenues communes des années plus tard.

J’étais vraiment dans cette expérience et je ne voulais pas repartir... je n’avais ni pensées ni émotions pour les être chers que j’avais laissés derrière moi, mais l’Etre de Lumière m’a convaincue de l’importance pour moi de repartir. Je n’étais ni en colère ni contrariée en aucune manière, je n’en ai pas vraiment eu l’opportunité... car dès que j’ai convenu de repartir, j’ai immédiatement été renvoyée.

J’ai un « savoir des choses ». Nombre de mes clients me demandent si je suis médium, mais je n’ai pas tenté de développer ni d’explorer vraiment ces dons.

Il est certain que mes croyances ont drastiquement changé, ainsi que je l’ai décrit plus haut, mais mon attitude globale envers la vie a changé également. J’ai fini par divorcer quelques années plus tard... la croissance spirituelle est devenue ce qu’il y a de plus important pour moi. Je suis retournée à l’université et j’ai obtenu des diplômes en psychologie. Mon centre d’intérêt est devenu l’aide du prochain plutôt que de gagner plus pour moi-même. Je suis devenue non-matérialiste. Les petits problèmes de la vie ne m’inquiètent plus, je vais avec le courant, tout simplement.

Mon EMI s’est produite il y a 30 ans. Je me suis rendu compte que je n’avais pas besoin d’une autre personne pour me sentir complète et je suis restée célibataire depuis mon divorce. Je vis un célibat apaisé depuis les 15 dernière années, ayant converti mon énergie sexuelle en créativité, ce qui emploie constamment ma vie quotidienne par toutes sortes de projets. Je ne pratique aucune religion, je médite, je pratique le yoga, je fais des randonnées dans la nature. Professionnellement, pendant les 20 années suivant mes diplômes, j’ai principalement travaillé comme conseillère, j’ai fait des conférences, j’ai fait des tournées dans le pays, j’ai écrit deux livres et un scénario de télévision, j’ai eu plusieurs affaires. Maintenant, je travaille principalement sur internet, mais je ne pense pas en termes de carrière… c’est simplement ce que je fais. Je suis en demi-retraite, je vis dans la montagne, je fais pratiquement ce que je veux, quand je le veux.

Ma vie aurait été très différente si ne n’avais pas eu une EMI. Les personnes à qui j’en ai d’abord parlé ne m’ont pas prise au sérieux. Il s’est passé 15 ans avant que je n’en reparle, à un moment et un endroit où les gens étaient plus ouverts sur le sujet. Depuis lors, j’ai raconté mon histoire à de nombreux rassemblements, et par mon site web j’ai touché de nombreuses vies. Nombre de personnes m’ont envoyé des mails pour me dire combien mon histoire a changé leur vie et ouvert leur esprit.

J’ai ressenti une joie incroyable après avoir vécu cette expérience, mais aussi une terrible tristesse parce que personne ne me croyait. C’était merveilleux de vivre ce voyage mais c’était terrible, quand je le racontais, d’être traitée comme une aliénée. Quoi qu’il en soit, j’ai été libérée de ma peur de la mort et j’ai vécu une vie qui n’aurait pas été possible sans cela.

Je me suis rendu compte que de nombreuses choses sont liées à ce que les gens ont appris à l’époque de leur propre expérience de mort imminente. Les hommes en ont toujours eu, simplement nous abordons plus souvent le sujet aujourd’hui. Jadis, les gens pensaient que ceux qui revendiquaient avoir eu des expériences mystiques étaient des saints, aujourd’hui ils nous traitent de fous, ou bien ils se rabattent sur des explications scientifiques, afin que nous ne jetions pas le doute sur leur vision du monde.

J’ai été en mesure de revivre l’expérience du tunnel au cours de la méditation, mais ce n’est pas tout à fait la même chose et je ne suis pas allée plus loin que le tunnel, il n’y avait pas de lumière claire. J’ai aussi eu un passage en revue de la vie pendant la méditation.

D’autre part, espérant recréer l’expérience, j’ai essayé plusieurs drogues comprenant le LSD, les champignons et l’ecstasy. Ces expériences ont toutes été merveilleuses, intéressantes, intrigantes, fascinantes, mais il y a une grande différence : oui, on parvient à explorer d’autres niveaux de conscience, mais il y a souvent un sentiment de perte de contrôle et de peur qui ne se produit pas pendant une EMI.

Avec les drogues, il y a un sentiment d’irréalité, alors qu’avec une EMI cela semble plus vrai que dans la vie. Avec les drogues c’est plus une expérience qui vous arrive. Avec une EMI on est l’expérience, on vit l’expérience de soi-même, en toute conscience. Les hallucinogènes ont cependant un aspect positif pour ceux qui n’ont pas eu d’EMI, ils leur donnent un aperçu des états modifiés de conscience, ainsi que la notion que nous sommes autre chose que ce qu’on nous a fait croire.

Je n’ai pas été en mesure de trouver les mots pour expliquer ce qu’il y a de spécifique dans ce genre d’expérience. Je pense revenir à la peinture, qui doit être un meilleur moyen d’expression.

 

 

***

DOINEAU H

 

Ma mère s'est réveillée en entendant des bruit étouffés dans son rêve. Elle m'a trouvé violet dans mon lit me débattant, puis plus rien, une poupée de chiffon dans ses bras. Je me ressentais comme un « non corps ». Une sphère de lumière, je dirais.

J’avais l’impression de ne pas appartenir à ce monde en tant qu'être mais en tant que photon d'une lumière ambiante.

L’ambiance, tout autour de moi, était lumineuse, mais pas éblouissante, forte cependant. Apaisante, avant tout. J’ai rencontré des lumières plus « fortes », plus vives que la lumière ambiante. Pas des éclairs mais des « nuages de lumière ».

Il y avait un bruit mélodieux que je ne retrouve jamais complètement dans les musiques que j'écoute. J’ai appris à aimer... aimer avant tout, avant soi-même, car la lumière des autres ravive la vôtre.

J’étais dans un paysage de lumière et de douceur, de compassion, de compréhension. Des couleurs pastel, plus pastel que le plus pastel. Le temps n'avait pas prise sur le bébé de 9 mois que j’étais...

J’ai compris que le bien que l'on fait aux autres, on le fait en même temps à soi-même. Aimer et être aimé peut effacer toute douleur, physique ou morale. La mort n'est rien que le regret de n'avoir pas compris.

Je sens les choses venir, je sais ce qu'il faut aux gens pour leur bien. Mais je me défends d'intervenir car le libre arbitre de chacun fausse tout... c’est très surprenant, voire illogique... disons, hors de ma logique.

J’ai regretté d'être revenu, même si je n'avais rien à raconter lors de mon arrivée là-bas. Ma présence ici semble être importante, pour moi ou pour les autres.

Je sais tirer les cartes de tarot, mais déteste le faire. Je sens les mauvais coups tomber. Je me refuse à croire à une religion qui repose sur des écrits humains. L'être humain est par nature imparfait, non fiable, voire faible.

Je n’arrive pas à comprendre les gens qui m'entourent, je me limite à observer plutôt que participer à ce qui se passe. Les gens m'intéressent, m'intriguent, me touchent, me blessent.

Les gens que je rencontre, en me connaissant, sont obligés d'admettre que je suis complètement à part. Avoir ressenti cet amour immense qui m'a entouré entraîne la douleur de ne plus le ressentir, même si parfois, lors de moments de partage avec d'autre êtres vivants ou par simple contemplation de la nature, je parviens à le ressentir furtivement. Amoindri, mais là.

Les mots sont toujours trop imprécis, seul compte vraiment ce que j'ai réussi à susciter en chaque lecteur.

 

 

***

DOMINIQUE


      Ce n’est pas moi, le narrateur, qui ai vécu cette expérience. C’est mon cousin Dominique... lui-même serait bien en peine de la raconter ! On peut dire qu’il s’agit d'une personne presque dépourvue d’instruction. Il a été héroïnomane et il est alcoolique : le dernier des piliers de bistrot qu’il soit possible d’imaginer. Ce que je trouve assez convaincant dans son histoire, c’est que les choses un peu surnaturelles, religieuses ou tout simplement abstraites lui passaient autrefois très largement au dessus de la tête. Vraiment pas le genre de type à s’interesser à quoi que ce soit...

 Dominique repartait donc après une soirée très arrosée dans une voiture conduite par un ami à lui. Ils ont loupé un virage et la voiture a encaissé un choc très violent. Au moment du choc, Dominique a eu la sensation de sortir de son corps... comme si le choc avait été suffisamment violent pour éjecter son esprit de son enveloppe charnelle. Il a vu son ami a côté de lui (décédé des suites de l’accident) et il a eu l’impression de le regarder d’une manière pas seulement physique. Sa description n’est pas très claire : il déclare qu’il pouvait voir une sorte de "laideur" émaner du cadavre à côté de lui.

Dominique déclare alors qu’il s’est mis à flotter au dessus de l’épave de la voiture. D’après ses dires, il est resté en suspension au-dessus du lieu de l’accident assez longtemps pour voir les secours arriver. Il a vu qu’on embarquait son corps dans une ambulance, et alors que celle ci roulait vers l’hôpital, mon cousin a été pris du pressant besoin de regagner ce corps, il se serait donc mis à "voler" derrière l’ambulance, mais sans parvenir à réintégrer son enveloppe. Au moment d’arriver à l’hôpital, il s’est senti aspiré par un tunnel, mais pas lumineux.

  Il a repassé tous les évènements de sa vie, et déclare qu’il ressentait l’effet de ses bonnes actions largement amplifiées, et se sentait couvert de honte par les mauvaises. Puis Dominique déclare avoir été en un lieu qu’on pourrait appeler l’enfer.

 Il flottait un peu au dessus du sol, et une multitudes de personnes accouraient vers lui pour l’attraper et le faire descendre à leur niveau. Le visage de ces êtres était marqué par l’angoisse, la fureur, ils étaient vraiment effrayants. Mon cousin déclare qu’il y avait aussi des chiens et des lions. C’est l’expérience la plus terrifiante de sa vie.

 C’est de plus en plus incroyable... et cela ne va pas s’arranger. Une main a retenu mon cousin au moment où il allait tomber et l’a ramené dans le tunnel, avec cette fois une lumière au bout. Celui qui l’a sauvé était un « être de lumière », « Celui Qui est cloué sur la Croix". Je ne suis pas sûr que mon cousin ait seulement entendu parler de Jésus-Christ avant son accident. Aborder ce sujet avec lui aurait provoqué un gros rire gras, et il n’aurait certainement pas caché qu’il se foutait de vous.

Il déclare ensuite être allé à l’orée de la Lumière et y avoir rencontré son père (décédé au moment de l’expérience) qui lui aurait dit, sur un ton mi-figue, mi-raisin : "Alors, t’as encore fait l’imbécile » ? Son père était lui aussi un être lumineux qui aurait accompagné mon cousin dans la Lumière.

 Dominique a du mal à exprimer clairement ce qui s’ensuit. Il bégaye, s’agite, va pleurer. Il déclare n’avoir jamais ressenti plus grand amour et bien-être que dans cette Lumière : quelquechose d'ineffable et de très puissant. Cette Lumière était Dieu, mais il n’avait pas le droit de contempler Dieu. Il pouvait en voir le rayonnement mais la source de la Lumière lui était cachée par un glaive ou un ange (ce n’est pas très clair). Il déclare avoir été dans un endroit merveilleux, entouré de gens vivant dans la félicité la plus complète. Ces gens avait un visage ou une tête triangulaire, ou plus que triangulaire, la figure triangulaire étant ce qui paraît le plus se rappprocher de ce que Dominique veut décrire. Cette figure serait comme une "marque" positive laissée par Dieu. Dominique déclare aussi avoir vu la Terre dans sa globalité, disant que le Mal semblait y dominer : l’image était « désolante ».

 Son père lui a alors parlé pour lui dire que sa fille avait besoin de lui (ma petite cousine était alors en bas-âge) et qu’il allait devoir s’occuper d’elle, que sa tâche n’était pas achevée. Mon cousin déclare qu’il ne voulait pas repartir loin de la lumière, mais le choix ne lui a pas été laissé. Il aurait alors réintégré son corps.

*

 Pourquoi est ce que je raconte ce voyage alors que je n’en suis pas l’acteur, et en fait pourquoi j’y crois ?... avec des doutes, néanmoins !

 Ce qui a tendance à me faire croire à la véracité de son aventure c’est que mon cousin serait en temps normal la dernière personne de qui on attendrait une histoire comme celle-ci. Il ne l’a pas communiquée lui-même car internet ne le passionne pas, ni aucun autre sujet, si ce n’est la bouteille et les niaiseries de comptoir. Il est resté tétraplégique suite à son accident pendant plusieurs mois... mais la rééducation est parfois une merveille puisque, petit à petit, il a pu retrouver l’usage de ses membres ! Il a mis des années avant d’être indépendant. Aujourd’hui, il marche à l’aide d’une canne, et vit d’une pension d’invalidité.

 D’un point de vue plus moral, il a mis scrupuleusement de l’argent de côté pour sa fille, jusqu'à ce qu’elle commence à travailler. Chose troublante, Dominique déclare que parfois, la nuit, on le "pince" dans son sommeil... on le réveille pour l’obliger à réfléchir, et il affirme que la Lumière lui manque. Il continue à boire autant qu’avant, mais déclare : " Le Bon Dieu savait très bien qu’en me renvoyant sur Terre, je continuerais à boire ". Il semble certain de ce qu’il raconte, mais il répugne à en parler si un climat de confiance n’est pas établi, de peur qu’on le prenne pour un fou.

Hormis sa décision de placer de l’argent pour sa fille pendant plusieurs années, et en dehors des séquelles physiques et socioprofessionnelles dûes à l’accident, il n’a pas changé son mode de vie. Maintenant, Dominique croit fermement en Dieu et en Jésus, mais ne pratique pas. Avant l’expérience, aborder ces sujets lui aurait paru stupide... il reste donc évident que ce récit est très surprenant, s’agissant d’un tel personnage...

 

 

***

Dr KUMAR

 

Mon instituteur m’avait demandé de fabriquer une sonnette électrique pendant les vacances scolaires... j’en ai conçu et fabriqué une que j’ai testée plusieurs fois. J’étais seul dans ma chambre, située dans une grande ferme. Mon père et ma mère étaient en train de travailler dans l’arrière-cour. J’ai voulu tester une fois de plus ma sonnette, et j’ai accidentellement touché un câble sous tension alors que je testais le prototype.

La tension était de 220 Volts, et comme le câble était long et que je le tenais à deux mains, j’ai subi un choc électrique pendant une période relativement longue. Au début j’ai ressenti une grande douleur, ainsi que tout ce qu’une victime électrisée éprouve. Comme personne n’était là pour me sauver, petit à petit la souffrance a cessé, et j’ai commencé à m’élever au dessus de mon corps en flottant vers le haut.

J’ai vu de très prés (quelques centimètres) les chiffres inscrits sur les tuiles du toit. Chaque lettre me paraissait très grande. C’était un merveilleux état, sans douleur, très calme et pourtant empli d’émotions. Ma conscience était parfaitement claire. Je voyais mon corps gisant sur le sol, tête en bas et tenant toujours le câble. Je me suis élevé à environ 3 mètres au dessus du sol et je me suis arrêté, planant près des tuiles. J’appelais à l’aide mais il n’y avait personne.

Après quelque temps j’ai remarqué mon père qui venait de l’autre côté de la maison, je le voyais à travers les murs, il arrivait très lentement car il n’était pas conscient de l’accident. Je l’appelais, mais il ne m’entendait pas, même arrivé tout près. Il mâchait du tabac en marmonnant (c’était son habitude). C’était comme si j’avais rêvé. Naturellement, quand il est arrivé sur les lieux, il m’a vu (mon corps) gisant sur le sol. Ignorant que je tenais un câble sous tension, il m’a empoigné et il a tenté de me soulever. Tout à coup j’ai ressenti une vive douleur, j’étais retombé dans mon corps. J’ai perdu connaissance pendant au moins 10 minutes. Quand j’ai repris conscience, mon père et ma mère étaient à côté de moi. Les premiers mots que j’ai dits en les voyant, c’est : « Maman, j’ai vu aujourd’hui comment on meurt ».

Mes parents étaient horrifiés. Ils m’ont emmené chez un médecin en lui expliquant que j’étais peut-être devenu fou à cause du choc électrique. A chaque fois que je me mettais à raconter mon expérience, ils m’en dissuadaient, éludant le sujet, ils pensaient que cela pouvait affecter mes études. Ma mère m’a raconté plus tard qu’elle était arrivée sur les lieux et nous avait sauvés, moi et mon père, en coupant le courant.

Mais je ne l’ai pas vue me sauver car je n’ai vu que mon père.

*

J’étais parfaitement lucide, avec une conscience claire comme du cristal, et je possédais un corps similaire à celui dont j’avais l’habitude, mais je flottais... je portais la même chemise et le même short. J’étais le même garçon que celui de mon corps à cette époque là.

J’ai vu mon père à travers les murs tandis qu’il approchait lentement depuis l’autre côté de la maison... je voyais à travers les murs et je flottais.

Avant que je ne sois agité et préoccupé par mon sauvetage, l’expérience dans son ensemble a été magnifique et paisible. Ma vision de la mort a changé, ce n’est plus un état terrifiant ou triste. Je n’en ai parlé qu’à très peu de gens, car peu nombreux sont ceux qui croient à ce genre d’expérience.

Emotions ?... mélangées ! Le pire a été la douleur liée aux toutes premières minutes de l’électrisation.

Le meilleur, l’élévation au dessus de mon corps, très paisible, sereine et sans douleur : c’était semblable à un avion décollant de la piste.

 

 

***

DUANE

 

Juillet 1990... plouf ! Je me suis retrouvé dans une eau rapide et agitée. Le raft avait heurté un rocher juste sous la surface, me laissant lutter pour la vie dans les pires remous. J’ai coulé, ayant juste le temps d’inspirer partiellement avant que le courant de fond ne m’avale. J’allais me noyer et j’étais impuissant. La panique m’a saisi, j’ai lutté pour atteindre la surface, mais la réalité s’est imposée rapidement, me laissant seul dans le noir avec une seule pensée : « Je peux le faire ». Tout était paisible alors, plus d’eaux tourbillonnantes, ni de panique, seulement la pensée qu’il était bon d’abandonner la vie. Après tout, ai-je pensé, avoir trois emplois, dormir quatre ou cinq heures par nuit, cinq jours par semaine et pas du tout les deux jours restant, ce n’est vraiment pas une vie !

Puis, comme si j’avais été un bambin et que mon père m’avait attrapé par la salopette pour me soulever au-dessus de sa tête, je me suis retrouvé à plusieurs dizaines de centimètres au dessus de l’eau. Je pouvais sentir le soleil qui brillait, me réchauffant le visage, mais il n’était plus si brillant qu’on ne puisse le regarder. Une douce brise réconfortait mes pensées par le son qu’elle produisait, murmurant dans les vibrantes feuilles vertes d’un grand arbre à ma gauche. Mon attention dirigée sur l’arbre me faisait sentir le vent souffler dans les feuilles, comme si ces dernières étaient mes doigts et que l’arbre avait fait partie de moi. Tous mes sens étaient renforcés, les couleurs plus vives, la vision plus nette avec une meilleure définition, les odeurs et la légère humidité sur ma peau étaient merveilleuses. Un oiseau a commencé à chanter derrière moi, et tandis que sa mélodie attirait mon attention j’ai eu l’impression que les arbres et les buissons qui le cachaient s’étaient ouverts... j’ai alors eu une vue complète de cette petite créature.

Non seulement je pouvais le voir et l’entendre, mais je pouvais ressentir que l’oiseau était heureux et même joyeux simplement d’exister, ce sentiment est devenu une part de moi-même. Bien que nombre d’évènements se produisaient à ma gauche, à ma droite ou derrière moi, je n’avais pas à me retourner pour les observer, car je pouvais voir à 360 degrés de nombreuses choses se passant simultanément dans mon entourage immédiat.

Alors que j’étais impressionné par ce qui arrivait, une voix s’est élevée, nette comme celle d’une personne très proche de soi. Elle m’a demandé : « Que veux-tu faire » ? Regardant devant moi, j’ai pu observer ma fille cadette en train de sortir de l’eau près du raft, à environ 70 mètres en aval. L’aînée avait déjà parcouru environ une trentaine de mètres le long de la rive rocheuse, en amont du raft.

Je me trouvais ici et mon corps sans vie là bas... ce qui ne me posait pas de problème, car mon ancienne vie était alors un rêve pour moi, tout comme l’est l’au-delà pour la plupart d’entre nous. Aucune sensation de douleur ou de chagrin, seulement une paix et un amour incomparables. Après avoir rassemblé ces informations, c’était comme si je les avais simplement emballées dans un joli petit paquet, que j’avais ajouté un bit « incompréhensible » et que je l’avais passé à l’entité qui venait de poser la question : « Que veux-tu faire ? »...

Tandis que je regardais ma fille aînée, qui, je l’ai découvert plus tard, essayait de guider les garçons plus âgés vers ce qui était alors mon corps sans vie, j’ai eu l’impression que quelqu’un m’avait attrapé et projeté en elle. Je voyais par ses yeux, entendais par ses oreilles, comprenais tout ce qu’elle savait et ressentait à ce moment précis, mais je n’étais qu’un témoin dans son monde. Cette jeune fille de 12 ans, confrontée à cette situation terrible, était aussi calme et logique qu’on puisse l’être. « Ma sœur est en sûreté, maintenant »... elle aussi était tombée du raft et avait été entraînée par le même courant de fond, mais elle portait un gilet de sauvetage et elle était donc sauve. « Les autres filles vont bien aussi. Maintenant il faut que je sauve mon père ». C’étaient ses pensées immédiates. Puis, aussi vite que j’étais entré dans le monde de ma fille, je suis retourné dans le mien et je me suis retrouvé au dessus de l’eau au même endroit qu’auparavant. La voix a redemandé : « Que veux-tu faire » ? J’ai enfin compris que je devais sélectionner une icône : élever mes filles avec la vie que je venais de quitter si récemment, ou bien cette nouvelle existence, une vie dont je savais qu’elle se passerait avec mon père céleste, car je pouvais sentir son amour émanant d’un point en haut à gauche, juste derrière moi. Un amour qui me rappelait la paix et le contentement que l’on éprouve jeune enfant, bercé doucement dans les bras d’une mère après une journée parfaite. Le sentiment d’amour, de paix et de bien-être était tellement fort que j’étais déchiré par ce dilemme. Il n’y avait aucune coercition à mon encontre pour que je choisisse ceci ou cela, on ne m’a pas non plus incité à penser qu’un choix serait meilleur qu’un autre. L’affaire était entre mes mains. Sachant que mes filles avaient réellement besoin de moi et à quel point je les aimais vraiment, j’ai fait, presque avec réticence, le choix de revenir et de faire tout ce qui serait en mon pouvoir pour les élever du mieux que je le pourrai. Pour communiquer cette décision, j’ai simplement pris tous les sentiments et informations rassemblés, puis je les ai transmis ensemble à mon ami que je n’ai jamais vu, en lui disant : « Je veux ceci », c’est à dire l’icône face à moi et tout ce qu’elle représentait.

Ensuite on m’a dit : « Tu dois donner tout ce que tu as ». Cela a provoqué une autre recherche pour voir « tout ce que j’avais », le résultat fut nul car mon corps était là bas et j’étais ici. Juste avant qu’on me redise de donner tout ce que j’avais, on m’a fourni des informations, tout un paquet. Bien que sans aucune parole, il m’a été transmis que je devais choisir d’être dans mon corps parce que personne n’allait m’y remettre. Cette information était marquée par l’urgence, comme un père pourrait l’exprimer à un enfant en danger immédiat. A l’instant où j’ai fait en conscience le choix de retourner dans mon corps, de nouveau l’eau a été en furie autour de moi, m’attrapant, me tirant vers le fond, mais sans succès car j’avais la force d’une locomotive. Rien ne pouvait plus m’empêcher d’atteindre la surface. Une fois atteinte, j’ai exhalé toute la crasse de mes poumons, la troquant pour une profonde inspiration vitale. Mes poumons m’ont tellement fait mal que la pensée m’a traversé l’esprit que je ferais aussi bien de me noyer. J’ai combattu le désir presque irrésistible d’abandonner tout simplement. J’ai cru avoir murmuré ce qu’on m’a dit plus tard avoir été un hurlement à l’aide, alors que les garçons dans le petit raft étaient juste à quelques dizaines de centimètres. En quelques coups de rame ils ont été sur moi. Attrapant la corde sur le côté du raft, j’ai découvert qu’il restait en moi beaucoup d’énergie et j’ai nagé au bord du raft, aidant à le sortir des rapides pour accoster la rive.

Expliquer ce qui venait de se passer a demandé des efforts et a fait des sceptiques dans le groupe. Du moins jusqu’à ce que j’aie dit à chacune ce qu’elle avait fait et même pensé dans certains cas, tandis que j’étais sous l’eau. Les doutes ont rapidement été balayés. Le reste de notre voyage a été extrêmement paisible et satisfaisant, la vue de cerfs et autres animaux le long de la rive, à quelques mètres seulement, a encore embelli les choses. Nous avons été très en retard à l’arrivée, ma mère était très inquiète à notre sujet... vous savez comment sont les mères ! 

J’approchais de la fin de la période d’essai pour mon travail à plein-temps, je devais donc y être le lendemain. J’ai travaillé bien que j’aie été à peine capable de marcher et que chaque cellule de mon corps, des cheveux aux orteils m’ait extrêmement fait souffrir. Au cours des quelques jours suivants, la douleur s’est évanouie lentement, me laissant avec un savoir sûr à propos de nombreuses choses que je n’avais même pas imaginées, ainsi qu’avec la chance de voir mes filles grandir.

J’atteste de l’authenticité de cette expérience, tout comme ceux qui étaient avec moi sur la rivière : ils savent que c’est arrivé. J’atteste également que Dieu existe, qu’il nous aime, qu’il est au courant et attentif, même pour les plus petites choses dans nos vies sur cette terre. Le don de pouvoir faire des choix, la capacité d’agir selon nos propres désirs et de s’unir à un autre dans la sphère de sa création inspire la révérence. Je prie pour lui exprimer cette révérence, et je le remercie d’exister en existant moi-même de mon mieux.

Je prie encore pour que nous nous traitions mutuellement, ainsi que sa création, avec le respect et la bienveillance qui conviennent.

 

 

***

DW 3587

 

Je vivais seule dans un petit appartement, au Nebraska. Le nouvel an approchait. Un vendredi soir j’ai rassemblé les ingrédients dont j’avais besoin, j’ai écrit la note requise, et j’ai absorbé le mélange. Je voulais la mort... j’ai tendu les bras vers elle. Ma respiration s’est ralentie, mes pulsations se sont espacées, puis sont devenues erratiques... j’ai cessé de vivre.

La Mort ? Laissez-moi clarifier totalement ce point. Je ne suis pas « presque » décédée. Je n’ai pas seulement « cru » mourir. Au moment où je suis « morte », il y a eu un sentiment, la conscience de quelque chose, comme un petit « clic », comme lorsqu’on débouche une bouteille, un relâchement semblable à un ressort qu’on détend. Le corps m’a abandonnée, ou je l’ai abandonné. Je savais que j’avais réussi à me tuer. Je vous entends demander : « Eh bien, si vous étiez morte... comment le saviez-vous » ?

La réponse, j’ai tenté de la fournir à chaque personne dont je pense que cette expérience pourrait l’aider. C’est pour moi la raison de la raconter.

Donc, je ne suis pas « morte ». Vous non plus, n’allez pas « mourir ». Mon corps était mort. Mais « Je » étais toujours en vie. Mon corps avait cessé de fonctionner... mais pas le moi que je suis.

La vie ? Il n’y avait pas de bruit : silence total. Aucun bruit dans l’appartement, aucun bruit de voisinage, aucun bruit de circulation, pas de bruit corporels, rien... c’était tellement tranquille ! L’obscurité était tout autour de moi. Elle me rendait plus consciente encore de la paix totale, du silence. Le fait d’être consciente m’a troublée. Je connaissais le silence, le noir et la signification des mots. Je savais qu’il s’agissait de mots pour décrire quelque chose. Je savais que je les pensais. Je savais également que « je » me déplaçais à travers la paix obscure. Je ne sentais pas d’air sur la peau, je ne voyais aucun point de repère, je n’entendais aucun bruit de déplacement, mais je sentais que j’allais quelque part.

J’ai continué pendant ce qui m’a paru être un temps très court. Et pourtant, un million de pensées me sont venues tandis que j’avançais.

Le fait d’avoir des pensées m’a troublée : « Je » était toujours « moi ». Apparemment, j’étais vivante. Je ne pouvais pas me voir moi-même, mais j’étais quelque chose, j’avais toujours la sensation d’être « moi ».

Je pensais et ressentais toujours, mais pas dans un corps. J’étais surprise, émerveillée. J’ai flotté « plus haut », ou plus loin. Je manque d’un meilleur vocabulaire pour cette sensation ou cette orientation. Je savais toutefois que j’allais quelque part. Je me déplaçais en direction d’un endroit différent de celui où je me trouvais. Je n’allais pas vers lui, il m’attirait. Ce n’était pas ma propre force qui me propulsait. Je n’étais plus dans mon corps. Mais je savais que j’étais en vie. J’ignorais seulement pourquoi et comment. Je n’arrivais pas à l’imaginer. Je me sentais en vie, mais selon notre perception de la mort, j’étais morte. Je ne crois pas pouvoir mieux m’exprimer.

Découvrir que je n’étais pas morte alors que je venais de me tuer était troublant... stupéfiant, même !

J’ai regretté la douleur que ma mort allait causer à ma famille. Mais cette pensée triste s’est évanouie, submergée par une joie profondément sereine. C’était comme si, en même temps que mon corps, j’abandonnais tous les soucis et les inquiétudes qui font tellement partie de nous. Les autres s’occuperaient de mes proches. Je savais qu’on allait les aimer et prendre soin d’eux. J’allais toujours les aimer.

C’était une guérison de mon cœur, une suppression tellement complète de la douleur et du chagrin que j’ai eu l’impression qu’on m’enlevait le poids d’un rocher. J’en avais tout à fait terminé avec les responsabilités que nous créons ici dans le but de vivre : j’étais libérée.

J’aurais pu danser, chanter de joie. D’où provenaient les souffrances de ma vie - qu’elles me soient ou non imputables - n’avait plus d’importance. J’ai essayé de me souvenir des choses qui m’avaient fait choisir la mort, mais tout comme lorsqu’on repose une lourde charge après l’avoir soulevée pendant un moment, j’étais libérée de la douleur et de tout ce qui, un jour, m’avait fait souffrir. J’étais Libre !

Je ne peux vous dire avec des mots à quel point ce sentiment est merveilleux... une pure joie ! « Béatitude » est un mot bref. Je pense que nous ne le ressentons ici que comme l’ombre de ce qu’il signifie vraiment. Béatitude est pourtant le seul mot qui convienne, même s’il ne fait que murmurer le sentiment qui était en moi quand la douleur a disparu. Je crois qu’il s’agissait du premier contact de l’Amour et de la Grâce qui me tendaient les bras. 

L’arrivée

Tandis que ce sentiment me traversait, j’ai vu sur ma droite une douce lueur dorée, une lumière dans l’obscurité, telle les lumières d’une ville dans le ciel nocturne. La lumière brillait là-bas juste pour moi. Je dis : « j’ai vu », mais je n’avais pas d’yeux.

Je me suis retournée pour y faire face, mais je n’avais pas de face. Je n’avais pas de corps que j’aurais pu tourner. Et j’ai été transportée. Tout à coup je me suis tout simplement retrouvée là.

La lumière était alors vive et brillante. J’ai eu le sentiment d’être à ma place, au bon endroit. Devant moi se trouvait une ouverture dans une clôture faite de lumière dorée. Cette clôture avait l’apparence d’un long muret fait de pierres dorées et brillantes, avec une petite ouverture en guise de passage. J’ai eu le sentiment que c’était une limite, mais pas un mur défensif. C’était trop bas pour être une protection, il bornait simplement cet endroit, quel qu’il fût.

J’avais conscience d’une autre « lueur » plus faible, derrière moi et sur ma gauche, du même côté de la clôture que moi. J’avais la sensation que c’était une protection, ou ce qui s’en rapproche le plus. Je ne l’ai pas très bien vue. Elle n’était pas beaucoup plus grande que moi, mais avait l’air plus grande et plus forte.

Au delà de l’ouverture et par dessus le muret de clôture, j’ai vu une forme globulaire immense, dorée et lumineuse qui semblait « loin là-bas ». Je ne crois pas qu’il s’agissait d’un grande distance, mais je n’avais aucun moyen de l’évaluer. Je savais seulement qu’elle était « là-bas »... et que j’étais « ici ». Au loin, il y avait d’autres globes lumineux plus petits qui rayonnaient aussi. Certains étaient derrière la base du plus gros, en amas ou groupes. Ils étaient tout à côté mais n’en faisaient pas partie.

J’ai vu d’autres « formes globulaires lumineuses » sur ma gauche. C’était comme si un alignement de ces dernières approchaient de la sphère plus grande. Elles paraissaient être de tailles variées, mais c’était peut-être dû à la distance. Je n’avais aucun moyen d’évaluer cela non plus. Je n’avais aucune idée de ma propre taille, si ce n’est par rapport à des choses paraissant plus petites ou plus grandes que je ne semblais être. Tous ces mots sont des comparatifs, pas des valeurs absolues... je n’avais aucun moyen d’en juger.

Tout à coup, j’ai changé de position. A nouveau, je n’ai pas senti le mouvement de ce changement, si ce n’est que la force qui me déplaçait ne provenait pas de moi. Sans le vouloir moi-même, je suis passée de l’endroit où je me trouvais à une autre position. Quelque chose près de moi me déplaçait. Je ne parviens pas à trouver une meilleure manière de le dire.

Imaginez une chenille dans votre main que vous placez devant votre visage. Maintenant, imaginez que vous êtes la chenille. C’était quelque chose de ce genre. 

 

La rencontre

Je n’étais plus à proximité de la clôture. Je ne la voyais nulle part. Tout ce que je voyais, c’était la lumière immense et intense, maintenant directement face à moi. J’avais la sensation d’être examinée. Je l’ai regardée directement, avec curiosité.

J’étais de face et au « point mort » (désolée, c’est un jeu de mot accidentel) devant le grand globe lumineux que j’avais vu. Ce que j’ai appris ensuite m’a stupéfiée. J’ai découvert que le globe de lumière dorée était vivant. C’était un « moi ». C’était un être vivant, conscient, aimant.

Nous étions identiques ! Nous étions tous les deux des êtres vivants. Il était immense, aimant et puissant, fort et doux à la fois. Je me sentais petite et troublée mais je savais qu’il était vivant. Il connaissait le « moi et l’altérité » tout comme moi. Il n’avait pas une apparence « humaine », mais il me semblait humain.

C’était bizarre de regarder quelque chose que j’avais cru tellement différent de moi, puis de découvrir que ce n’était pas différent. La sensation était celle d’une découverte surprenante, du genre : « Hé, c’est une autre âme » ! J’ai compris que c’était un autre moi vivant et conscient.

Je ressentais cet être « comme humain » ou « comme moi », mais il était puissant au-delà de toute description. Il me fascinait. Nous étions semblables et en vie, mais il m’impressionnait. Je ressentais mon manque de maîtrise de moi comme une puissance moindre. Cet Etre me dépassait tellement par tous ses aspects, que je me sentais petite en comparaison.

C’était comme être dans le soleil, mais au lieu d’un rayonnement, c’est l’AMOUR qui me réchauffait. Cela ne ressemblait à rien ni personne que j’aurais pu voir ou rencontrer, mais j’ai su qu’il ne faisait qu’aimer. L’Amour Pur émanait de cet être.

La Puissance de l’Amour créée et émise par cet être était une force, tout comme l’électricité est une force. Je pouvais sentir qu’elle était émise, qu’elle touchait toute chose autour d’elle. Je tente de l’écrire et il n’existe aucune expérience dans ma vie que je puisse comparer à cela, et qui permette de saisir l’essence de ce que j’ai ressenti. C’était différent de toute chose en ce monde.

Cet être était fait d’amour : il créait de l’amour, il émettait de l’amour, il adressait de l’amour. Il vivait de l’amour. Il était amour ; l’Amour, la Puissance. Rien n’existait dans toute cette expérience, auprès de cet autre Etre Aimant Divin, qui ne soit pas totalement « bon » et animé par « l’amour ».

Il n’y avait rien de « mal, de méchant, de mauvais, de pervers, de misérable », ces concepts ne fonctionnent même pas pour exprimer par antithèse l’amour que j’ai ressenti. Mauvais, négatif, malfaisant... rien de cela n’existait là-bas. Tout ce que je pouvais penser, c’était : « Il n’y a que l’Amour. Ce n’est que le bien ».

Je savais que j’étais en sécurité et aimée. Je me sentais seulement davantage curieuse. Je voulais comprendre ce qui m’arrivait. Je voulais connaître cet « autre moi » puissant dont je ressentais l’étreinte.

C’était comme former une première impression, une image dans l’esprit, mais avec un tel envahissement de mes sens qu’il me fallait lutter pour saisir l’intégralité de cette entité : en dépit de mes efforts, elle était tout simplement trop grande pour que je la comprenne. 

 

La communion

Je savais que cet autre « moi » était ce qui me retenait là où je me trouvais. Il m’avait attirée à lui. Il me connaissait en tout ce que j’étais, dans toute ma vie, dans toute ma vérité. Je ne pouvais rien lui cacher. Je n’avais d’ailleurs aucun désir de lui cacher quoi que ce soit. J’ai commencé à saisir le sens profond du mot « grâce ». Cet être connaissait l’intégralité de tout ce que j’avais été et il m’aimait. Non seulement il m’aimait, mais tout ce qui me définissait comme moi-même, différente de tout autre élément de la création, était merveilleux pour lui. Il aimait la façon dont j’étais constituée, il aimait notre rencontre, il m’aimait de tout l’amour qu’il avait en lui. J’étais parfaitement ce que je suis censée être et il m’aimait exactement ainsi.

Si j’avais été un diamant, j’aurais été sans défaut, parfaitement taillé, plus que magnifique. Mais je n’aurais pu être aimée davantage par cet être. Rien en moi ne devait être changé pour qu’il m’aime. J’ai senti qu’il m’envoyait cette pensée : « En te faisant, je t’ai faite à la perfection »... avec joie il m’aimait, telle que j’étais, totalement.

Je n’avais pas à changer. Ce qui est mon véritable moi, vivant pour toujours, est parfait. La vérité est là. L’amour inconditionnel ne voit que la beauté de la vie.

Nous avons communiquions sans nous servir de mots, avec des pensées complètes. C’était une véritable communication entre deux esprits, avec une parfaite compréhension. Je me suis délectée de cette pure clarté. Il n’y avait pas de mots amenant de la confusion dans les propos. Entre nous n’existait que la vérité d’apprendre, de se connaître l’un l’autre.

Les mots sont tellement incommodes et maladroits comparés au fait de simplement « montrer » à l’autre ce que je ressens ou ce que je pense. A chaque phrase que j’écris ici, je sens la lourdeur et la maladresse des mots.

Il me reste peu de souvenirs de tout ce qui est passé entre nous. J’étais petite et je posais des questions. Il me « répondait », m’apportant ce que je sentais avoir besoin de savoir, aussi vite que j’étais capable de concevoir les questions dans mes pensées. Je n’avais pas à demander les choses, elles m’étaient simplement montrées ou dites.

Petite, troublée, morte de ma propre main, j’étais chérie, aimée. J’étais précieuse pour lui. J’ai réagi à cela avec mes propres pensées de joie, dans la paix, l’amour et l’acceptation totale qu’il m’accordait. J’ai essayé de l’aimer en retour avec mon petit moi.

L’être savait que je l’aimais et que je lui étais reconnaissante de son amour. Il m’a alors aimée encore davantage. Je l’ai aimé encore plus. Un cycle d’amour pur entre nous s’est mis à croître. C’était comme la plus merveilleuse, la plus parfaite réunion de cœurs qu’on puisse imaginer entre deux êtres. Je qualifie cela de communion parfaite. 

 

La démonstration

Une pause est alors intervenue dans notre « conversation ». J’avais vu cet autre moi comme une grande boule de lumière avec un halo blanc et un centre lumineux doré. Je ne voyais que cela, il emplissait tout mon champ de vision. A cet instant, dans le silence entre nous, ma perspective a changé. J’ai vu un long ovale lumineux avec un motif de petits blocs alignés qui paraissait se déplacer sur toute sa longueur. Une lumière dorée intense en émanait comme d’un soleil, l’amour ressenti était semblable à celui que le grand Etre Aimant avait émis. Cet être là était plus petit. J’ai demandé ce que c’était, tellement joli et si aimant. Il m’a répondu : « C’est toi ».

Je ne sais comment, je me voyais moi-même au travers de sa propre vision. Il me voyait comme un être vivant magnifique, parfait, brillant, empli d’amour et de paix, plein de joie. Je me suis vue, mais telle qu’il me voyait : un être de lumière dorée et d’amour.

J’étais magnifique ! Il ne me l’a pas seulement dit, il me l’a montré. Je me suis vue. Pour la première fois dans mes souvenirs, je me suis aimée. J’aurais pu crier de joie en voyant que j’étais aimante, comme lui. Il m’a montré que nous sommes effectivement semblables, nous sommes tous les deux vivants, nous sommes tous les deux de l’Amour.

Dans la vision de l’Etre Aimant, on se voit tel qu’on a été créé : pure bonté aimante. Il n’y a ni honte ni culpabilité car on n’a plus de raison d’en ressentir. Votre vie et votre esprit sont modifiés pour être à nouveau ce qu’ils auraient été si vous aviez tout fait comme il se doit. Il n’y a plus rien à regretter. La Grâce change tout cela.

Il me l’a fait savoir par mon propre jugement. Voir mon propre moi comme positif à nouveau, tout comme lorsque j’étais enfant ! Oh, mon cœur, combien je désire conserver ce sentiment ici-bas... combien j’aimerais vous le transmettre !

 

La vision

Ensuite, j’ai éprouvé un autre sentiment de changement. J’ai eu la sensation d’être rapprochée de cet être. Imaginez une grande fleur de zinnia ronde, en forme de globe. Elle est d’un doré profond au centre et composée de nombreux petits pétales. A partir du centre, un petit cercle de pétales dorés a paru sortir de l’intérieur de l’être lui-même. Il y avait quatre pétales dans ce premier cercle. Imaginez chaque petit pétale comme une flamme dorée et mouvante, allant vers l’extérieur depuis un centre sans cesse regarni.

Chaque pétale paraissait rester de la même taille, mais chaque rangée de pétales se multipliait de façon magique, agrandissant le cercle dont ils faisaient partie, jusqu’à atteindre une taille couvrant la zone extérieure du globe. Ils n’en étaient pas expulsés comme des déchets, mais se transformaient, étaient créés par la puissance de l’amour en cet Etre. La création se manifestait en tant qu’amour réalisé. Je crois que chaque chose vivante a été créée par la Force qui est l’Amour Divin.

La couleur s’intensifiait à mesure que les rangées de pétales ou de flammes se déplaçaient pour atteindre le bord visible du « corps » de cet Etre. Chaque pétale passait de la teinte dorée qu’il avait au centre à une chaude nuance blanche. Autour de lui-même, l’être rayonnait une aura dont les couleurs étaient tellement pures qu’on ne peut les nommer.

Cependant, le centre ne cessait jamais d’émettre de nouveaux cercles de formes de pétales enflammés. L’Etre entier ne s’est déplacé à aucun moment, pourtant sa surface visible était constamment en mouvement. C’est la description la plus exacte que je puisse fournir concernant son moi physique apparent.

Bien que ce ne soit pas nécessaire pour lui, il m’a laissé le voir d’assez près pour que je puisse voir les petits cercles de quatre pétales jaillir du centre. C’est un détail intime de lui-même qu’il a partagé avec moi, une vue très rapprochée. Je crois que non seulement il m’aimait, mais qu’il voulait aussi que je le connaisse entièrement, comme il me connaissait lui-même. C’est le plus grand don qu’il m’ait accordé. Quand on a un nouvel ami, on l’écoute nous raconter sa vie. On fait davantage connaissance au fur et à mesure qu’on passe du temps ensemble. Parce qu’on s’aime, on veut partager tout de soi et on veut connaître tout de l’autre. Il s’est « montré » à moi, ou m’a parlé de lui-même.

Cet être me CONNAISSAIT déjà avant que je n’arrive là-bas. Il a choisi de m’aimer et il a voulu que je l’aime, que je connaisse tout de lui. Il ne m’a pas été demandé d’aimer aveuglément. Le moi souhaitant que je l’aime m’a été montré. Il voulait être choisi par moi comme quelqu’un que j’allais aimer. Il m’avait aimée avant que je ne sois humaine, il m’a aimée avant que je ne naisse, il m’a aimée de retour auprès de lui, mais avant tout, il a aimé que je l’aime, aussi.

J’étais CHEZ MOI. C’est ainsi que je le ressentais, le retour chez soi absolu. J’étais là où je devais être. J’étais parfaitement à ma place là-bas.

 

La séparation

J’envoyais mon amour à l’Etre d’Amour Divin et il me renvoyait le sien. Cela se précisait et s’améliorait à mesure que nous le pratiquions. Nous rayonnions l’un vers l’autre. C’est alors qu’est arrivé le choc dont j’ignorais qu’il allait se produire. Mon ami avait autre chose à me dire... il me fallait repartir ! Ce n’était pas mon heure.

Je n’avais pas le choix en l’occurrence. Ce n’était pas à moi de décider. Il avait le pouvoir de me renvoyer à ma vie d’ici. J’allais devoir repartir. Il me fallait vivre. Il a touché mon cœur avec son amour et sa vérité.

J’avais été réconfortée, on m’avait montré un Etre Aimant Divin et une partie de l’endroit où nous allons quand nos corps meurent. Je savais que j’étais aimée, que j’aimais et que nous ne mourons pas. Avec cette expérience on m’avait accordé un don. Mais je ne pouvais rester. Il n’y a pas eu de sensation de mouvement. Il n’y a pas eu d’« au revoir ». J’ai senti la rupture de notre liaison directe. C’est difficile à décrire. Nous étions reliés l’un à l’autre de toutes les façons qu’on puisse imaginer, conversation, pensée, amour, apprentissage... puis je me suis à nouveau retrouvée seule.

J’étais de retour près de la clôture, près de la lumière plus petite qui se trouvait derrière moi à mon arrivée. Je regardais encore vers l’Etre Divin, qui était alors à nouveau « là-bas » par rapport à moi. Puis tout a disparu.

A la différence de mon voyage aller à travers l’obscurité, je n’ai rien vu lors du retour. Juste « Pffft ! » et c’était fini. J’ai eu cette impression de rapidité. Je toussais, j’avais des hauts-le-cœur, j’avais réintégré mon corps. Il n’était plus inanimé. J’étais en vie. 

Je me suis réveillée avec des hauts-le-cœur, pleurant et cherchant mon souffle. Respirer était douloureux. Des larmes roulaient sur mon visage et tombaient sur ma poitrine. J’ai commencé à sangloter plus fortement, avec un chagrin profond. Je ne parvenais toujours pas à comprendre ce qui se passait. Je n’étais pas morte : cela, je le savais bien. J’ai ouvert les yeux. J’ai levé les yeux et j’ai vu un ami qui me souriait.

J’ai entendu l’eau couler. Il m’a tendu un verre. Il me regardait simplement, souriant avec douceur, j’ai compris que je devais boire. Je l’ai vu assis sur la chaise près de moi. J’ai remonté la couverture jusqu’au menton. Je me sentais en sécurité, on veillait sur moi. Je me suis endormie.

Je ne me rappelle de rien d’autre jusqu’à ce que je me réveille le lundi, à temps pour aller au travail. Il n’y avait personne près de moi. Je crois qu’il n’y a jamais eu quelqu’un. Je pense que celui que j’ai vu comme mon ami était un ange. En prenant l’apparence de mon ami, il ne m’a pas effrayée. Je sais que je n’avais pas peur, même si j’avais conscience que l’homme pour lequel je le prenais ne pouvait être là.

J’ignore combien de temps a duré l’expérience. Le temps n’a aucune signification là-bas. Je ne sais pas si j’ai dormi pendant deux jours entiers. Si tout s’est passé le vendredi, j’ai dû dormir tout ce temps. Je sais seulement qu’on était lundi quand je me suis réveillée.

Avec le temps, j’ai commencé à me sentir à nouveau reliée au monde. Je me suis immédiatement remise à penser que j’avais des choses à faire afin de justifier mon existence, payer mes factures, travailler, me déplacer, ce genre de choses. J’ai continué à être ici, à être vivante de la manière que nous connaissons. Pendant longtemps, j’ai oublié cette expérience... je savais en effet qu’on n’allait pas me croire et qu’on pourrait me traiter de folle. Je l’ai tout simplement classée dans « A oublier ». Cela s’est avéré difficile.

La suite est disponible sur :

http://4herway.com/4letterword/index.html (les rêves étaient des visions).

*

Impossible de rendre compte réellement d’une telle expérience. Les mots sont des symboles exprimant des sentiments et des pensées. Les symboles sont différents de la chose elle-même.

Pas de temps, là-bas. Super ! Pas d’horloge... on ne peut donc pas être en retard !

Il me semble qu’il y a une force qui agit parmi nous et dont nous ne sommes pas conscients « normalement ». J’en étais consciente. Je le suis toujours.

Cette expérience est restée intacte. Elle ne s’est pas affaiblie. Il y a des parties dont je n’ai jamais réussi à me souvenir, je le sais. Mais c’est réel. Un endroit réel, un être réel, d’autres êtres réels. Nous vivons.

J’ai vécu la béatitude. Avoir la grâce de savoir que le « mal » n’existe pas : seule existe notre perception du mal.

Mon sentiment religieux a changé. Nous faisons partie du divin. Mais je n’ai pas la foi : je crois. N’ayant pas la foi en Jésus, je ne L’ai peut-être pas rencontré. Je me suis documenté à son sujet, et je crois que ceux qui ont été touchés par lui croient en lui. Je crois que nous ne mourons pas. Je «sais » que nous ne mourons pas.

La foi n’est pas nécessaire. Cela ne peut être expliqué. Je pourrais utiliser tous les mots de toutes les langues, de tous les dictionnaires du monde, ajouter ceux qui sont imaginaires pour faire bonne mesure, les mots ne pourraient toujours pas l’exprimer. Paul a eu le même problème. Lisez Corinthiens 13 du début à la fin : il est dit que vous comprendrez quand vous découvrirez que l’on ne meurt pas.

La chose la plus importante ? Il ne faut pas craindre la mort. Vous ne mourrez pas. Vos proches ne sont pas morts. Nous sommes seulement incapables de les percevoir d’ici. La mort est une transformation, pas une fin. Ce changement est positif, non une punition. Vous serez à nouveau tous réunis un jour.

Comment la vie pourrait-elle nous créer, puis nous punir pour ce qu’elle nous a fait devenir ?

 

 

***

EBIN M

 

J’étais en état d’ébriété, totalement inconscient. Et puis ce fut comme si je m’étais réveillé : soudain je découvre mon corps - et tous ceux qui m’entouraient - comme vus depuis le deuxième étage... il n’y avait pourtant aucun deuxième étage, seulement un plafond... et je flottais vers le haut, en direction d’une lumière intense... je me sentais frustré car, malgré toutes mes tentatives en ce sens, je n’arrivais pas à communiquer : je demandais à tout le monde ce qui se passait, et personne ne m’entendait. C’était vraiment très troublant.

Ensuite je me suis retrouvé dans la lumière brillante, j’ai parlé à des membres décédés de ma famille. Ils m’ont dit de ne pas m’inquiéter, que tout allait bien. Puis cela s’est arrêté. Ensuite, je me souviens seulement de l’air à – 20° qui m’agressait le visage tandis qu’on me chargeait dans une ambulance. Un ami venait de me sauver la vie grâce à sa formation de pompier.

J’ai été changé pour toujours. Je n’étais plus innocent. La seule façon de décrire ce changement : c’est comme si j’étais passé d’un enfant, innocent et nu dans le jardin d’Eden, à un adolescent incroyablement lucide, possédant ce sixième sens qui m’effrayait terriblement à l’époque, et qui continue d’ailleurs à m’effrayer. Il me faudrait des années pour l’expliquer... ce n’est pas que j’aie peur de mourir, non !!!!!! J’ai seulement peur de l’avenir : j’ai fait de nombreuses prédictions effrayantes qui se sont réalisées. Elles sont trop nombreuses pour les décrire et les dénombrer.

On m’a surnommé « Radar ».

*

Je n’ai rencontré que deux personnes ayant vécu la même situation. L’une par noyade, l’autre à cause d’une opération. J’ai fait peur aux deux avec mes perceptions. Les gens ne vous croient pas ! Donc, vous la fermez et vous devenez introverti.

Tout cela ressemblait à un rêve, mais à mesure que j’ai vieilli, c’est de plus en plus devenu un cauchemar.

J’avais une forme tout à fait normale, mais comme translucide et blanche. Tout - et tout le monde - était blanc. Je ne me souviens pas avoir entendu aucun son. Il me semble avoir été quelques instants dans un tunnel, allant vers une lumière intense et blanche.

Puis j’ai parlé à des membres décédés de ma famille, dont certains que je n’avais jamais rencontrés.

J’ai eu une revue de ma vie... mais tellement détaillée que je ne pourrais pas me souvenir de tout, ni la décrire. Vers la fin de l’expérience, il semblait ne pas y avoir de temps du tout. Autre fait remarquable : j’ai pu raconter par la suite aux gens présents autour de moi ce qu’ils avaient fait et dit.

Depuis ce jour, je peux ressentir le bien et le mal, savoir même que des actes négatifs vont venir d’une personne bonne. J’ai une connaissance précise à faire peur d’évènements à venir... Je vois des choses qui sont arrivées à des personnes que je ne connaissais pas. Je vois le mal, je vois le bien et parfois je prédis des évènements à venir.

Je ressens une certaine confusion à cause de la surabondance des informations que j’ai reçues... tout à fait comme un disque dur surchargé. Trop d’instinct. Je finis par ignorer des choses que je devrais développer. Je suis extrêmement cynique et réaliste, rigide.

Je suis solitaire, même si j’ai des amis et de la famille autour de moi. J’ai été éduqué dans la dévotion au catholicisme, j’ai quand même quitté l’Eglise il y a trente ans à cause du mal que j’y percevais. Jusqu’à ce jour, je n’ai rencontré qu’un seul prêtre catholique qui ait pu me regarder dans les yeux.

Il m’est difficile de m’adapter à la vie en général. J’ai toujours le sentiment de pouvoir faire davantage... tout en ayant peur de mon pouvoir éventuel.

Quand je pense à cette expérience - qui m’a fait connaître la réponse à des questions que je ne souhaitais pas poser - j’éprouve à la fois de la frayeur, de la perplexité, de l’émerveillement et de l’enthousiasme : les réponses sont là. Toutes.

 

 

***

EDWARD B

 

J’ai brièvement « vu » ce que l’on peut considérer comme le paradis, ainsi que sa contrepartie. Les terribles tourments de ceux qui se trouvaient en « enfer » étaient bien pires que le feu et le soufre prêchés aux foules. C’était comme passer l’éternité avec ceux qui nuisent aux autres de la même façon que soi, ou inversement, la solitude éternelle pour ceux qui - je n’ai pas de meilleure expression - « dépouillent » autrui.

La chose étrange en ce qui concerne ce lieu sombre - « l’enfer » - c’est qu’il s’agit d’un endroit (en même temps, ce n’est pas un endroit) où personne ne vous envoie, si ce n’est soi-même. De la même façon on ne peut en sortir que par soi-même. L’éternité paraît davantage faite de ce que l’on souhaite qu’elle soit. Alors que l’enfer était largement peuplé par des millions d’âmes, cela ne représentait qu’un très petite fraction de la population totale de l’au-delà. J’ai été frappé par la justesse du film « Au-delà de nos rêves », que j’ai vu juste quelques mois plus tard. Bien qu’il ne soit pas parmi les meilleurs, la description de l’au-delà est plus proche que tout ce que je pourrais exprimer. 

*

Je n’ai pas ressenti le moment de la séparation. C’était plutôt comme être endormi, puis se réveiller. A un moment je souffrais atrocement, l’instant d’après « j’explorais » mon nouvel environnement. Je ne me souviens d’aucun son.

J’ai vu les âmes tourmentées dans un « endroit qui n’en était pas un ». Je ressentais de la terreur en voyant leurs affres, ainsi qu’une grande tristesse et pitié pour elles, car je ne pouvais rien faire : ni moi, ni qui que ce soit. Dans l’univers, près de notre planète, se trouvaient d’autres âmes profitant de l’au-delà. Elle semblaient aussi heureuses que les âmes tourmentées étaient dans l’angoisse, pourtant, elle semblaient se trouver sur l’échelon inférieur du bonheur. Le paradis paraissait simplement s’améliorer à mesure de la progression... si ce n’est qu’on n’avançait pas. J’ai cru avancer vers un « comité d’Accueil » (c’est la meilleure comparaison que je puisse trouver).

Bizarrement, je savais qu’on m’attendait, ce « comité » était composé d’un grand nombre de personnes que je connaissais, mais j’ignore comment je le savais, ou qui elles étaient spécifiquement. J’imagine que c’était comme se rendre à une fête où on est l’invité d’honneur. La fête allait commencer quand j’allais arriver au bon « endroit »... mais je n’y suis jamais parvenu.

Les souvenirs de la zone autour de mon corps sont confus, embrumés de façon telle que je crois que les drogues avaient brouillé mon esprit. Par contre, la période en dehors de mon corps est claire comme de l’eau de roche.

Niveau - ou dimension - pourrait être la meilleure manière de décrire les zones que j’ai vues. Le temps ne paraissait pas avoir vraiment de signification. Il y avait une continuité, mais pas de progression linéaire, c’est très difficile à décrire. Il y avait également une notion d’espace, mais elle semblait se mouler à la pensée.

Il y avait un sens précis de l’univers. C’était une donnée comme l’est la gravité ici.

Il paraissait y avoir un « but », quelque chose de simple, d’élégant, mais je n’ai jamais découvert de quoi il s’agissait.

Il m’a semblé attendre dans l’au-delà que le temps terrestre s’écoule, que je prenne la décision de revenir, d’être ramené de façon physique. Je pouvais rester aussi longtemps que j’étais mort, mais comme j’avais déjà décidé de conserver la vie terrestre, lorsque mon cœur a redémarré, j’ai été catapulté sur terre.

Je possède ce que les autres appellent des pouvoirs paranormaux, je les ai eus toute ma vie, mais ils ont été grandement accrus à la suite de cette expérience. Ma perception extrasensorielle en particulier a fortement augmenté.

J’évite fébrilement tout choix qui pourrait me mener sur la pente prise par les âmes tourmentées. Je suis maintenant très en colère contre le venin que les gens se crachent les uns sur les autres. Je souhaiterais avoir la capacité de leur montrer la terrible infortune qu’ils s’infligent à eux-mêmes dans l’au-delà, mais au cours de l’histoire, tant de personnes saintes ont déclaré en essence : « Aime ton prochain comme toi-même »... la vérité de ces paroles ayant généralement pour résultat que celui qui les prononce est assassiné.

Je n’ai raconté mon histoire qu’à très peu de gens. Ceux qui n’ont pas posé de question avaient une attitude du genre : « Hé, hé, n’est-ce pas merveilleux... je suis sûr que tu y crois »... et ceux qui m’interrogeaient paraissaient déçus. Je pense qu’ils voulaient entendre une histoire de portes du paradis, la façon dont ils allaient être sauvés. La vérité ne satisfaisait pas leurs attentes. Je n’en parle donc plus (sauf ici).

J’ai été triste de voir que mon expérience n’avait pas de conséquences dans la vie d’autrui, de n’avoir pu aider personne. Ce que je savais et ce que je voulais faire n’était pas souhaité. Cela ne menait qu’à plus de tristesse. Je sais qu’avant mon expérience cela m’aurait beaucoup frustré, maintenant je suis triste mais j’accepte la vérité.

J’ai en fait vécu deux EMI, mais comme elles étaient très similaires, je n’en ai décrit qu’une.

 

 

***

EDWIN

 

C’était le soir du 24 décembre 1969. J’avais à peu près 12 ans. J’étais tellement malheureux ce soir là que j’avais envie de pleurer. Il y avait une douille vide sur l’arbre de Noël, et j’ai mis le doigt dedans... je me souviens encore de la puissance du choc électrique et d’avoir été projeté avec une force équivalente. J’ai ensuite entendu ma sœur crier. Je me trouvais à côté d’elle, essayant de lui parler, de lui dire que tout allait bien. Elle ne m’entendait pas, j’ai donc tenté de lui mettre la main sur l’épaule, mais elle ne l’a pas sentie. Puis j’ai regardé vers le bas et j’ai vu mon corps sur le sol. Je ne parvenais pas à comprendre ce qui se passait. J’ai ensuite été entraîné par aspiration dans un tunnel sombre, je me déplaçais plus vite que tout ce que je connais. C’était comme si des images de ma vie arrivaient les unes après les autres.

Puis, j’ai vu une lumière intense, plus brillante que le soleil mais qui ne faisait pas mal aux yeux. J’ai traversé cette lumière et je me suis retrouvé dans un endroit semblable à une pièce sans parois : les parois étaient constituées par l’atmosphère. Il y avait un pupitre sur lequel se trouvait un livre épais... un très vieil homme le lisait. Il m’a regardé sans rien dire. Je ne me suis toutefois pas préoccupé de savoir qui il était. Je fixais la scène derrière lui. Il y avait un petit pont qu’une foule traversait. Dès que les gens avaient passé ce pont, ils ne marchaient plus, mais s’envolaient. Tout le monde était vêtu de blanc. Au delà du pont coulait une eau cristalline. J’ai ensuite regardé la personne âgée que j’avais vue au début, mais elle n’était plus là. A sa place se trouvait un homme brillant, rayonnant. Il a tendu la main et m’a dit de venir voir ce qui était écrit. Au début j’ai tenté de déterminer quelle était sa langue, mais bien qu’elle ne m’ait pas été familière, je comprenais tout ce qu’il disait.

Je me souviens que nous avons croisé de nombreuses personnes qui chantaient de différentes manières. Je ne peux décrire à quel point chacun était heureux. Personne ne portait attention aux autres : tous regardaient en direction d’une grande lumière. Dès que nous avons atteint cette lumière intense, l’homme m’a dit ce que j’étais sur le point de voir. Je ne m’en souviens pas. Nous avons traversé cette lumière. Je ne parviens toujours pas à me rappeler ce qui se trouvait derrière cette lumière. Ce dont je me souviens bien, c’est qu’après que nous soyons sortis de la lumière, l’homme m’a ramené à l’endroit initial en me disant que je devais repartir, car l’heure n’était pas encore venue pour moi de rester là-bas.

Je me rappelle avoir pleuré, l’avoir imploré de me laisser rester, je ne voulais pas retourner sur terre. Il m’a pris sur ses genoux m’a étreint en me disant de ne pas m’inquiéter, que nous allions nous revoir. Je lui ai dit que je voulais rester là-bas, que je ne voulais pas repartir. Il m’a alors répondu : « Ne t’inquiète pas, je viens avec toi ». Et tout-à-coup, je me suis retrouvé à nouveau dans ma chambre avec cet homme. J’ai vu ma mère tenant mon corps sans vie dans les bras, toute ma famille l’entourait. Ils pleuraient et j’ai entendu ma mère crier : « Il est mort, il est mort » !

L’homme m’a dit : « Maintenant tu retournes dans ton corps ». J’ai refusé, je lui ai dit que je voulais rester avec lui. Il m’a étreint à nouveau, m’a embrassé en me répétant les mêmes paroles : « Ne t’inquiète pas, nous nous reverrons ». Je ne pouvais rien faire... je me suis retrouvé dans mon corps.

Le plus drôle, c’est que j’étais tellement heureux de ce que j’avais vu qu’au moment où j’ai ouvert les yeux, j’avais le sourire. J’ai entendu ma sœur dire : « Regarde papa, il se moque de nous, il sourit »... j’ai fini avec une punition pour ne plus leur jouer ce genre de blagues.

J’ai gardé cette histoire pour moi pendant 30 ans... je ne l’ai jamais racontée à personne.

 

 

***

EKATERINA A

 

A 16 ans, j’ai subi une opération pour laquelle on m’a administré un anesthésique qui a eu un effet surprenant : je me suis retrouvée suspendue en haut de la salle d’opération, juste sous les grandes lampes. Bien que je me sois trouvée à environ 2 mètres de hauteur, j’avais l’impression d’être dans une cathédrale dont le plafond aurait eu plus de 6 mètres de haut. A ce moment, le chirurgien chef a jeté un coup d’œil dans le bloc et s’est exclamé, tout surpris : « Ah ! La fille est déjà endormie » ! Je contemplais l’activité dans le bloc opératoire, suspendue au dessus de mon corps, attendant que l’opération commence, et je percevais le monde tout à fait différemment : j’éprouvais un grand soulagement, un apaisement, une paix intérieure. J’ai regardé le corps endormi en dessous : je savais qu’il s’agissait de moi… et pourtant ce n’était pas moi.

C’était comme si mon corps avait été une machine empruntée pour quelque temps, avec laquelle je devais accomplir certaines actions. J’ai compris que ma personnalité est composée de plusieurs éléments : à ce moment-là, je venais d’abandonner celui qui constituait le sexe, l’âge, la nationalité, l’apparence extérieure, mais je continuais d’habiter les autres. Je ne ressentais aucune compassion envers ce corps étendu et raccordé à plusieurs machines, je ne m’y sentais pas attachée non plus, comme s’il s’était agit d’un vêtement usé que j’eusse quitté. Pendant toute la période durant laquelle j’ai observé la salle d’opération, j’ai éprouvé les émotions de chaque individu séparément, ainsi que celles qui envahissaient tout le monde à la fois.

Une équipe chirurgicale composée de trois chirurgiens s’est rassemblée. Le chirurgien-chef était un professeur âgé de 67 ans. Il avait pratiqué une opération du même genre dans sa jeunesse. Aucun des autres n’avait l’expérience de cette maladie rare.

Le chirurgien chef a incisé la peau. J’ai regardé le découpage progressif des tissus, de plus en plus profond, jusqu’à ce que la glande surrénale soit exposée. Cette glande était de petite taille, on pouvait y voir une légère excroissance censée être la tumeur. Au moment où le scalpel a touché la glande, les craintes de l’assemblée ont trouvé leur justification. A l’instant même, une milliseconde s’étirant comme si le temps s’était tout à coup ralenti, j’ai ressenti l’onde de panique qui balayait toute le monde.

Au même moment un bruit strident a émané de l’appareil mesurant les pulsations cardiaques. Le temps s’est étiré de telle manière que la scène paraissait être une photo dans laquelle les uns tendaient aux autres divers instruments, tentant d’intervenir. A cet instant, j’ai ressenti une puissante aspiration en arrière (en direction des lampes), elle était si forte qu’en dépit de mes efforts je n’ai pas pu résister.

Tandis que j’étais aspirée, le temps a repris un cours rapide, comme s’il voulait se rattraper. En bas le chaos et la panique étaient indescriptibles, mais cela non plus n’a pas duré une seconde. L’instant suivant, je flottais à grande vitesse dans un tunnel absolument noir. On y voyait des lueurs et, loin devant, un point jaune qui brillait. Ce point s’est rapidement rapproché et le tunnel m’a éjectée dans un endroit étrange, comme si j’avais été propulsée dans une piscine à l’extrémité d’un toboggan. C’était vide, et la sensation de haut, de bas, de côté était incertaine… il n’y avait pas de sol, mais je ne volais pas. Une lumière jaune laiteuse illuminait une atmosphère pareille à la brume la plus dense qu’on puisse rencontrer, mais éclairée par des feux antibrouillard jaunes. On pouvait toutefois voir à travers.

Devant moi sont instantanément apparues cinq silhouettes humaines d’un jaune brillant. L’une d’elles dominait. J’ai senti qu’il s’agissait d’une femme, mais je n’ai reconnu personne. J’ai voulu voir son visage, mais plus je la fixais, moins je la distinguais. Dès que j’ai cessé d’essayer, j’ai décelé les traits de son visage, comme lorsqu’on voit un objet en vision périphérique.

Le groupe rayonnait un Accueil chaleureux, nous communiquions par la pensée. Elles m’ont emmenée dans un endroit étrange au milieu du brouillard, où trois sphères parfaites étaient positionnées de manière à former un triangle équilatéral. Au milieu de celui-ci se trouvait une autre sphère, plus grande que les trois premières. J’ai demandé ce que c’était, je n’ai pas reçu de réponse mais j’ai ressenti un changement. Au début je ne comprenais pas de quel genre de changement il s’agissait, mais j’ai remarqué que le brouillard jaune s’assombrissait progressivement. J’ai senti que je me déplaçais. Le jaune s’est transformé en bleu sombre, puis en noir et j’ai vu des étoiles. C’était tellement... vaste ! J’ai compris que j’allais voir la terre si je me retournais. Je l’ai fait et une vision magnifique m’a ébahie. La terre était merveilleuse et tellement proche. J’ai senti qu’elle est vivante, comme si la planète elle-même était un être. Je l’ai admirée quelques instants, puis j’ai regardé alentour et j’ai remarqué des centaines de petits objets orbitant autour d’elle. Ils étaient généralement de deux sortes. Les premiers, laids, disgracieux, tordus, composés d’une infinité de pièces, semblaient ridicules et antédiluviens. Les seconds avaient une apparence brillante, ils étaient faits des matières les plus nobles, et ils étaient habités.

Autour et à l’intérieur de ces objets se trouvaient des êtres vivants. Il y en avait au moins 3 ou 4 sortes. Près de moi, il y avait un appareil avec des êtres mesurant 2,5 à 3 mètres, ils me regardaient. Je leur ai demandé : « Qui êtes-vous » ?... ils ont répondu : « Tes amis »… j’ai répliqué : « Qu’êtes-vous en train de faire » ? Mais au lieu de me répondre, ils ont indiqué la terre qui se trouvait sur ma droite. Je me suis retournée vers elle et j’ai vu un rayon de lumière bleue, semblable à un laser progressant dans le cosmos. Etrangement, il avait un début et une fin, comme un train et non pas comme un rayon de lumière normal. Ce rayon a atteint la terre, l’a traversé, puis il a continué son chemin dans l’espace. La terre s’est mise à briller avec un halo bleu magnifique. J’ai senti qu’un grand évènement significatif venait de se produire, et qu’il était positif. A cet instant, j’ai décelé une grande activité sur terre, comme une ruche en éveil. J’ai simultanément senti le dynamisme, le bonheur, l’apaisement et l’enthousiasme émanant des êtres terrestres. J’ai alors ressenti la gravité qui m’attirait vers la terre. J’ai juste eu le temps de faire un signe d’adieu aux êtres élevés, ils m’ont retourné un sourire (la sensation d’un sourire serait plus exact). J’ai volé en direction de la terre, c’était un peu bizarre et vraiment enthousiasmant, en un instant, alors que je volais à très grande vitesse, je me suis retrouvée dans le brouillard jaune, sans tomber ni atterrir. De manière générale, l’espace à cet endroit était plutôt relatif et la notion du temps, obscure.

Le groupe restait sur le côté, observant les deux garçons de 7 et 14 ans qui m’Accueillaient. Ceux-ci m’ont emmenée dans un autre endroit bizarre, un environnement naturel ressemblant à une maquette dans la brume jaune... mais une fois entrée dans cette maquette, tout avait vraiment l’air réel. Je me suis retrouvée dans une région montagneuse, au bord d’un lac de taille moyenne. C’était le début de l’automne. Nous nous sommes assis sur la berge du lac, nous contemplions la nature. Les feuilles des arbres ont jauni, puis elles sont tombées, il s’est mis à pleuvoir, le brouillard s’est installé. Cela a duré longtemps. Ensuite, la pluie s’est arrêtée et il a neigé. Le lac a gelé. Il a neigé très longtemps. Puis les chutes de neige ont cessé. Pendant des années, tout était gelé. C’était un hiver extrêmement long.

Finalement des gouttes puis des ruisseaux se sont mis à couler. Tandis que la glace fondait, le lac a émis des craquements assourdissants. Je me suis vraiment demandé pourquoi je n’avais jamais entendu ce genre de craquements au cours de ma vie. Le printemps est arrivé, tout fleurissait. Ensuite est venu un été étouffant avec de nombreux insectes. Il s’est transformé en un nouveau début d’automne. Aujourd’hui encore, je ne comprends pas la signification de ce cycle annuel des saisons. Ensuite les enfants ont pointé du doigt un chemin sur le bord droit du lac, il passait en bas d’une montagne. Un homme très grand y cheminait, un vrai géant, légèrement courbé, il mesurait environ 1,80 mètre (cela paraît probablement étrange, mais c’est ainsi que je l’ai perçu). Cet homme avait entre 40 et 45 ans, il menait un cheval attelé à une charrette. Il revenait d’un voyage de 2 ou 3 jours dans une ville voisine, il s’y était rendu pour vendre des marchandises. Il marchait de façon soucieuse et triste en regardant ses pieds. L’obscurité tombait. Tout à coup, comme si j’avais été cet homme, j’ai vu le monde à travers ses yeux. Il avait une épouse petite et huit enfants, le dernier venait de naître. C’était un paysan pauvre qui arrivait à peine à nourrir sa famille, parmi les paysans toutefois il était considéré comme jouissant d’un revenu moyen. L’Allemand était sa langue maternelle, mais il parlait également bien le Français. Il vivait en dehors de la ville et cultivait la terre. J’ai compris tout cela lorsque j’ai commencé à voir au travers de ses yeux. Il a contourné la montagne, une vaste plaine est apparue devant lui, au milieu de celle-ci se trouvait une ville laide, grise, triste et petite de notre point de vue. Historiquement, nous étions au Moyen-âge. Il a atteint la ville et y a pénétré. La vision que j’en ai eue à travers ses yeux était de celles qu’on ne risque pas de voir dans les films hollywoodiens sur le Moyen-âge, même mis en scène de la manière la plus hardie et la plus réaliste…

Des rues étroites mesurant seulement 2 mètres de large, recouvertes d’un demi-mètre de boue, d’excréments animaux et humains. Une femme âgée ressemblant à une sorcière, édentée, laide, sale et agressive m’a collé sous le nez une chose dégoûtante qu’elle essayait de me vendre. A un carrefour mesurant environ 1,5 mètre de large, il y avait des gamins souillés et sans culotte, genre déficients mentaux, qui me regardaient de leurs yeux exorbités.

Je me suis frayé un chemin dans la foule jusqu’au centre-ville. Sur la place étaient rassemblés tous les citoyens. Ils se trouvaient derrière un cordon de soldats vêtus de curieuses cotes de maille et armés d’épées. Les personnes les plus grandes mesuraient environ un mètre soixante. Au milieu de la place quatre gibets avaient été érigés. Les personnes sur le point d’être pendues avaient la corde au cou. A cet instant l’homme, au travers des yeux duquel je regardais, a vu que son propre fils de 14 ans (l’un des enfants qui m’avaient accompagnée) se trouvait sous la potence. C’est à ce moment que les condamnés ont été pendus. L’homme a lâché les rênes de son cheval, il s’est précipité vers les gibets en rugissant. Un des chevaliers l’a intercepté, le transperçant en plein cœur. L’homme est tombé par terre et il est mort.

Invisible au milieu de l’assemblée, j’ai observé les évènements. Quand la foule a vu ce qui se passait, elle s’est mise en furie, elle a brisé le cordon de soldats et un terrible massacre s’en est suivi. Dans la multitude se trouvait l’épouse de l’homme assassiné, la mère du garçon pendu, elle était accompagnée de l’un de ses enfants. Il avait 7 ans mais en paraissait 3 ou 4. La foule a séparé l’enfant de la mère, puis l’un des soldats en armure l’a vu et, sans raison, il a dégainé son épée et il a tranché la tête du petit. Il s’agissait de l’autre gamin qui m’avait accompagnée. Tout à coup, je me suis retrouvée sur la berge du lac, j’étais en état de choc, ma conscience était distordue, j’avais des flashs de ce que je venais de voir, je pleurais et je tremblais (même si je n’avais aucun corps physique, c’est ainsi que je le ressentais). Les gamins m’ont cajolée très longtemps, jusqu’à ce que je reprenne mes sens.

Après avoir repris connaissance, ils m’ont fait sortir de la maquette et je me suis retrouvée dans la brume jaune. Le groupe s’y trouvait et m’attendait. L’obscurité s’est soudain abattue, comme si quelqu’un avait éteint la lumière dans le brouillard. J’ai eu très peur, mais j’ai été encore davantage effrayée lorsque j’ai vu que les gens de mon groupe paniquaient. J’ai paniqué également, et je me suis mise à crier : « Qu’est-ce qui se passe ? Qu’est-ce qui se passe » ? Les autres ne faisaient que me regarder, horrifiés. J’ai senti que d’un moment à l’autre quelque chose de mal allait m’arriver, que mon destin allait être scellé. Personne ne m’a répondu, tous me regardaient pétrifiés. Puis j’ai entendu une voix très, très lointaine : « Calme-toi ! Tout va bien se passer, tout va bien » ! J’ai écouté cette voix et je me suis calmée un peu. Après quelque temps, la lumière est revenue, j’ai vu le groupe reprendre son souffle dans un immense soulagement (quand j’ai plus tard raconté cela à mes parents, ma mère s’est mise à pleurer en disant que pendant toute l’opération elle répétait intérieurement ces même mots).

Ensuite, les enfants m’ont prise en aparté et nous avons eu une conversation sérieuse à propos des évènements qui allaient se produire dans ma vie. Ils m’ont avertie que j’allais oublier ce dont nous parlions. Ce fut une longue discussion. Une fois terminée, nous nous sommes dit au revoir et je me suis retrouvée sur la table d’opération. J’ai senti qu’on me recousait, mais je ne pouvais rien dire, pas même bouger ni indiquer que j’étais réveillée et que j’avais mal. Face à moi, les enfants me faisaient signe de très loin dans le brouillard jaune, ils répétaient que nous allions nous revoir bientôt.

Aujourd’hui je sais que l’une des tâches, dont nous avions parlé à l’époque et que j’avais oubliée, est maintenant achevée. Elle est intime, c’est pour cela que je n’en parlerai pas. Je sais également que ce jour-là, j’étais censée mourir et ne plus revenir sur terre. Mais des êtres aux pouvoirs spirituels élevés m’ont rachetée. Juste un détail : ce jour là j’étais supposée séjourner longtemps dans un endroit obscur et désagréable, on peut l’appeler enfer si l’on veut. Peu importe que j’aie encore été une enfant, les mauvaises actions accomplies auparavant devaient me conduire à un endroit où j’aurais pu les racheter, avant d’avoir l’opportunité de revenir sur terre et de vivre en tant qu’être humain, mais avec un lourd destin. Maintenant, je sais pour quelles actions à été défini ce châtiment, mais c’est une autre longue histoire.

Après cette expérience de mort physique, je me suis réveillée instantanément avec l’impression d’être une nouvelle personne. J’ai beaucoup changé. Aujourd’hui j’ai une compréhension différente du monde, je me suis rendu compte que j’ai un grand besoin de croissance et d’illumination spirituelle : il s’agit du chemin, du dessein unique sans lequel la vie n’a pas de sens et n’est qu’une perte de temps. Après l’opération, j’avais la capacité de voir dans l’avenir et dans le passé, je me souvenais de nombreuses vies antérieures.

A mon grand regret, j’ai découvert que je n’avais qu’un faible niveau de conscience dans le passé. J’ai également réalisé que les perceptions extrasensorielles sont une chose normale pour tous les humains, mais qu’elles ne devraient pas être utilisées car elles limitent l’âme aux niveaux inférieurs des mondes spirituels.

A tous ceux qui ont lu jusqu’ici, je souhaite dire ceci : mourir n’a rien de spécial, vivre est bien plus particulier et plus important, pourvu que l’on soit conscient du rôle et du but de sa vie.

 

 

***

ERIC SV

 

Pendant la canicule de 2003, en sortant du travail, je suis allé directement à la maternité où mon neveu venait tout juste de naître. Dans la chambre - où il faisait une terrible chaleur - la fatigue du travail ajoutée à une heure de route sous un soleil de canicule ont fait qu’à peine entré, je me suis évanoui.

Je me suis retrouvé dans le noir total. Il n’y avait que du noir, rien d’autre, mais je n’avais pas peur, je me sentais bien et tranquille. J’avançais assez vite, tout droit... je savais où j’allais... c’était comme si je retournais dans ma demeure et je n'avais qu'une hâte, c’était d’y arriver au plus vite ! J’avançais tout droit dans le noir.

Puis j’ai entendu quelqu’un m’appeler... la voix venait de derrière moi, lointaine... je me suis arrêté pour mieux écouter... j’ai hésité à continuer ma route " là-bas ", vers la voix qui continuait à m’appeler en insistant... je voulais absolument aller " là-bas", je voulais continuer ma route.

Mais on continuait à m’appeler... alors je me suis dit : " OK, je vais aller vers cette voix pour voir ce qui se passe, c’est peut-être important. Donc, j’ai fait demi-tour pour aller où j’entendais qu’on m’appelait... et je me suis retrouvé en moi, dans mon corps.

Plus tard, ma famille me dira que mon père, qui se trouvait juste à côté de moi a tout juste eu le temps de me rattraper... et la voix qui m’appelait avec insistance était celle de ma mère.

Ce qui est étonnant, c’est que quand j’avançais tout droit dans le noir, j’entendais qu’on m’appelait derrière moi... alors que ma mère, quand elle m’appelait, se trouvait devant moi (devant mon corps)... j’ai donc fait un début de NDE. Je me suis trouvé dans le même endroit que les gens qui ont fait une plus longue NDE... mais je ne suis pas allé jusqu’à la lumière, je n’ai pas eu le temps de la voir.

*

Depuis cette petite expérience, je n’ai aucun doute sur l’authenticité des témoignages de NDE... j’en ai vécu le début, cela me suffit pour croire les autres témoignages, même ceux où des gens disent avoir dialogué avec un Ange (ou Etre de Lumière, ou avec des gens qui sont décédés...) car j’en ai vu un quand j’avais 21 ans, début 1992, mais ce n’était pas pendant une NDE.

J’avais très vaguement entendu parler des « EMI, ou NDE » mais je n'y croyais pas vraiment... en tout cas, je ne me suis pas posé la question de savoir pourquoi j'étais là. Cela me paraissait normal : je savais où j'allais dès le départ sans même avoir vu de lumière.

Je ne pensais pas que c'était vraiment possible d'aller de l'autre côté et d'en revenir... maintenant que je l'ai vécu, non seulement je sais que c'est possible, mais en plus je pense que les religions ont du vrai...

Avant cette expérience j'ai eu l'opportunité de voir un ange (ou un être de lumière) et de lui parler sans pratiquer la religion... ces deux expériences me poussent à une vie plus spirituelle que religieuse... je crois aux fondements de la religion, mais pas forcément à ce qu'elle est devenue.

 

 

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ETHEL H

 

 Je n’avais jamais vécu cela avant. Cela m’a fait prendre conscience à quel point chaque chose est vivante. Dieu est une énergie, il est en chaque fibre de l’univers. Et ce n’est pas une personne, comme certains pourraient le penser.

Au début, tout était noir. J’ai pensé : « C’est fini, je meurs ». Je me souviens d’avoir imaginé que j’allais en enfer parce qu’il faisait noir. En même temps je me représentais absolument toutes les choses que j’avais accomplies dans ma vie. J’ai eu l’impression de tout voir en une fraction de seconde. J’ai ouvert les yeux et quitté mon corps, mais personne ne l’a remarqué.

J’observais ce qui se passait dans l’ambulance. Avec frénésie, les urgentistes s’occupaient de moi, ils ne cessaient de me frapper la poitrine avec un truc à choc électrique. L’un d’eux a dit : « Je ne trouve pas le pouls »... puis : « Aucun signe vital. Elle est en arrêt. Continuons, on y est presque »...

Enfin : « ...Mais ça ne sert à rien, elle ne respire pas. Regarde ! Elle est toute grise » ! Ils ont continué à me faire des chocs électriques. A chaque fois je voyais mon corps tressauter, et ça faisait vraiment mal.

Dans le même temps, j’apercevais mes bras dans ma tentative pour les repousser, mais ils passaient directement à travers eux, semble-t-il. J’imagine que nous sommes arrivés à l’hôpital, car ils se précipitaient à travers les portes. Quelqu’un a crié : « Sortez la grosse artillerie » ! Dans un haut-parleur, une voix annonçait : « Code bleu, code bleu en urgence ». Quelques coups supplémentaires de leur « zapette » m’ont plongée dans le coma pendant environ une semaine.

Parallèlement à tous ces évènements, je fonçais dans ce qui ressemblait à un tunnel... il faisait en effet très sombre autour de moi et je me trouvais dans un tunnel de lumière. Plus je progressais, plus la lumière était intense. A mesure que la lumière augmentait, j’ai pu me rendre compte que c’était magnifique là-bas. Une dernière fois, je me suis vue sur une table, quelqu’un me passait un tube dans le nez puis dans la gorge. Ensuite, je n’ai revu mon corps que lorsqu’il est sorti du coma.

Entre temps, j’ai senti que j’avais atteint ma destination. Je me suis concentrée sur ce qui m’entourait. J’ai vu des êtres, il devait y en avoir de chaque côté. Je n’ai entendu personne parler, ils communiquaient par la pensée. Tous me réconfortaient, me disant qu’il ne fallait pas s’inquiéter, que j’étais entre de bonnes mains. Il n’y avait aucun bâtiment mais, d’une certaine manière, des zones étaient délimitées comme des pièces.

J’ai oublié de mentionner une chose : avant d’aller aussi loin dans la lumière, j’ai traversé un secteur très curieux. Il semble qu’il y avait des gens qui criaient et qui geignaient, comme s’ils souffraient ou subissaient un genre de torture morale. Sur les bords de mon tunnel de lumière il faisait trop sombre pour voir ce qui se passait. Je me souviens seulement de ces horribles sons.

Quoi qu’il en soit, je n’étais plus sur un lit, ni sur quoi que ce soit : je glissais vers le haut, allant tout droit vers la lumière. Bien que brillante, elle n’était pas aveuglante, c’était plutôt un genre de luminosité dorée. Des gens semblaient flotter tout autour, tous heureux et souriants. Je sentais l’amour et la sérénité qui y régnaient. Chaque être paraissait avoir une luminescence autour de lui. On m’a dit que je pouvais m’asseoir quelques minutes, que quelqu’un allait venir me parler. Aucune douleur, rien d’autre... seulement la paix.

Deux hommes sont arrivés, dont l’aspect m’a fait penser à des moines. Ils m’ont fait savoir qu’un certain temps allait s’écouler avant qu’une décision soit prise. Ils allaient m’informer du résultat. Ensuite des femmes sont arrivées, pour me faire visiter les environs, en quelque sorte. Elles m’ont montré un immense espace qui évoquait pour moi une bibliothèque. Elles m’ont dit qu’il s’agissait d’une zone d’apprentissage où les gens attendaient de connaître l’endroit où on allait les envoyer. J’ai compris qu’ils se préparaient à revenir sur terre. Je n’ai aucun moyen de savoir combien de temps je suis restée là-bas, je n’avais en effet aucune notion du temps. A un moment donné, les moines (comme je les appelle) sont revenus. Ils m’ont informée que ce n’était pas mon heure pour être là-bas, mais que si rien ne changeait, j’allais y revenir plus tard, ils m’ont aussi communiqué beaucoup d’autres choses dont je ne me souviens plus maintenant (cela me revient par bribes, puis j’oublie à nouveau... mais c’est bien à propos de tout cela).

Immédiatement après, j’ai été catapultée dans mon corps via le tunnel, mais en sens inverse.

*

Quand j’écris qu’on m’a dit ceci ou cela, il faut savoir qu’on ne me l’a pas vraiment dit en paroles : les choses sont simplement apparues dans ma tête, et j’ai su.

Je peux ajouter le fait qu’en novembre 1987, ma fille de 20 ans a été assassinée à Bradenton en Floride. On n’a jamais retrouvé l’assassin. La nuit de son assassinat, je me brossais les cheveux dans la salle de bain, me préparant à aller chercher des cigarettes avec mon compagnon. Tout à coup, sans raison apparente, j’ai commencé à avoir une migraine. En regardant dans le miroir, j’ai eu une vision comme si je rêvais éveillée. J’ai vu ma fille poursuivie, puis battue et étranglée par quelqu’un que je n’ai pas identifié parce qu’il faisait noir. C’était un dimanche à 1 heure du matin (le moment estimé de sa mort correspond à ce dimanche matin-là). Le lundi-matin, j’ai emmené mon compagnon au travail, nous nous sommes arrêtés dans une épicerie pour prendre un café et le journal. Après avoir déposé mon compagnon, je me suis arrêtée une minute et j’ai ouvert le journal. En première page de la section locale, on voyait une photo emplissant la moitié de la page, elle représentait de l’herbe près d’une mare. La légende indiquait : « Une femme retrouvée assassinée à Fountain Lakes apts, non identifiée ». J’ai compris que c’était elle parce que cela correspondait à ce que j’avais vu dans le miroir, la même image que celle du journal.

J’ai laissé tomber le journal et je suis allée tout droit à la police. Il était 6 heures du matin. Sur la photo, la mare et les herbes étaient les mêmes que celles de ma vision. Je suis allée au bureau du sergent et je lui ai demandé si je pouvais voir un enquêteur parce que c’était ma fille qui avait été assassinée. Il a demandé : « Comment savez-vous qu’elle a disparu » ? J’ai répondu : « En fait je l’ai vu dans le miroir ».

Bref, c’était elle. Ce n’est qu’un exemple.

Pour revenir à mon « voyage » : ce n’est pas que j’étais plus lucide, mais je prenais conscience de certaines choses dont je ne m’étais jamais rendu compte auparavant, ou même auxquelles je n’avais jamais pensé. Beaucoup de choses se sont produites, beaucoup de choses ont été dites, tout simplement trop pour les écrire. Encore aujourd’hui, je ressens les pensées et les émotions des personnes. Je ne me souviens pas de tout simultanément : je me le remémore par bribes.

Je me suis trouvée d’abord dans un espace fermé, où il n’y avait que de l’obscurité autour de la lumière, la lumière constituant le tunnel. Arrivée au bout, je ne connaissais personne. Quand je serai enfin acceptée, je les reconnaîtrai et je verrai mes proches. Je ne peux pas tout dire, mais il a été convenu que j’allais revenir pour aider d’autres personnes à changer d’attitude, afin qu’elles puissent aller vers la lumière. Pour voir, aussi, mes arrière-petits-enfants (j’ignorais qu’il y en avait un en route) et dire aux gens de s’aimer les uns les autres, etc...

Avant de revenir, j’ai vu Jésus. Il a dit que je devais retourner dans mon corps car l’heure d’entrer dans la maison du Père n’était pas arrivée pour moi. Maintenant, mon travail ici consiste à me rapprocher de ma famille, à répandre Son amour partout où je vais et sur tous ceux que je rencontre. On m’a montré les pensées et les intentions de chacun, bonnes et mauvaises

J’ai compris que l’univers entier est empli de vie, pas seulement ici sur terre, mais partout. Je n’ai plus peur de mourir maintenant. Ce qui importe, c’est la tolérance : s’aimer les uns les autres.

Je ne crois plus en AUCUNE religion institutionnelle, la majeure partie se contredisent l’une l’autre, provoquant des guerres parce qu’elles sont intolérantes.

 

 

***

FRANCK A

 

Une nuit vers 1 h 30, mon coeur s’était emballé. J’ai réveillé ma femme : « Il bat vraiment vite », me dit-elle. Comme cela empirait, j’ai appelé une ambulance... et j’ai perdu connaissance. Aussitôt, je me suis senti entrer dans un tunnel obscur, semblable à un gros tuyau, où je me déplaçais en direction d’une lumière.

C’était une lumière blanche et brillante. A mesure que je m’en approchais, je me suis aperçu qu’il s’agissait d’une femme. L’énergie rayonnée était de « l’amour ». Elle était pure lumière blanche, et une douce couleur d’arc en ciel émanait de son cœur. Elle portait un voile qui allait de la tête jusqu’aux pieds, un masque brun ovale lui recouvrait le visage, elle portait aussi de longs gants qui remontaient jusqu’aux coudes. Elle m’a demandé de marcher en elle... je l’ai fait, et j’ai ressenti l’énergie magnétique de la paix, de l’unité, de l’amour sous la plus pure forme !Je me souviens avoir pensé que je provenais de là. Elle m’a demandé d’entrer plus avant.

Je suis arrivé devant un mur de livres qui s’élevait à environ 10 mètres et qui s’étendait de chaque côté aussi loin que portait la vue. Comme je m’approchais pour lire les titres, de « l’ENERGIE » s’est déversée du mur et m’a pénétré. J’ai pu la sentir couler en moi comme de l’eau jusqu’à ce qu’elle se réduise à un goutte-à-goutte. J’ai commencé à reculer, la belle voix a dit que maintenant je pouvais repartir. Je suis sorti de la dame et je suis reparti par le tunnel obscur et j’ai été propulsé très rapidement dans mon corps. Là, pendant que je cherchais de l’air, l’ambulancier a bondi à l’arrière et m’a dit, tout en installant les fils pour le cœur, ainsi que l’oxygène : « On était en train de vous emmener à la chambre froide » ! J’ai sombré dans le sommeil pendant 2 jours. Je me suis réveillé aux Soins Intensifs.

Une infirmière était assise à ma droite, en train d’écrire. Je l’ai regardée et j’ai su absolument tout à son sujet : passé, présent, son avenir. Lorsque j’ai regardé dehors, lorsque j’ai vu la terre-mère et ses arbres, j’ai ressenti la même chose : je la connaissais. J’ai également commencé à ressentir de la douleur lorsque des personnes s’approchaient, ou qu’elles passaient simplement près de la chambre, c’était une énergie émotionnelle et physique.

Je peux déceler l’énergie : celle qui émane d’une personne me montre son passé, son présent, son avenir, émotionnels et physiques. Je sais ce qui ne va pas. Je sais pourquoi les gens se font du mal les uns aux autres. Je sais pourquoi une personne tombe malade. Je ne peux l’expliquer, je sais seulement comment il faut faire. La psychologie et l’énergie, c’est extraordinaire !!

*

C’était comme si j’étais complètement éveillé. Sensation bizarre. L’impression d’être déjà venu là : j’étais très lucide et je m’en souviens comme si cela venait de se produire. Comme si on quittait son corps sous forme d’énergie, j’ai pu voir ma forme corporelle énergétique : non, en fait c’était comme y aller en personne. Comme un voyage pendant un week-end.

C’était comme une bulle sortant de l’eau chaude : c’était comme sortir de sa voiture, sortir de chez soi pour aller ailleurs. J’étais de l’énergie pure, jaune et bleue. Je revois encore ma forme, je suis allé dans d’autres endroits après, pendant mes expériences de mort imminente.

Je n’ai entendu que la voix de la belle dame : uniquement de l’énergie, la voix de la dame parlait au cœur avec une pure énergie d’amour. Le tunnel était comme un tuyau obscur, pourtant je voyais. Il s’incurvait et d’après la sensation de déplacement, il montait. J’ai appris qu’il existe de nombreux tunnels. A chaque EMI, je suis allé dans la lumière. Derrière le mur, j’entendais des enfants qui jouaient, par moments je pouvais apercevoir des personnes, des trous s’ouvraient pendant une seconde dans les tunnels.

On m’a montré toutes les vies passées que j’ai vécues. Cela remonte au début des temps, chaque fois je suis venu dans une culture et une race différente, mais toujours pour faire la même chose : aider les gens. Savoir la vérité absolue et partager cette sagesse. La vie est simple lorsque l’on en connaît le sens : La vie passée, c’est extraordinaire ! J’ai appris que j’étais venu en de nombreuses cultures (races) différentes, revenant toujours en tant que guérisseur et ramenant les hommes dans la lumière, permettant aux personnes de devenir ce qu’elles étaient censées être.

J’ai commencé à déceler ceux qui, comme moi, sont morts puis sont revenus. Nous avons des discussions parce que nous avons quelque chose en commun, nous avons fait l’expérience de l’au-delà et nous avons des récits similaires, nous nous détectons même dans la rue.

Tout ce que je peux dire c’est qu’il s’agissait du plus beau sentiment d’amour, il faut le vivre : c’est extraordinaire ! Beaucoup d’endroits différents. Des êtres qu’on n’a jamais vu avant. La seule chose qui relie tous ces différents êtres et dimensions, c’est l’amour pur, illimité, une vérité, un Créateur.

C’était comme si le temps n’existait pas, une sensation de détente totale... on ne s’inquiète de rien ! En même temps, j’avais le sentiment d’avoir une grande responsabilité. La connaissance et la sagesse sont infinies comparées à ce que nous connaissons ici sur terre. Nous pensons que nous sommes très en avance en ce qui concerne la science et la technologie, et nous sommes tellement arriérés... nous sommes tel un bébé qui fait tout tomber pour susciter une réaction, et lorsqu’on accourt aux premiers pleurs, on se rend compte que le bébé rit. C’est à ce stade qu’en est l’humanité. Je me suis souvenu d’avant ma naissance et des instructions qui m’ont été données, c’était déjà un don. L’EMI a apporté plus encore : plus de netteté, de nombreux guides. Je sais ce qui est réservé à l’humanité, c’est déjà en cours. L’homme est plein d’ego. Il ne voit rien venir (la vieille idée : cela n’arrive qu’aux autres)... il est rempli d’illusions.

J’ai senti que je quittais mon corps puis que j’y entrais à nouveau : on m’a montré ce qui se produit quand une personne meurt, elle passe à travers un mur d’environ 30 cm d’épaisseur, cela ressemble à de l’eau, de l’énergie. Quand on passe à travers ce mur, on ressort dans l’au-delà en portant du blanc, ensuite on vous montre tout ce que vous avez vécu, le bon et le mauvais.

J’ai compris la raison pour laquelle la terre-mère passe sans cesse par un processus de purification, tout a trait à l’énergie, positive et négative. Nous sommes des cultivateurs, et nous allons récolter ce que nous avons semé. Si on se réfère à la façon dont les choses se passent actuellement, le temps de la récolte ne sera pas agréable... mais nous avons le choix, nous pouvons modifier l’avenir de l’humanité ! La terre mère n’est pas tenue de passer par sa purification habituelle comme au temps des dinosaures...

Je peux ressentir les tremblements de terre une journée avant qu’ils ne se produisent. Je perçois l’énergie de la planète ; elle crée les images des évènements.

De l’énergie... beaucoup d’énergie, et la notion que tout paraît normal. La capacité de purifier tout ce que je touche, mon corps est comme un émetteur d’énergie, les gens me sentent arriver à des kilomètres de distance : de l’énergie, toujours, j’ai vécu de très puissantes expériences à l’état de veille, des éclairs grésillants baignant mon corps d’une lumière bleue. Une pyramide environnée d’une énergie bleue est apparue devant moi, et une voix féminine m’a dit de passer mes main à travers... je peux faire des choses stupéfiantes avec mes mains.

A la suite de l’expérience, j’ai commencé à prendre beaucoup plus au sérieux les enseignements de mes grands-parents : j’ai abandonné tout mon ego. C’est extraordinaire ! Je n’ai plus d’ego dans mes relations, je me suis mis à aimer ma femme sans aucune restriction, à la soutenir quel que soit ce qui l’intéresse. Je fais tout de bon cœur maintenant, on pourrait dire que j’ai le cœur sur la main, je pratique le langage du cœur. Ma femme dit que tout ce que je fais est un rite : le mariage, par exemple (c’est fantastique). Maintenant on vient de tous les milieux pour me voir, je suis en paix avec tout ce qui existe, je vois la sagesse partout.

Ma vie est devenue beaucoup plus simple depuis que je sais comment toute chose devient ce qu’elle est... les maths par exemple... les réponses sont toutes là : j’agis comme je parle, amour inconditionnel pur, honneur, respect envers toute la création. Je partage la sagesse pour permettre à des personnes de faire des choix positifs dans leur vie.

L’amour... aucun mot ne peut décrire cet amour, pardonnez-moi l’expression, la seule façon de décrire ce sentiment, c’est comme lorsqu’on vient juste d’avoir un orgasme, quand plus rien ne compte, quand tout est amour : toutes les émotions au maximum.

J’ai vécu la souffrance, la mort en masses énormes de l’humanité à venir, des millions de personnes périssant en même temps, et j’ai su qu’il n’était pas nécessaire qu’il en soit ainsi. Il y a un petit espoir lumineux au milieu du vide obscur, et cet espoir lumineux brille dans chacun de nos cœurs, il donne à l’humanité une chance de changer. Actuellement le flux d’énergie le plus puissant est du côté négatif, la planète à venir est en énergie négative, et cette énergie l’attirera comme un aimant.

Le meilleur était l’énergie parfaitement pure, la paix, l’unité. Le pire était de savoir que je devais revenir à l’humanité, car maintenant je réalise précisément ce que l’homme a gâché.

Si chacun vivait une EMI et s’en souvenait, le monde dans lequel nous vivons serait un endroit meilleur. J’ai appris que nous avons tous la faculté de nous relier aux énergies universelles, à de nombreuses dimensions. La clé étant l’amour sous sa forme la plus pure, que nous avons tous au plus profond de nos cœurs. La vérité absolue est à notre portée, nous pouvons rejoindre le centre de l’univers.

Suite à cette expérience, j’ai déjà subi et je subis encore ce que j’appelle des « mutations ». Je peux vous fournir tout ce dont vous avez besoin pour comprendre... un corps plein d’énergie et un travail sur l’esprit (exorcisme) pour toutes les énergies négatives dans le corps.

Tout ce dont il s’agit, en fin de compte, c’est l’amour. S’aimer soi-même intégralement : tout est simple. Je pourrais vous montrer, vous pourriez faire l’expérience de l’au-delà, je peux le faire pour vous : une visite guidée... vous pourrez parler aux esprits comme vous le feriez avec un ami, toucher, étreindre, recevoir des conseils.

 

 

***

FRANCK G.

 

 En 74, j’étais drogué et alcoolique. J’étais athée, la vie n’avait aucun sens, j’étais passablement déprimé. Après avoir bu et fumé de la marijuana, nous avons décidé d’aller à la piscine. Le problème, c’est que je ne sais pas nager. Je n’y ai pourtant pas pensé, j’ai simplement décidé de traverser la piscine à la nage. Environ à mi-chemin, j’ai pensé : « J’avale trop d’eau »... mais je n’ai pas paniqué, c’était juste une réflexion.

L’instant suivant, je me retrouve dans une prairie. Tout semble parfait... l’herbe, le ciel, ma présence... j’ai l’impression que c’est ma place et je ne suis pas surpris d’y être, cela semble simplement très naturel. Je ne me souviens ni de la noyade, ni de quoi que ce soit concernant la vie que je viens juste de quitter. Etre là paraît être la seule chose qui existe. Il n’y a aucune notion de passé ou d’avenir, seulement MAINTENANT. Après quelque temps, je vois quelqu’un au loin. Il est trop éloigné pour que je voie son visage, mais il me semble familier. D’une certaine manière, il paraît être MOI.

J’entends : « Es-tu prêt » ? Mais c’était de la transmission de pensée ou de la télépathie, pas un langage audible. Ayant dit cela il a su, tout comme moi, que je n’étais pas prêt. J’ai également compris qu’il s’agissait d’un réajustement pour me ramener chez moi. Il existait pour cela de nombreux chemins. Quel que soit celui que j’allais choisir, cela lui conviendrait parfaitement. C’est alors que j’ai réalisé que j’étais mort et que je devais repartir. J’ai hurlé NOOOOON !!!! Et c’est à cet instant que je me suis réveillé.

Mes amis m’ont dit que je suis resté inconscient dix à quinze minutes, mais lorsqu’on est effrayé comme ils l’étaient, le temps passe très lentement. Il m’a semblé qu’il s’était seulement écoulé dix ou quinze secondes. D’une certaine manière, j’ai l’impression d’avoir créé cet évènement afin de sortir de cette vie sans valeur. J’ai tenté de traverser alors que je ne savais pas nager ; je n’ai éprouvé aucune panique quand j’ai avalé trop d’eau ; j’ai rencontré quelqu’un que j’ai identifié comme MOI-MEME, tout cela ressemble à un désir subconscient de changer ma vie. En tout cas, cela a fonctionné. Ha, Ha !!!... et j’ai toujours vécu heureux, depuis.

‘ Recherche l’esprit silencieux et le cœur ouvert ’.

*

Aucune personne de ma connaissance n’a voulu entendre mon récit : mes tentatives de communication n’ont abouti qu’au silence.

Cela paraissait davantage réel que la « réalité ». Je n’avais pas conscience de mon corps, mais c’est souvent le cas dans la « réalité ». L’attention détermine la conscience.

J’ai ressenti de la peur en réalisant que j’étais mort, mais j’ignore si la peur concernait le fait d’être mort ou de devoir repartir. Le temps paraissait ne pas exister, il ne semblait y avoir que maintenant.

J’ai vu un homme au loin, il me semblait TRES familier comme s’il s’agissait de MOI. Il a dit : « Es-tu prêt » ? et aussi : « Rentre chez toi par le chemin que voudras ».

Je savais que je devais revenir. J’ignore qui a pris cette décision. J’ai l’impression de l’avoir décidé longtemps avant que cet évènement ne se produise. L’émotion que j’éprouvais, c’était la peur. Je ne sais pas si la peur a été provoquée quand je me suis rendu compte que j’étais mort ou que je devais revenir. Le retour n’a pas été une expérience agréable.

J’ai des capacités qui émanent de l’étude et de la méditation, mais tout le monde les possède. Chaque personne tente de revenir à la source dont elle émane. Je peux TOUT tolérer maintenant. Tout arrive pour une raison précise. Nos réactions aux évènements de nos vies sont ce qui nous rend uniques. Cela mis à part, nous ne faisons qu’un. Je prie chaque jour. Je n’adhère à aucune religion. DIEU non plus.

Il y a des années, quand je mentionnais mon expérience, la réaction était généralement le silence. Maintenant les gens sont davantage ouverts à ce genre de choses, à cause du changement de conscience vers la nouvelle spiritualité.

Le pire a été de revenir en restant la même personne. J’étais toujours un drogué. Je n’avais aucune capacité particulière. Il me fallait encore me ressaisir seul. Le meilleur a été de découvrir que je fais partie de TOUT CE QUI EST... ce pour quoi je vis cette vie. Et quand ce sera terminé, Il veut que revienne à la maison.

Il faut retourner à la SOURCE, rechercher l’esprit silencieux et le cœur ouvert.

 

 

***

Gary D

 

Je suis tombé sur votre site par hasard, et j’ai décidé de partager mon EMI avec votre groupe, en espérant que d’autres viendront et ne cacheront plus au monde ni à eux-mêmes une si merveilleuse expérience. Je serais disponible pour n’importe quel genre de vérification, incluant l’hypnose.

J’étais âgé de 17 ans et je plongeais avec quelques amis du collège à la plage de Corona Del Mar en Californie. Nous étions toujours trois, Richard, Ricky et moi. Ce jour-là nous étions à 12 m sous l’eau, quand l’air m’a été coupé. Je me suis débattu avec le régulateur, en vain. J’ai donc tiré le fil connecté à la bonbonne et j’ai pris un grand bol d’air. Mais à ma seconde inspiration la bonbonne a flanché. J’ai essayé d’attirer l’attention de Richard et Ricky, mais ils ne réagissaient pas. Je leur ai fait le code « manque d’air sous l’eau » : croyant à une blague, ils ne sont pas venus.

A ce moment, j’ai senti que la perte de conscience approchait rapidement. Tout s’arrêtait pour moi à l’âge de 18 ans, avec tant de choses encore à vivre. Je pensais à ce que serait la déception de mes parents, en particulier de ma mère... elle n’avait jamais aimé la plongée sous-marine et ce jour-là, elle m’avait clairement exprimé son chagrin à propos de la plongée. Avec les années, j’en suis venu à comprendre et à respecter le lien psychique très étroit que j’avais avec elle.

Une fraction de seconde avant de perdre conscience, un sentiment d’euphorie m’a envahi. Je ne ressentais aucune peur ni douleur, rien ! En fait, je me sentais heureux et libre et c’était vraiment étrange. Puis, je me suis retrouvé au-dessus de la plage en train de regarder en bas où se trouvait notre équipement, la glacière et nos choses personnelles. Je pouvais voir à travers l’eau notre bouée. Je savais que Richard et Ricky étaient toujours sous l’eau. Je me sentais bien vivant et indemne. La seule chose qui me manquait, c’était mon équipement de plongée... nous l’avions loué et devions rembourser si quelque chose n’allait pas. Mais à chaque fois que je m’inquiétais, le calme reprenait le dessus et je cessais de me faire du souci. J’ai toujours détesté l’altitude, alors j’ai décidé d’ignorer la perte de mon équipement pour essayer plutôt de comprendre comment il se faisait que j’étais capable de voler et de flotter. Encore une fois, le calme reprit le dessus, le même calme que j’avais ressenti avant de perdre conscience.

J’ai commencé à regarder autour et j’ai noté que je me dirigeais vers le nord-ouest; c’est là que j’ai commencé à être vraiment attentif à ce qui m’arrivait. Je ne saurais vous dire si j’étais intégral, un esprit ou autre chose du genre. Je me sentais sauf, dans mon corps physique, et j’avais ma montre de plongée. J’ai alors remarqué que je pouvais contrôler le mouvement de mon vol et vraiment m’arrêter lorsque je me concentrais sur l’immobilité. Si je restais immobile trop longtemps, je commençais à vibrer intensément. Étant donné ma crainte des hauteurs, je croyais que j’allais tomber du ciel. Lorsque je cessais de me concentrer sur l’immobilité, je recommençais à me mouvoir, comme si quelqu’un ou quelque chose s’en chargeait. Je me sentais insouciant et sans peur, à un degré extrême. À chaque fois que j’avais peur, ce sentiment était immédiatement remplacé par un bonheur total. C’était un sentiment impressionnant.

J’ai remarqué que ma trajectoire me ramenait vers ma ville. Je me souviens clairement que je flottais au-dessus de Disneyland et de Knott’s Berry Farm ; c’était vraiment étrange. J’avais la certitude d’être guidé par une force invisible. Je ne voyais personne; que le sol et le ciel à l’horizon. J’ai décidé de mesurer la distance parcourue en évaluant visuellement l’espace entre des points de repère au sol. Puis, je me servais de l’aiguille des secondes de ma montre pour vérifier le temps de parcours. Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça ; probablement parce que cela me paraissait adapté aux circonstances. Bien sûr, cela aurait donné une mesure imprécise, mais il me semblait que c’était la meilleure chose à faire.

Eh bien, je n’ai pas mis longtemps à réaliser que je ne pouvais pas évaluer les distances visuellement avec précision et j’ai fini par me lasser du procédé. En fait, une intuition profonde me portait à croire que quelque chose n’allait pas.

J’ai essayé d’avoir peur, mais cela ne marchait pas. Je ne fus pas très surpris d’entrer dans la ville où j’habitais par le sud-est car après tout c’était la direction que j’avais suivie depuis mon départ de la plage. J’ai fini par me retrouver en train de flotter au-dessus de ma maison ; je voulais désespérément descendre et marcher, mais je ne le pouvais pas. J’ai pu m’immobiliser puisque j’avais pratiqué cela depuis le début du voyage... voilà que je flottais au-dessus de ma maison. Je pouvais ressentir la présence de ma mère dans la cuisine, je pouvais sentir exactement où elle se tenait. Je pouvais éprouver son immense tristesse et son inquiétude à propos de quelque chose que j’ignorais. J’ai recommencé à vibrer et, par peur de tomber du ciel à travers le toit de la maison, je me suis détendu et j’ai avancé.

C’est alors que ma trajectoire par rapport à la plage est passée du nord-ouest au nord, légèrement à l’est. J’étais très attentif au déroulement de cette expérience, je la ressentais et je l’observais pour être certain de n’oublier aucun des détails relatés ici. J’ai jeté un coup d’œil à la nouvelle trajectoire et j’ai pu voir le cimetière Rose Hill de Whittier, CA. Étant donné que j’étais aéroporté, je savais instinctivement que si je maintenais ce nouveau cap, j’allais passer au-dessus du cimetière. Je pénétrai bientôt le cimetière par le sud. Je fus surpris d’être immobilisé par une force invisible. Jusque-là, j’avais de moi-même initié tous mes arrêts lorsque je me concentrais sur l’immobilité. En tous cas, c’est l’impression que j’en avais, toujours avec la profonde intuition que mes pensées et mes hypothèses étaient correctes.

Regardant en bas, je pouvais voir clairement les lots de sépulture de ma famille occupés par mon grand-père et mon arrière-grand-mère. Il y avait d’autres terrains vacants appartenant aussi à ma famille.

Une voix venant de nulle part me dit : « Que penses-tu de ce qui se passe là-bas » ? À l’horizon, juste en face de moi, il y avait cet homme dont seule la tête était visible. Il avait l’air espagnol avec sa grosse moustache; il me parlait et je pouvais voir sa bouche remuer. Il apparaissait et disparaissait tour à tour, parfois transparent, puis à moitié transparent, puis presque solide, mais jamais vraiment solide. J’avais l’intuition que c’était lui qui me guidait et m’empêchait de tomber du ciel depuis mon départ de la plage, et depuis ma maison jusqu’au cimetière. Avec les années, j’en suis venu à l’appeler « le Guide ». Il répéta : « Que penses-tu de ce qui se passe là-bas » ? J’ai donc regardé en bas encore, ne m’attendant pas à y voir quoi que ce soit de nouveau. D’autant plus que j’avais déjà longuement regardé les tombes de la famille avant que « Le Guide » apparaisse et commence à me parler.

Lorsque je regardai cette fois, des funérailles se déroulaient. Or, à peine une seconde plus tôt, il n’y avait pas de funérailles... ça, j’en suis certain. J’étais trop haut dans le ciel pour bien voir ce qui se passait sous moi en bas. Je savais que c’était des funérailles parce que je voyais le cercueil, mais je ne pouvais reconnaître personne. De tout mon voyage, c’était la première fois que je voyais des gens au sol. Je me suis tourné vers Le Guide en disant : « Peux-tu me rapprocher pour que je vois mieux les gens » ?... et il a gentiment répondu : « Non »... ce qui m’a obligé à regarder de nouveau et à me débrouiller tout seul.

Je me rappelle clairement m’être concentré sur les personnes les plus proches du cercueil, quand j’ai vu une femme soutenue par un homme se dégager de son étreinte. Elle s’est littéralement jetée sur le cercueil et, en anglais et en espagnol, elle a dit ces choses qu’une mère dirait si son fils de 17 ans mourait. À ce moment-là, l’expérience devint réellement sombre. Je tentais donc d’être vraiment déçu, vraiment choqué, mais je n’arrivais même pas à être triste ou inquiet. Cela m’a grandement aidé car si j’y étais arrivé, j’aurais paniqué. Mais je ne le pouvais pas. J’ai regardé Le Guide en disant : « Ce sont mes funérailles, n’est-ce pas » ?... et il a répondu : « Oui ».

J’ai regardé encore, et désormais je pouvais voir mes amis et les voitures de l’époque. Plusieurs amis étaient là, ma mère et mon père étaient près de mon cercueil. Ma jeune sœur et son ami se tenaient aussi près du cercueil. Mon amie, que j’ai épousée plus tard, était également à proximité. Si j’avais pu déprimer, je l’aurais fait, mais je ne pouvais ressentir aucune tristesse, haine, douleur... ni craindre quoi que ce soit. Tout ce que je voyais ou ressentais était parfait. Si nous pouvions tous nous sentir ainsi dans ce monde, ce serait un monde vraiment spécial...

Le Guide me dit alors : « Tu dois décider si tu veux retourner ou venir avec nous ». Mais j’étais davantage occupé à essayer de ressentir quelque chose par rapport à mes funérailles... étant donné que je ne ressentais rien. Le Guide répéta : « Tu dois décider si tu veux retourner ou venir avec nous ». Le fait d’être incapable d’avoir peur ou autre, ne m’empêcha pas d’être grognon avec Le Guide : « Tu m’as dit ça deux fois maintenant, tu as utilisé le mot NOUS deux fois, et il n’y a que toi et moi ici ; que veux-tu dire quand tu dis NOUS » ? C’était dit sur un ton revêche.

À l’instant même, un paysage apparut derrière Le Guide; un paysage magnifique, comme je n’en ai jamais vu au cours de ma vie. J’ai visité beaucoup d’endroits, ici sur terre, mais je n’en ai pas encore trouvé un où les plantes et les arbres rayonnent comme en cet endroit. C’était une superbe jungle tropicale ; je pouvais voir voler des oiseaux ayant trois queues distinctes – différents des oiseaux que j’ai vus ici, sur terre. Je pouvais voir des plantes et des arbres étranges. C’était tellement beau, tellement paisible et resplendissant, tout était resplendissant et vivant. À ce moment-là, j’ai commencé à comprendre ce qui se passait. Désormais je sais que ce que je voyais, expérimentais, n’avait rien de terrestre ou de matériel.

Simultanément, je notai un profond canyon délimitant le paysage. Le Guide et moi étions d’un côté, et le paradis tropical de l’autre. Dans la mesure où je pouvais m’inquiéter, j’étais préoccupé par le fait que cet endroit exerçait une forte attraction sur mes cellules comme pour m’inciter à traverser le canyon. En fait, j’avais l’impression que c’était davantage mes atomes qui étaient attirés par cet endroit. Mon instinct me disait que si je traversais cette crevasse, je ne pourrais pas revenir. Pourtant cet endroit exerçait une attraction sur tout mon être. Je voulais ardemment y aller, mais, je savais que je ne pourrais pas en revenir. Je pensais à l’impact que cela aurait sur ma sœur, mes parents, mon amie et mes amis si je traversais. Je pensais que je ne pourrai pas être père, que je n’aurais pas d’enfants. J’avais seulement 17 ans et je voulais expérimenter davantage de la vie. Alors, j’ai continué à me concentrer pour éviter qu’un seul atome ou qu’une seule cellule ne traverse la démarcation devant moi.

Cependant, j’avais la dérangeante impression que j’appartenais à cet endroit, que j’en étais originaire. Cet endroit était mon foyer et tout venait de là, visible ou invisible. Je voulais vraiment y être, aller là-bas, mais, si je traversais la démarcation, je savais qu’il y aurait des conséquences irréversibles. Durant toute la durée de cette expérience, l’intuition fut mon unique guide, et j’ai toujours senti que j’étais déjà allé là auparavant, de toute façon.

Le Guide répéta : « Tu dois décider si tu veux retourner ou venir avec nous ». Je l’ai regardé en lui demandant : « Pourquoi répètes-tu NOUS puisqu’il n’y a que nous deux ici ». Au même instant, derrière ce magnifique paysage, un homme descendit du ciel comme sur un escalier invisible. Il avait l’air de descendre des marches sans jamais vraiment toucher le sol ; il semblait flotter et ne jamais être en contact avec ce que je percevais comme étant le sol ou le plancher. Ainsi, son mouvement ne me paraissait très naturel, et j’ai remarqué que contrairement à mon guide, il était solide : je ne pouvais pas voir à travers lui.

Pendant tout ce temps-là, je m’efforçais de comprendre pleinement cette expérience, d’évaluer les choses, et je le faisais très lentement. Mais je n’ai pas mis beaucoup de temps à reconnaître qui était descendu du ciel. C’était Jésus-Christ (que maintenant j’appelle « figure divine » pour éviter la personnification). Eh bien... je le savais parce que je le savais, tout simplement ; il ressemblait « en quelque sorte » à toutes les images que j’avais vues de lui sur terre, mais pas en tous points. Regarder Jésus-Christ, le fils de Dieu, tel qu’il avait été connu sur terre éveille un sentiment plutôt singulier. Il était vêtu d’une longue robe bleue, c’était un homme (un être) mince, beaucoup plus beau que toutes les images que j’avais vues sur terre. Ses cheveux étaient blonds, ondulés et longs, mais pas très longs. Un seul regard vers lui et vous aviez l’impression qu’il était de votre famille, votre père. Mes cellules et mes atomes voulaient s’envoler et l’étreindre, mais je savais que si je traversais le canyon, ce serait un voyage plutôt permanent... mon instinct m’empêchait de traverser le canyon car intuitivement je savais ce qui arriverait si je traversais. Je voulais laisser les options ouvertes, si possible.

Plusieurs fois depuis les 33 dernières années, j’ai pensé que si j’avais cette chance à nouveau, je sauterais sur l’occasion. J’ai pensé tellement de fois – pourquoi n’y es-tu pas allé, idiot, tu as manqué le voyage de ta vie. 

C’est difficile à décrire, mais c’est comme si nous nous étions regardés pendant des heures. Dès l’instant où je l’ai vu, j’ai su qu’il savait tout de moi : mon passé, mon présent, mon futur. J’avais l’impression de ne pas valoir grand-chose ou, pour mieux dire, d’être banal. J’avais l’impression que je ne pouvais rien dire à cet être qu’il ne sache déjà. Je pouvais le ressentir dans ma tête, je pouvais ressentir sa pensée juste un peu avant tout ce que j’éprouvais et pensais. Je voulais VRAIMENT partir avec lui, mais je planifiais déjà mes excuses pour ne pas y aller. Je me sentais mal à l’aise car je pouvais le ressentir dans ma tête et je savais qu’il m’était impossible de décevoir cet être par la pensée ou d’une autre manière. Il était exactement comme on l’avait décrit sur terre. Il était omniscient, clairvoyant, et vous pouviez le ressentir. Mais il semblait tellement détendu ainsi que bienveillant... j’ai vécu plein d’émotions tandis que nous nous regardions.

Puis, Jésus m’a dit : « Tu dois décider si tu viens avec nous ou si tu préfères retourner ». J’ai alors réalisé la chose la plus étonnante de toute ma vie – il me parlait directement dans ma tête sans jamais remuer les lèvres. Je pouvais sentir cela sortir de sa tête et entrer dans la mienne, mes oreilles n’ont jamais servi pendant je communiquais avec lui. C’était tout simplement étonnant de communiquer par conversation télépathique avec cet être. Cela m’a abasourdi et je me sentais à la fois tellement différent et tellement spécial. Étrangement, cela me paraissait tout à fait naturel et je me demandais pourquoi je ne pouvais pas faire cela dans mon vieux monde. Je ressentais distinctement qu’il savait ce que j’allais dire avant même que je pense à le dire. J’ai essayé de parler à Jésus télépathiquement mais, le moins qu’on puisse dire, c’est que mes efforts étaient risibles. J’en ai conclu que c’était quelque chose que les humains étaient incapables de faire. Je me sentais toujours très humain. Je ne faisais que penser aux bonnes raisons pour lesquelles je ne voulais pas partir avec eux et préférais retourner, tout en étant très respectueux et essayant de ne pas heurter les sentiments de quiconque. Je fus surpris lorsqu’il dit : « Je savais que tu prendrais cette décision ».

Il n’a pas ajouté d’autre commentaire, il a simplement acquiescé en me souriant. Je flottais là, instinctivement, en attendant qu’on me renvoie. Jésus me parla encore dans ma tête, non pas à travers mes oreilles. Il me dit : « J’aurai un travail à faire à travers toi un jour », et j’ai répondu en pensée : « N’importe quand, je ferai tout ce que tu me demanderas ». Puis il a dit : « Ta vie va être longue », et j’ai répondu en pensée : « Merci ». Lorsqu’il m’a quitté, j’ai encore remarqué qu’il n’avait pas l’air de toucher le sol.

Et boom ! J’étais de retour dans l’eau avec Richard et Ricky très proches, une expression d’extrême frayeur sur le visage. J’ai saisi l’occasion pour leur ôter le régulateur de la bouche et respirer, respirer, respirer.

Ils étaient revenus vers moi. Je flottais là, dans l’eau, un être gris pâle et sans vie. Ils m’ont dit avoir eu peur de me toucher. Ils ont dit qu’après ce qui leur avait paru 10 ou 15 minutes au minimum, la couleur avait commencé à changer encore. Ils ont dit que j’étais passé du gris pâle au bleu foncé, et puis au bleu pâle et finalement au brun pâle. C’est à ce moment-là que je me suis emparé de leurs régulateurs.

Une fois sur la plage, j’ai demandé à Richard de nous conduire à la maison. Nous avons rapporté l’équipement loué et pris l’autoroute. Je pouvais à peine rester assis sur le siège du passager avant, je me sentais faible, épuisé, bizarre. J’ai finalement dit à Richard et Ricky que quelque chose s’était passé, mais que je ne savais pas trop comment leur expliquer. Je leur ai dit qu’ils ne me croiraient pas si je leur disais ce qui était arrivé.  

*

Je me rappelle encore très clairement, de tout. Je sais aujourd’hui qu’à la minute où j’ai quitté mon corps, j’étais dans un état de conscience supérieur.

Mon intuition était tellement précise et juste que je l’utilisais entièrement pour me fournir de l’information. En particulier, lorsque je ne savais pas quoi faire. Contrairement à maintenant, dans cet autre monde elle était en fait très exacte et je lui obéissais sans hésitation.

J’ai vu des entités transparentes et des solides. Mes yeux voyaient de magnifiques couleurs qui semblaient briller ou rayonner des arbres et des plantes, du sol, des rochers ; les oiseaux semblaient briller d’une couleur intense et claire. La perception profonde semblait également améliorée.

J’étais étonné par l’absence de toutes les émotions qu’on est censé éprouver lorsqu’on meurt. Je ne ressentais aucune douleur, inquiétude, blessure, aucune peur - il est IMPOSSIBLE (!!!) de ressentir de mauvaises émotions dans ce monde-là. Du moins, c’est ce que j’ai ressenti. Vous pouviez éprouver de grandes émotions de paix, d’appartenance, d’éternité. Vous vous sentiez, je me sentais uni à l’univers : banal, mais VRAI.

Un guide m’est apparu. Il disparaissait et réapparaissait ; il était parfois transparent. Je pouvais toujours voir à travers lui, quel que soit son état. Il y avait toujours un endroit où je pouvais voir à travers lui. J’avais l’impression de le connaître. Je n’ai jamais pu l’identifier à quelqu’un de connu, mais j’avais la forte impression qu’il me connaissait et me protégeait. Il m’a parlé souvent, mais il utilisait sa bouche et je l’entendais à travers mes oreilles.

Jésus-Christ - ou un être représentant Jésus - semblait flotter sans jamais vraiment toucher le sol. Il était solide en permanence. Il pouvait lire ma pensée. Il m’a parlé sans remuer les lèvres. Il me parlait dans ma tête et je n’ai jamais entendu un seul mot à mes oreilles. Nos communications étaient strictement télépathiques. Je l’identifie à Jésus-Christ. Le compte-rendu exact de nos communications se trouve ci-dessus, dans mon récit.

Après mon retour à la vie, nous avons parlé de la température qu’il faisait en ville. Puisque j’y étais allé, je me souvenais que c’était ensoleillé avec des nuages dispersés. La question était de savoir si le temps s’était éclairci. J’ai dit à Richard et Ricky qu’il faisait soleil chez nous. À notre arrivée, le ciel et la température étaient tels que je les avais décrits. En fait, ma description était très précise concernant le soleil et les nuages. Je crois que c’est la première fois que j’ai commencé à croire que ça m’était réellement arrivé. Que j’avais vécu une EMI.

Jésus m’a dit qu’il travaillerait avec moi et que j’aurais une longue vie. Aujourd’hui, j’ai quelques problèmes de santé mineurs mais je n’ai jamais eu de chirurgie, ce qui surprend toujours mes médecins.

Dans le même ordre d’idée, après mon EMI, j’ai eu deux accidents de voiture qui auraient dû ou pu être fatals. Or, lorsque c’est arrivé (ceci peut sembler vraiment étrange, mais allons-y) - lorsque ces accidents sont survenus j’ai, bien sûr, eu très peur car je savais que j’allais mourir simplement à cause de ce qui m’arrivait dans la voiture. J’étais seul les deux fois, et je tournoyais sur l’autoroute. Mais la peur cédait à un sentiment de bonheur total, comme durant mon EMI. Alors, quand cela s’est présenté au beau milieu de l’accident (les deux fois), j’ai reconnu l’émotion et l’impression de l’EMI. Immédiatement, je perdais toute crainte. J’avais également l’impression qu’un grand couvercle de verre se déposait sur ma voiture. Comme un champ de force pour me protéger. Lors du deuxième accident, en réalité, j’ai lâché le volant aussitôt que le « couvercle » de verre protecteur a été installé sur ma voiture. Je pouvais voir des voitures entrer en collision avec moi et puis être repoussées, sans dommage pour ma voiture ni celles que j’étais supposé frapper ou celles qui me frappaient. Désolé si cela paraît insensé, mais c’est la VÉRITÉ.

Ainsi, d’une certaine façon, cela validait ce que Jésus m’avait dit, à savoir qu’il me protégerait pour je réalise sa requête, soit accomplir quelque chose pour lui. Il avait également dit que je vivrais longtemps. Ces deux accidents me sont arrivés à 18 ans. Alors, j’ai toujours attribué ma survie à ce que Jésus m’avait dit.

Au début, quand j’ai quitté mon corps, j’avais ma montre de plongée. J’ai mesuré la distance en me repérant sur des éléments au sol et les mesurant à l’aide de l’aiguille des secondes de ma montre. Pas du tout scientifique. Mais, ma conclusion a été et est toujours que je mesurais la durée dans un temps altéré. Le sol ne bougeait jamais de façon linéaire. Les distances étaient erratiques. Or ma montre ne changeait pas de rythme. J’ai l’intuition que j’étais dans une zone de temps différent. Ma montre terrestre était inutile, ou inapte à mesurer, à refléter le temps.

De même, je peux affirmer sans me tromper que tout cela a pris une heure ou plus. Il me semblait que l’EMI avait duré très longtemps. Mais, lorsque j’ai demandé à mes partenaires de plongée combien de temps j’avais été inconscient ils m’ont répondu qu’ils estimaient cela à 10-15 minutes. J’avais donc une raison de plus de croire que ma montre de plongée n’avait pas mesuré le temps de mon EMI.

La connaissance m’a été transmise par Jésus que je vivrais longtemps et qu’il m’utiliserait pour un « travail » à faire. Mais je savais, lorsque j’ai vu cet endroit superbe, que j’y étais déjà allé et que je venais de cet endroit. Je savais que c’était mon véritable foyer. Je savais également d’instinct que si je traversais le canyon, je cesserais d’exister sur terre.

J’ai partagé avec d’autres lorsque je sentais que c’était approprié. Plusieurs doutaient. D’autres citaient des choses bibliques pour corroborer l’histoire. Je ne sais pas s’ils étaient influencés. J’ai partagé mon expérience avec les amis intimes et la famille. Richard est devenu médecin, alors j’ai partagé avec lui avant son départ pour l’école de médecine, et puis encore après la mort d’un ami étudiant proche. Aujourd’hui, je partage avec des gens du genre nouvel âge ou spirituel, ainsi qu’avec vous, maintenant. Ça me fait beaucoup de bien intérieurement. Je n’ai jamais partagé publiquement.  

Je crois que j’ai entendu parler d’EMI entre les années 60 et 70. J’ai un petit côté scientifique dans l’âme. Je réfutais donc ce que je lisais comme étant pure foutaise. Un article du magazine OMNI disait que les médecins et psychiatres, etc... croyaient qu’il s’agissait d’une réponse chimique peut-être même implantée dans l’ADN pour nous aider lorsque nous mourrions, la mort étant la fin de tout, etc...

Mon opinion a beaucoup changé après ma propre EMI. Ainsi, j’ai tendance à penser que l’organisme humain n’a pas le temps de réagir à la réponse chimique pendant la mort instantanée... c’est peut-être la raison pour laquelle le magazine n’est plus publié !

Cette expérience, je l’ai révisée des milliers de fois d’un bout à l’autre. Franchement, il y a des jours où ça ne me semble pas réel et d’autres jours où ça l’est. En vieillissant, je choisis maintenant d’y croire plutôt que l’inverse.

Oui, mes croyances ont changé - je crois maintenant que l’énergie de l’âme de la vie a existé et existera pour l’éternité. Cela a toujours été et il en sera toujours ainsi. Nous ne pouvons pas mourir, nous vivons simplement nos vies d’une manière différente de la vie que nous expérimentons ici sur terre.

 

 

***

GEORGE E

 

Je travaillais dans le bâtiment à Puerto Rico. C’était en 1967. J’avais 17 ans, pas d’argent. J’ai contracté un cas grave de gastro-entérite, on m’a donné un flacon de pilules et je suis retourné dans la chambre où je vivais. J’avais la diarrhée la plus grave qu’on puisse imaginer, je perdais de l’eau à une vitesse fantastique.

Le huitième jour de cette souffrance, j’ai paru flotter tout droit vers le haut, hors de mon corps. J’ai donc regardé ce corps toujours allongé dans le lit tel un cadavre, et j’ai dit : « Oh, merde ! Je suis mort » !! Fondamentalement, j’étais abattu. Mais la seconde suivante, j’ai pensé : « Hé ! Si je suis mort, qui pense ces pensées » ?? Je me suis donc calmé et me suis senti très bien, en pensant : « Eh bien, c’est sûr, c’est plus fort qu’être malade comme un chien, sans problème ». Donc, je flottais dans la chambre, d’accord ? Il faisait jour. A l’extérieur, il y avait une église, c’était à Rio Pedras, à Puerto Rico, près de l’université. Les cloches se sont mises à sonner. C’était normal. J’ai ressenti une forte pulsion pour le vérifier, j’ai donc flotté vers l’extérieur par la fenêtre. Dehors, la luminosité était éblouissante. Extraordinaire ! C’était INCROYABLEMENT LUMINEUX.

En bref, il était difficile de voir. Ne me demandez pas : voir avec quoi ?… parce que je n’en ai aucune idée, mes yeux étant restés dans mon corps. Néanmoins, je voyais le clocher de l’église, j’en ai fait le tour. A ce moment, je me sentais très joyeux. Je flottais de ci, de là, libéré de mon corps ! Deux choses m’ont alors frappé à cet instant : premièrement, mon corps n’est pas MOI... ce n’est qu’un corps ; deuxièmement, tout ce truc sur le paradis et l’enfer est un non-sens, on flotte tous paisiblement car l’esprit perdure. C’était une chose extraordinaire de le savoir. Toutefois, mon corps a finalement manqué à une partie de moi-même. J’y suis retourné, je m’y suis suis en quelque sorte allongé. J’ai dormi.

Dans mon souvenir suivant, la maladie avait cédé et je me rétablissais.

A la suite de cette expérience, j’ai réfléchi au moment où l’esprit perdure, lorsque nous « partons paisiblement ». Et je pense maintenant que ce n’était qu’un genre d’effet biochimique, et qu’il n’y avait rien, là, de surnaturel... j’accepte l’idée qu’il pourrait s’agir d’un genre d’hallucination Pourtant cela paraissait très authentique, à l’époque. Donc, en ce qui concerne la signification réelle des Sorties Hors du Corps, je ne sais tout simplement pas. Mais je n’ai plus craint la mort en soi au cours de ma vie, et j’en éprouve une grande reconnaissance.

*

Cette expérience ressemblait à un rêve... je VOLAIS, cela ressemble donc bigrement à un rêve. J’étais complètement désincarné. J’ai vu mon corps sur le lit. Au début, je ressentais de l’angoisse. Ensuite, joie... et une sorte de curiosité.

J’ai entendu le son des cloches de l’église et vu une lumière très brillante, aveuglante en fait, comme lorsqu’on est environné par la lumière d’un soleil très brillant.

Je me suis envolé par la fenêtre, c’était très agréable... tout paraissait normal, tout simplement. J’entendais, je voyais etc... je ne peux pas dire si j’avais une sensation de toucher. En fait, je pourrais dire qu’il n’y avait PAS de sensation ni de toucher. Mais ce n’était pas comme un engourdissement.

J’ai conclu de cette expérience qu’il s’agissait d’une bonne blague vis à vis du christianisme, que le paradis et l’enfer étaient à l’évidence faux et sans réalité, cela m’a amusé et m’a plu, que ces gens aient été tellement dans l’erreur et si stupides. J’ai été comme étourdi par le fait de savoir que la mort était si aisée, si agréable. C’est ce que je ressentais à l’époque, il s’agissait seulement de partir en flottant.

J’ai décidé de retourner dans mon corps. J’ai pensé : « Bon, c’est super, mais ça suffit, je vais juste aller m’allonger dans mon corps, si je suis mort, pas de problème, sinon, ça me va aussi ».

Je suis devenu un athée et non pratiquant encore plus convaincu. Auparavant j’étais incertain sur ce que revendiquent les religions, mais par la suite j’ai pensé : « Ces types ne sont que des artistes de l’escroquerie, il n’ont aucune preuve ce qu’ils avancent ». Cela m’a peut-être rendu plus serein, et m’a certainement fait devenir anti-religieux d’une manière plus tranchée. Je n’ai pas peur de la mort. Je ne mets pas vraiment l’accent sur la dimension spirituelle supposée, je n’en ai pas parlé à beaucoup, mais j’ai dit à quelques uns qu’il n’y a rien à redouter de la mort, que nous allons partir en flottant paisiblement.

Après des années de réflexion sur le sujet, je ne pense pas que mon expérience constitue quelque chose qui tende à prouver que l’esprit ou l’âme, ou la pensée survive après la mort. Je pensais à l’époque que c’était ce que mon expérience démontrait, mais maintenant j’ai tendance à penser qu’il s’agit simplement d’un phénomène biochimique. De toutes façons, cela n’a pas vraiment une grande importance.

 

 

***

GERALDINE O

 

Il était 6 h 30, et je venais de passer une nuit difficile. J’étais assise sur une chaise en train de regarder ma petite-fille qui envoyait des bulles de savon à la tête du chat. Je me suis penchée en avant, et... je me suis retrouvée dans un épais brouillard gris. Je luttais pour en sortir, quand tout à coup je m’en suis libérée : j’étais hors de mon corps et je le regardais, en bas sur le plancher, près de la porte ouverte des toilettes. Je gisais sur le côté gauche.

J’étais debout... ou peut-être flottais-je là, au dessus... mais je possédais toujours un corps, distinct de celui qui était sur le sol. Je me rappelle d’avoir étendu les bras sous le choc, en disant : « Qu’est-ce qui s’est passé ? Est-ce que j’ai eu une attaque » ? J’étais très choquée. Puis, je (mon corps spirituel) me suis retournée et je suis partie.

Je me suis retrouvée dans un endroit très obscur. Je n’avais pas peur car je savais qu’il n’y avait rien dans le noir. C’était seulement une obscurité veloutée. Je ne me souviens pas de grand-chose jusqu’au moment de partir. J’ai été aspirée dans un tunnel. J’étais entraînée en arrière, en direction opposée d’une lumière. Il y avait des gens qui semblaient se tenir sur une plate-forme à gauche du tunnel. C’était comme s’ils me regardaient partir dans un train depuis le quai... j’ai entendu leurs paroles : « Souviens-toi de trois, souviens-toi de trois ». Immédiatement après, je me suis retrouvée dans le service des Soins Intensifs de l’hôpital local.

Je m’efforce toujours de me rappeler de « trois », mais l’une des choses dont je me souviens, c’est que le temps n’existe pas vraiment. Ce n’est qu’une unité de mesure utilisée par nous, qui nous qualifions de « vivants ».

*

Ce n’était pas un rêve. Je pense que c’est maintenant que nous rêvons... le rêve, c’est ici. Je suis revenue en sachant que le temps n’est pas réel. Les choses matérielles n’ont jamais été importantes, elles le sont encore moins maintenant. J’ignore si cela vient de l’EMI ou s’il faut l’attribuer à l’âge.

Le meilleur : la confirmation de l’au-delà. Le pire : le traumatisme de ma petite-fille de 8 ans qui m’a vu mourir. Deux fois, je me suis réveillée pendant la nuit en train de flotter au dessus de mon lit.

 

 

***

GUENTER W

 

J’ignore l’âge exact auquel j’ai vécu cette expérience, mais tout s’est passé dans notre nouveau logement, je devais donc avoir au moins 11 ans. Ce jour là, j’ai quitté l’appartement situé au premier, quand j’ai tout à coup entendu une voix derrière moi. Je me suis retourné prestement, mais il n’y avait personne.

La voix me disait, en substance, que la qualité du monde que je connaissais n’était rien en comparaison de celui qu’elle était en mesure de me montrer. « C’est insensé »... me suis-je dit, et j’ai commencé, turbulent et joyeux, à dévaler les escaliers. Il ne me restait que quelques marches lorsque j’ai sauté en l’air, me cognant la tête contre le plafond.

L’impact de ce choc m’a fait tomber sur les genoux, et j’ai rapidement perdu connaissance. Je suis tombé dans une obscurité profonde. Je me souviens d’être passé dans une sorte de tuyau noir. Au bout de celui-ci, j’ai senti que j’étais tiré en arrière par une force mystérieuse à laquelle j’ai résisté, parce que je ne voulais pas repasser par le tuyau noir. J’ai avancé et je me suis soudain retrouvé dans un espace gris.

Je ne savais pas où j’étais. En regardant autour, j’ai vu au loin quelqu’un qui venait lentement vers moi. En fait je n’ai pas du tout vu de silhouette parce qu’il n’y avait rien à voir. Cependant, j’ai senti qu’une silhouette grise se trouvait là. Je savais avec certitude que quelqu’un était là. J’ai dit : « Je me suis perdu. Pourriez-vous me montrer le chemin du retour » ?

Immédiatement après, je me suis retrouvé gisant sur le sol de la cave. J’ai entendu un bruit de sonnerie très pénible qui devenait de plus en plus intense. Puis le bruit s’est arrêté et soudain, je me suis rendu compte que du tissu semblable à de la gaze s’échappait lentement de ma tête. Il a pris la forme d’un très long bas, flottant juste au dessus de moi avec une légère inclinaison. J’étais très gêné, parce que je ne voulais pas être vu par quiconque avec ce tissu pareil à de la gaze qui sortait de moi sans que je puisse rien faire et s’accumulait sous le plafond.

Je ne ressentais absolument aucune douleur. Et soudain, j’ai réalisé que je me trouvais hors de mon corps. Cela a dû se produire au moment où la fuite s’est arrêtée. J’ai vu un corps gisant sur le sol, il ne pouvait s’agir que du mien.

Je tremblais et j’ai rapidement souhaité retourner à mon corps et à sa chaleur. C’est alors que j’ai entendu quelqu’un dire : « Stop ! Avant d’y retourner, regarde comment c’est dehors » ! Je n’ai prêté aucune attention à cette voix qui, pourtant, était tout à fait proche. Mais je ne pouvais voir aucun corps physique, le mien excepté. Puis je l’ai entendue à nouveau. Elle me priait avec insistance. « S’il te plaît, ne repars pas, je t’en prie. Pourquoi ne veux-tu pas essayer d’abord tes nouvelles facultés ? Tu pourras toujours repartir si elle ne te plaisent pas ».

J’ai hésité. Après tout, cette voix avait raison. Pourquoi n’essaierais-je pas ? La voix a dit alors promptement : « Teste ton esprit ! Si tu le fais, tu découvriras que tu peux penser d’une manière dont tu n’as jamais fait l’expérience auparavant ». De nouveau, la voix avait raison. Je pouvais vraiment penser très lucidement, j’étais capable de comprendre très rapidement avec une rectitude qui ne laissait aucune place au doute.

Puis, j’ai entendu la voix à nouveau : « Si tu veux bien rester en dehors de ton corps, tu vas faire un voyage merveilleux, tu verras beaucoup de choses intéressantes. Cependant, tu dois te décider rapidement ! Donc, dépêche-toi » !

Finalement, j’ai commencé à prendre toute la situation en considération. C’était vraiment à moi de décider si je voulais retourner à mon corps et vivre la vie sur Terre, avec toutes ses limitations et toutes ses joies, ou bien si je voulais rester en dehors, dans cet état de pensée claire. A nouveau la voix m’a recommandé de me dépêcher et de lui dire si je m’étais décidé.

J’ai cédé. J’ai choisi de rester en dehors, et j’ai immédiatement réalisé que le corps devait mourir, ce qui signifiait la destruction totale par décomposition. J’ai pensé : « Que c’est triste pour ma mère » ! En ce qui me concernait, je n’éprouvais aucun regret, car mon corps n’était plus pour moi qu’une enveloppe, un fardeau duquel je m’étais libéré au moment où j’avais décidé de rester en dehors.

C’est alors que je me suis rendu compte que je pouvais me déplacer librement d’une façon que je n’avais jamais connue auparavant. J’ai flotté tout droit à travers les murs de notre maison et vers le haut dans le ciel. Au loin, j’ai vu une grande boule lumineuse, c’était le soleil. Je me sentais irrésistiblement attiré vers lui, par sa luminosité, je voulais aller directement dedans. Je venais à peine de penser cela que j’ai heurté quelque chose qui m’a catapulté loin dans l’obscurité.

J’ai essayé encore une fois, mais cela s’est reproduit. J’ai rapidement appris qu’il devait y avoir une barrière invisible que je pouvais seulement approcher mais pas traverser. J’ai fait une autre tentative, mais cette fois je me suis arrêté juste devant cette barrière afin de regarder le soleil, il brillait alors d’une lueur rougeâtre. Sa taille était relativement petite car il me fallait le regarder depuis une certaine distance déterminée par cette barrière invisible. Toujours est-il que la luminosité rougeâtre du soleil ne me satisfaisait pas du tout.

Soudain la voix a dit : « Il y a d’autres lumières » !... et tandis que je regardais autour de moi, j’ai vu au loin une multitude d’autres lumières, elle brillaient beaucoup plus que le soleil de la Terre. J’ai désiré être avec ces lumières... et, bien qu’elle se soient trouvées très, très loin, j’ai pu les atteindre en un instant ! Cependant, chacune d’entre elles possédait sa propre barrière efficace, me renvoyant à nouveau dans l’obscurité chaque fois que j’essayais d’en approcher.

Prendre contact avec ces barrières était très déplaisant, car à chaque fois que je les touchais, tout mon être était violemment secoué. Tout à coup, la voix a dit : « Recherche une seule lumière brillante et approche-toi d’elle lentement ». J’ai donc choisi une lumière dont la luminosité était beaucoup plus grande que toutes celles qui se trouvaient autour d’elle, et je l’ai approchée avec beaucoup de précautions. J’ai vu une énorme boule brûlant de façon incroyablement brillante. La voix m’a dit qu’il s’agissait de l’une des nombreuses étoiles que j’avais vues depuis la Terre. J’ai observé cette boule longtemps, jusqu’à ce que je ne puisse plus la regarder.

Alors, je me suis retiré à nouveau dans l’obscurité. J’ai commencé à réfléchir à la situation. Je ne pouvais pas rester éternellement dans cette obscurité. Il devait y avoir une façon d’en sortir. J’ai regardé autour de moi et j’ai vu un autre amas d’étoiles étrangement tordu. Je voulais m’y rendre, mais j’ai entendu la voix dire : « Elles sont toutes pareilles. Va vers le haut » ! J’ignorais où se trouvait le haut mais j’ai quand même essayé, avec succès... car très loin j’ai vu une ligne scintillant sur l’obscurité. Je voulais y aller en dépit de l’incroyable immensité de la distance, mais je ne voulais aller que jusqu’au bord de cette ligne, parce que j’ignorais si elle comportait une barrière ou non.

J’ai couvert la distance instantanément. Cette fois il n’y a eu aucune barrière pour me repousser. La lumière provenait d’un autre monde (alors que notre monde est obscur avec des lumières à l’intérieur, cet autre monde est brillant). Je n’ai cependant pas pu y pénétrer. Je me suis déplacé dans toutes les directions, tentant de découvrir un passage vers lui. Je me suis rapidement rendu compte qu’il n’y avait qu’une seule possibilité : plonger dans l’abysse obscure qui se trouvait juste devant moi...

J’hésitais. Je n’avais pas le courage de sauter. Mais j’ai tout à coup entendu à nouveau la voix : « Il n’y a pas d’autre manière ! Tu dois sauter ! Saute ! Saute » !... et j’ai sauté. Je ne sais pas ce qui s’est passé ensuite, mais je me souviens très nettement m’être soudain retrouvé en train de me déplacer à une vitesse énorme dans un tunnel d’obscurité où j’étais entré la tête la première. Tout mon être était dans une sorte de cylindre ou de tuyau et je fonçais dans ce tunnel comme une capsule dans un tube de la poste pneumatique. J’avançais de plus en plus vite, jusqu’à ce que je sois éjecté loin à l’intérieur de ce nouvel univers. A l’obscurité s’est immédiatement substituée une sorte de faible luminosité (si je puis m’exprimer ainsi).

J’ai très violemment roulé sur moi-même plusieurs fois, jusqu’à ce que je me sente ralenti par ce nouveau monde. Je me souviens avoir pensé : « Pourquoi me traite-t-on si durement » ?... alors que je sentais ce nouveau monde se refermer sur moi, l’ancien monde se retirait simultanément jusqu’à ce que je sois totalement englobé dans le nouveau.

Pendant que j’étais éjecté, j’ai entendu la voix me crier : « Voilà ton monde ! Tu n’es pas de chez nous ! Tu dois rester dans ce monde ! N’essaie jamais de revenir » ! Je me suis retourné et j’ai vu un morceau du monde noir qui se retirait vers l’ouverture dans laquelle il fut finalement aspiré, j’avais dû l’entraîner derrière moi en étant éjecté. Au moment où l’ancien monde a été rejeté à l’extérieur, j’ai immédiatement été absorbé par le nouveau, à tel point, que j’étais totalement convaincu de ne pouvoir dorénavant exister que dans ce nouveau monde. De toute manière, je n’avais pas le choix. Le monde noir avait disparu. Je faisais maintenant indissociablement partie de ce nouveau monde.

J’ai pensé : « Quelle fripouille cette voix ! Il m’a trahi en me forçant à aller dans ce monde. On ne peut pas en sortir ! C’est pour toujours ! J’espère que je vais pouvoir respirer, ne pas étouffer et mourir ». J’ai donc essayé de respirer, mais je me suis vite rendu compte qu’il n’était pas nécessaire de respirer. Je pouvais exister, tout simplement. Tant que je m’étais trouvé dans le monde noir, d’ailleurs, je n’avais jamais pensé à respirer.

Ainsi que je l’ai dit plus haut, tout était légèrement lumineux autour de moi. Malgré la luminosité, je ne voyais pas avec netteté. Le choc causé par l’aspect définitif de l’état dans lequel je me trouvais était écrasant. Bien que j’aie eu la sensation de faire partie de ce nouveau monde, je n’en connaissais rien. Je me sentais extrêmement seul, trahi, tout petit, insignifiant. Aucune autre âme nulle part. Je me suis mis à pleurer sur mon sort. Je ne savais pas quoi faire. Je me sentais très malheureux. Je pouvais tout de même me déplacer librement, quel que soit l’endroit souhaité. Et alors ! Où devais-je aller ? Il n’y avait personne. Pas un chat !

Et pourtant... il y avait des voix très, très lointaines ! En fait, j’entendais deux voix. Je les entendais dire, avec une incrédulité totale, quelque chose comme : « Regarde, regarde, il y a une petite âme ! Regarde, il y a une jeune âme ! Qu’est-ce qu’elle fait là ? Comment est-elle arrivée ici » ? Les voix, dans ce monde, n’étaient en fait pas du tout des voix. Quelque chose était pensé et immédiatement je comprenais ce dont on parlait. Ce que je rapporte maintenant, se sont des impressions et non la signification de véritables mots. Ces impressions étaient toutefois tellement nettes que je ne pouvais avoir aucun doute.

J’ai continué à me plaindre de ne connaître personne dans ce monde brillant, d’avoir été forcé à venir ici. Les voix se sont rapprochées. Mais je ne voyais personne. Je ressentais seulement leur présence, ce qui me convenait très bien. Je savais dès lors, qu’il y avait dans ce monde des êtres avec lesquels j’étais en mesure de communiquer. Des êtres qui étaient à la fois inconnus et néanmoins amicaux.

Ces êtres me pressaient de retourner d’où j’étais venu. J’ai pensé que c’était tout à fait ridicule, car je faisais maintenant partie de ce nouveau monde. De plus, même si j’avais vraiment voulu repartir, ce qui était impossible, comment aurais-je procédé ? Même si je réussissais à retrouver le chemin du retour, je n’avais pas la moindre idée de l’emplacement de la Terre, mon monde d’origine. J’ai ensuite senti qu’ils voulaient me forcer à sortir de ce monde. J’en ai été très contrarié et j’ai pensé : « Personne ne peut me forcer à quitter ce monde. J’ai le droit de rester ici, parce que j’en fais partie ».

Les deux êtres ont dû comprendre ce que je pensais, car je ne pouvais plus déceler leurs voix. Puis l’un des êtres m’a guidé (j’ignore comment) vers un endroit que je n’avais pas vu auparavant. L’autre avait dû partir chercher de l’aide, tentant de trouver la meilleure approche pour traiter une situation telle que celle-ci.

Cet endroit s’est avéré être une prairie avec de nombreuses fleurs. C’était une merveilleuse prairie, mais je savais que ce n’était que l’image d’une prairie, invoquée je ne sais comment et suspendue dans ce nouveau monde. L’être m’a demandé de jouer dans la prairie, mais je ne pouvais pas. Je ne savais tout simplement pas comment faire.

Tout à coup, j’ai remarqué une petite lumière brillante très loin dans le « ciel », mais qui s’approchait rapidement. Elle avait la forme d’une boule et elle était d’une intensité lumineuse indescriptible. J’ai essayé de me protéger les yeux, mais je n’en avais pas besoin. Malgré son incroyable luminosité, elle ne m’aveuglait absolument pas.

La lumière s’est alors arrêtée à une certaine distance, juste au dessus de moi. C’était un soleil, de la même taille environ que le soleil de notre monde, mais il était incomparablement plus brillant. J’ai continué à ne pas quitter ce soleil des yeux, me demandant comment une lumière pouvait posséder une telle luminosité (la luminosité de celles du monde noir était également intense, mais d’une nature différente). Soudain, je me suis rendu compte qu’il m’examinait de très près. C’est alors qu’il s’est ouvert, un rayon est venu m’inonder et je l’ai entendu me crier : « Je peux te détruire si tu ne dis pas la vérité au sujet de ta présence ici » ! J’ai répondu : « Mais je ne sais rien d’autre que la vérité » !

Quelque chose s’est alors produit que, jamais, jamais, je n’oublierai : de l’amour, un amour pur, extrême, s’est déversé sur moi avec une incroyable chaleur. Toute mon âme ou mon être était plongé dans cet amour. Il m’a élevé et m’a donné un baiser sur la bouche. Cet être de lumière m’aimait profondément, infiniment et de plus en plus intensément. J’étais heureux ! J’aurais pu rester éternellement dans ce rayon d’amour. Si mon histoire avait été un mensonge, l’être de lumière m’aurait annihilé. De toute façon, j’avais la conscience tranquille, il n’y avait donc aucune raison de craindre quoi que ce soit.

Progressivement, l’amour s’est affaibli, j’ai senti que quelque chose n’allait pas chez moi. Quelque chose qui rendait très difficile à l’être de lumière de continuer à m’aimer. Il essayait de ne pas m’en dire la raison. Toutefois, il n’a finalement pas pu continuer plus longtemps et, rapidement, il a dit : « Tu as mauvaise haleine » ! Et : « Tu as besoin d’un bain ». J’ai eu la sensation de devoir prendre un bain similaire à ceux dont j’avais l’habitude sur terre, mais en immergeant tout le corps. On m’a fait comprendre que ce processus allait être déplaisant, mais que je pourrais le stopper s’il était trop pénible à supporter.

Bien que je n’aie pas été en mesure d’en comprendre la raison, j’étais prêt à faire ce que l’être de lumière voulait que je fasse. J’ai été soulevé et installé dans une lumière rouge. J’ai fermé les yeux. Je ne sentais rien. Je n’avais pas la notion du temps s’écoulant dans cet état. Cependant, après quelque temps, je me suis rendu compte que j’étais bousculé plutôt rudement. C’était comme si je m’étais trouvé dans une machine à laver. J’ai crié : « Je crois que cela suffit » !

Immédiatement je me suis senti redescendre, l’amour et la chaleur ont été interrompus, mais je suis resté dans le rayon (ou la sphère). Et tout à coup le soleil a disparu. A sa place, j’ai vu une lune. Je me trouvais dans un monde différent. Tout était noir, sauf la lune qui était juste en face de moi. Elle était beaucoup plus claire et plus rayonnante que la lune de notre monde. Elle ne comportait aucune trace d’obscurité. La lune était entourée d’un diadème de petites étoiles lumineuses. J’avais les yeux fixés sur cette lune brillante lorsque j’ai éprouvé une étrange sensation qui entrait par l’œil gauche et s’étendait dans les plus profonds recoins de mon cerveau. Je me suis interrogé sur le fait de pouvoir distinctement voir la lune de l’œil gauche (il avait toujours été plus faible que le droit), j’ai tout à coup réalisé que juste devant moi se trouvaient les réponses à toutes les questions qu’on peut se poser sur Terre. Cela m’a beaucoup enthousiasmé, j’ai tenté de localiser l’endroit, car je voulais en informer les chercheurs sur Terre afin qu’ils puissent venir voir cet endroit extraordinaire.

J’ai essayé de le situer en regardant à gauche de la lune et en comptant les petites étoiles lumineuses. Tout en le faisant, je me suis rendu compte qu’en fait d’étoiles, il s’agissait de petites lunes. De nouveau, j’ai regardé à gauche de la lune. Plus je regardais, plus il apparaissait de petites lunes alignées l’une derrière l’autre. Il n’y avait aucun espoir de localiser cet endroit. J’ai ensuite commencé à avoir froid, je tremblais, je me suis souvenu du soleil de notre monde, de sa chaleur qui pouvait parfois être trop importante mais qui, dans l’ensemble, donnait la vie. Je voulais désespérément retourner vers le soleil vivant et brillant. C’est seulement alors que j’ai réalisé que je regardais la lune de l’œil gauche et que j’avais fermé l’œil droit. J’ai voulu ouvrir l’œil droit pour revoir le soleil, mais j’en étais incapable.

Je voulais abandonner la lune qui ne m’intéressait plus, je voulais revenir vers le soleil brillant et vivant. J’ai essayé très fort, inutilement. Je ressentais même une douleur très désagréable dans la tête. Cependant, la lune avec son environnement noir a disparu tout à coup, et j’ai revu le soleil à la luminosité incroyable. Il a commencé à se déplacer en arrière, changeant ses couleurs en un rouge sombre profond, et il a continué à reculer dans le ciel jusqu’à devenir une très petite lumière rouge (comme un point). Puis il a commencé à bouger très rapidement. A un moment, j’ai vu le soleil brillant à gauche, puis le soleil rouge à droite... pour ainsi dire dansant de gauche à droite et de droite à gauche.

J’avais le sentiment que le soleil voulait communiquer avec moi. J’ai pensé que, là bas, les soleils ne pouvaient pas parler mais seulement vagabonder, qu’il s’agissait de leur manière de parler. Ensuite, ils se sont arrêtés et j’ai vu le soleil brillant devant le petit soleil rouge. Cependant, je ne parvenais pas à déterminer ce que tout cela signifiait. Je considérais tout ce spectacle plus comme une pièce amusante et divertissante qu’autre chose. Pourtant, ce n’était pas drôle du tout. J’ai tout à coup senti que je devais être transféré à nouveau dans le monde avec la lune brillante, je me suis souvenu de la douleur désagréable et du froid que j’avais subi là-bas.

Soudain, j’ai réalisé que le soleil brillant devant moi était la lune brillante et que le soleil rouge maîtrisait la lune avec sûreté, formant en fait un soleil unique. C’était le message que le soleil avait voulu communiquer. Ensuite, l’être de lumière a voulu me parler seul à seul. Il m’a placé au sommet d’une haute montagne, où j’ai dû m’asseoir sur un grand quartier de roche.

Je lui ai demandé pourquoi il avait voulu me détruire, il m’a dit que là-bas aussi existaient des êtres malfaisants mais très puissants et rusés, ils étaient ses ennemis, contre lesquels il avait lutté constamment. Il m’a également dit que je devais avertir mon monde à leur sujet, j’ai immédiatement approuvé en hochant la tête. Il a dit que ses ennemis avaient voulu utiliser une ruse contre lui en m’utilisant comme un genre de piège. Il devait défendre ce monde et le monde noir également. Son monde, toutefois, serait beaucoup plus facile à défendre pour lui, parce que les êtres malfaisants n’y avaient aucun pouvoir. Mais lui n’avait pas de pouvoir sur le monde noir.

Je me suis rendu compte que j’avais été positionné de manière à surplomber une immense étendue de nuages merveilleusement illuminés par en dessous. Tout à coup, un éclair, dont la luminosité était bien plus grande que celle du monde brillant, a attiré mon regard vers le haut. Puis un grand boum a suivi, mais je n’étais absolument pas perturbé. A l’horizon, j’ai vu de la fumée jaillir hors des nuages et prendre progressivement la forme d’un champignon. Il a grandi et s’est illuminé de plus en plus. J’étais fortement impressionné.

Soudain, tout a disparu. J’ai entendu l’être de lumière s’exclamer : « Regarde là-bas » ! Je me suis retourné, j’ai entendu hurler, j’ai vu des flammes et de la fumée qui m’environnaient presque. Je ne comprenais pas de quoi il s’agissait, quand l’être de lumière a crié brusquement : « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour empêcher cela de se produire » ! Puis, tout a été terminé. De nouveau, l’être de lumière éclatante a voulu parler de ses ennemis. Mais j’étais encore très troublé par ce qui venait juste de se passer. J’ai donc pensé : « Oh non, pas encore » !

L’être de lumière m’a informé que cette guerre était en cours depuis très longtemps, que les êtres malfaisants étaient devenus de plus en plus puissants. Si les choses continuaient ainsi, il ne voyait aucun moyen de les empêcher de s’emparer de tout. Il a dit que si l’ennemi avait vraiment réussi à pénétrer dans son monde, la guerre aurait été perdue. Il aurait sans nul doute été assez puissant pour les repousser mais, à long terme, la guerre aurait été perdue. Il avait vraiment peur de perdre cette guerre.

Ensuite il m’a été annoncé qu’il avait besoin de mon aide. Je voulais l’aider et j’ai répondu : « Oui, mais comment » ? Il a répondu que la seule manière dont je pouvais l’aider, c’était de repartir, de raconter dans mon monde ce qui m’est arrivé. Pour moi cela a été un choc total de l’entendre dire cela, car je ne voulais pas repartir. J’étais tellement déprimé que je me suis presque mis à pleurer.

Tout à coup, il m’a demandé : « Voudrais-tu savoir ce qui va t’arriver plus tard dans la vie » ? J’ai levé les yeux et j’ai répondu avec enthousiasme : « Oui, j’aimerais beaucoup ». Il a dit : « Tu vas devenir enseignant ». Dans une certaine mesure, j’étais déçu, j’ai répété : « Enseignant » ? Il a répondu : « Imagine un enseignant dans ton monde et montre-moi ce que c’est qu’enseigner ». J’ai imaginé tout à fait nettement un instituteur debout devant ses élèves et donnant des cours. L’être de lumière a dit : « Non, pas ce genre d’enseignant ». J’ai ensuite pensé à un professeur universitaire donnant une conférence à ses étudiants. L’être de lumière a déclaré : « Non, pas ce type d’enseignant. Tu vas enseigner aux professeurs de l’université » !

J’étais surpris et je n’arrivais presque pas à le croire. De plus, je considérais cela comme particulièrement difficile. J’ai imaginé une carte de mon monde et je me suis vu, dans ma vie à venir, aller de ville en ville, d’université en université, enseignant aux professeurs d’université de mon monde. Mais l’être de lumière a dit : « Non, pas comme cela. Ils viendront à toi » ! J’ai demandé : « Dans ma maison » ? Il a répondu : « Oui, imagine une situation de ce genre ». J’ai imaginé notre maison sur la Terre, notre salon, je me suis vu assis sur un chaise, faisant face à un professeur à l’air très sérieux et respectable, essayant de lui enseigner. Cependant, j’ai échoué. J’étais trop gêné et timide. J’ai dit : « Je ne crois pas être suffisamment intelligent pour le faire. En plus, j’ai un problème pour parler ». Il a répondu tu vas devenir un nouveau genre d’enseignant, je vais t’expliquer dans un instant ».

Il s’est alors interrompu, j’ai regardé vers le haut, je me suis vu allongé sur un lit d’hôpital qu’un membre de l’équipe médicale poussait dans un long couloir. Légèrement inquiet, j’ai demandé « Est-ce que je suis malade » ? L’être de lumière a répondu : « Non ! Juste un peu perturbé. On va t’emmener à l’hôpital où tu recevras une injection et tu tomberas dans un sommeil très profond ». Je n’étais plus inquiet, l’être de lumière a dit : « Mais je vais t’expliquer ce qu’est ce nouveau type d’enseignant. Tu vas enseigner en étant plongé dans un genre de sommeil. Il ne s’agira pas du type de sommeil que tu connais. Pendant que tu dormiras, tu pourras entendre et parler, on viendra te voir pour te poser des questions ». J’étais très impressionné, mais inquiet également. J’ai donc demandé : « Est-ce que j’aurai mal pendant ce processus » ? Il a répondu : « Non, cela ne te fera pas mal ».

Je me suis progressivement habitué à l’idée de devenir enseignant. J’ai donc demandé : « Est-ce qu’ils apprendront aussi leurs leçons » ? Une expression suggestive est apparue sur son visage, signifiant qu’il n’en était pas sûr. Je lui ai posé une autre question : « Est-ce que je leur enseignerai également lorsque je serai éveillé » ? Il a répondu : « Non. Bien sûr tu leur parleras quand tu seras éveillé, Mais ce que tu diras pendant ton sommeil sera d’une importance bien plus grande ».

Il m’a ensuite montré une pièce dans laquelle je me suis vu assis sur une chaise, parlant à quelqu’un. En fait je ne me suis pas vu moi-même et je n’ai pas vu non plus la personne à laquelle je parlais. Néanmoins, je savais parfaitement qu’il en était ainsi, car je me trouvais alors dans cette pièce en train de regarder autour de moi. J’ai vu une table basse, des livres sur les murs, deux fenêtres, et des rideaux qui bougeaient devant une fenêtre à cause d’un léger courant d’air.

Tout à coup, la pièce a disparu et l’être de lumière a dit : « Avant de faire cela, du devras écrire tout ce qui t’est arrivé. Chaque détail. Tu devras faire un rapport scientifique ». j’ai répondu : « Bien sûr ». L’être de lumière a également ajouté : « Mais je crains que tu oublies tout ». Incrédule, j’ai secoué la tête. Il a dit : « Tu n’es même pas capable de me dire maintenant comment tu es arrivé ici ». Je ne parvenais pas à le croire et j’ai essayé de me souvenir de ce qui s’était produit sur la Terre. Or, à ma grande surprise, j’étais incapable de me le rappeler. L’être de lumière a dit : « Ne t’inquiète pas. Un livre t’aidera. En fait, il y aura deux livres, mais le premier sera plus important. D’ailleurs, tu auras beaucoup de livres ».

Soudain, l’être de lumière est devenu presque enthousiaste, il a dit que j’allais être le premier enseignant d’un nouveau genre, qu’il y en aurait beaucoup d’autres à venir. J’étais déçu de l’entendre dire cela. Cependant, l’être de lumière a voulu me montrer ce que cela signifiait d’être le premier. Il m’a demandé : « Combien penses-tu qu’il y ait de personnes dans ton monde » ? J’ai fait un essai en disant : « 40 millions, peut-être ? ». Il a répondu : « Non, beaucoup plus. Tu ne dois pas seulement penser à ceux qui sont en vie, prends en compte tous les êtres humains qui sont décédés et tu obtiendras un nombre immense de personnes. Revenons en arrière dans le temps, aussi loin que possible, dis moi jusqu’où nous devons remonter ». J’ai suggéré : « Le Moyen-âge » ? « Non, plus loin ». « La naissance du Christ » ? Non, avant ». J’ai beaucoup réfléchi, « Adam et Eve » ? « Non, ce n’est pas cela. Remonte plus loin dans le temps et pense à ce que tu as appris dans tes leçons d’histoire ».

J’ai réfléchi pendant quelques instants. Finalement, je me suis exclamé : « L’Age de pierre » ! Il a été déçu et il a dit : « Tu aurais dû le savoir, mais je pense que l’Age de pierre fera l’affaire ». Il m’a alors dit qu’à cette époque peu d’hommes vivaient sur terre. Par contre, ils étaient libres d’aller là où ils le souhaitaient, il n’y avait pas de frontières qui les auraient empêché de vagabonder. J’ai dit : « Comme c’était bien ». J’imaginais une carte d’Europe, vue dans mon atlas, avec toutes ses frontières. Je n’ai pas eu beaucoup de temps pour y penser, car tout à coup, de retour sur Terre, j’ai vu des êtres humains.

Je regardais en contrebas un groupe de personnes, hommes et femmes, habillés de fourrures, assis autour d’un feu de camp. Je voyais une femme avec son bébé sur le dos, un homme debout en face du groupe et qui, à l’évidence, faisait un discours. Un autre homme se tenait un peu à l’écart. Soudain, j’ai entendu un fort cri de déception, et la voix gutturale de l’homme face au groupe. Je n’ai pas compris ce qu’il disait. La scène a disparu et l’être de lumière a dit : « Je vais traduire pour toi, mais tu dois te concentrer très fort ». J’étais tout à fait d’accord, car j’étais avide de savoir ce que cet homme disait. Par conséquent, j’ai commencé à me concentrer. L’être de lumière s’est exclamé : « Tu appelles cela de la concentration ? Tu dois te concentrer beaucoup plus » !

J’étais stupéfait de l’entendre dire cela, car je considérais ma première tentative comme tout à fait satisfaisante. Pourtant, il voulait que je fasse mieux. L’être de lumière a dit : « Faisons un autre essai » ! J’ai fermé les yeux et j’ai entamé une extrême concentration. Cependant, l’être de lumière n’était pas du tout satisfait. Il a dit : « Je pense que c’est inutile ». Toutefois, le ton de sa voix est soudain devenu très doux, il est venu près de moi et m’a dit tendrement : « La raison pour laquelle je te demande de te concentrer si fort, c’est que plus tard, tu dois être capable de tout raconter aussi précisément que possible. Tu dois donc te concentrer comme tu ne l’as jamais fait sur ce que cet homme va dire ».

Il a ajouté d’une voix différente qui trahissait sa déception : « Il s’agit de la dernière tentative. Si tu échoues cette fois-ci, il sera inutile d’essayer plus longtemps » ! J’étais déterminé à faire de mon mieux. J’ai à nouveau fermé les yeux et j’ai essayé de toutes mes forces d’écouter ce que j’étais censé entendre. Tout à coup, j’ai pu comprendre ce que disait l’homme : « Maintenant nous avons la preuve. Vous venez vous-mêmes de l’entendre. Ce que nous avions soupçonné est exact. Celui qui a entrepris la difficile mission de faire un voyage aussi dangereux vient de revenir, il a confirmé nos soupçons. Ils veulent nous résister. Nous ne l’accepterons pas. Je vous l’ai dit encore et encore. Le temps est maintenant venu de les combattre. Nous ne devons pas attendre qu’ils se soient renforcés. Ils sont encore faibles actuellement, c’est vrai. Mais pensez à l’avenir ! Il va nous falloir les attaquer maintenant ».

Ils s’adressait de manière absolument saisissante à un groupe de personnes. J’étais tout à fait impressionné, je pouvais très bien comprendre la raison pour laquelle il était forcé d’attaquer ses ennemis. Mais, j’ai soudain entendu l’autre homme qui se tenait à l’écart, il a dit : « Je suis avant tout un chasseur et je combats les animaux. Je ne vais pas me battre contre des gens faibles qui vont se mettre à fuir au moment même où ils nous verront. Tout chasseur perdrait fierté et honneur s’il faisait une chose pareille. Nous, les chasseurs, nous chassons les animaux qui sont bien plus dangereux. Beaucoup de chasseurs braves ont été blessés au cours de leurs luttes. Pourtant, nous sommes prêts et nous voulons bien prendre ce risque, car nous sommes chasseurs. Je ne combattrai jamais ces gringalets ».

En ce qui me concernait, je ne pouvais approuver ce qu’il disait. Après tout, on doit combattre ses ennemis. Je n’arrivais pas à comprendre qu’il soit plus honorable de se battre contre des animaux plutôt que contre des personnes. Cependant, je n’ai pas pu continuer à considérer cela, car mon regard a été attiré vers le sol qui s’est progressivement mis à bouger. Lentement au début, puis de plus en plus vite jusqu’à ce que je ne sois plus en mesure de distinguer les détails. Le mouvement s’est brusquement arrêté. J’ai vu une terre herbeuse devant moi... au loin il y avait la lisière d’une forêt de très grands arbres.

Soudain, je me suis retrouvé dans les bois. Bien qu’il m’ait été impossible de voir quoi que ce soit, je savais que je me trouvais dans cette forêt, plus exactement en plein milieu d’un village. J’entendais la voix de quelques personnes, j’ai entendu quelqu’un dire : « Nous ne pouvons pas toujours nous enfuir. Combien de fois avons-nous dû fuir ? Très, très souvent ! Quelles brutes ! Cette fois nous allons rester ! Cela ne peut pas continuer éternellement ainsi ».

Je pouvais sentir la crainte, l’angoisse. Ils auraient aimé fuir comme ils l’avaient fait si souvent auparavant. Cependant, cette fois-ci, ils avaient pris leur décision et ils essayaient de garder ferme leur résolution. Pourtant, ils étaient tous emplis de terreur. Des voix ont affirmé : « Ils mangent de la viande ! Imaginez cela ! De la viande ! En plus ils font d’énormes feux dans la prairie. Ils dansent autour des feux et ils se baignent dans le sang. Mais ce qui est bien pire : ils mangent de la viande. Rien que d’y penser ! Ils finiront par manger aussi notre chair ».

Une voix, celle d’une femme assise dans sa hutte, ne cessait de répéter encore et encore : « J’ai peur. J’ai terriblement peur. Oh, combien je suis terrifiée, je suis terrifiée, tellement terrifiée » ! Je pouvais nettement ressentir son angoisse. Sa peur grandissait de plus en plus. Elle n’arrêtait pas de dire : « J’ai peur, j’ai peur ». Sa peur a commencé à m’envahir. Au début j’ai pensé : « Pourquoi a-t-elle si peur ? Elle doit être hystérique. Comment diable, peut-on avoir autant peur » ?! Pourtant, je plongeais de plus en plus profondément dans son sentiment de pure terreur. Je ne pouvais pas le supporter plus longtemps ! J’ai pensé : « J’aimerais qu’elle arrête de s’angoisser maintenant »... car vraiment, c’était extrêmement désagréable.

Soudain, tout a été terminé, l’être de lumière m’a dit : « S’ils n’avaient rien fait, rien ne se serait passé. C’est la vérité ; tout aurait continué. Rien ne se serait produit. Ceci, en revanche, va encore conduire à d’autres morts » ! Il a insisté sur les mots « morts » et « encore ». Je ressentais une grande appréhension de la part de l’être de lumière à propos du grand nombre de morts, j’ai donc posé la question : « Encore » ? Car je pensais avoir observé les premiers êtres humains sur Terre. L’être de lumière a répondu : « Des centaines de milliers ». J’en étais stupéfait et je pouvais sentir à quel point l’être de lumière souffrait à cause du grand nombre de morts.

Je ne suis pas tout à fait certain de ce qui s’est produit ensuite, mais tout à coup j’ai entendu une voix tonitruante et colérique accuser l’humanité, moi compris, de détruire son jardin terrestre. Il criait : « J’ai créé pour vous, les êtres humains, un merveilleux jardin et vous détruisez tout. Les humains empoisonnent l’eau et l’air. Ils détruisent tout. Au début, les effets de leurs œuvres destructrices étaient limités. Mais c’est devenu de pire en pire. Ils détruisent tout ce qui leur tombe sous la main. Bien que l’Homme soit constamment en train de rechercher d’autres lieux, il n’a que celui-ci (la Terre). Vous devriez vous en rendre compte de vous-même. Si l’homme continue à tout détruire, il finira par faire exploser toute la Terre » ! J’étais totalement confondu.

Après quelques instants, l’être de lumière a dit : « Dis-moi que tu ne sais pas comment informer votre monde ». J’ai répondu : « Mais tu viens juste de me dire comment faire » ! Pourtant il a insisté en disant : « Maintenant, tu n’es de nouveau plus qu’un petit enfant ignorant, et qui ne sait pas comment faire » ! Je lui ai donc dit qu’étant un petit enfant ignorant, je ne savais pas comment informer mon monde. A ma grande surprise, l’être de lumière a répondu d’une voix brusque et colérique : « Tu sauras comment faire quand le moment sera venu ». Mais je ne voulais pas le quitter pour toujours. Je lui ai donc demandé si je pourrais revenir après avoir informé mon monde et rester en permanence avec lui. Il a répondu : « Non, tu dois repartir et vivre ».

Même si j’ignorais encore le chemin du retour, cette fois je n’avais plus aucun doute. Si l’être de lumière voulait que je reparte et que je vive, je devais tout simplement le faire. La manière d’y parvenir n’avait plus d’importance. Cet être de lumière avait le pouvoir absolu. Néanmoins, je ne comprenais toujours pas. J’ai supplié sans cesse : « Pourquoi ne puis-je pas revenir ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ne suis-je pas autorisé à rester au sein même de ton amour et de ta chaleur » ? L’être de lumière a répondu que personne ne pouvait rester en permanence auprès de lui.

Je n’étais toujours pas satisfait. S’il n’était pas possible de rester avec lui, je pourrais sûrement revenir et rester dans ce monde brillant dans lequel vivaient déjà les deux êtres ! Mais l’être de lumière a répété : « Non, tu dois repartir et vivre » ! « Mais alors, pourquoi ces deux êtres peuvent-ils rester » ? L’être de lumière a répondu que même ces deux êtres ne pouvaient rester en permanence. Ils n’étaient dans ce monde que pour apprendre. Il voulait que je sois son apprenti, être le maître et moi l’élève. Mais je ne voyais toujours pas ce que l’amour et l’apprentissage avaient à voir avec mon souhait de rester dans ce monde brillant.

Il est exact que je devais bien admettre ne pas aimer l’être de lumière, mais sans l’ombre d’un doute, je voulais apprendre tout ce qu’il souhaitait m’enseigner. C’est alors, qu’à ma grande consternation, il a commencé à se positionner plus loin dans le ciel, je ne pouvais plus ressentir sa présence, car le rayon s’était éteint. Je me suis soudain senti glacé et malheureux.

Cependant, l’un des autres êtres m’a demandé de regarder très attentivement un endroit particulier. En fait ils m’ont demandé avec insistance de ne pas bouger et de fixer mon regard sur cet endroit. J’ai fait ce qu’on me demandait et j’ai alors eu un passage en revue panoramique de mon existence. Très net et distinct. J’étais stupéfait ! Les images de ce film défilaient très rapidement, me montrant ma vie passée sur la Terre. Je comprenais instantanément tout ce qu’on me présentait (je ne me rappelle d’aucun détail, car il ne s’agissait que d’une expérience afin de tester ma capacité à vraiment comprendre ce que je regardais).

Les êtres m’ont demandé plusieurs fois si je comprenais nettement ce que l’on me montrait. J’ai répondu avec impatience : « Bien sûr, bien sûr » ! Car j’étais légèrement ennuyé par leurs questions (en communiquant avec les êtres, j’utilisais toujours ma bouche, tout comme sur Terre. Ce n’était pas le cas lorsque je parlais avec l’être de lumière).

Ensuite, l’être de lumière a recommencé à me montrer ma vie passée, mais cette fois-ci, l’accent était mis sur la qualité de mon âme pendant mon existence terrestre. Lorsque j’ai regardé ma vie passée pour la première fois, j’étais simplement heureux d’être en mesure de voir mon ancien monde ainsi que moi-même. Je considérais en fait plutôt cela comme un divertissement (je n’étais plus malheureux). Par contre, la deuxième fois, les évènements passés de ma vie sur Terre ont été montrés en insistant sur mes réactions à certaines situations en termes d’amour ou bien de méchanceté ou même de haine. On me l’a bien fait comprendre, je savais quoi rechercher lors du deuxième passage en revue.

Tout a commencé depuis le début (je n’ai pas vu comment j’ai commencé mon existence sur Terre, car je n’avais en tête que mon comportement concernant l’amour ou la haine). Au début, j’étais très satisfait que rien ne se soit passé ayant déclenché chez moi amour ou haine. Puis, le film s’est accéléré, mais il n’y avait toujours rien dont j’aurais pu être responsable. J’ai été assez stupide pour dire triomphalement : « Tu vois, il n’y a rien » ! A ce instant, j’ai vu une scène dans laquelle ma sœur jumelle et moi-même nous querellions (je n’ai pas pu déterminer le motif de la dispute), mais j’ai instantanément su à quel point je m’étais mal comporté. J’ai dit à l’être de lumière : « Mais tu dois comprendre ! C’est mal bien sûr, mais c’est ainsi que les êtres humains se conduisent sur Terre ! Tu ne peux pas vraiment me blâmer pour cela » ! La grande lumière, elle, ne m’avait condamné pour aucun des actes que j’avais faits sur Terre.

Ensuite, on m’a présenté des scènes plus négatives, où j’avais eu un comportement malfaisant. Pourtant, je me trouvais encore des excuses. Puis, je crois que la grande lumière s’est légèrement impatientée (de ma stupidité sans doute). Soudain, le film s’est accéléré à tel point, que j’étais absolument incapable de distinguer les images. Puis, il s’est brusquement arrêté et je me suis retrouvé confronté à une situation dans laquelle je m’étais comporté extrêmement mal.

Ma conduite était énormément amplifiée, de telle sorte que chaque aspect de mon caractère ressortait clairement devant moi. C’était horrifiant ! J’arrivais à peine à croire que c’était mon caractère ! J’étais finalement convaincu! Une telle âme ne pourrait jamais rester dans ce monde brillant ! Je n’y avais aucun droit, d’aucune sorte ! J’étais totalement secoué et abattu. Je voulais repartir. Oui, il n’y avait vraiment aucune autre possibilité. Puis, j’ai vu la lumière disparaître dans le « Ciel » et j’ai entendu un rire sur les paroles suivantes : « Et il pensait vraiment qu’il pouvait rester » !...

Et l’être de lumière est parti.

L’un des autres êtres m’a ramené sur Terre (j’ignore comment). J’ai seulement entendu, tandis que j’étais réinséré dans mon corps, un claquement similaire à celui que l’on entend lorsqu’on remet le couvercle sur une gamelle de camping et qu’on la verrouille avec le loquet. Lorsque j’ai ouvert les yeux, je me souviens de m’être mis à crier : « Je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir, je ne veux pas mourir » ! Puis je me suis ressaisi, et en m’approchant de la cage d’escalier, je me suis demandé s’il y aurait jamais une voie de retour. A ce moment là, j’ai entendu une voix qui me criait : « Améliore-toi » !... et une autre : « Tu dois tuer ta mère » !

Puis j’ai remonté les escaliers que j’avais sautés si joyeusement. Je ne sentais qu’une petite bosse sur la tête, qui n’était pas particulièrement douloureuse. 

*

Je suis un homme, allemand, célibataire, né en 1942. Après mon expérience, j’ai été très perturbé et je ne parvenais pas à comprendre ce qui m’était arrivé. Je ne savais tout simplement pas quoi faire ensuite. Je ne pouvais en parler à personne. Je voulais obéir à l’être de lumière en écrivant un rapport scientifique, mais j’étais incapable de le faire. Je ne savais tout simplement pas comment procéder. Puis, tout à coup une voix m’a dit d’apprendre une autre langue. Point final.

La nuit, j’étais très malheureux. Cela a duré environ 2 semaines, quand, une nuit, l’être de lumière est revenu et m’a dit que je devais tout oublier et que plus tard au cours de ma vie, j’allais traverser de grands malheurs. Soulagé, je me suis retourné et je me suis endormi. Lorsque je me suis réveillé le lendemain matin, je ne me rappelais pas d’un seul mot !!

Au cours des 25 années suivantes, j’ai vécu ma vie ainsi que je le souhaitais. Je suis devenu alcoolique, j’ai abandonné l’église. Je ne croyais ni en Dieu, ni en l’au-delà. J’ai cependant développé un intérêt pour l’apprentissage de l’Anglais.

Un grand changement s’est produit peu avant Noël. A la télévision il y avait un reportage sur les EMI, on y parlait d’une lumière. Soudain, il m’est venu à l’esprit que j’avais moi aussi vu une telle lumière. Dieu merci, je n’ai pas pu me rappeler immédiatement de tout. Cela m’aurait sûrement tué ! J’appelle cela l’expérience de Saül/Paul, car elle a eu des effets similaires sur moi. Saül a été aveuglé pendant 3 jours, il est ensuite devenu apôtre, je suis devenu combattant contre le démon en moi et autour de moi.

L’effet positif de tout cela, c’est que je me suis instantanément débarrassé de mon problème d’alcool. Les effets négatifs ont été trois tentatives de suicide en 1981. La troisième réussit presque. Par ailleurs, j’ai subi en 1986 une perforation de l’estomac qui était une séquelle de mon alcoolisme et qui m’a fait frôler la tombe. On m’a extrait tout l’estomac plus d’autres organes. Par ailleurs, pas de cancer. L’être de lumière avait raison en fin de compte.

En dépit de tout ce qui s’est passé, je n’aurais pas voulu manquer un seul des évènements de ma vie. Depuis Noël 1980, j’ai pu établir une relation personnelle avec l’être de lumière au travers de combats intérieurs, de visions, d’auditions, et je suis maintenant en mesure de rendre mon expérience publique. En 1980/81, je ne pouvais pas mettre mon expérience par écrit en allemand, et même aujourd’hui il n’existe pas de traduction en allemand, car je n’ai pas encore reçu intérieurement l’approbation de l’être de lumière, qui est notre Seigneur Jésus Christ. 

Peu avant la veille de Noël 1980, j’ai commencé à avoir des flashs de mon EMI/Sortie Hors du Corps. Il m’a fallu environ 4 à 6 semaines pour me souvenir de tout, de cet endroit où se trouvait un savoir absolu, infini.

Ma croyance religieuse est passée de l’agnosticisme à une foi ferme en notre Seigneur Jésus Christ ; je mène une vie tranquille, j’ai abandonné mon travail il y a 6 ans et je fais du bénévolat.

J’ai raconté mon expérience à quelqu’un, récemment : incrédulité totale.

Le meilleur fut l’amour de la lumière. Le pire : devoir la quitter.

Il est impossible de décrire cette expérience. Les mots adéquats n’existent pas. Cela ne peut être décrit en termes exacts... toute description est impropre.

 

 

***

GUNTER P

 

En essayant d’empêcher une tentative de double meurtre, j’ai reçu une vingtaine de coups de pied à la tête. Après le premier coup, j’ai perdu connaissance (à peu près 10 minutes, parait-il).

Pendant cette période d’inconscience, j’ai vu trois hommes, habillés en chemises blanches aux manches courtes, et en longs pantalons blancs. Ils m’ont décrit des événements à venir. A cette époque, ce qu’ils me dépeignaient me paraissait tout à fait invraisemblable. Néanmoins, le temps passant, toutes leurs prédictions se sont réalisées, dans les moindres détails. La chose la plus difficile à croire, dans un premier temps, c’était l’obédience de ces trois êtres.

Ils se sont déclarés membres du «Commandement de Justice Universelle» - UJC autrement dit (« Universal Justice Command » en anglais). Si le restant de leurs prédictions est aussi vrai que celles qui me concernent, ça va mal tourner pour nous tous, et ce sera à l’échelle mondiale.

Si possible, faites-moi savoir s’il y en a d’autres qui ont pris contact avec cet UJC.

Merci de leur permettre de me contacter par mail en vue de discussions et échange d’informations.

Si vous désirez davantage de détails, n’hésitez pas à me contacter.

Sincèrement,

*

Les entités étaient tout ce que je voyais, sur un fond uniformément illuminé. Tout mon environnement terrestre avait disparu. Ces êtres m'ont donné l'impression d'être beaucoup plus évolués par rapport à notre « civilisation » et ils sont la forme de vie la plus haute de l'univers. Ils fonctionnent comme une sorte de commandement policier ou de justice. C'était très vivement réalisé. Je me sentais privilégié d'être en présence d'entités aussi développées spirituellement.

Le fond était illuminé d'une relative brillance, mais qui ne faisait pas mal aux yeux. La lumière était confortable, et pourrait se comparer à un éclairage fluorescent.

Jusqu'ici tous les événements prophétisés se sont produits exactement. J'ai repris contact, bien que rarement, avec l'UJC. Je suscite beaucoup d’incrédulité autour de moi... mais comme les événements prévus ont eu lieu en leur temps, on a admis que mon récit était digne de crédit, vu la vérité des prédictions.

J'ai failli me noyer quand j'étais enfant. J'ai vu toute la piscine d'en haut, et moi, le petit qui se noyait là-dessous. Le moyen de m'en sortir m'est venu à l'esprit, et j'ai repris connaissance, toujours submergé. J'ai effectué le sauvetage moi-même... pour retrouver la vie.

Il parait que nous devons tous rendre compte de nos actions devant l'UJC, quand nous quittons l'existence terrestre. Nous en sommes tenus responsables.

Je souhaiterais voir tout le monde s’investir dans une spiritualité élevée, afin de limiter les dégâts par la suite...

                                                                                                                 Günter P

 

 

***

GUY

 

Je suis mort. Purement et simplement, mort. J’étais aux Soins Intensifs... on essayait de me sauver... mais je suis mort quand même. Mourir n’a pas été éprouvant. Jésus était vraiment là. Lui et moi regardions par dessus le bord du puits pour, en quelque sorte, voir où se trouvait l’enfer. Cela m’a rappelé quand j’étais petit et que je regardais par dessus le parapet d’un pont vers l’eau en dessous... ce n’était pas effrayant, nous regardions tout simplement. Il a mis le bras autour de moi. Il m’aimait.

Peut-être regardions-nous vers la terre, je ne sais pas. Je voudrais me rappeler plus de choses, parce que c’est tellement important. Mais comme je l’ai dit plus haut, on m’administrait des traitements et je ne peux vraiment pas me souvenir de tout. Mais je sais que j’étais là-bas !! Je sais que je suis mort et je sais que je me suis éveillé à nouveau dans mon propre corps, j’étais TELLEMENT TRISTE. Triste au delà des mots. J’étais allé vers la Liberté avec Dieu...

Puis, de retour ici, j’ai été piégé.

*

Je ne sais pas quels médicaments on m’a injecté. Je mourais d’une pneumonie. Pas d’air. Pas de pulsations. 3 fois. Que puis-je ajouter ? 

Je les ai vus et entendus (infirmières/médecins) apporter des médicaments et me les administrer, mais je ne sais pas ce que c’était. En fait, peu importe, car je n’étais plus là pour en être affecté. Les médicaments étaient sans conséquence. Ils n’avaient rien à voir avec ce qui m’arrivait, ni avec l’endroit où j’allais.

Absolument personne ne peut comprendre mon voyage, à moins de l’avoir fait également. J’ai essayé d’expliquer cela à ma famille... en pure perte. Je me sens seul. J’ai l’impression que personne ne comprend vraiment ou je suis allé. Impossible à transmettre ! C’est toujours en dessous de la vérité ! Je ne peux trouver aucun mot qui puisse décrire ce qui s’est passé.

J’étais tout à fait lucide. Conscient de la douleur et des efforts faits pour sauver ma vie juste avant que je ne dérive. C’était mieux, là-bas, qu’ici.

C’était la réalité. J’étais simplement « moi-même ». Je sais que les médecins et les infirmières faisaient de leur mieux pour m’aider, je sais qu’ils voulaient me sauver... mais à ce moment là, j’étais déjà loin. Et c’était bien mieux là-bas qu’ici. Je les remercie pour leur dur labeur, et leur souci, mais là où j’étais, c’était tout de même mieux qu’ici.

Essayez de décrire l’univers... c’est ce que je ressentais. Il n’y a pas d’explication. C’est au delà de tous les mots que je connaisse.

J’ai entendu des choses se produire autour de moi aux Soins Intensifs. J’ai entendu les gens. J’ai entendu leurs inquiétudes. Et puis, pfuiiiit, je me suis retrouvé ailleurs. J’ai bien aimé là-bas. Il faisait chaud. C’était amical. Dieu était là. Tout était bien. C’était mieux là-bas.

J’ai traversé une « barrière », oui. Pas un tunnel, pas ce genre de tube lumineux que tant de gens décrivent... mais un genre de « barrière », oui.

Je suis allé d’« ici » à « là-bas ». Je ne sais pas où « cela » se trouve, mais c’était bien, là-bas... j’étais tellement en colère quand j’ai découvert que je n’étais plus là-bas. Je suis toujours très en colère.

Jésus était là. Il était gentil, chaleureux, aimant et il avait de l’attention pour moi. Il m’a reçu. Il est REEL. J’ai toujours cru en Lui auparavant... mais maintenant, je peux jurer qu’il est REEL.

Personne ne me croit au sujet de l’endroit où j’étais. On vérifie que je suis mort trois fois... mais personne ne croit que j’étais ailleurs. J’étais « ici » et je suis mort. Puis je suis allé « là-bas ». Je ne sais pas comment le décrire. Mais c’était merveilleux, chaleureux... c’était bon et je le préfère de beaucoup à ici. Je ne voulais pas revenir ici.

J’ai été renvoyé... je ne voulais pas revenir. Je voulais rester là-bas. Vivre est la partie difficile. Etre avec Dieu, c’est la bonne part.

Je suis devenu quelqu’un d’autre. Des choses que j’estimais importantes avant que je meure, peu le sont vraiment, après. Je me sens étranger à ce monde. J’ai vécu des modifications de personnalité marquées. J’ai l’impression de ne plus être à ma place ici. Je n’ai plus les mêmes relations avec ma femme... en fait, je ne peux plus être proche d’elle... elle est tellement engagée dans ce monde, tellement ignorante de ce qui vient ensuite... nous n’avons plus rien en commun.

Personne ne me croit. Ils disent que c’était seulement les drogues et les médicaments. Mais je sais vraiment que j’étais là-bas. Il existe un autre endroit au-delà d’ici. Jésus s’y trouve. Ceci n’est pas la fin. La vie, c’est tellement plus.

Aucun de ceux qui n’y sont pas allés ne peut comprendre lorsqu’on en parle. S’ils n’y sont pas allés, ils vont dire qu’on est fou. On ne l’est pas ! Mais maintenant je me sens tellement détaché de tout ce qui est autour de moi !

J’ai de graves problèmes relationnels avec ma proche famille. Divorce imminent. Je ne peux pas vivre avec quelqu’un qui ne comprend pas ou qui ne croit pas que ce que j’ai vu, l’endroit où j’étais, etc... que tout cela était réel. Toutes les CHOSES qui étaient importantes avant, ne le sont plus maintenant. Les RELATIONS sont importantes, pas les choses... elle continue à désirer des « choses » : je ne peux plus vivre comme cela.

 

 

***

HAFUR

 

Je me suis soudain retrouvée dans l’obscurité totale, je ne pouvais me raccrocher à rien, jusqu’à ce que je me souvienne que je possédais un corps... et quand j’ai ressenti l’amour, une lumière est arrivée dans mon cœur. Petit à petit, elle a grossi jusqu’à illuminer mon corps : il était totalement éclairé par sa propre lumière. 

J’ai senti que j’étais dans une sorte de grotte ou de tunnel sombre. Une petite lumière est apparue au fond, elle a grossi au même niveau que ma propre lumière, elle s’est approchée, comme s’il s’agissait d’un reflet de l’endroit où je devais aller. 

Dans l’obscurité il y avait de nombreuses ombres de personnes autour de moi, marchant sans aucun sentiment ni but (comme des zombies). J’ai vu à ma droite un être qui ne m’a pas montré son visage, j’ai pensé qu’il s’agissait de mon grand-père décédé, à cause du costume en cachemire anglais, de la canne et du chapeau qu’il portait quand il était en vie. Il m’a fait savoir que je ne devais pas essayer de parler à ces gens parce qu’ils n’allaient pas me porter attention. Ils étaient dans leur propre rêve inconscient, marchant comme des robots. Cela m’a rendue triste et j’ai ressenti de la compassion à leur égard. 

J’ai décidé de poursuivre mon chemin vers la lumière au fond du tunnel, et je suis sortie sur une magnifique petite plage où il y avait toute une gamme de couleurs que je n’ai jamais vues sur terre. Elles étaient très intenses et nettes, mais ne faisaient pas mal aux yeux. Le sable très blanc, le bleu du ciel et de l’eau étaient tout à fait délicieux. La couleur des rochers et du reste n’était pas produite par un reflet, ils brillaient de leur propre lumière. 

A ma droite, la silhouette qui me guidait s’est arrêtée, je n’ai pas pu voir son visage. C’était comme si nous étions sur une petite plage fermée, il y avait une montagne qui a servi à projeter ma vie plusieurs fois, du début à la fin. Rapidement d’abord, puis plus lentement. C’était stupéfiant de voir ma vie montrée avec des évènements que j’avais complètement oubliés. Il y en avait de tellement insignifiants que j’avais l’impression de voir chaque image d’un film personnel de ma vie sur terre. Je me suis rendu compte que je comprenais tout avec une grande netteté et une super-lucidité inconnues auparavant.

J’ai découvert que j’avais moi-même choisi de prendre un corps physique et de vivre ces expériences de vie, et j’ai réalisé que j’avais perdu du temps en souffrant. Ce que j’aurais dû faire, c’était d’utiliser ma liberté pour choisir non pas la douleur, mais l’amour véritable dans tout ce qui advenait dans ma vie. 

J’ai vu que j’avais moi-même conçu la vie que j’allais mener avant de venir volontairement dans ce monde, et que ma liberté dans un corps physique ne pouvait être trouvée qu’en cultivant consciemment le bonheur dans toutes mes pensées, sentiments et actions parce que j’avais conçu ou choisi mon propre destin avant d’intégrer un corps physique. J’ai réalisé qu’il n’existe aucun Dieu juge ou vengeur tel que le décrivent les religions : c’était mon esprit avec une conscience étendue qui se jugeait lui-même, passant ses actions par le filtre de l’amour conscient et parfait. 

Je suis revenue à l’avant de la plage et j’ai vu au loin quelque chose qui ressemblait à une île en forme de montagne. Au sommet, dans le ciel, se trouvait un très petit soleil qui m’a parlé par télépathie, me faisant tout comprendre au sujet de la vie. 

Puis, sortant de cette lumière, j’ai vu une myriade d’êtres vêtus de blanc qui suivaient une personne au port d’une grande magnificence. Il avait une barbe blanche et portait une sorte de tunique plus blanche que celle des autres et absolument magnifique. Il est venu à gauche de l’endroit où je me trouvais, sans toucher terre (en flottant au dessus de la mer paisible). Sur la poitrine il portait un croix de Malte en or, également entourée d’un anneau d’or, il m’a regardée avec sérénité. 

En queue de la procession de ces êtres se trouvait mon père décédé, il portait une tunique blanche également. Je lui ai demandé par télépathie : « Que fais-tu là, alors que tu es déjà mort » ? Il m’a répondu de la même manière (par télépathie) qu’il était dans le monde des vivants et que je venais du monde des morts sur terre. Cela m’a fortement surprise, je me suis souvenu que je venais de la terre et que j’avais laissé mes 3 jeunes enfants seuls. J’ai regardé l’homme à la barbe, je lui demandé de m’autoriser à repartir afin d’être avec eux car ils avaient besoin de moi. Il a accepté et m’a dit que je pouvais repartir. 

Tout à coup, je me suis retrouvée dans un endroit plus bas que les images, et sur ma gauche j’ai vu une série de rochers dans le sable qui émergeaient de l’eau, je me suis vue assise sur le plus grand des rochers entre la plage et la mer. Je portais une tunique blanche semi-transparente (comme de l’organza) décorée avec des étoiles dorées qui tintaient. J’ai été surprise de me voir enceinte car mon mariage n’était pas heureux, la dernière chose que je souhaitais, c’était d’être à nouveau enceinte. 

A ce moment, un être superbe a émergé de l’eau (je ne voyais que la partie supérieure de son corps) : il était assez jeune, le teint pâle, avec de très grands yeux bleu turquoise et des cheveux d’or bouclés. Il m’a souri et m’a dit par télépathie qu’il était mon véritable mari et qu’il m’envoyait son amour. J’ai senti une tendresse infinie. J’ai compris que la sorte d’amour la plus proche de l’amour divin dans cette vie-ci, c’est celui que nous ressentons pour un petit enfant. 

Tandis que ce merveilleux sentiment m’envahissait, j’ai entendu dans mon cœur une voix qui disait : « Par l’amour tu comprendras tout. L’essence, l’essence, l’essence »... cela fut suivi par un sentiment de grande paix mélangée de joie à l’intérieur de mon âme. J’ai senti que ma vie allait changer pour le meilleur, et c’est bien ce qui s’est passé, car depuis cette expérience, j’ai une meilleure compréhension du véritable sens de la vie. 

Je me suis ensuite tournée vers la lumière dans le ciel et une force télépathique a déversé dans mon esprit une série de codes emplis de sagesse millénaire au sujet : de la création, du monde, de ma vie et de celle de tous les autres êtres qui peuplent tous les univers. Tout est éternel. Tout dépend de la vie spirituelle, et les distinctions ou différences que nous déterminons dans cette vie, sont dûes à l’ignorance ou au fait d’avoir oublié cette vérité. 

Comme un aimant géant, la lumière m’a attirée à elle et j’ai été immergée à l’intérieur, il n’y avait là rien d’autre que la lumière. J’ai oublié que j’avais un corps je me suis sentie fusionnée avec cette lumière. A cet instant, j’ai éprouvé un sentiment « d’unité plurielle ». J’ai compris chaque chose avec une extrême clarté. J’ai découvert ce qu’est la réalité, j’ai tout vu et tout compris avec une conscience lucide qui m’a permis de tout saisir avec une infinie perfection, sans l’ombre d’un doute. 

De mon cœur a jailli ce sentiment : « Ah h a !!!! » comme si j’avais toujours su quelque chose mais que je l’avais oublié, je ne peux l’expliquer par des mots du langage humain. Je me sentais comme participant à la création

 

UNE PARTIE DE CE QUE J’AI COMPRIS

ET DONT JE ME SOUVIENS AUJOURD’HUI :

 

- Nous vivons dans une « Unité Plurielle » ou « Unicité ». En d’autres termes, notre réalité, c’est « l’Unité dans la Pluralité et la Pluralité dans l’Unité ».

- J’étais tout et tout était moi, sans autre différence essentielle que les apparences temporelles.

- Il n’existe pas de Dieu en dehors de nous-mêmes. Au lieu de cela, Il est en toute chose et toute chose est une partie de « Dieu », comme l’est la vie elle-même.

- « Dieu » est tout et rien en même temps.

- Chacun et chaque chose ou phénomène temporel dans cette dimension se trouve à sa place, car émanant du plan d’un rêve partagé (si on peut l’appeler ainsi) qui se répète indéfiniment jusqu’à ce que nous comprenions ce qui est essentiel ou réel.

- Tout fait partie du jeu essentiel de la vie, et c’est dans la mesure où nous vivons selon l’amour authentique, inconditionnel et universel que nous nous approchons de la compréhension de ce qu’est vraiment la vie, le véritable bonheur, la sagesse parfaite.

- Tout est expérience : cette vie et la prochaine sont identiques en essence car tout est Dieu. Rien n’est en dehors de Dieu, rien n’est en dehors de la vie elle-même.

- La mort est une métamorphose du temps. Une illusion supplémentaire de nos concepts mentaux. Fondamentalement, le temps n’existe pas, l’espace non plus. Ils sont les produits de notre esprit créatif qui joue un jeu d’illusion dans la création d’évènements.

- « Je » inclut « nous » en un miroir où nous percevons le reflet de notre réalité dans ses multiples facettes et illusions.

- Le « Créateur » crée éternellement, et l’une de ses créations est la pratique de l’amour conscient. « C’est en peignant qu’on apprend à peindre », c’est pourquoi notre « création illusoire humaine et temporelle » existe comme s’il s’agissait d’une matrice dans une autre matrice et cette dernière dans une autre… de façon multi-dimensionnelle jusqu’à ce que nous nous éveillions.

- J’ai vécu quelque chose qui ne peut être communiqué avec des mots mais qu’on pourrait exprimer ainsi : « L’Essence de la Vie est son Néant Total (veuillez comprendre « Néant » comme quelque chose qui n’a aucune substance intrinsèque, mais qui est par contre composé d’une multitude de phénomènes à l’infini). J’ai compris que la vie intangible, indescriptible est tout ce qui existe. La mort n’existe pas : il ne s’agit que d’une illustration - ou description - qui fait ressortir les polarités dans le monde des phénomènes.

- Vivre consciemment selon l’amour est l’essence de la vie elle-même. L’amour est rendu manifeste sur ce plan d’existence comme une force de cohésion pour se recréer lui-même sous de multiples formes, en un jeu d’évènements illusoires et temporaires.

Ce que je voudrais pouvoir dire, c’est l’infinie tendresse, la perception, la compréhension de la vie, du néant et de chaque chose... la connaissance et sagesse parfaite. Mes mots ne peuvent exprimer l’expérience, ni ce que j’ai compris. 

- L’univers connu est une fraction de la réalité infinie qui, par l’amour, s’est transformée en éléments finis dans nos « mains » temporelles.

- J’ai appris des milliers d’autres choses sans limitation, inexprimables par la parole. Les mots ne peuvent décrire ce que j’ai vécu dans cet autre état de conscience, qui est bien plus net que ne l’est celui-ci.

- Quand je suis revenue à cette vie-ci, j’ai senti que j’étais tombée dans un espace très lourd, que mon corps était comme du plomb, tout comme mon esprit... devenu très lent.

- J’ai vu mes proches, la famille et les amis, comme s’ils ne m’étaient rien ; ils n’étaient que des reflets dans le grand théâtre de la vie, chacun acceptant volontairement de jouer un rôle afin d’apprendre comment aimer davantage et mieux. 

J’ai parlé avec eux pour leur raconter mon expérience, ils m’ont regardée comme si j’étais folle. Je me suis rendu compte qu’ils ne comprenaient pas ce que je leur disais. 

Peu à peu mon expérience s’est évanouie, mais de nombreuses expériences nouvelles particulières sont advenues : intuition et télépathie, entre autres, tout comme des Sorties Hors du Corps volontaires et des bilocations involontaires. Je suis d’ailleurs incapable de contrôler ces dernières et j’aimerais savoir, en utilisant le langage conventionnel, comment ce phénomène se produit. 

Je sais seulement que tout est pure conscience éternelle, que nous sommes dans un rêve mental qui se construit en permanence, comme une dynamique de conscience se connaissant elle-même et se recréant au travers de chacun de nousNous sommes le « point de vacuité » où le vide - le « néant » - de l’univers devient conscient de lui-même.

C’est vraiment difficile à expliquer. Mais je sais que tout ce que j’ai vu provient de la « pensée » de l’esprit universel projetée en images et en évènements interagissant avec la conscience lucide, en tant qu’expérience. L’intégralité de cette expérience fait partie de l’infini de ce qui est réel sur tous les plans ou niveaux d’existence que nous voulons inventer ou diviser en éléments, afin que notre esprit temporel puisse le décoder en dépit de ses limitations. Je crois avoir compris que ce que nous appelons Dieu, c’est le Silence de la vie indescriptible qui se trouve en toute chose et toute chose en Lui. Une éternité merveilleuse, aimante et consciente. 

Comme analogie, on pourrait utiliser l’image de la vapeur qui se convertit en eau et l’eau en glace : une fois qu’elle est dans cet état, la glace oublie qu’elle est vapeur avec sa capacité d’expansion. C’est ce qui nous arrive dans ce plan-ci de conscience. 

NB : J’ai le sentiment que toutes les images qui ont été créées dans mon esprit pendant cette expérience, avant d’entrer dans la lumière, sont peut-être des pensées-formes symboliques de quelque chose de plus profond, pensées qui pourraient servir à faciliter le compte-rendu d’une expérience essentielle. C’est impossible à expliquer dans notre langage humain limité, je suis pourtant actuellement en train de tenter de le décoder petit à petit. 

J’ai remarqué une modification de la vitesse à laquelle mon esprit fonctionne et j’ai développé mon intuition ou perception universelle de la vie. Il est difficile de traduire en langage conventionnel avec mon cerveau physique ce qui est essentiel ou infini. 

Peut-être que cela peut être fait grâce à l’art de la communication télépathique d’âme à âme. Je vais continuer à tenter de le faire, je vais essayer de voir si des personnes ayant vécu ce même phénomène ou ayant eu une expérience similaire, possèderaient une autre partie du puzzle verbal, tous ensemble nous pourrions bâtir une image plus claire qui pourrait bénéficier à ceux qui ne lisent pas les pensées. 

Je demande votre indulgence pour mes limitations et j’espère n’avoir troublé personne.

Je conclurai en disant :

« Avec un simple morceau d’argile, on peut faire de nombreuses formes. Tous les concepts mentaux se cristallisent en formes éphémères de néant ».

*

Quand j’ai perdu connaissance, il n’y a eu aucun avertissement de ce qui allait se passer… et puis BOUM ! C’est arrivé tout simplement... comme ça. En fait si je n’étais pas revenue à la conscience en 3D, je n’aurais jamais su qu’il s’était produit quelque chose.

Quand je suis entrée dans la lumière, la netteté et les couleurs étaient indescriptibles. J’ai simultanément pénétré dans le « vide » et dans « toute chose ». J’ai fusionné avec la lumière et la réalité est devenue consciente d’elle-même. J’ai réalisé que tout était Dieu en création permanente. Le néant créant le néant. Franchement, j’ignore comment communiquer ou m’exprimer avec des mots, ils me limitent…

A propos du « film » de la vie : tout est enregistré dans une mémoire universelle, même les choses les plus insignifiantes. J’ai pris forme dans mon corps volontairement, j’ai conçu la vie dont j’allais faire l’expérience afin d’apprendre comment aimer vraiment, davantage, et mieux. Tout ce que nous faisons, nous devrions le faire par amour authentique, sans arrière-pensée ni jugement : d’une manière impartiale. Il n’y a qu’une loi universelle : la VIE. La mort n’existe pas. Nous sommes tous Dieu. C’est notre propre conscience super-lucide qui nous juge avec amour. La sorte d’amour humain qui ressemble le plus à l’amour divin, c’est la tendresse infinie. Ce que nous pensons ou voulons penser est ce qui est, advienne que pourra. C’est de cette manière que se construit l’univers. C’est comme un jeu de conscience qui se reconnaît lui-même et se recrée lui-même à travers chacun de nous, simultanément. Nous sommes le « point de néant » dans lequel la vie prend conscience d’elle-même : c’est difficile à exprimer. Ce que j’ai le plus aimé c’est le « vide » du néant parce que j’y ai compris toute chose.

J’ai pénétré dans le Vide et le Tout, sans temps ni espace, comme dans une éternité.

Dans mon esprit reste une empreinte de quelque chose qui aidera beaucoup de monde, mais j’ignore comment l’expliquer avec des mots. Peut-être existe-t-il une autre manière de le communiquer ?

J’ai des rêves extralucides, des prémonitions, des perceptions intuitives de pensées d’autres personnes, des expériences de Sortie Hors du Corps volontaires et involontaires. J’ai fait 5 fois l’expérience de me trouver à plus d’un endroit à la fois, etc..

Je considère mon expérience comme plus réelle que cette vie-ci. J’ai le sentiment que nous sommes endormis dans cette vie. Elle est plus dense, comme du plomb, lourde...

Je pense que j’ai dans l’esprit quelque chose qui pourrait aider l’humanité, mais je ne me souviens pas de quoi il s’agit.

Dans cette vie-ci, j’ai le sentiment d’être dans un rêve, tout est très lent... avant je voyais la vie d’une manière linéaire, maintenant je la vois dans sa totalité.

Mes mots sont inadéquats pour expliquer ce que j’ai vécu. J’aimerais que quelqu’un m’aide à vivre « la connaissance totale » à nouveau, afin de me souvenir avec netteté de ce que j’ai vécu et ainsi aider l’humanité.

J’aimerais rencontrer un chercheur sérieux qui souhaiterait m’aider.

Merci.

 

 

***

Hal B

                                                                                                                              

 Je vivais dans une zone rurale. Ce soir là j’avais tué deux lapins pour le dîner. Quand je les ai vidé, l’un des deux sentait horriblement. Je l’ai jeté, mais je m’étais coupé en le dépeçant. Le lendemain, une forte fièvre m’a terrassé. On m’a emmené à l’hôpital et glissé dans un sac à cadavre, puis on m’a entouré de glace pour faire tomber la fièvre, qui augmentait toujours.

Le deuxième ou le troisième jour, j’ai ressenti une modification de la conscience. Je n’étais plus gêné, ni effrayé. J’étais sorti de mon corps, comme si je m’étais trouvé plusieurs étages au dessus de mon lit, mais je pouvais voir tout clairement et nettement dans la chambre. Je me souviens de m’être retrouvé à une sorte de carrefour, pourtant je savais que c’était quelque chose comme un rêve, c’est à dire que ma propre conscience me fournissait, en quelque sorte, une image pour une chose que je ne comprenais pas tout à fait. A ce carrefour, j’ai compris que je devais faire un choix. A ma droite se trouvait la mort, ainsi que la ferme sensation d’un monde très différent de celui où j’avais vécu. A ma gauche se trouvait le chemin du retour vers mon corps. Je savais que mon choix d’alors allait être effectif, aucun doute à ce sujet. En revanche, j’ignorais comment prendre cette décision, non par peur, mais parce que je réalisais que je n’avais aucun critère de jugement.

J’ai regardé en bas et j’ai vu mon pauvre corps émacié, immobile dans le lit. Au chevet, mon père pleurait en me tenant la main. Je ne l’avais jamais vu pleurer ainsi auparavant, j’ai trouvé cela très curieux. En fait, je me rappelle avoir pensé : « Pourquoi quiconque pleurerait à cause de la mort » ? Par contre, j’étais triste pour lui... et je pense que c’est seulement par égard envers lui que je suis revenu dans mon corps.

*

Il m’a fallu de nombreuses années pour exprimer et comprendre ce que j’avais vécu. Au début, lorsque j’ai tenté d’en parler, je me suis rapidement rendu compte que mes parents et les médecins pensaient que j’étais peut-être fou. Sachant que je ne l’étais pas, je me suis donc tenu tranquille. En fait, j’avais appris une vérité inébranlable, même si je ne la comprenais pas.

J’ai vu mon père depuis une grande distance, j’étais « hors du Corps »... à l’époque je ne savais cependant pas qu’on appelle cela ainsi.

Avant et après l’expérience, je pense que j’étais dans le « cirage ». Par exemple, lorsque je suis revenu dans mon corps, mes perceptions sont repassées par les cinq sens, mais rien ne fonctionnait tout-à-fait bien (je suis resté aveugle pendant les cinq semaines suivantes).

Je ne crois pas pouvoir dire que l’expérience « ressemblait à un rêve »... sauf lorsque je me trouvais dans mon corps. Mais au cours de la période où j’en suis sorti, c’était différent de tout ce que j’ai vécu avant... ou après.

Plusieurs années plus tard, en travaillant avec un shaman Peyotl, j’ai revécu des aspects de l’EMI. Il y avait un chemin dans un bois qui ressemblait à un tunnel. A un carrefour, plus loin sur ma droite, il y avait de la lumière, différente toutefois de la lumière du soleil ou d’une source électrique. A l’époque, j’ai tenté de l’expliquer comme un vide, ou comme un endroit qui n’était ni éclairé ni sombre, sans dimension, ou bien de dimension et de forme infinies. Difficile à décrire encore aujourd’hui. Lorsque j’entends d’autres personnes décrire la lumière de l’EMI, je pense que leur esprit convertit cette non-dimension en une expérience connue, dans le but de la rendre signifiante. Quant à moi, la décrire comme sans dimension me satisfait.

Je ne peux rien affirmer. Etant enfant, j’avais un guide spirituel qui souvent m’accompagnait, m’instruisant en quelque sorte de la nature du monde. Lorsque des années plus tard j’ai vécu cette expérience, j’ai senti sa présence, mais ce n’était pas comme s’il s’était trouvé ici, dans un corps physique.

Ce que j’ai ressenti vraiment, c’est à quel point mon vécu dans le monde était une projection de ma propre conscience. J’ai été incapable d’exprimer cela pendant de nombreuses années, mais c’est exactement ce dont il s’agissait. Cette connaissance m’a en fait lancé dans une longue quête, m’amenant finalement à ma pratique spirituelle actuelle, qui se fonde sur la terre et concerne autant le non-savoir que le savoir.

A l’époque et pendant de nombreuses années, je n’ai pas parlé de cette expérience par peur d’être étiqueté « fou ». Donc s’il existait des choses qui auraient pu être vérifiées, elles ont disparu. Mais cela ne m’a jamais semblé important.

Je ne peux pas le décrire facilement, mais la sensation d’infinité ou de non-dimension était profonde pour moi, elle a constitué une caractéristique centrale de la pratique spirituelle et des croyances que je conserve aujourd’hui.

L’espace était sans aucun doute altéré, dans le sens où il était sans dimension ou infini. Sans commencement, milieu, ni fin. A l’époque j’étais terriblement déconcerté. J’ai passé les vingt années suivantes à chercher à comprendre ce qui s’était produit. Je ne peux toujours pas garder en tête cette profonde expérience de non-dimension, ni la découverte que le monde physique de tous les jours n’est pas du tout ce que nous pensons. Toutefois, ne me demandez pas ce qu’il est, je soupçonne qu’en fin de compte il est pur esprit, et non pas quelque chose de physique. Ou alors ces formes physiques sont créées par l’esprit, par quelque chose que toutes les formes que nous identifions dans cette vie aide à produire. Je ne suis cependant pas tout à fait sûr de ce que cela signifie.

J’ai éprouvé la fusion de toutes les limites. J’avais également le sentiment qu’il n’y a en fait aucune limite à franchir, que nous sommes en permanence dans la non-dimension, mais que dans la vie de tous les jours, nous restons attachés à l’illusion des formes... j’espère que cela n’a pas l’air trop démentiel.

J’ai la connaissance d’évènements à venir d’une manière tout à fait terre à terre et cette connaissance, étonnamment, s’est développée au fil des années. Je décrirais cela comme la capacité en quelque sorte de lire la forme d’un événement, ou d’une question que pose une personne, ou de la simple présence de la personne elle-même, puis de prédire comment elle va exprimer sa vie. Pendant quelques années j’ai fait du « conseil parapsychologique », mais j’ai trouvé que c’était agressif, que cela violait les croyances (que je m’efforce de respecter). Lorsqu’une personne sera prête à entendre parler d’elle-même, elle le fera. D’une certaine manière, ce que je faisais sortait de ce cadre. Je n’avais pas le sentiment que c’était productif... c’était même perturbant. Par ailleurs, je n’aimais pas entrer dans la conscience des gens. J’ai assez de difficultés à gérer la mienne et je n’aime pas m’immiscer dans celle des autres.

J’ai compris que je devais choisir entre la vie et la mort. La décision m’appartenait à ce moment là. Je me suis aussi rendu compte que je n’allais pas toujours avoir le choix, qu’un jour j’allais de nouveau me trouver dans cette situation et que je n’aurai pas le choix.

L’expérience de la non-dimension, la compréhension de la nature de la projection et la capacité de « lire les formes », tout cela semble positif... mais ça ne ressemble pas beaucoup aux autres discussions sur le paranormal dont j’ai eu connaissance. Je n’en parle donc généralement pas et je n’informe pas non plus beaucoup autrui du rôle que cela joue dans ma vie.

Je crois qu’à 16 ans, à l’époque où je suis tombé malade, je pensais vraiment avoir tout compris (n’est-ce pas le cas de tous les adolescents ?)... ensuite, j’étais très troublé, essayant d’intégrer ce que j’avais vécu dans la vie de tous les jours. J’ai été très nihiliste pendant de nombreuses années, suicidaire même, souhaitant peut-être y retourner pour mieux comprendre ce qu’est la mort. J’ai longtemps vécu une vie très sombre, mais on m’a accordé une vraie percée, une compréhension grâce au travail, dans les années 60 et 70, avec un shaman Peyotl et des psychotropes. Je considère ces derniers comme extrêmement dangereux, je n’utilise aucune drogue aujourd’hui, mais je pense également que la compréhension à laquelle je suis parvenu par les drogues, m’a amené à une discipline spirituelle précieuse, que je conserve aujourd’hui.

Sans cette expérience, aujourd’hui je travaillerais probablement dans une usine d’automobiles. C’est ce que je pensais faire, avant. Grâce à elle, j’ai accompagné mes parents durant leur agonie. J’ai été « appelé » pour être leur guide dans cette traversée, tous deux ont pu passer d’une façon très consciente. Toutes mes expériences propres m’ont fait lutter afin qu’ils abandonnent leur forme physique beaucoup plus facilement, en conversant avec eux, en étant capable de gérer les rôles familiaux pour que nous puissions tous leur apporter un soutien, etc... rien de farfelu : juste un bon soutien et la compréhension du processus de la mort.

Immédiatement après et pendant plusieurs années, j’ai vécu dans la confusion, j’étais nihiliste, y compris avec des tendances suicidaires, autodestructrices. Je pense avoir en grande partie expliqué cela plus haut.

Le meilleur a été la capacité de voir la « non-dimension », d’avoir les racines de la compréhension sur le rôle que joue la projection dans nos vies. Cela a finalement influencé mes disciplines spirituelles qui ont mis de nombreuses années à se développer. A 30 ans, la créativité m’a servi. A 40 ans, j’ai trouvé dans la spiritualité le chemin vers un réconfort plus grand.

Sur la base de tout cela, je crois que le mystère de la vie, le mystère du monde fini, est toujours grand-ouvert. Je dois dire que je continue à examiner l’infini et la non-dimension afin de comprendre. Mais ils ne répondent pas à ce que mon cerveau semble demander, celui-ci étant (vraisemblablement) une forme finie, il ne semble pas en mesure d’abandonner cette « illusion (??) » suffisamment longtemps pour laisser entrer une vérité plus grande.

Parmi les conséquences de cette EMI, il y a eu, pendant quelques mois, ma cécité et l’incapacité de marcher ou de bien coordonner les mouvements des grands muscles. Les médecins n’étaient pas certains que j’allais recouvrer la vue. Elle est bonne maintenant, j’ai une vision excellente, j’ai même la capacité de voir dans le noir et à grande distance, bien meilleure que la plupart des gens. Par ailleurs, le processus de recouvrement de la vue a été fascinant pour moi, j’ai en effet dû réapprendre à voir. Cela m’a beaucoup appris sur la façon dont fonctionnent nos sens. Il se passe beaucoup de choses, par exemple, entre le moment où nos yeux collectent une fréquence particulière de lumière et la construction dans notre esprit d’une image signifiante.

 

 

***

HENRY W

 

C’est un fait, je suis mort... je me souviens d’avoir senti mon cœur ralentir jusqu’à s’arrêter, à cet instant j’ai fermé les yeux. Je n’ai pas eu l’impression que plus d’une seconde ne se soit écoulée avant que je ne voie à nouveau. C’était comme si j’avais franchi mes paupières.

Je me suis assis, j’étais impressionné par le fait que tout soit si clair. Toute ma vie j’avais porté des lunettes ou des lentilles, j’étais donc stupéfait de la netteté de la pièce autour de moi, de l’éclat des couleurs. Je percevais une énergie enveloppant tout, les livres, le bureau, les meubles de la pièce. Une légère lueur semblait émaner de chaque chose. A peine avais-je remarqué cela, que j’ai réalisé qu’il m’était possible de voir à 360 degrés autour de moi. Je n’avais pas besoin de tourner la tête, il me suffisait de regarder et je voyais. Là, derrière moi, gisait mon corps !

A ce moment précis, je me suis rendu compte que je venais de mourir. Au même instant, j’ai vu une lumière qui provenait de la porte. Quand je l’ai fixée, la pièce a paru exploser et je me suis retrouvé dans un autre royaume. Au début, la seule chose que je percevais c’était une vaste zone dont, d’une manière ou d’une autre, je savais qu’elle s’étendait à l’infini. Cette zone était éclairée, mais je ne pouvais voir la source qui l’illuminait. L’univers entier était du plus riche et profond violet sombre que j’aie jamais vu, et je me suis rendu compte que tous mes sens étaient amplifiés, j’étais capable d’entendre le silence. Il n’y avait aucun bruit, mais j’entendais quelque chose. S’agissait-il de « l’existence » de cet univers ? Il vivait. Je respirais... en fait, non ! A la place de l’air je sentais une force vivante circulant en moi. J’avais l’impression de nager dans l’Essence même de l’Amour.

Tandis que je me déplaçais dans cet espace, j’ai pris conscience d’autres présences autour de moi. Il n’y avait personne qui me soit familier, mais j’ai ressenti d’autres êtres. Rapidement, je les ai vus tels de petites sphères dorées de lumière, chacune étant une personne. Elles étaient toutes reliées par un fil fin. Elles s’étendaient aussi loin que portait le regard ! Dans mon esprit je savais que chacune d’entre elles était connectée et reliée à ce que j’ai déterminé comme étant Dieu.

Ici, il est important de noter que je n’ai jamais entendu de voix. Au lieu de cela, aussitôt que je percevais quelque chose, des mots paraissaient pénétrer dans mon esprit. C’était comme une narration dans un film. Les réponses à mes questions m’étaient fournies avant même que je puisse les exprimer. J’ai su presque immédiatement que je n’allais pas rester, cet univers paraissait connaître mon désir de comprendre la vie et les mystères concernant notre présence sur cette terre. Il allait me les expliquer.

J’ai pris conscience d’autres voix, celles des sphères, des autres âmes autour de moi, je les entendais communiquer entre elles. Il semblait y avoir des groupes de sphères qui se réunissaient. Elles parlaient entre elles de leurs vies sur terre, de tout ce qu’elles avaient perçu et senti. Elles ne racontaient pas seulement avec des mots, mais en partageant leur expérience. Si une sphère ne parvenait pas à comprendre, elle disparaissait, puis réapparaissait. La sphère - je ne sais comment - retournait sur terre et vivait cette « vie » pour en approfondir la compréhension. J’ai réalisé que le temps n’existait pas là-bas, ces êtres pouvant choisir n’importe quelle époque pour se manifester sur terre. Les sphères - ou plutôt les « âmes » - quittaient ce royaume, se détachaient de cet univers afin de repartir vers l’univers de notre terre. Là, elles vivaient et mouraient, ensuite elles revenaient et partageaient l’expérience avec toutes les autres âmes. Si une de ces autres âmes ne comprenait pas l’expérience, elle pouvait aller vivre cette vie également afin d’en faire l’expérience. J’ai appris que nous avons de nombreuses vies, passées, présentes et à venir.

Ces sphères, ou âmes, ne peuvent vivre certaines choses comme la douleur, le chagrin, la haine et la colère. Aussi, bien qu’il s’agisse de choses négatives, il est important pour elles de les comprendre et de les vivre. Peut-être pour saisir les motivations des êtres humains, ou bien (et j’y crois en mon cœur) afin d’évoluer en un être semblable à Dieu, omniscient et comprenant tout.

Des choses me sont alors apparues, des réponses à d’autres questions. Je voyais des concepts comme s’il s’agissait d’entités. Pour la première fois de ma vie, j’ai pu comprendre E = MC2.

J’ai appris que notre univers existe parmi de nombreux autres. Il est tel une boîte de Petri, conçu avec ses propres lois afin de produire un être spécifique. Dans ce cas particulier, il s’agit de produire des êtres tels que les humains. Chaque univers possède ses propres lois de la physique. Je me rends maintenant compte que la somme d’informations devant être apprise par une âme est immense, bien plus grande que nous ne pouvons l’imaginer ici.

La règle ou le concept que j’ai appris ensuite, c’est que l’existence de Dieu ne pourra jamais être prouvée par des moyens scientifiques. Ce serait corrompre l’environnement. Cela détruirait la foi. Lorsque nous avons la foi nous cherchons, nous apprenons. Si Dieu devait apparaître devant nous aux Nations Unies comme un être immense, le monde entier croirait, mais il vivrait également dans la peur. Pour réussir à vivre l’existence humaine, il faut être physiquement hors de portée de Dieu. Il nous faut apprendre et chercher seuls. Nous devons rechercher le sens de notre propre existence et la vivre ici sur terre. La foi est le moteur de la découverte. Sans foi, nous serions comparables à des fourmis.

J’ai appris pourquoi de mauvaises choses arrivent à des personnes bonnes. Si rien de mal ne nous arrivait jamais, nous serions fondamentalement tous les mêmes. C’est comme du métal dans une forge, il faut le chauffer et le frapper à coups répétés pour en faire un outil intéressant. Nous démarrons cette vie avec une feuille blanche. A chaque incident que nous vivons, une partie du croquis est tracé, jusqu’à ce qu’un plan complet de la personne soit créé. La fin de nos vies est dictée par ce croquis. Vivre joyeusement dans ce royaume, c’est prendre conscience de ce croquis et le modifier. D’autre part, le temps n’est qu’un concept et n’est opérationnel qu’ici. Dans l’autre royaume, il n’existe pas.

Bien que nous puissions vivre de la douleur et du chagrin sur terre, il ne s’agit que d’une seconde dans le grand plan des choses. Nous avons une éternité à vivre. En réalité les âmes ne meurent jamais. Notre vie n’est qu’une pensée fournissant les conditions de cette existence. A mesure que l’âme progresse, ce traumatisme est oublié et replacé dans de bonnes perspectives en tant qu’un élément du processus d’apprentissage.

J’ai eu la réponse a l’une des questions que je m’étais personnellement toujours posées : « Les fantômes existent-ils » ? La réponse qu’on m’a fournie a été : « Oui, dans le corps humain existent deux formes d’être spirituel. Le premier c’est « l’âme » qui est l’être spirituel ayant une relation symbiotique avec le corps physique. Le second, c’est l’être créé par la biologie du corps humain. Cet être est intelligent, il constitue fondamentalement la personnalité de l’individu. Son utilité est de subvenir aux besoins de l’humain en ce qui concerne la nourriture, la survie, la procréation. C’est un concept très similaire à celui de Freud (le ça, le moi et le surmoi), la séparation de l’esprit et de la personnalité. L’âme nous fournit toutes les choses qui différencient la personne du Règne Animal. Il s’agit de la capacité à raisonner, à utiliser la logique, ou à éprouver de la révérence en voyant un coucher de soleil. L’âme est la partie créative de l’humanité. Le deuxième être est davantage notre côté animal et nous pousse à accomplir ou rechercher des choses qui satisfont nos besoins et nos désirs.

Lorsque nous mourons, l’âme se sépare et progresse vers l’au-delà (pardonnez-moi de tout simplifier). L’entité du corps meurt, emportant avec elle les émotions fortes, « les bagages » et inclinations des êtres humains. C’est une partie naturelle du processus de la mort. Lors de morts violentes ou soudaines, toutefois, cet autre/être (je ne trouve pas le terme approprié) n’a pas l’opportunité de mourir. Au lieu de cela il reste en arrière en tant que tendances, émotions et motivations de notre esprit. Cet être corporel, dépourvu des orientations de l’âme, n’est fondamentalement qu’une enveloppe. Il erre sans but. Il répète souvent les actions qu’il a accomplies auparavant, les souvenirs sont en effet les seules données dont il dispose.

Avec le temps, l’énergie de cet être se dissipe et il n’en reste rien. Mais ce processus peut durer longtemps. C’est pourquoi il existe des « fantômes » qui hantent des maisons ou une personne. Le coeur de l’existence d’un fantôme, c’est la période où il était avec le corps humain et l’âme. Ici sur terre, il reste jusqu’à ce qu’il finisse par disparaître. Il est possible de communiquer avec un fantôme et de le guider, il n’a cependant pas de volonté propre si ce n’est celle des habitudes.

Quand les questions et les réponses ont cessé, je me suis senti tomber. Dans un sursaut, je me suis retrouvé dans mon corps. J’ai ouvert les yeux sur mon propre monde. Quelques minutes seulement s’étaient écoulées, mais elles avaient paru une éternité.

J’ai appris de nombreuses autres choses, qu’avec le temps j’ai oubliées. 

*

Durant cette expérience, ma vue était amplifiée. Normalement je porte des lunettes mais tout était très net, et plus éclatant. Par ailleurs, je ne voyais ni mon nez ni mon visage... c’était comme si j’avais eu une vision à 360 degrés.

Mon ouïe aussi était amplifiée... même le silence paraissait produire un son.

J’éprouvais un intense sentiment d’amour, comme si je nageais dedans. J’avais conscience d’autres présences, j’ai vu des choses qui ressemblaient à des sphères, mais je savais qu’il s’agissait d’autre personnes.

J’étais dans un univers infini et violet qui s’étendait éternellement. Je me suis rendu compte que le temps n’existait pas ou qu’il n’était pas linéaire, qu’il progressait latéralement plutôt qu’en avant ou en arrière.

Cette expérience m’a apporté sagesse, patience et une compréhension profonde du fonctionnement de l’univers.

 

 

***

HERBERT M

 

Pendant quelques années j’ai rencontré, au sein d’un groupe d’amis, des vétérans du Vietnam qui subissaient un stress post-traumatique. Une partie de la relation consistait à les aider à développer leur capacité d’élocution, et à créer un environnement leur permettant de recouvrer leur propre sens de la spiritualité. Je les ai initiés aux cérémonies amérindiennes, afin d’établir un terrain spirituel commun hors d’une religion particulière.

Un point commun chez les anciens combattants (subissant un stress post-traumatique) est le rejet des pratiques religieuses. Nous avons offert notre amitié, notre empathie et notre affection aux vétérans. Le samedi 14 novembre 1992, nous nous sommes rencontrés comme prévu, dans le petit groupe qui se réunissait depuis environ 5 années. Pour des raisons diverses, les vétérans ont appelé pour dire qu’ils n’allaient pas venir ce jour là. Virgil C., un grand ami, propriétaire de l’endroit où nous nous réunissions pour tenir nos séances de sudation du samedi, a décidé de faire tout de même la cérémonie pour nous-mêmes et nos propres besoins.

Après 45 minutes de cérémonie de sudation, j’ai ressenti une lourdeur et un inconfort dans la partie gauche de la poitrine, comme si la chaleur s’y accumulait. J’ai demandé à sortir pour souffler un peu, car j’avais besoin de soulager cette pression dans le côté gauche.

Une fois dehors dans le silence de la nuit, jouissant d’une vue magnifique sur la baie de San Pablo, j’ai simplement voulu me détendre, me laisser aller. Les eaux de la baie paraissaient emplies de bulles de lumière qui se déplaçaient, parfois à contre-courant, dans une sorte de danse. C’était ravissant, et j’en ai parlé à mon ami, qui a simplement approuvé (ce n’est que plus tard qu’il m’a dit qu’il n’avait rien vu du tout).

Ensuite, nous sommes allés chez lui pour prendre un souper léger. En m’asseyant, j’ai été pris de vertiges. La poitrine ne me faisait pas mal, mais j’avais la sensation d’être étranglé. J’étais vraiment très inquiet et je lui ai demandé de m’emmener au Service des Urgences local. Il l’a fait et je lui en suis reconnaissant.

En route, je me suis ensuite aperçu que je sortais de la voiture par la vitre... j’ai regardé mon ami s’éloigner rapidement dans la rue en compagnie d’un cadavre, lequel semblait bien être moi… j’ai trouvé cela bizarre. En même temps, je me déplaçais dans le paysage environnant... et je me suis retrouvé à l’endroit que j’avais vu dans mes pensées lors de la cérémonie : des terrains montagneux, accidentés, ouverts, avec un chemin qui montait sur le flanc d’une montagne proche. Ce chemin s’est converti en une voie pavée qui bifurquait en direction de l’entrée d’un tunnel, virant également à droite vers un endroit aux lumières sales, dont émanait beaucoup de bruit. En deux pas, m’a-t-il semblé, j’ai couvert quelques centaines de mètres, jusqu’au bord d’un ravin, un endroit désagréable, à la laideur incompréhensible, plein de cendres, de barbelés et de torches qui brûlaient d’une couleur soufre, jaune-vert. Quelque chose en moi m’a ramené en arrière et je me suis retrouvé dans le tunnel. A travers ses parois, j’ai pu voir un champ empli de personnes pétrifiées. Une voix intérieure m’a dit calmement qu’il s’agissait de ceux qui cherchent la réalité de l’intellect, les yeux perdus dans le vague, attendant que l’existence-conforme-aux-idées devienne réalité, tandis que la vie s’écoulait devant eux, libre d’être ce qu’elle est…

Au bout du tunnel - ou en haut des escaliers - il y avait un éclat de lumière. Je pense qu’à ce moment là je soupçonnais que j’étais mort, mais je savais que je n’allais pas pouvoir franchir le seuil que je voyais. En me retournant pour descendre les escaliers, je suis tombé en arrière, je me suis retrouvé de l’autre côté d’un portail qui n’était pas à sa place, il n’y avait pas d’issue. L’endroit était un champ infini, couvert d’herbes, de fleurs de toutes les couleurs, d’arbres chantant des chansons paisibles, tous me souhaitant la bienvenue. A moi ? Qui pouvais-je bien être pour qu’ils fassent cela, ai-je pensé… pourquoi m’Accueillaient-ils ?

J’ai pris un chemin qui menait à un endroit où brillaient des lumières intenses, une sorte de structure pleine de gens par milliers. Tous m’ont acclamé pour m’Accueillir... je savais que je n’étais ni un genre de héros, ni une personne importante, mais ils se réjouissaient de ma venue. Puis, sortant des lumières brillantes, des membres de ma famille sont arrivés, nombre de personnes chères que j’avais perdues au cours des années, mon grand-père, des tantes, des oncles, des cousins et même ceux que je ne connaissais qu’en photo. Il y avait aussi mes amis d’enfance et leur famille. Tous étaient venus m’Accueillir. Je n’arrivais pas à saisir la logique de ce qui se passait, mais je soupçonnais (me semble-t-il) que j’étais en train de mourir.

Ensuite sont apparus des êtres dont les muscles n’étaient pas de chair mais de flamme. Le feu était contenu dans la forme de leurs jambes, de leurs bras, etc... ils étaient emplis de lumière. Ils m’ont souhaité la bienvenue et ils sont tous repartis, sauf deux. L’un me regardait, c’était quelqu’un que je connais ou que je suis sur le point de connaître, quelqu’un d’une importance extrême dans ma vie... mais il est parti, montant au dessus des arbres et attendant là. L’autre était derrière moi. Je me suis retourné vers ma famille, mais ils étaient devenus muets. Le monde entier était devenu très silencieux.

J’ai ensuite pris conscience de la présence d’une lumière. Brillant d’un éclat supérieur à tous les soleils de l’univers. Blanche, brillante et cristalline, très, très vivante, elle était en face de moi. Je savais que je ne pouvais aller dans cette lumière, je me suis donc retourné en arrière, puis vers le haut, puis vers le bas, il était impossible de se cacher de cette lumière qui m’a prise en elle même. J’ai alors su que j’étais mort, que tout ce qui devait arriver maintenant était inéluctable. Cet Esprit/Etre très Saint, Celui qu’aucun mot ne peut nommer ni décrire, m’a pris dans Ses bras et m’a souhaité la bienvenue. Puis Il m’a demandé : « As-tu terminé » ? J’ai instantanément su que j’étais mort, que j’étais appelé pour rendre compte de ma petite vie sans importance, et que je ne pourrais mentir…

En un instant qui durera toujours, j’ai vu ma vie, de la conception à la mort en un seul et même événement, pas en parties séparées d’un puzzle mais comme un tout complet et indivisible. J’ai su que ma vie était achevée, que j’avais terminé. La lumière, Cet Esprit Très Saint, m’a pris en Lui-même, dans une étreinte qui me hantera jusqu’à la fin de mes jours et au delà. Pendant un instant infini, j’ai connu l’Amour. J’ai su que j’étais aimé au delà des mots et des descriptions. Aimé infiniment, tout simplement... et j’ai vu à travers les yeux de l’Esprit, ce que voit l’Esprit... il n’existe aucun intellect pouvant concevoir cette vision : elle est, et c’est tout.

La voix a ensuite demandé : « Y a-t-il quelque chose que tu aimerais faire » ? J’ai répondu que j’aimerais disposer de quelques minutes pour soulager ma famille, pour ne laisser ni remords, ni regret de leur côté, juste quelques minutes pour dire un « Je vous aime » ultime, dire que je les ai toujours aimés, que je les aimerai toujours... quoi qu’il se soit passé, nos luttes, nos querelles stupides, nos petits moments de colère... rien ne nous a jamais empêché de nous aimer les uns les autres... Celui qui est au dessus de tous les noms a relâché son étreinte en disant : « Va ». J’ai répondu : « Non »... j’étais terrifié. J’avais dit non à ce que je tiens pour le plus sacré. Je savais qu’il n’existait plus aucune vie dont je voudrais sans Lui. Mon attirance envers Lui était bien plus grande que ma petite peur mesquine. La Lumière a redit : « Va », et de nouveau, j’ai répondu : « Non » !

La Lumière a répété : « Va »... et j’ai commencé à sentir une séparation, une distanciation. Mais en cadeau, il y avait ce que la Lumière m’a donné à « voir ». Peut-être ce qui est en mon propre cœur, en mon âme et qui concerne la foi que j’embrasse, les promesses... J’ai également vu qu’il existe un point ou un endroit, au-delà duquel on ne peut aller, sous peine d’y rester définitivement.

J’ai gardé pour moi certaines de ces choses, de ces visions et sentiments. Je ne peux les expliquer, leur donner un sens. Je ne peux non plus rechercher des réponses auprès d’autres personnes, leurs explications deviennent en effet des spéculations creuses, finalement... et c’est très douloureux. Je crois comprendre qu’être un humain, c’est être plus, beaucoup plus que ce que nous nous croyons permis, et qu’il existe un immense potentiel dont nous nous privons, enfermés que nous sommes dans notre rationalisme, notre besoin de preuyves tangibles. Le phénomène des EMI est à la fois une bénédiction et une malédiction.

En tant que prêtre, bien que de rang inférieur, j’ai dû me réconcilier autant que possible avec la tradition et les enseignements tels que les exprime mon Eglise. Et la vérité, c’est qu’il n’existe pratiquement personne avec qui trouver une réponse. Pendant dix années, j’ai abandonné le ministère pour essayer de la trouver. Malheureusement il n’existe pas « une » réponse, ce n’est pas vraiment possible. J’ai vécu dans une réserve amérindienne, cherché des « saints », des personnes vénérables dans d’autres voies, j’ai surtout trouvé des spéculations au nom de la foi : le vide.

J’ai fini par rechercher la solitude plutôt que de perdre du temps à rabâcher cette histoire ; une EMI n’est ni un mandat, ni une délégation de sainteté. Comme tout être humain, je peux revendiquer la sainteté sans jamais être touché par le Sacré. Et la répétition inattentive d’une histoire, d’un récit qui ne peut jamais être intégralement exprimé me répugne. Je suis un être humain (ma femme en doute parfois) simple, inintéressant, semi-rationnel, ordinaire. Je fais constamment des erreurs, j’en rie ou je m’en excuse. Et je suis toujours à la recherche d’une réponse. 

*

Certains éléments de l’expérience disparaissent à cause des limites du langage, ils sont éliminés lors de la « dissection ». Ces évènements qui m’avaient donné une sensation indubitable de plénitude, semblent impossibles à décrire.

Quand je me suis réveillé, on était en train de m’étaler un genre de gel sur la poitrine, on me pressait un masque sur le visage, on me reliait à des câbles. Une quinzaine de couvertures sorties de l’autoclave ont fini par m’aider à me réchauffer. J’ai par la suite pensé qu’il s’agissait peut-être d’un rêve.

J’ai entendu de la musique et un chœur... ce n’étaient pas des voix, mais j’avais conscience de « voix/sons » perçus sans l’aide des sens physiques.

« Ils » étaient « là », dans tous les lieux de ce voyage. J’avais la sensation de les connaître tous, ou plutôt que tous me connaissaient, que je m’en souvienne ou non. En ce qui concerne la communication, j’ai été frappé par le fait que rien ne dépendait de la voix ou de la perception sensorielle, il était pourtant répondu à toutes les questions que je souhaitais poser. Questions et réponses sont universellement posées et fournies, instantanément... on ne sait pas... et puis tout le monde sait, toutes les choses savent. Il est exact de qualifier cela de communication, alors même que les cinq sens fonctionnent à l’unisson, comme s’ils n’étaient qu’un.

J’ai appris que, si on m’en donnait l’opportunité, je ne choisirais pas de vivre quoi que ce soit différemment de ce que j’ai vécu... je sélectionnerais seulement des paroles plus adéquates vis à vis d’autrui, non pas pour refaire le passé mais pour ne rien laisser de blessant ou d’inachevé derrière moi. Il existe bien un avenir pour l’humanité, il vaut la peine qu’on y travaille... mais je devrais me taire à ce sujet (j’en suis encore à tenter moi-même de comprendre au moins en partie... et je n’ai absolument pas un intellect brillant).

Je ne parviens pas à décrire ce que j’ai compris, bien que je m’y essaye tous les jours. Compréhension, savoir, apprentissage sont des évènements uniques et indivisibles qui adviennent au delà des sens.

J’ai vu des champs emplis de fleurs de toute sorte, de toutes les couleurs et textures. De l’herbe et des arbres aux teintes vertes éclatantes, une terre dorée. Un amphithéâtre, l’enceinte très sacrée de ce qui est le plus Saint, la grande barrière que les vivants ne peuvent franchir.

Ce que j’ai vécu « là-bas » représente des minutes, des jours ou des heures, alors que c’est arrivé en moins de 20 minutes, depuis le début de l’EMI jusqu’au réveil en salle d’urgence.

Pour le moment, je me refuse à toute description. Je souffre d’avoir encore un immense besoin de rendre logique, de comprendre cela dans la pauvreté de mon intellect.

Il y a une limite qui ne peut être franchie si on souhaite revenir à la vie. On me l’a fait savoir. Bien que je n’aie pas été autorisé à voir ce qu’il y a de l’autre côté, on m’a expressément demandé de ne pas aller au delà de l’endroit de « plénitude ». La description de cet endroit contient certains éléments qui, me semble-t-il, sont évoqués dans les Ecritures Saintes et, en tant que tels, pourraient bien être subjectifs. Mais pour celui qui franchit cette marque ou cette borne, la vie dans le monde n’est plus possible.

J’ai refusé de revenir, refusé à celui que je tiens pour le plus cher et le plus sacré, alors même qu’il m’accordait un retour temporaire auprès de ma famille. Je ressentais de la crainte et une grande tristesse en refusant de quitter la vie. Mais il m’a été dit de partir une dernière fois, je me suis alors mis à « tomber » ou à descendre dans une brume d’une luminosité intense.

J’ai abandonné mon ministère car ce que je croyais dorénavant paraissait quelque peu contradictoire avec ce que j’ai appris. A la lumière de ce que cette EMI m’a permis de vivre, je ne pouvais plus enseigner ni proclamer certains principes de ma foi.

Mes relations familiales sont ce qu’elles ont toujours été, elles n’ont pas été influencées. Il n’y a eu qu’une réaffirmation de ce que nous représentons les uns pour les autres. La vie quotidienne a changé. J’ai dû apprendre à me « rapprocher » des autres, non que je ne les appréciais pas, mais parce que mes sens nécessitaient fortement d’être ouverts.

Deux ans plus tard, j’ai accepté une retraite anticipée afin de consacrer du temps à mon épouse et à la recherche du sens de ce qui venait de m’arriver. J’ai abandonné mon ministère pendant 10 ans, et maintenant je suis de nouveau en activité, très heureux, en paix. Certains éléments de mon expérience m’aident à rendre service à autrui.

Le discours des mystiques et d’autres m’apparaît bien plus compréhensible et simple. Certains aspects des pratiques spirituelles deviennent davantage personnels, sans effort. Il m’est plus facile de vivre selon la foi, de l’enseigner et de laisser indemne la foi d’autrui.

Je ressens parfois de l’isolement, de l’exaltation, de la curiosité... souvent des choses tout-à-fait contradictoires.

Le meilleur et le pire ? Tout savoir, et ne pas tout savoir. Rester un humain ordinaire, un personnage de série dorénavant plein de curiosité, à la recherche de réponses : le passage des ans n’atténue pas la lumière de ce qui semble s’être produit à peine un instant auparavant.

 

 

***

ISRAËL

 

Ma première rencontre avec des anges remonte au milieu de l’été 1961 alors que j’avais treize ans et demi. C’est arrivé pendant mon expérience de mort imminente dans une piscine publique en Israël. Environ un an et demi plus tard, en décembre 1962 j’ai commencé mes voyages volontaires hors du corps. Comme j’étais issu d’un milieu scientifique athée, que j’étudiais en internat dans un collège de la marine à la discipline militaire, que j’ai servi ensuite comme soldat puis comme officier des forces de défense Israéliennes, puis comme officier supérieur de la marine marchande, pendant des années, je n’ai pas osé dévoiler mes communications hors du corps. 

Tout a commencé par une chaude journée d’été dans la piscine publique qui appartenait à mon oncle. J’ai parié avec un plongeur professionnel que je pouvais nager sous l’eau trois fois la largeur de la piscine (environ 76 mètres) sans reprendre mon souffle. L’enjeu était une paire de palmes. J’ai gagné... mais pas avant que ma mort clinique n’ait été prononcée.

Je me souviens qu’à partir d’un certain moment au cours de cette lutte douloureuse sous l’eau, la victoire est soudain devenue abstraite. J’espérais seulement continuer à nager vers le but pour toucher le bord de la piscine, mais progressivement, je suis devenu complètement indifférent. Je me sentais comme dans un rêve, tandis que je continuais à nager lentement, ou en tout cas c’est ce que je pensais, tandis que j’entrais dans un sommeil inconscient, profond et étrange. Puis tout à coup, quelque chose de stupéfiant s’est produit. Je me suis senti très éveillé, frais et comme aspiré à grande vitesse vers le haut. J’étais abasourdi. Tout est arrivé si vite. J’avais l’impression de voler à une vitesse énorme dans un tuyau long et sombre qui était également doux et sécurisant. Il ne comportait pas de bords réels, mais je pouvais voir au bout une lumière brillante. Ensuite, je me suis retrouvé dehors mais dans une position singulière : en fait, je flottais à environ cinq mètres au dessus de la piscine. Je n’avais pas peur de tomber, je ne pouvais pas du tout sentir mon poids. Bien que la journée ait été très chaude et très humide, la sensation était devenu différente, très agréable. Tout semblait plus lumineux, mais doux. Je pouvais voir l’horizon nettement, comme si un voile avait été levé. Puis, lorsque j’ai regardé en bas, cela a été incroyable. J’ai vu mon corps qui gisait là sur le dallage près du bord de la piscine, entouré de gens qui continuaient à accourir de tous côtés, pendant que le maître-nageur, une femme de grande taille, avait commencé à me faire du bouche à bouche en appuyant sur ma poitrine. J’ai soudain pu entendre leurs pensées et leurs sentiments.

« Hé les gars, il ne m’est rien arrivé ! » ai-je crié joyeusement, mais aucun d’eux ne regardait dans ma direction.

Après quelques secondes, j’ai remarqué un être immense et puissant qui flottait à mes côtés. Il mesurait environ trois mètres de haut. Je pouvais sentir son rayonnement d’énergie gigantesque et intense, malgré cela, il ne faisait pas du tout peur ; c’était plutôt comme un père immense ayant beaucoup d’amour et d’attention pour moi. Il brillait comme s’il était illuminé de l’intérieur. En l’observant avec attention, je me suis rendu compte qu’il était fait de lumière… tout à coup, il a ordonné d’une voix aimante : « Tu dois repartir. Ce n’est pas encore ton heure. Tu dois accomplir beaucoup de tâches… tu reviendras ici le temps venu. Maintenant, prépare-toi à repartir ».

J’ai refusé, je voulais rester là. Je me sentais si bien en haut dans les airs, que je ne pouvais imaginer redescendre. A ce moment là, j’avais aussi pris conscience d’une musique légère et douce. C’était un genre de son doux dans l’air, il n’interrompait pas ma capacité à écouter cet immense être fait d’un nuage illuminé, qui, je m’en suis finalement rendu compte, était l’un des puissants anges du Seigneur.

« Tu dois redescendre. Ton heure n’est pas encore venue »... a-t-il poursuivi, « …tu dois retourner à ton corps ».

Soudain il est devenu grave. D’une certaine manière, j’ai compris qu’il fallait vraiment que je reparte. J’ai regardé en bas. Le maître-nageur s’activait toujours intensément ; maintenant accompagné d’une personne que je ne connaissais pas. Plus tard, j’ai découvert qu’il s’agissait d’un médecin d’un hôpital voisin qui était venu nager ce jour là. Il pratiquaient la réanimation sur mon corps. J’ai ressenti leur anxiété, particulièrement celle du maître-nageur qui m’aimait beaucoup et avait l’habitude de m’appeler le « Garçon-Poisson ».

Ensuite, en regardant vers le soleil, j’ai remarqué que le monde était empli d’une lumière brillante en plus de celle du soleil. J’ai voulu en voir plus… mais alors, malgré ma résistance, je me suis senti comme aspiré vers le bas, retombant rapidement dans mon corps. Peu après on m’a rapidement emmené en ambulance pour un examen complet à l’hôpital « Tel Hashomer » dans la ville de Ramat Gan.

Sortir de mon corps a été la chose la plus importante que j’ai vraiment voulu accomplir après cet incident. Jeune garçon, j’ai pris comme une promesse les mots de l’ange : « (…) tu reviendras ici le moment venu ». Chaque nuit j’ai demandé son aide pour qu’il m’indique comment remonter là haut. Je désirais ardemment cette expérience, flotter librement dans l’air. Mon souhait de liberté et le désir de voir le monde m’ont conduit à m’enrôler en tant que pensionnaire d’un collège sévère de la marine.

Pendant deux ans j’ai prié pour obtenir l’aide de cet ange afin de sortir de mon corps, mais rien ne s’est passé. Puis, par une froide soirée de décembre après une longue journée de travail à l’école et l’entraînement physique au pensionnat de la marine, j’ai décidé de faire une sieste, pendant que mes camarades de chambrée étaient allés au club de l’école. J’étais sur le point de fermer les yeux quand tout à coup, dans l’obscurité, j’ai remarqué que la chambre changeait de couleur, comme si elle s’emplissait de lumière, je suis resté allongé les yeux grand ouverts à observer l’étrange phénomène. Le centre de la lumière est devenu plus dense comme si un lourd nuage s’y coulait. Je me sentais complètement paralysé, collé au lit. Mon cœur battait rapidement tandis que je retenais ma respiration. Bientôt un rayonnement d’amour et de joie infinis a empli mon corps tout entier. L’ange était là et me regardait.

« Es-tu venu pour m’emmener avec toi » ? lui ai-je demandé.

« Non, ce n’est pas encore ton heure. Tu as beaucoup de travail à faire ici. Ta destinée exige bien plus », a-t-il dit.

« Je suis venu ici pour réaliser ton rêve. Il est temps pour toi d’apprendre à sortir de ton corps d’une manière simple, en utilisant ta propre volonté », a-t-il continué.

Ensuite, il m’a enseigné étape par étape comment me préparer à quitter mon corps. Soudain il m’a dit de lui donner la main. Ce soir là, j’étais particulièrement épuisé, mais j’ai soigneusement suivi ses instructions et je lui ai donné la main. Il ne s’agissait pas de ma main physique, je m’en suis vite rendu compte. Elle s’est séparée de mon être physique. Tout à coup, je me suis retrouvé totalement hors de mon corps, je me sentais complètement éveillé, vif, frais et joyeux. Cette nuit a été le point de départ de nombreuses nuits d’aventures et de leçons données par les anges dans le royaume hors-du-corps. J’avais coutume de quitter mon corps après l’extinction des feux du dortoir. En regardant en bas, je voyais mes camarades de chambrée endormis profondément, y compris mon propre corps. Bien sûr, je n’ai pas osé parler de mes voyages hors-du-corps. J’étais certain que bien qu’étant l’un des meilleurs élèves du pensionnat de la marine, on me renverrait de l’école si j’en mentionnais ne serait-ce qu’une partie.

Mon apprentissage spirituel a été fait de manière télépathique en une série de cours avec l’ange Lamdiel pendant que je me trouvais hors de mon corps, flottant et buvant les paroles de l’ange. Mais avant cela, j’ai dû me porter volontaire pour aider les autres. Je n’avais que 15 ans à l’époque, mais je l’ai fait.

L’apprentissage comportait des informations sur d’autres vies dans l’Univers, l’origine de l’humanité sur la terre, la réalité interne de la matière, les vitesses, l’énergie et de nombreuses données qui soulignaient ou contredisaient totalement ce que j’apprenais alors en sciences à l’école. Mais l’un des apports les plus passionnants fut ce que l’ange m’a dit de l’avenir de l’humanité.

« Aujourd’hui j’ai un message très important pour toi », a-t-il dit. En un éclair nous nous sommes retrouvés dans l’espace, en train de regarder en bas, une grande excitation a gagné toute mon âme. Une planète bleue se trouvait là, en bas. 

« La planète Terre » ! me suis-je écrié avec joie. Imprégné de sentiments d’amour, je ne cessais de regarder vers le bas, absorbant la scène dans mon âme. Ce sont des instants que je n’oublierai jamais.

Ce qui suit est un message authentique donné par Lamdiel, ange de Dieu. Il est tiré de « The Ultimate Prophecy – Book One » : « Vous, l’espèce humaine sur la Terre, avez parcouru un long chemin dans votre processus d’évolution et, bientôt, vous allez pénétrer dans une nouvelle ère pour vos vies, une étape majeure de votre processus évolutif (...)

Je t’ai déjà enseigné le concept des formes de vie avancées, telles que l’être humain qui est, en fait, un composé de vies dans la vie. Chaque fois une nouvelle forme de vie plus avancée émerge de l’unification des précédentes... explorons cela plus en détail. C’est important parce que la compréhension de ce concept va t’aider à saisir la destinée de l’humanité (...)

Tu sais que l’être humain est en fait un groupe de vies combinées. Il est bâti à partir de particules plus petites, ou de formes de vie plus petites, qui sont les cellules de ton corps. Mais l’histoire n’est pas terminée. Les cellules de ton corps sont aussi composées de particules plus petites qui sont également vivantes. Elles ne sont pas considérées comme vivantes par vos scientifiques. Néanmoins, elles comportent leur forme de vie plus simple. Vos chercheurs les appellent molécules. Ces formes de vie sont organisées en un code spécifique, créant les protéines et les cellules vivantes de ton corps, qui à leur tour, créent le corps humain. A nouveau, David, il ne s’agit pas du début de la forme de vie composée. Ces molécules sont également composées de particules plus petites : les atomes (...)

Sur le plan physique, sur Terre, les atomes sont considérés par vos scientifiques comme les plus petits fondements ou la base ultime de la matière physique. L’aspect vivant de l’atome est ignoré. Cependant, sous une forme beaucoup plus simple, les atomes ont leur propre petit esprit qui vit en eux (...)

En réalité, les esprits des atomes ne sont pas le début de l’histoire. Comme tu l’as appris lors des leçons précédentes, chaque atome est composé de nombreux sous-atomes 7, qui sont composés de sous-atomes 6 et ainsi de suite jusqu’au sous-atome 1. Chaque sous-atome 1, avec les éléments vivants purs sur le plan infini, est le fondement de base de la matière et de la vie dans l’Univers(...)

Si tu as suivi la structure composée des vies dans les vies, tu as probablement remarqué que l’être humain est, actuellement, l’un des complexes de vie les plus avancés sur Terre. Mais est-ce la fin de l’histoire de l’évolution ? (...)

Un être humain sur Terre n’est pas l’aboutissement du système de regroupement. L’étape à venir du processus d’évolution est l’une des plus stupéfiantes (...). A l’image des cellules de ton corps, toute la population humaine de la Terre va former le prochain groupe en tant que nouvelle vie composée. Par l’unification de tous les humains sur la planète Terre, une nouvelle forme de vie géante va émerger, possédant un esprit bien plus grand à l’intérieur des âmes humaines (...)

A l’image des liaisons énergétiques entre les cellules de ton corps, en parallèle aux connexions physico-chimiques entre tes cellules, il existe des liaisons énergétiques invisibles entre tous les humains, même entre les ennemis d’aujourd’hui. Les liens qui vous relient mutuellement les uns aux autres sont bien plus forts que les besoins de l’individu ou même que la vie de l’individu. Par conséquent, ces liaisons énergétiques touchent chaque personne sur Terre, qu’elle en soit consciente ou non (...)

Partout sur la planète Terre, un nombre croissant d’humains est en recherche permanente d’un sens à la vie, car ils éprouvent un sentiment de vide spirituel en eux. Ce vide dans l’âme des gens les force à le combler d’une manière ou d’une autre, par une activité spirituelle ou métaphysique. C’est en partie la raison pour laquelle les hommes établissent des religions ou des cultes ou s’y consacrent. Le vide dans l’âme des humains est aussi le facteur qui les forcera à se lier plus encore les uns aux autres... ce ne sera pas un processus de liaison physique comme pour les cellules de ton corps... mais émotionnellement, mentalement et spirituellement, un fait qui mènera à un événement dans l’évolution sur Terre (...)

En ce moment même, l’humanité est en train de lier plus fortement chaque humain à tous les autres. Cela s’accomplit de manière invisible, mais les individus sensibles peuvent en ressentir les effets sur toute la planète, en particulier la puissante pensée collective surconsciente, qui va être bien plus forte dans un proche avenir. De même, l’accroissement des nouvelles technologies touche bien plus l’humanité qu’on ne peut le supposer de prime abord. Cela va vous influencer consciemment et subconsciemment. Consciemment par les technologies avancées de l’informatique et des communications, subconsciemment par la transmission invisible des ondes de la radio, de la télévision et d’autres qui constituent en fait des liaisons énergétiques entre tous les hommes sur Terre, créant ainsi un genre de réseau d’énergie immense autour de la planète Terre, reliant plus encore toute l’humanité en un esprit subconscient et surconscient unique. Cette étape est le préalable requis pour l’étape suivante majeure de l’évolution (...)

Ta planète est vivante... la planète et chacune des formes de vie qui y réside possède son propre esprit. La Terre est de façon permanente en communication avec ton âme. Ton évolution est aussi l’évolution de la planète. Les espèces vivantes sur Terre représentent son évolution vivante, mais les formes de vie les plus évoluées y sont les êtres humains. Ils représentent ses fonctions les plus avancées, tout comme les cellules du système nerveux sont les cellules les plus évoluées de ton corps, celles qui sont le siège des liaisons avec une âme supérieure, l’âme humaine (...)

Ce processus est similaire à la manière dont les âmes des cellules se sont unies elles-mêmes et ont avancé dans l’étape suivante de l’évolution, afin de continuer et de croître en tant que partie d’une forme de vie plus grande qu’elles ont créée, et qui dans les faits est une plante, un animal ou un humain (...)

Ensuite, les humains nouvellement unis ou liés énergétiquement franchiront une étape supplémentaire dans le comblement de l’espace vide de leur âme. Ils vont se lier eux-mêmes à un esprit bien plus grand qui va s’unir avec toutes les âmes des hommes sur Terre, d’une manière similaire à celle par laquelle ta propre âme s’est unie avec les petites âmes des cellules nerveuses de ton corps (...)

Le nouvel, immense esprit coordonnera toutes les vies humaines dans le nouveau complexe de l’humanité unie... cet esprit aidera l’humanité à évoluer plus encore vers de nouveaux horizons dans l’Univers. Il s’agit de l’étape nécessaire que de nombreuses planètes dans l’univers, qui sont passées par une progression identique de l’évolution, attendent afin de communiquer avec vous (...)

Ce processus peut paraître étrange, mais souviens-toi que ton propre corps a fait de même. Tes cellules vivantes, quand tu étais très jeune, un embryon de quelques semaines, désiraient ardemment une âme plus grande, qui est ton âme, pour qu’elle s’unisse à elles, pour amener une vie supérieure dans leurs vies. Elles avaient besoin de ton âme afin qu’elle aide les petites cellules à réaliser leurs propres besoins d’évolution. Ces besoins sont, en réalité, imprimés dans chacun des sous-atomes et dans chaque élément vivant de leur esprit. Tes cellules ont franchi une étape majeure dans le processus de l’évolution. Elles se sont unies à une âme plus grande...

Elles se sont unies à ton âme afin de te créer, toi, une forme de vie beaucoup plus évoluée que chacune d’entre elles prise séparément. Elles ont franchi une étape majeure dans le processus de l’évolution qui tend à unir toute vie dans l’Univers (...) et vous, l’humanité entière, allez le poursuivre. Après le processus d’évolution des uns avec les autres, vous les humains sur Terre allez accomplir l’étape principale de l’évolution ultime en tant qu’individus humains, vous allez vous unir avec un esprit plus grand, immense » ! 

J’étais enthousiasmé. « Qui est cet esprit géant » ? J’avais l’impression que mon cœur battait à se rompre bien que j’aie été dans mon corps astral. L’ange a souri, puis a lentement répondu à ma question.

« Il sera un esprit puissant, immense, de forte intensité, du troisième niveau d’existence, du niveau des forces. Cet esprit va s’unir à toute l’humanité sur la planète Terre ». 

« Il y aura une nouvelle entité immense qui va énormément améliorer vos vies, pour toujours. Cet esprit est déjà bien connu de l’humanité sur Terre. De nombreuse personnes, sans le savoir, désirent déjà ardemment s’unir avec Lui. Elles prient consciemment pour obtenir Son aide, elles L’aiment déjà. Dans un recoin de leur pensée subconsciente, tous les hommes sur Terre le savent déjà. Et qu’ils croient ou non en une religion établie, dans les temps de nécessité, la plupart des humains reconnaissent Son existence. Ils l’appellent : Dieu, Elohim, Yahve, Allah, le Père Céleste et lui donnent encore de nombreux autres noms ».

 

 

***

JACK M

 

NOTA - Je suis en opposition totale, entre autres, avec ces scientifiques classiques qui pensent que l’esprit n’est qu’une simple processus du cerveau physique. Ce qui me choque le plus, c’est que la plupart de ceux qui professent cette opinion n’ont jamais vécu une EMI. En fait, je pense que le plus important est de réaliser que la mort n’est pas une fin, mais plutôt un « changement ». Jack M. 

 

Je m’appelle Jack M. Je voudrais raconter ce que je pense être une expérience unique et bonne à partager, plus pour ce que j’en ai retiré que pour l’évènement en lui-même : il y a quelques années, au lac Chelan dans l’état de Washington, j’avais plongé à environ 5 mètres sous l’eau et j’ai été entaillé par une pointe, ou quelque chose de tranchant, ce qui m’a fait hoqueter. L’eau s’est alors engouffrée dans ma bouche et dans mon corps. Je dis engouffrer car je n’ai ni avalé ni aspiré, c’était comme lorsqu’on remplit son réservoir à la pompe.

Après quelques instants j’ai perdu connaissance. Mon souvenir suivant est d’avoir visionné comme un film de ma vie. Pas toute l’histoire de la vie, comme le voient certaines personnes, mais seulement quelques grands et heureux évènements de mes souvenirs d’enfance. J’ignore combien de temps cela a duré, mais ensuite je me suis retrouvé dans un tunnel et hors de mon corps. Je me suis rendu compte que j’avais laissé mon corps derrière moi, mais j’ai eu peur de me retourner pour regarder. Cependant, comme je suis très observateur de nature, j’ai tout de suite commencé à m’intéresser au tunnel lui-même. Il y avait là un ensemble de couleurs non pas brillantes comme les couleurs psychédéliques, mais plutôt pastel et apaisantes. Elles tournaient avec l’ensemble du tunnel, un peu comme dans un kaléidoscope.

Je me rappelle nettement avoir eu pleine conscience de progresser de plus en plus loin dans ce tunnel. Je recevais parfaitement toutes les sensations naturelles provenant du corps mais je ne le voyais pas. Par exemple, je bougeais les doigts et toutes les sensations étaient là, mais sans forme physique à laquelle les associer.

Je n’ai pas vu de lumière brillante devant moi, ni de figure divine, ni qui que ce soit. J’ai seulement continué à progresser de plus en plus profondément dans le tunnel et cela me procurait beaucoup de plaisir. Puis, à l’improviste, la pensée que j’étais en train de mourir m’a traversé l’esprit. J’ai poussé quelques jurons, j’ai en fait dit « Au diable ! »... et à l’instant même je fus de retour dans mon corps, réveillé et lucide. 

Je pense que c’est à cet instant que l’histoire devient intéressante. J’ai appris plus tard que je suis resté sous l’eau pendant au moins 5 à 6 minutes. Je vous rappelle que j’avais absorbé une grande quantité d’eau avant de perdre connaissance. Eh bien, je m’en suis parfaitement remis. Je me suis assis au fond comme l’aurait fait un plongeur en apnée expérimenté, recherchant le soleil pour savoir où se trouvait le haut. Je me suis orienté, j’ai nagé vers la surface, puis vers le quai sur lequel je me suis hissé, sans aucun signe montrant que je venais juste d’échapper à la noyade.

En fait, j’étais parfaitement en forme, me sentant aussi bien qu’avant que cette EMI ne se produise. Franchement, ce rétablissement est pour moi plus bizarre encore que l’expérience du tunnel, car il me semble que mes poumons auraient dû être remplis, peut-être endommagés ou quelque chose de ce genre, mais je me sentais vraiment comme si j’étais allé faire un bon trajet à la nage et rien de plus. J’ai marché jusqu’au pavillon où je séjournais, j’ai pris une douche et je suis allé travailler. Je n’ai rien pensé de particulier au sujet de l’incident pendant des années jusqu’à ce que l’on commence à parler des EMI. Ma femme m’a lu un récit et je me suis exclamé : « Hé, mais... c’est ce qui m’est arrivé » !

Il y a autre chose que vous pourriez trouver digne d’intérêt : il y a environ cinq ans, j’étais à l’hôpital et les médecins m’ont administré un très puissant antalgique pendant des semaines. Lorsqu’ils ont cessé, j’ai été sujet à de nombreuses hallucinations.

De sorte qu’ayant vécu une EMI et, beaucoup plus tard, ayant été sujet à des hallucinations... je puis affirmer que c’est ABSOLUMENT DIFFERENT. Lorsqu’on a une hallucination, il y a toujours ce sentiment qu’on est un observateur. Il en est ainsi même si on fait soi-même partie de l’hallucination. Je ne dis pas qu’on n’entre pas de temps en temps dans l’hallucination en la prenant pour une expérience réelle, cependant, même ainsi, l’expérience n’a rien à voir avec une EMI.

La différence étant qu’une personne est aussi consciente dans une EMI que vous l’êtes en lisant ces lignes. C’est à dire que vous êtes conscient de lire, conscient de la pièce dans laquelle vous vous trouvez, de ce qui se trouve à l’extérieur de la pièce. Ce n’est pas ainsi qu’on vit une hallucination, une hallucination paraît être une expérience complète, mais il y a un manque de conscience (réelle) de tout ce qui se situe en dehors de l’expérience elle-même. C’est à dire qu’une personne voit et sent réellement les conditions dans lesquelles elle se trouve pendant l’hallucination, ces images sont absolument réelles pour elle. Si elle est poursuivie par un tigre, elle éprouve toutes les sensations de la peur, de la fuite, etc. Mais elle ne peut pas projeter ses pensées dans la pièce à côté ou, pour ainsi dire, en dehors du cadre. Or, pendant une EMI on peut le faire.

J’espère que cela a présenté un intérêt pour vous, même si j’imagine que vous avez des tonnes d’histoires comme la mienne. Mais vous avez demandé des récits... et c’était le mien ! Merci, 

        Jack

 

 

***

JACQUE M

(23.04.10)

 

 Le 1er mars 2010 vers 15 h, on tente de me réveiller après une chirurgie qui a duré 5 heures. J'entends : « Respirez » !... puis, durant quelque temps, je n'entends plus rien. Je respire doucement, et j'expire. A ce moment, étonnée je me sens pleinement éveillée et ressens une grande joie, une béatitude dans un espace-temps qui ne ressemble en rien à la vie terrestre. Je comprends que je suis décédée. Je souris de bonheur et me dis : Oh c'est comme ça !...

Je ne vois rien de particulier, je n'entends rien non plus, mais je ressens intensément un bien-être, un émerveillement devant ce monde immatériel, exaltant et serein, semblant fonctionner selon des valeurs supérieures tout-à-fait étrangères au monde terrestre. Il n'est pas fait d'individus et je peux m'y fondre... je lui appartiens même déjà. 

Je suis intensément heureuse et j'aimerais me laisser aller sur cette expiration, mais je suis confrontée à un choix : je sais que je peux encore respirer et revenir à la vie ; et je choisis cette option de bon gré, car pour moi, la refuser équivaut à mettre fin à mes jours alors que j’ai peut-être encore quelque chose à faire sur terre. Donc, je respire à nouveau et m’éveille.

*

J'avais beaucoup lu sur la question de l’au-delà, mais tout en souhaitant y croire, j’étais plutôt sceptique. Depuis cette expérience, je peux dire que dans le monde actuel il n'existe pas de mots ou de situations permettant de décrire l'état ressenti et la connaissance de cet univers d'un autre ordre.

Dès le premier instant, j’étais parfaitement consciente de ce nouveau monde auquel j'appartenais désormais. J'avais la certitude que j'étais décédée et que j'accédais à un niveau de vie supérieur. J’esquissais un sourire de bonheur, alors même que je ne disposais plus de mes sens physiques d’être humain, et je regardais toutes les contingences terrestres comme sans importance par rapport au niveau de vie que j’avais atteint. Jamais, je n'ai douté d'être passée « de l'autre côté »...

   À part mon sourire et l'expiration suivie d'une respiration qui m'a réanimée, mon corps physique ne faisait pas partie de l'expérience. Je ne ressentais plus que bonheur, sérénité, joie intense, union avec l'absolu.

J'ai ressenti ce monde comme lumineux sans le voir. J'ai appris que le monde du palier supérieur n'avait rien en commun avec tout ce qui peut exister sur terre, qu'il s'agisse des êtres ou du fonctionnement du monde terrestre. J'ai appris aussi qu'il est doux de mourir (sans avoir, cependant, l'intention de hâter l’échéance). Ce souvenir m'a donné le courage d’affronter des épreuves difficiles au cours de mon hospitalisation.

Cette expérience me donne la force de poursuivre ma route parce que j'ai la certitude qu'au bout, il y a quelque chose de merveilleux, d'indicible.

Mon intuition, déjà assez forte, semble s'être renforcée. De surcroît, je ressens le besoin de partager ma découverte pour communiquer cet espoir à d'autres personnes.

Je n'ai rien visité « physiquement ». Je me suis sentie à un niveau - ou une dimension - admirable. Le monde terrestre auquel j'avais appartenu était en retrait. Je pouvais me fondre dans ce monde nouveau et le suivre, mais je me suis fixé une limite en prenant la décision de respirer afin de revenir à la vie terrestre.

Après environ 2 jours d'hôpital, j’en ai parlé avec une infirmière qui y a cru. Puis, après 10 jours, avec les membres de ma famille, tous âgés de 50 ans et plus, dans le but de réduire chez eux la crainte de la mort. Je suis habituellement assez crédible à leurs yeux mais je ne saurais dire si, cette fois, on m'a crue.

Ça ne pouvait pas être un rêve, c'était trop réel et intense. Lorsqu'on rêve, au réveil on sait qu'on a rêvé... ce n'était pas le cas pour cette expérience. Il est possible que ce soit une action du cerveau qui, en situation de mort imminente, est équipé pour faire face à ce processus mais dans ce cas, pourquoi m'aurait-il présenté un autre monde ?... un simple sentiment de sérénité aurait suffi.

L'éveil soudain dans ce monde merveilleux, l'intense sensation de bonheur (« béatitude » est plus juste) et la certitude que j'avais touché l'absolu... voilà ce dont je n'ai jamais douté depuis. Mes relations n'ont pas encore eu le temps de changer. Cependant, mes préoccupations sont en train d'évoluer vers les autres.

 

 

***

JAMES & PEBBLES

 

Je vivais une mauvaise période. Je venais d’apprendre que je ne serais pas admis à l’Université de Queens, Belfast. J’étais tellement furieux, que j’ai couru dans ma chambre et je m’y suis enfermé, ne laissant entrer ni ma mère ni mon père. Je pleurais sans pouvoir me retenir lorsque, tout à coup, une magnifique lumière a pris forme devant moi. Dans cette lumière, qui passait d’une couleur à une autre, j’ai pu distinguer l’ombre d’un être. Soudain, je me suis retrouvé à côté de la lumière. J’ai regardé derrière moi, mon corps était allongé sur le lit, continuant à pleurer. J’ai pensé : « Ça alors ! Qu’est-ce qui se passe » ? Subitement, de l’intérieur de cet être un immense tunnel s’est ouvert, c’était plus magnifique que les mots ne peuvent l’exprimer. Je ne peux décrire ce que je ressentais. En le traversant, le sentiment d’amour et de paix que j’éprouvais était stupéfiant ! Je me sentais englouti dans la passion de l’amour qui semblait s’écouler de chaque recoin de ce tunnel et de cet être !

Nous avons atteint ce que j’appelle simplement « la Pièce Blanche ». Cette pièce ne semblait pas avoir de limites. Elle paraissait remplie de livres et de livres... de Grands Livres Rouges ! Devant nous est apparue une table sur laquelle se trouvait l’un de ces livres. La « Personne » près de moi s’est mise à parler, c’était comme de la musique à mon esprit. L’être n’a jamais parlé une seule fois en utilisant la bouche, il m’a simplement mis les mots dans la tête (« Super ! » ai-je pensé).

La pensée que j’ai eue, c’est qu’il allait me raconter ma vie et ce qui m’attendait. Il a ouvert le « livre ». Ce n’était pas un livre normal, cette chose m’a montré des images « télévisées » de ma vie, depuis la naissance jusqu’à ce jour là. J’en avais oublié beaucoup ! L’être me regardait avec tant d’amour que j’avais envie de pleurer.

Une pensée est arrivée dans mon esprit : nous sommes tous liés, nous ne faisons qu’un, nous faisons partie d’un immense plan. Nous sommes tous reliés spirituellement. J’ai pensé : « Ça alors » ! Il m’a ensuite dit que je devais repartir, car certaines personnes avaient besoin de moi. Il m’a dit d’attendre la petite Pebbles, qu’il l’avait faite mienne avant que nous ne foulions cette terre, que nous y avions été placés le même jour. Il m’a dit qu’elle était mon âme sœur et qu’elle allait bientôt être près de moi. Il m’a également dit d’attendre quelques jours, j’allais recevoir une lettre de ceux qui m’avaient tant fait souffrir.

Tout à coup, je me suis à nouveau retrouvé dans le tunnel. Je ne voulais pas partir, je me sentais tellement en sécurité. Le temps n’existait pas, là-bas, seulement l’amour pur. Douze jours après cette expérience, j’ai reçu une lettre de Queens, m’informant qu’une erreur avait été commise et que ce serait un honneur de m’avoir comme élève. Ensuite, après trois jours à l’université, j’ai rencontré une fille. Devinez quoi… elle m’a dit que sa mère l’avait toujours appelée Pebbles et continuait de le faire. Elle m’a révélé que sa mère disait toujours que Dieu lui avait donné ce surnom afin que la bonne personne puisse la reconnaître. « Ça alors » ! Je me sentais béni et vraiment chanceux.

*

De telles choses, voyez-vous, n’arrivent jamais. On ne communique pas avec ces êtres. Comment dire à quelqu’un qu’un ange vous a emmené dans un endroit très éloigné ?

Conscience totale, je veux dire : Totalement Conscient. C’est ce qui rendait cela encore plus stupéfiant. Lorsque je suis arrivé par le tunnel, j’ai regardé mon corps et j’ai éprouvé une grande pitié envers lui. Il était toujours là, paraissant sans vie mais pleurant toujours.

Un rêve ? Ah non, pas du tout ! Je trouve cette idée très choquante. J’étais toujours moi-même. J’avais la même apparence que sur terre, mais j’ai eu le sentiment de pouvoir la modifier à volonté. C’était comme si je pouvais prendre une forme différente si j’en avais envie. J’avais aussi la sensation de pouvoir aller n’importe où à grande vitesse si je le souhaitais.

Il y avait comme une musique de fond. Cela ressemblait à de la harpe celtique. C’était très détendant et Accueillant. Ainsi que je l’ai dit, il y avait une lumière avec le plus magnifique des êtres à l’intérieur. J’ai appris comment aimer d’un amour entier, su que nous sommes tous interconnectés et que peu importe notre ressenti, nous sommes aimés depuis « l’au-delà ».

Ainsi que je l’ai dit au sujet de la lettre et de Pebbles. De plus Pebbles est née exactement le même jour que moi, vous n’allez pas le croire, le registre mentionne que sa naissance a eu lieu exactement à la même heure. Il m’a également dit que j’allais écrire de nombreux et fameux livres ou scénarios télévisés. J’ai un livre qui est prêt à être imprimé et je travaille sur quelques scénarios avec des sociétés de télévision importantes ici en Irlande et en Grande Bretagne.

Ce grand couloir, ainsi que je le décrit, était tout à fait dans une autre dimension. C’était stupéfiant. Ce tunnel m’a emporté là-bas en quelques secondes et m’a ramené encore plus vite. Eh bien ! que les scientifiques expliquent donc cela avec leurs instruments et leurs livres de taxes.

Je vous jure que le temps, tel que nous le connaissons, n’existe pas. Il n’y a pas de problème de temps, ils n’ont rien de tel. Nous, sur terre, nous faisons tout selon le temps, alors qu’eux font tout selon l’amour.

Ils ont partagé avec moi le plus grand de leurs secrets, nous faisons tous partie d’un grand plan de l’univers. Nous devons cesser de croire que nous sommes tout et que rien n’a de valeur en dehors de nous, il y a d’autres formes de vie qui existent tout comme nous. Elles sont toutes reliées par l’esprit.

Je me suis mis à croire en moi-même. J’ai appris alors que les religions que nous avons sur terre sont erronées. J’ai découvert que nous avons été mis sur terre par Dieu pour apprendre, pas pour le prier comme on voudrait nous le faire croire. J’ai le sentiment qu’on m’a donné le savoir que nous sommes nos propres Dieux, c’est le grand don de Dieu pour nous.

Je suis tel que j’étais avant. Sauf en ce qui concerne Pebbles, bien sûr. Je n’ai raconté cette expérience qu’à Pebbles. Elle est certaine que c’est bien arrivé. Je lui en ai parlé lorsque j’ai appris que sa mère l’avait toujours appelée Pebbles, qu’elle avait toujours dit que Dieu lui avait donné ce nom afin qu’une personne puisse la reconnaître.

Amour et Paix... je ne permets à rien de m’atteindre.

L’ensemble de cette expérience a été magnifique.

N’ayez pas peur de vous AIMER les uns les autres.

 

 

***

JEAN

 

J’avais 28 ans, j’étais célibataire et je vivais au Texas avec ma fille de six ans. J’étais très déprimée, je buvais beaucoup et je ne voyais pas de sens ni de but à ma vie. J’étais complètement perdue. J’avais oublié une expérience que j’avais eue à l’âge de trois ans. A cette époque, une boule de lumière blanche/dorée était venue dans ma chambre et nous avions communiqué par télépathie. Elle m’avait dit que j’aurais quelque chose à faire vers la fin de ma vie. Je me souviens seulement avoir dit à la lumière : « C’est au delà de mes capacités, je ne pourrai jamais faire cela ». La lumière a répondu : « Tu grandiras pour le faire ». Sa présence était attentionnée, douce, chaleureuse, aimante, suprêmement intelligente, totalement bonne.

Je me suis donc retrouvée à 28 ans complètement perdue, ayant oublié cette expérience, mon ambition la plus élevée étant de mincir et de me marier avec un homme suffisamment riche pour résoudre tous mes problèmes. Un jour, je suis revenue épuisée du travail, je me suis allongée sur le lit. J’étais d’humeur maussade et je me suis complètement détendue afin d’atteindre « l’état-d’esprit-qui fait-disparaître-le-monde ». Je me suis presque immédiatement effondrée en moi-même, j’ai implosé. J’ai ressenti une sensation de vitesse comme sur un toboggan, un bruit de souffle, et je suis tombée rapidement dans un tunnel de lumière bleue satinée.

Au bout du tunnel il y avait une clairière au milieu de laquelle se trouvait une « poche bleue ». Cette poche était charnelle et semblable à la poche contenant un bébé. Une poche des eaux. Son apparence était organique et vaguement en forme de poire avec une ouverture en haut. J’ai flotté vers le haut de la poche, une fois arrivée là, des « connaissances » ont commencé à jaillir de la poche. Par « connaissances », je veux dire le savoir complet en quatre dimensions d’un concept ou d’une idée, sans son enveloppe de mots. N’avez-vous jamais entendu quelque chose une centaine de fois, puis un jour vous avez « su » ce que cela signifiait ? Il est très difficile de décrire mon expérience en mots parce qu’elle était pré-verbale. En tout cas, les « connaissances » fusaient du haut de la poche avec le débit et la rapidité du pop corn dans une casserole.

J’ai essayé d’en saisir afin de pouvoir les ramener avec moi et de les mettre en mots pour m’en souvenir. Mais elles étaient trop nombreuses et arrivaient trop vite pour qu’on puisse les retenir. Je « savais » que ce que j’avais trouvé était la somme totale de toutes les « connaissances » ou sagesses de tous les hommes à toutes les époques : passées, présentes et à venir. Toute sagesse vient de ce fond de connaissance collective et tout ce que nous apprenons va dans ce fond pour l’usage de tous

J’ai quitté la poche bleue et je me suis immédiatement retrouvée loin au-dessus de la terre. Je pouvais regarder en bas et voir la courbure de la terre, ses couleurs, la forme de ses eaux et des continents. Et je n’étais pas seulement au dessus de l’espace : j’étais aussi au dessus du temps. Je pouvais voir le mouvement des peuples et les idées qui avaient façonné l’histoire et avaient été façonnées par elle. A chaque époque de l’histoire, j’ai eu la « sensation » complète de cette période, incluant sa musique, son architecture, ses modes vestimentaires, ses pensées politiques et sa littérature.

C’était comme une grande marche de l’homme dans les différentes époques avec différentes visions du monde, le tout fonctionnant simultanément. C’était comme soulever le capot d’une machinerie gigantesque et observer tous les rouages, les engrenages et les poulies fonctionnant ensemble. En surface on ne voit rien de tout cela, mais en enlevant le capot, on peut le voir : ma vision a enlevé ce capot.

J’ai « su » que nous sommes tous liés les uns aux autres, comme des alpinistes encordés à la taille. Quand l’un tombe, il entraîne les autres. Quand on monte, on aide les autres à monter. Nous sommes solidaires. J’ai « su » que l’espace vide que l’on observe entre nous, n’est pas vide du tout. Nous sommes comme des agates dans une vitre. On ne voit pas la vitre, on voit les billes. Mais la vitre maintient les agates ensemble. Nous sommes maintenus ensemble par une substance invisible qui est autour de nous et entre nous. Elle nous est invisible, mais elle est réelle. J’ai vu que la vie sur cette planète n’est pas le fruit du hasard : il y a un plan gigantesque. Ce plan, cependant, est à une échelle qui nous est incompréhensible. Nos intellects sont trop finis pour le saisir.

J’ai vu une balle avec des circonvolutions, qui contenait toutes les surfaces. Pendant des années après mon expérience, j’ai cherché quelqu’un qui puisse m’expliquer cela. Je prenais un ruban de papier, je le tordais et j’attachais les deux bouts ensemble et je demandais : « Qu’est-ce que c’est » ? Finalement, des années plus tard, j’ai rencontré un physicien qui m’a dit qu’il s’agissait d’un ruban de Moebius. Je lui ai dit que j’avais vu une balle ronde massive semblable à ce ruban de Mobius. Le physicien m’a dit qu’il s’agissait d’un solide de Moebius. « Les mathématiques pures ont prouvé qu’un solide de Moebius peut exister, » a-t-il dit, « mais notre pensée à trois dimensions ne pourrait pas le visualiser ». Je lui ai répondu que j’en avais vu un. Il a simplement secoué la tête. Pendant mon expérience, on m’a dit que tout temps est « maintenant » et tout espace « ici ». Je crois que cette partie intermédiaire de mon expérience avait un contenu supplémentaire et qu’il me sera révélé quand l’heure sera venue.

J’ai ensuite changé de point de vue en retournant dans cette belle lumière bleue. Je suis allée dans l’image, de l’avant droit avec un léger angle vers le centre. Devant moi se trouvait un groupe d’ « essences » de personnes. Si l’on raffine un champ de fleurs en une seule goutte de parfum, on obtient l’essence des fleurs. Ces essences de personnes étaient comme des gouttes dans un seau d’eau, elles étaient individuelles et collectives. Elles étaient regroupées ensemble dans une forme triangulaire, tout comme la disposition des quilles de bowling, avec le sommet du triangle dirigé vers moi. Il y avait une essence qui se tenait légèrement en avant des autres. J’ai eu le sentiment qu’elle parlait pour les autres, sans pour cela exercer une autorité sur elles.

En m’approchant d’elles, j’ai immédiatement pris conscience que le groupe me connaissait mieux que je ne me connaîtrais jamais, qu’elles m’acceptaient totalement et qu’elles m’aimaient totalement. J’étais l’une d’entre elles et je l’avais toujours été. Elles le savaient et je le savais. Celle légèrement en avant communiquait avec moi par le cœur et l’esprit, elle m’a dit que je ne pouvais pas rester, que je devais repartir. Je ressentais sa présence comme étant masculine, bien que je ne l’aie pas identifiée à une figure spirituelle connue. Il m’a dit très fermement que j’avais quelque chose à faire, mais qu’ils seraient là pour moi et que je pourrai revenir vers eux quand j’aurai accompli ma tâche. 

J’ai été immédiatement renvoyée et je me suis levée du lit avec une profonde colère car j’étais de retour ici. Pendant des semaines, j’ai été en colère d’avoir dû revenir... mais ensuite, j’ai entrepris de faire ce que j’étais censée accomplir ici. Cette expérience à changé ma vie et, en conséquence, j’ai apporté à mon existence de nombreuses modifications positives. J’ai abandonné certains mauvais comportements et je me suis consacrée à une recherche spirituelle qui m’a entraînée dans toutes sortes d’endroits riches et intéressants.

Si je peux vous aider dans vos recherches, faites-le-moi savoir. Je souhaite apporter ma contribution dans toute la mesure de mes possibilités.

 

 

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JEAN T

 

Je suis conscient sur la table d'opération, très stressé, on m'endort avec un masque et une injection, je suis anesthésié, mais au lieu que ce soit le black-out, je continue à entendre, je crois donc que le produit ne fait pas effet, j'entends le personnel médical qui commence à s'affoler et c'est là que je prends conscience que je suis mort... j'en suis intimement convaincu, ce que j'entends ce ne sont pas mes oreilles qui l'entendent (je suis anesthésié), mais "moi".

Je commence à m'éloigner de toute cette agitation, je suis mal. Aucune perception visuelle, mais l'impression de flotter dans l'air. Il fait noir, je ne vois pas... mais quelque chose que j'appelle "l'esprit collectif" dans lequel tout le bien de l'humanité vit à jamais, me montre ma vie, et me fait comprendre que je n'ai rien accompli de bien, que seul l'égoïsme régit mon existence... ensuite cette esprit me projette dans le futur 15 ou 20 ans plus loin et me montre ce qu'est la vie de mes proches, à cause de moi - et sans moi : je suis mort depuis 20 ans et l'instant que je vis est bien du présent et non pas une vison du futur, ensuite l'esprit me fait comprendre que l'on va me donner une seconde chance et que je dois faire le bien. On me renvoie en me disant que je dois mener mon fils jusqu'à l'âge adulte et que ma mission est de faire le bien. L'esprit m’explique le vrai sens de « faire le bien »... ensuite je me réveille. Cela dure quelques minutes sur la table d'opération, je ne suis pas encore opéré, je regarde l'heure à la pendule de la salle d'opération, il s'est passé 2 heures... puis, je me rendors et me réveille. Opéré, cette fois.

*

Les mots sont trop "petits" pour décrire réellement ce que j'ai vécu. D'abord malaise, tristesse puis bien-être... profond sentiment de bien-être.

Un « esprit » regroupe tout, toutes les pensées, une espèce d'entité collective où chacun existe. Altération du temps et de l’espace... je me suis retrouvé dans le futur 20 ans plus tard.

Indescriptible connaissance qui va au-delà des mots. Ce qui est bon survit éternellement, j'ai appris à différencier le bien selon les hommes et le vrai "bien" selon l'esprit. Bien-être, sérénité.

L'esprit ma renvoyé pour effectué une tache précise au bénéfice de la conscience collective. Je suis sur terre pour faire le bien.

Avant : non croyant en l'au-delà et peur de la mort... mais plus maintenant.

J'essaie d'appliquer ce don de comprendre les autres et de faire le bien autour de moi, de ne plus fermer les yeux à la misère, d'être altruiste.

Je n’en ai pas parlé à d’autres... je pense qu'on ne me croit pas !

 

 

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JENNIFER

 

Ce n’est que très récemment que j’ai pensé devoir réfléchir plus en profondeur ma propre expérience, car elle pourrait recéler des clés pour mon projet de vie.

En 1978, mes parents faisaient construire une maison et, du fait d’un concours malheureux de circonstances, j’ai fait une chute d’une hauteur de deux étages. On m’a dit que j’ai atterri sur la nuque, à plat-dos, à l’endroit où la moelle épinière rejoint le pédoncule cérébral. Tout d’abord, je me rappelle m’être retrouvée dans un endroit complètement obscur à l’exception d’une minuscule lumière qui brillait au bout, pareille à un trou d’épingle. J’avais très froid et très peur.

J’ai pu sentir le vent tandis que j’avançais vers cette lumière dans un tunnel relativement petit. Je pouvais voir la texture des parois du tunnel, inégales comme pourrait l’être un tunnel dans la terre. Alors que j’approchais de la lumière, ma vitesse a décru et j’ai remarqué l’incroyable chaleur émanant d’elle, différente de toute chaleur que j’aurais pu ressentir auparavant. J’ai stoppé, flottant devant une silhouette qui me semblait humaine, bien que la lumière de fond m’empêchât de distinguer le visage. Ses bras étaient étendus comme pour m’étreindre, et je ne voulais rien d’autre que d’être dans cette lumière. J’ai ressenti une acceptation et un amour sans égal sur terre. Je n’étais peut-être qu’à quelques dizaines de centimètres de ces bras stupéfiants quand j’ai (nous avons) entendu ma mère hurler mon nom.

Ce fut le seul son ou la seule voix que j’aie entendu durant tout mon voyage. Je me sentais plus en colère à l’égard de ma mère que je ne l’avais jamais été, car elle allait m’empêcher d’aller dans cette lumière. Comme prévu, la silhouette a croisé les bras puis les a mis en avant, me repoussant doucement vers l’endroit d’où j’étais venue, dans l’obscurité et le froid. Jamais de ma vie je n’ai autant voulu quelque chose que d’être dans cette lumière. Je sais maintenant que je ne vivrai jamais à nouveau quelque chose d’aussi merveilleux que de retourner à cet endroit et d’être enfin acceptée. Je dois dire, cependant, que je n’ai pas le sentiment d’être arrivée au terme de ma mission en ce monde-ci.

J’étais très en colère et paniquée quand je me suis réveillée sur le dos, suçant mon pouce, ma mère penchée sur moi. Mon dos était très douloureux. On m’a conduite au service de Soins Intensifs pour enfants afin d’y passer la nuit.

Je ne me rappelle pas avoir repensé à mon expérience dans le tunnel, jusqu’à ce que j’entende une autre histoire similaire alors que j’avais environ 14 ans. Je peux encore me souvenir comme si c’était arrivé hier de ce tunnel et de la lumière. Je sais que ce n’était pas un rêve, car les rêves s’estompent rapidement et deviennent moins nets au fil des heures. J’ai quitté l’hôpital le lendemain, après qu’on ait affirmé à mes parents que dans le meilleur des cas je serai paraplégique et que je subirais des dommages à long terme au cerveau, à cause du traumatisme de la nuque et de la tête. Je n’ai même pas eu un bleu et j’ai continué à vivre indemne, réussissant à l’université, aucun effet secondaire ne s’étant manifesté.

J’admire votre courage dans ces recherches et je crois qu’il est très important que les EMI soient acceptées pour ce qu’elles sont dans la société en général. D’ici là, ceux d’entre nous qui ont été choisis, continueront à aimer et à savoir quelle est l’importance réelle de notre séjour sur terre.

 

 

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JENNIFER V

 

Un accident, et... tout de suite après le choc, j’ai eu la sensation d’être revenue CHEZ MOI ! J’ai pensé : « Dieu merci, je suis de retour ! Je savais que j’avais raison, je savais tout simplement que j’appartenais au paradis » !

L’Esprit m’a dit : « Je suis désolé, mais tu dois repartir ». J’ai répondu : « NON, tu ne te rends pas compte combien il y a de douleur là-bas, à quel point il est difficile d’y vivre. Pas question que j’y retourne, jamais, pas question » !

La chaleur de la lumière est la meilleure sensation qu’on puisse jamais ressentir... aucune drogue ni addiction sur cette terre, comme les sports extrêmes ou quoi que ce soit d’imaginable, ne pourrait induire une sensation aussi agréable. Lorsque l’on ressent cela autour de soi, c’est la perfection. C’est ce que je vivais. J’étais également capable de voler, et je me suis élevée dans les cieux.

Je voyais mon corps flasque et sans vie, projeté sur le conducteur... je ne me souviens pas comment je le savais, mais je savais tout simplement qu’il s’agissait bien de moi. Je savais qu’il existait une ligne entre ici et là-bas.

 La voix m’a dit : « Jennifer, il a le nez arraché du visage, il te faut repartir et l’aider. Il fait une hémorragie mortelle. ». J’ai rétorqué : « Non ! Que quelqu’un d’autre y aille. Il va s’en sortir sans mon aide, je ne veux pas retourner là-bas ».

La voix a dit alors : « Je vais te dire ce qu’il faut faire. Enlève sa chemise après avoir ramassé son nez sur le plancher de la voiture, il sera à côté de tes pieds. Mets le nez sur son visage et appuie pour stopper l’hémorragie. Ce n’est que du sang, n’aie donc pas peur, je serai avec toi comme toujours ». Je savais que c’était vrai, qu’aussi loin que remontait ma mémoire d’enfant, je n’avais jamais été seule. La voix m’a dit ensuite : « Jennifer, tu vas commencer à le faire remonter sur le côté droit de la route, une voiture va arriver... dis au conducteur de vous emmener à l’hôpital le plus proche. En calmant cet homme, vas à l’hôpital ECM où tu es née, tu connais le chemin, tout ira bien. Tu dois le faire, tu comprends » ?

J’ai répondu : « Pas question que je reparte » ! Puis je me suis exclamée : « Oh, et puis zut, d’accord, je vais le faire... à contrecœur ! Mince alors ! C’est tellement injuste, mais tu me connais, j’irai pour toi. Et pfuitt, je me suis retrouvée dans mon corps » !

Je me suis inspectée, et j’ai dit : « Bon, ça va, rien d’abîmé ici, maintenant au travail. Où est le nez de ce pauvre gars ? Ah oui ! Il faut que je lui enlève cette chemise : c’est bon, mon ami, je vais te porter jusqu’à cette route là-haut. Nous sommes à seulement 10 minutes, je te promets que tout va bien se passer ». Plus tard, j’ai dit à l’homme qui nous emmenait : « Attention monsieur, gardez les yeux sur la route, au moins jusqu’à ce que nous soyons à l’hôpital ». Il a répondu : « Mademoiselle, il, il, il... saigne ! Il est en train de mourir dans ma voiture ». Il pleurait, il paniquait totalement. J’ai dit : « S’il vous plaît, je sais ce que je fais ». Ce qui, à la réflexion, paraît sans aucun doute étrange, venant d’une fille de 11 ans... pourtant je l’ai fait, si vous voyez ce que je veux dire, c’était juste un autre jour au paradis, non ?

Les médecins des Urgences ont réussi à recoller parfaitement le nez en place, ils lui ont greffé de la peau provenant de la hanche. L’homme a parfaitement guéri, on remarque à peine une éraflure. Donc, lorsque les médecins des Urgences ont demandé à ma mère : « Où votre fille a-t-elle reçu cette impressionnante formation en réanimation ? Comment, à son âge, a-t-elle su exactement ce qu’elle devait faire » ? Ma mère à secoué la tête en disant : « Elle n’a pas d’expérience du tout ». Le docteur a alors répondu : « Bon ! Je lui ai mis deux agrafes au sommet du crâne, elle a une petite plaie mais rien n’est à redouter, surveillez-la donc pendant les prochaines 24 heures ».

Il a ensuite déclaré : « Je suis médecin et je ne peux pas expliquer le genre de miracle que je viens de voir aujourd’hui aux Urgences... particulièrement les paroles qui sont sorties de la bouche de votre fille, si jeune. La façon dont elle a sauvé la vie de cet homme et calmé tout le monde autour d’elle, c’est stupéfiant, tout simplement stupéfiant ».

Je suis rentrée chez moi et j’ai dit à Dieu, ainsi qu’à Jésus : « Je suis désolée d’avoir été si égoïste, pardonnez-moi s’il vous plaît, je ferai mieux pendant ma période ici, je sais bien que vous êtes toujours avec moi, que vous avez toujours été avec moi, jamais je ne mourrai ou ne serai seule, ici ou là-bas ».

Par la suite, à environ 30 ans, j’ai rencontré le frère de mon père, dans une pharmacie du coin où je travaillais à l’époque. On venait de le déclarer mort, nulle part ailleurs qu’à l’hôpital ECM, ce même hôpital où je suis née, où j’ai emmené le garçon accidenté après mon EMI. Il a dit qu’il s’était réveillé à la morgue, quinze minutes après avoir été déclaré mort. Il a ajouté qu’il était impatient de repartir.

Il se souvenait d’avoir pu voler, que tous ses rêves étaient devenus réalité là-bas, il a dit que c’était impressionnant. J’ai répondu : « Oui, je sais ». Il a révélé qu’il prévoyait de repartir après 3 mois. 3 mois plus tard, il est mort à nouveau. Cette fois, il est resté.

C’est comme si j’étais un aimant à EMI... lorsque des personnes meurent du cancer ou autre, qu’elles sont mal à l’aise pour se préparer à quitter le monde physique, elles semblent être beaucoup plus heureuses lorsque je leur rends visite dans leur chambre d’hôpital ou ailleurs. Leur famille me le dit à chaque fois !

Eh bien, pour le moment c’est vrai : j’ai les pieds sur terre et bien fermement. Il en sera ainsi encore longtemps… c’est juste mon sentiment !

*

Pendant mon « voyage », nous avons parlé avec notre esprit, on n’a pas besoin d’ouïe pendant une EMI, on comprend clairement sans la nécessité de parler ! Joie pure et bonheur : j’étais chez moi, dans une dimension magnifique. La couleur de la lumière et celles des fleurs étaient absolument impressionnantes ! Les plus belles que j’aie jamais vues !

Arrivant là-bas, j’ai su que j’étais de retour chez moi. J’ai imploré Dieu et Jésus de me laisser mourir pour revenir « chez moi ». Pendant des années et à plusieurs reprises j’ai tenté de me suicider... et puis, j’ai fini par tout simplement laisser tomber. J’ai assumé le fait d’être ici pour le moment !

Une limite entre « ciel » et « terre » ? Oui. Il est possible de laisser la partie inférieure du torse sous la limite, tandis que la partie supérieure communique avec le ciel, comme lorsque qu’on fait surface ou qu’on plonge à la piscine.

Les gens à qui je raconte ne comprennent tout simplement pas, mais en de rares occasions je rencontre une autre personne ayant vécu une expérience similaire, c’est une aide de savoir qu’on n’est pas seul.

                                                                                                                     Jenny

 

 

***

JEROME

 

Ce jour là, peu après mes premières gorgées du café matinal, j’ai senti une douleur bizarre en haut de la poitrine, semblable à la sensation éprouvée lorsqu’on a avalé quelque chose qui ne « coule » pas bien. Mais j’avais un projet à remettre à l’un de mes collègues pour conclure une affaire importante sur laquelle nous travaillions tous les deux, et j’ai pris tout de même le métro.

Le fait est que j’avais présumé de mes forces car il s’est avéré, peu de temps après mon arrivée au bureau, qu’il ne me restait plus qu’à me rendre d’urgence à l’hôpital. Pendant le trajet, j’étais extrêmement inquiet : le projet que j’étais venu réaliser n’était pas terminé et je laissais mon collaborateur en plan (c’est important dans mon cas pour la suite)...

Après m’être installé dans un fauteuil roulant apporté par un employé de l’hôpital, j’ai perdu connaissance. Je me suis éveillé brièvement en salle d’urgence, allongé sur le dos : de nombreuses personnes étaient penchées sur moi, enlevant mes vêtements, et me collant plusieurs petites pastilles sur la poitrine. Pendant environ deux heures et demi, j’avais eu des douleurs modérées et j’étais plutôt fatigué par toute cette séquence d’évènements. Je me souviens m’être dit : « Cela devient très ennuyeux ».

Soudain, j’ai entendu distinctement un son très étrange, entre « pop » et « clac », cela semblait provenir de « l’intérieur » de la zone arrière supérieure, du côté droit de la tête, environ 4 cm au dessus et légèrement en arrière du haut de l’oreille. J’ai réalisé que ma conscience se situait maintenant en dehors de mon corps. Au début, je me suis demandé si je rêvais, car l’expérience était quelque peu similaire au rêve lucide que j’avais pratiqué avec quelques succès au cours des années précédentes. Toutefois, je me suis dit que je ne rêvais pas, car je n’étais pas et n’avais pas été endormi. Je me suis simultanément rendu compte que la douleur gênante avait complètement disparu et, plus surprenant, je pouvais voir très clairement ce qui m’entourait. J’étais stupéfait, car sans mes lunettes je ne vois pas du tout nettement. Je me sentais aussi merveilleusement lucide et plein d’énergie, c’était d’autant plus remarquable après la léthargie progressive dans laquelle j’avais sombré au cours des heures précédentes.

J’ai vu de nombreuses personnes qui s’occupaient de quelque chose sur ma gauche ; je « savais » que j’étais l’objet de leurs préoccupations et de leurs efforts. Il s’est avéré qu’elles portaient des vêtements rouge sombre mais quelque peu lumineux ; j’ai trouvé cela curieux car le personnel de l’hôpital portait un uniforme verdâtre. Je ne pouvais distinguer leurs paroles, mais je percevais un bourdonnement sourd que j’ai supposé être leur conversation, j’étais conscient qu’ils étaient très affairés dans une entreprise à laquelle j’étais censé apporter une contribution. J’ai été très fortement touché par un sentiment d’impuissance devant mes responsabilités, l’impression de les éviter, de fuir. J’ai également eu le sentiment de vivre une expérience de mort imminente (je me souviens avoir pensé : « Ah ah ! C’est donc ce qui arrive » !) et aussi : « Ce n’est pas censé se passer ainsi » (j’étais rongé par le sentiment d’avoir abandonné mes responsabilités, il y avait aussi l’absence de « tunnel », de « lumière brillante » ou les autres effets décrits dans les récits d’EMI). J’ai considéré cela pendant quelques instants puis j’ai décidé qu’il serait sage de retourner à mon corps, de peur que le sentiment d’échec ne s’accroisse. Par cet acte volontaire ( c’est ce qu’il m’a semblé en tout cas) je suis immédiatement retourné à mon corps et à la douleur gênante. Mais la « culpabilité » avait disparu, ainsi que la netteté de la vision et la lucidité de la pensée. 

De retour dans mon corps, j’ai réfléchi pendant un instant et je me suis demandé si je pourrais sortir à nouveau ; j’étais très gêné à ce moment là. Instantanément, je suis sorti, sauf que maintenant, les silhouettes au travail étaient en face de moi et non à côté de moi. Il n’y a pas eu de bruit particulier accompagnant cette sortie. De nouveau, j’ai pu voir très nettement, la douleur avait aussi complètement disparu. Toutefois, le sentiment d’échec pour l’exécution de mon devoir était de retour. Cette fois j’ai sérieusement réfléchi à l’intérêt de rester où je me trouvais et d’affronter le sentiment d’échec, ou bien de retourner à mon corps. Après mûres réflexions, j’ai décidé qu’il serait extrêmement injuste que je reste où j’étais, alors que d’autres personnes étaient dépendantes de moi, je suis donc reparti. Pour vérifier, j’ai tenté de sortir de mon corps une fois de plus. Cette fois mes efforts sont restés sans succès.

Je me rends compte à posteriori que lorsque j’étais en route pour subir une angioplastie, durant tout cet épisode et même dans les premiers instants, je n’ai pas eu peur de mourir, je n’ai pas non plus envisagé, ni même eu le désir, de « me mettre en règle » avec le dieu des Chrétiens (ou un autre). En fait l’impression générale sur toute cette expérience et les phénomènes liés, est un intérêt extrême, bien que cela ait été désagréable physiquement. Pendant toute la série d’évènements, ma principale occupation mentale a été de regretter l’échec dans l’accomplissement du projet de travail qui m’avait été imparti, ainsi que mon désir de ne pas gêner mes collaborateurs plus que je ne l’avais déjà fait. 

*

J’ai fait une crise cardiaque. Les médecins qui s’occupaient de moi ont indiqué que mon cœur s’était arrêté de battre et qu’il avait fallu un nombre maximum de chocs électriques pour le faire repartir (ils n’ont pas dit quel était ce nombre, je n’ai pas non plus eu la présence d’esprit de leur demander).

Pendant les évènements menant à la crise cardiaque elle-même, je me suis senti progressivement plus faible, avec les idées moins claires. J’ai fortement craint d’avoir la nausée dans le taxi (le pauvre chauffeur était horrifié à l’idée que je puisse vomir dans son taxi, une éventualité dont j’ai essayé de l’assurer qu’elle était fort improbable), je me concentrais très énergiquement afin de ne pas tromper ce garçon à cet égard. Pendant l’EMI elle-même, je me suis senti très lucide, avec des idées très claires. Je ressentais aussi un détachement très net et réel, bien que le sentiment d’échec à assumer mes responsabilités se soit imposé. Mais il n’y avait pas du tout de sensation « d’obligation »... par exemple, que je « devrais » faire quelque chose. Toutefois, je réalisais que je serais responsable du résultat de ma décision pour le bon comme pour le mauvais. Ceci n’était malgré tout pas un motif de peur ou d’une autre réaction émotionnelle violente, c’était plutôt la simple prise de conscience d’un fait.

Ainsi que je l’ai déjà mentionné, mon expérience comportait beaucoup d’aspects du rêve lucide, mais je me suis rendu compte que ce n’était pas un rêve car elle avait commencé alors que j’étais totalement éveillé et en détresse physique. Je suis plutôt informé sur l’état de rêve et des différents modèles mentaux qui peuvent être engendrés ou vécus dans ce domaine des perceptions. L’expérience avait des similarités avec l’état de rêve lucide, mais ce n’était pas, selon ma compréhension ou ma conviction, un état de rêve.

Je ne me suis pas vu. Toutefois j’avais un sentiment de continuité totale de ma propre identité. Ou, pour l’exprimer différemment, ce qui était hors de mon corps, c’était moi, bien que je n’ai pas eu l’opportunité (ou le désir) d’examiner mon aspect dans cet état. En fait je ne préoccupais absolument pas de mon apparence.

J’ajoute que j’éprouvais un sentiment de liberté qui était cependant grandement affecté par mon état d’esprit du moment. Je sentais que la « culpabilité » de ne pas avoir réalisé mon projet pouvait, de façon désagréable, m’empêcher de m’élever, être un obstacle dans cet état hors du corps. J’ai évalué la possibilité que ce sentiment s’accroisse ou qu’il soit finalement vaincu. Je ne suis pas arrivé à une conclusion définitive, mais j’ai décidé qu’il « pourrait » s’accroître, ce que j’ai jugé fâcheux.

Je n’ai pas ressenti de peur ni d’exaltation. C’était simplement la continuation (ou l’apogée) des évènements précédents et cela semblait tout à fait naturel et normal. J’étais plutôt surpris de ne pas avoir peur.

Je n’ai pas vu la « lumière brillante » si souvent décrite dans les textes sur les EMI. Toutefois, ainsi que je l’ai déjà indiqué, le personnel hospitalier semblait briller légèrement avec une nuance rougeâtre sombre ou terne. Mon sens de la vue était net, mais il n’y avait pas de « lumière brillante ». J’aimerais savoir si cette teinte rougeâtre a été décrite dans un livre a peu près fiable (s’il existe) à propos de l’aura humaine. Peut-être s’agit-il d’un état d’agitation ou d’anxiété, ou bien d’une émotion similaire ?

Je crois que les personnes que j’ai perçues en deux occasions et de deux perspectives différentes, étaient les membres du personnel hospitalier qui tentaient de me réanimer, bien qu’à un moment cela se soit étendu à mes collaborateurs dans la vie professionnelle. Je n’ai pas vu, ni perçu d’une manière quelconque, d’autres « êtres », en tout cas pas d’être « surnaturel ». Au contraire, j’éprouvais personnellement la sensation d’être seul (c’est ce que je préfère quand je suis engagé dans des affaires sérieuses) et aussi le sentiment que j’étais en mesure de décider et d’évaluer moi-même la manière dont l’affaire allait se poursuivre. Je ne souhaitais pas particulièrement rencontrer quelqu’un car, à ce moment là, j’étais vraiment absorbé par mes propres pensées et je n’aurais pas souhaité une telle interruption.

Le médecin présent a dit qu’on m’avait ramené à la vie. Je suppose donc que j’ai été cliniquement mort, bien que plutôt brièvement. J’ai su par ma collaboratrice que l’équipe médicale était extrêmement agitée, on lui a dit : « Nous l’avons ramené ».

Je n’ai pas été témoin des détails de ce qui a été réalisé. Les « impressions sensitives » du moment semblaient concerner la nature des intentions des personnes que j’observais plutôt que les actions physiques. J’ai le sentiment que je regardais des « actions intérieures » plutôt que les gestes extérieurs qu’ils effectuaient.

La prise de conscience de la continuité de l’identité de personnelle en dehors du corps fut pour moi quelque chose de décisif. C’était et cela reste une dimension, bien que très personnelle. Je pense, toutefois, que j’aurais pu créer une telle dimension dans ma propre perception si j’en avais décidé ainsi (cela peut sembler très bizarre, à moins d’être familier avec les pratiques du rêve lucide, dans lequel on modifie régulièrement le modèle du rêve dans lequel on se trouve afin de l’adapter à son imagination).

En fait, je n’avais pas du tout de sensation de temps, mais l’espace semblait vraiment différent. Il y avait moi, un espace (qui ne semblait pas avoir de limites) et le groupe de personnes s’occupant de mon corps. Ou bien, d’un point de vue différent, peut-être étais-je sur le bord de deux « modèles d’espace » entièrement différents, l’un « derrière » moi, l’autre que je pouvais voir devant moi et latéralement. En considérant la question, je dirais que mon sens de l’espace et du temps est devenu plus interne qu’externe pendant la durée de mon EMI.

J’ai ressenti que mes propres idées sur l’état suivant la mort étaient confirmées, du moins en partie si l’on tient compte des limites de l’expérience. J’ai aussi eu le sentiment que mes questions concernant la probabilité de la permanence de l’identité personnelle avaient au moins partiellement reçu une réponse (bien que je ne sache pas si j’aurais continué ainsi éternellement ou bien pour une « période » plus ou moins longue). Pour moi, une telle confirmation, même à un niveau limité, est une forme de « connaissance particulière » qu’assez peu de personnes ont eu l’opportunité de vivre personnellement. En ce qui me concerne, la « foi » n’est plus nécessaire, elle n’est même plus souhaitable : en fait, je la considère comme une sorte de jeu puéril. Je ne dis pas cela avec arrogance, simplement, pour moi elle n’est plus d’un grand intérêt personnel ou d’une grande pertinence.

A part les deux positions différentes dans lesquelles je me suis retrouvé après être sorti de mon corps, je n’ai pas ressenti le besoin de me déplacer « physiquement ». J’étais occupé à réfléchir et à considérer mon état ainsi que la nécessité de prendre une décision. J’avais cependant la sensation que si je décidais de ne pas retourner à mon corps d’une manière quelque peu expéditive, je ne serais ensuite plus en mesure de le faire. Donc, je pense qu’on peut dire que j’avais la sensation d’une « limite » et de ce qui se passerait si je la « traversais ». Toutefois, il s’agit une limite décisionnelle, imposée par soi-même et non pas le passage extérieur d’un endroit à un autre. Mais il y avait un peu la sensation d’être sur un seuil, bien qu’encore une fois, cela ait été plus intérieur qu’extérieur.

J’avais un sentiment profond de « présent » où il n’y avait réellement pas de temps réparti entre passé, présent et futur. Ce qui allait (ou pouvait) se produire était si intimement lié au « présent » de ce qui se passait, que cela semblait en faire partie intégrante et non pas être une période séparée.

Au cours des deux dernières années, je trouve que j’ai très souvent fait des rêves concernant mes collaborateurs et sur ce qui se passe dans leur vie à ce moment là, parfois jusqu’à des détails mineurs très inhabituels. Au début, je le leur ai mentionné par boutade. Mais je me suis rendu compte qu’ils étaient très souvent stupéfaits de ces rêves. Je trouve également que les rêves lucides sont beaucoup plus aisés et plus satisfaisants.

J’ai la sensation permanente très bizarre d’être ici (dans ce temps et cet espace) mais aussi de ne pas être là. Ce n’est pas un sentiment désagréable, ni une sensation « schizophrénique » de dédoublement. En fait, cela semble d’une certaine manière plus « complet » que mon sentiment antérieur de séparation entre ce que nous appelons la « vie » et la « mort » ou bien « ce monde » et « l’autre monde ». Je me sens plutôt à l’aise avec un pied dans chaque « monde » et le sens de l’équilibre qui accompagne cela.

Cependant, je pense que la tranquillité d’esprit qui m’est restée de l’expérience, ainsi que mon désir de m’assurer une sérénité spirituelle (par exemple en évitant un sentiment de responsabilité excessif), constituent le « don particulier » le plus important. Je crois, comme l’enseignent certaines philosophies bouddhistes, que les pensées dernières et les « passions » de l’esprit au moment de la mort sont les plus cruciales. Par conséquent, j’essaie d’éviter les « émotions perturbatrices » qui pourraient entraîner des sentiments équivalents à la « culpabilité de la responsabilité » que j’ai ressentie pendant mes EMI.

Je crois fermement que la croyance judéo-christiano-islamique en une vie/une mort suivie d’un jugement vengeance / récompense n’est absolument pas pertinente pour mon existence propre. C’est comme si j’avais personnellement été libéré du joug d’un système de croyances subtilement étranger et vaguement repoussant, dont je ne m’étais jamais vraiment préoccupé mais qui, je le crains, avait un certain pouvoir.

A l’inverse, j’éprouve profond respect et désir d’en apprendre plus au sujet de certains systèmes de croyances orientaux, tels que le Bouddhisme et autres, qui, concernant l’état suivant la mort, représentent l’existence dans un environnement où l’individu est la source de tout « jugement ». Cet environnement semble avoir plus de résonance avec ma propre expérience. Globalement, j’ai bien plus confiance en mes propres intuitions sur ces questions (car elle me concernent). Pour ce qui est des autres, je ne sais pas et je ne crois pas qu’il soit d’une grande importance pour moi de le savoir. Je pense que l’expérience suivant la mort pourrait très bien être différente pour des personnes différentes.

A l’encontre de nombreuses EMI que j’ai lues, je ne ressens pas une pulsion débordante de plus grande compassion, de charité ou d’autres expressions de bienveillance (je n’ai pas non plus de pulsion inverse). A la différence de nombreuses personnes qui disent avoir eu ce genre d’expérience, je pense que la mienne est spécifiquement et intensément personnelle, un besoin de connaissance de soi et de perfectionnement qui n’implique pas autrui. Je crois qu’il en est au moins en partie ainsi, car je réalise que je ne peux pas vraiment aider une autre personne dans le domaine sans doute le plus utile, avant d’avoir appris à le faire pour moi-même.

Je crois que je prends la vie beaucoup moins au sérieux qu’auparavant mais, paradoxalement, je prends la valeur du fait d’être en vie bien plus au sérieux. C’est à dire que je ne considère pas que ma vie quotidienne avec ses joies, ses peines et l’ennui entre les deux, soit tellement importante dans le cadre d’un quelconque grand plan : ce qui arrive doit simplement être pris comme tel et traité de façon expéditive. Mais il est important de « prendre » ce qui se produit avec un esprit serein et dépassionné, d’utiliser cela pour apprendre et grandir. C’est un domaine où je trouve mes pensées (ou impressions mentales) très difficiles à décrire.

Je crois pouvoir dire que je vois maintenant la « vie » (cette vie) comme un cours plein d’exercices me préparant à une expression meilleure de ma propre existence en tant qu’entité indépendante. Ces exercices ne sont pas importants en eux-mêmes. Mais ils doivent être utilisés pour ce qui est à venir et pour la valeur de vécu qu’ils sont censés fournir. Je dois faire mon devoir, non pas principalement pour le devoir en lui-même, mais en vue du bénéfice tiré de ce que j’apprends, en dehors de la « note » immédiate. Je dois en apprendre plus au sujet du « je » qui est sorti de mon corps, comment ce « je » peut exprimer sa volonté et son schéma mental d’une manière qui soit positive. Je dois également découvrir ce que signifie réellement « positif ».

Je partage mon expérience avec d’ autres personnes choisies avec un certain soin, je pense que la plupart des gens ne seraient même pas intéressés... sans parler de me croire. Les réactions ont en général été positives. Toutefois, j’ai le sentiment que ce que j’ai vécu peut être de la plus grande importance, en tant qu’expérience d’apprentissage, pour moi plutôt que pour les autres. Je crois que jusqu’à ce que ces personnes vivent une expérience identique ou similaire, elles ne peuvent réagir qu’académiquement ou émotionnellement, certainement pas par rapport au vécu. C’est, je pense, l’expérience et non le fait de l’entendre qui est important. Ceux, par exemple, qui sont seulement émoustillés par le récit de telles expériences, en retirent probablement plus de mauvais que de bon.

J’ai ressenti une grande joie, un calme intérieur et une sorte de fébrilité contrôlée, le tout amalgamé. C’était une très bonne expérience, une « expérience d’apprentissage » suprême. J’en suis encore stupéfait, chaque jour j’y réfléchis et j’en perçois les implications. Je considère parfois cela comme l’équivalent spirituel de la puberté. Une toute nouvelle façon de vivre.

La confirmation de la permanence de l’identité personnelle a été, de loin, la partie la plus spectaculaire de l’expérience. La prise de conscience, qu’en dehors de mon corps, mes pensées du moment avaient une telle influence sur mon état mental a constitué le « pire », mais cela a peut-être aussi été très bon, car j’ai appris (je crois) à discerner ce sur quoi je dois travailler pour assurer une expérience pleinement positive lorsque je quitterai finalement mon corps sans option de retour. Globalement, je pense que la prise de conscience de la permanence constituait le glaçage, le gâteau étant d’avoir appris qu’il fallait travailler sur mes pensées. Donc, je suppose qu’il n’y a eu que de bonnes parties dans l’expérience.

Je n’ai pas le sentiment que ce que j’ai vécu doive être universel. Au contraire, j’ai tendance à croire que ce que les personnes vivent est en très grande partie « auto-généré » en fonction de leurs croyances, de leur état d’esprit, etc. Il y a peut être un « dieu » ou des « dieux » Accueillant des âmes en leur sein ; il y a peut-être des expériences de « bardo » similaires à celles décrites dans le « Livre des morts tibétain ». Je l’ignore et je ne pense pas qu’il soit important que je le sache. J’ai le sentiment que le moment de l’entrée dans l’état suivant la mort pourrait être, de toutes les expériences humaines, la plus singulièrement personnelle, et qu’il s’agit d’un royaume où nous créerons volontairement ou involontairement ce que nous trouverons.

Comme indiqué ci-dessus, je me concentre maintenant beaucoup plus sur ce que j’aime appeler : « la maturation de mes pensées ». Je tente également de pratiquer le rêve lucide beaucoup plus sérieusement car je pense qu’en acquérant plus de maîtrise sur mon état de rêve en étant « vivant », je serai capable d’un contrôle plus efficace dans l’état suivant la mort qui, selon certaines écoles du Bouddhisme tibétain, est très étroitement lié à l’état de rêve.

J’essaie également de travailler assidûment à distinguer le « moi » de l’EMI du « moi » qui est le produit de mes propres processus biochimiques, de mon environnement et de mon éducation. Ce dernier « moi », je le crois, n’est qu’un masque temporaire que le « moi » réel utilise actuellement, mais qui disparaîtra (un peu comme le « moi » qui fut un enfant de deux ans et dont je ne me rappelle plus consciemment). Je dois donc apprendre à connaître le « moi réel » qui utilise ce masque pour apprendre et grandir, et qui est différent. Selon le Bouddhisme, j’essaie de distinguer le « moi » authentique, des attributs (perception, pensées, etc.) qui « semblent » être « moi » dans ce corps et que d’une certaine manière j’utilise afin représenter mon « identité » dans cette vie.

Enfin, j’ai toujours évité les drogues, parce que je n’aime pas les effractions et les cambriolages faits par des intrus dans mon esprit. Si on me disait que je peux reproduire mes EMI en utilisant une quelconque substance, j’éviterais de le faire. Je suis convaincu que dans mon cas, ce que je vis concernant les EMI ou des expériences similaires doit venir uniquement de moi-même, ou ne pas se produire du tout.

 

 

***

JERRY W

 

J'étais à l'agonie. Tandis que j'essayais de toutes mes forces de dormir pour échapper à la douleur, j'ai simplement noté un silence étrange. Il m'a semblé mettre du temps à réaliser que je ne pouvais plus entendre mon cœur battre. J'étais si tranquille, j'étais... près du plafond de ma chambre, regardant en bas vers mon corps avec une totale indifférence. Il n'y avait pas du tout de peur, de douleur ou de sentiments, pour ainsi dire, excepté une sorte de surprise ou d'émerveillement. Je me suis reconnu. L'instant suivant, j'étais en un lieu entièrement différent. Il me semblait être suspendu dans l'espace si vous pouvez imaginer... avec mon dos contre un mur... ou un plan parfaitement parallèle qui allait partout (je ne pouvais en discerner la fin dans son propre plan et dans n'importe laquelle des quatre directions que je pouvais aisément observer). Je ne pouvais apparemment pas bouger. Le mur n'était pas exactement « blanc », il était plutôt de la couleur de la glace. Il semblait être très lisse et impénétrable. 

J'ai senti qu'il y avait des « choses à voir » si je me tournais et regardais dans ce mur. J'ai essayé trois fois. A chaque fois, une main sur mon épaule droite venant de derrière moi m'arrêtait fermement, mais pas douloureusement. En fait, à ce moment-là - et seulement à ce moment-là - j'ai réalisé que, pour la première fois depuis des années, j'avais « zéro douleur ». L'anxiété, la dépression avaient disparu. J’éprouvais un sentiment de paix presque « déconnecté ». J'aimais vraiment être là. Puis, soudain, j'ai vu mes deux jeunes filles, et je me rappelle avoir pensé : « Elles ont toujours besoin de moi » ! C'était vraiment bizarre. Puis, soudain, toute cette douleur est revenue de plus belle. En premier, j'ai ressenti la colère d'être revenu. Mais je ne pouvais plus rien faire, sinon accepter la situation. 

Après avoir repris beaucoup d'électrolyte dans mon système, je me suis senti plus fort même si la douleur n'a jamais diminué. Il a fallu plusieurs semaines avant de savoir que j'allais survivre à cette maladie. Depuis lors, j'ai tendance à écrire des tas de poèmes... au sujet de tout ce que je veux, etc...

Mais je voudrais savoir quelle main était sur mon épaule... bien sûr, je pourrais théoriser... mais en tant que scientifique... je ne peux pas vraiment dire. Ma foi me dit que c'était une main aimante. C'est tout ce qu'il me semble nécessaire de savoir en ce moment. Aucune personne ne pourra jamais me convaincre que Dieu n'est pas réel. Pas maintenant. J'ai vu trop de choses avant et depuis, etc...

L'expérience était très étrange. Et impossible à prouver. Depuis lors, j'ai eu à placer dans une perspective plus large quelques expériences récentes que j’avais toujours pensé être des cauchemars... mais c’est un domaine de recherche totalement différent. J’en ai seulement parlé à quelques personnes.

*

Je récupérais d'une réaction critique provoquée par une médication qui m'a presque tué. J'étais EXTREMEMENT faible, à peine capable de marcher, par moments. 

Pas de « sons audibles », excepté au début et à la fin (battements de cœur). 

J’ai vu un mur de lumière... couleur de la glace. 

Quelqu'un, là-bas, ou quelque chose m'a touché. J’étais dans l'espace... pressé contre un mur de lumière. Incroyable, réellement ! Je ne pouvais pas le traverser... essayé trois fois en tournant sur ma droite... fut empêché trois fois exactement de la même manière, une main sur mon épaule... le temps semblait s'être arrêté. 

Depuis cette expérience, j'écris BEAUCOUP... je pense beaucoup à cela. 

J'ai eu ZERO contrôle quand ces choses sont « arrivées »... je ne pourrais dire si j'avais un corps ou non. 

J'ai n'ai jamais eu peur de la mort elle-même. Mais j'avais toujours peur de mourir (le processus me semblait horrible)... maintenant, je n'ai plus peur de cet évènement.

Je n’en ai parlé que très rarement à d’autres personnes. Il y a trop de gens qui ne veulent tout simplement pas entendre parler de cela. 

 

 

***

JIM K

 

A l’âge de trois ans, je jouais dans la cour derrière chez moi, avec un autre garçon d’environ six ans, c’était l’hiver. Nous possédions une piscine hors-sol qui avait été vidée en partie. Le garçon de six ans m’a incité à grimper à l’échelle pour regarder la glace. J’ignore s’il m’a poussé ou si j’ai glissé, mais dans mon souvenir suivant, je regarde vers le haut et je vois que je suis sous la glace.

Je me rappelle ensuite avoir regardé vers le bas en direction de la façade de la maison. Je me souviens avoir vu la neige sur le toit... je voyais la maison comme d’un point situé à environ 5 m de hauteur, en l’air. Je me rappelle que tout paraissait bleuâtre, comme si j’avais porté des lunettes de soleil bleues.

J’ai également vu le garçon qui se trouvait avec moi, il courait dans le chemin, il a martelé la porte latérale de la maison puis s’est remis à courir. Je me souviens de ma frustration car j’essayais de lui crier d’aller chercher ma mère, mais il ne m’entendait pas.

Dans mon souvenir suivant, je me réveille dans mon lit, des couvertures m’enveloppaient complètement et ma mère s’occupait de moi. Apparemment elle avait entendu le garçon qui frappait à la porte, était allée voir, m’avait trouvé dans la piscine et m’en avait sorti.

Je me souviens très bien de tout cela, comme de nombreux autres souvenirs de la toute petite enfance. Le plus drôle dans toute cette épreuve, c’est que je n’ai pas réalisé avant l’âge de 29 ans que j’avais effectivement vécu une Sortie Hors du Corps. Cet événement semblait tellement naturel que je n’y avais même pas réfléchi.

Je sais depuis lors qu’il existe autre chose que le seul corps physique !

 

 

***

JOANIE J

(10.10.04)

 

A l’époque, je n’avais jamais entendu parler des expériences de mort imminente. Au cours de mon expérience, j’ai eu la sensation d’être propulsée à la vitesse de la lumière dans un long tunnel, les pieds devant. J’avais nettement l’impression d’une vitesse extrême. Je fonçais vers une lumière, mais j’avais simultanément la sensation qu’une puissante force maléfique me tirait sans cesse en arrière. J’étais en plein dilemme : je voulais avancer, mais je ressentais également une forte pulsion vers l’arrière... et comme vous pouvez le constatez, je suis revenue.

Pendant l’expérience, j’ai aussi senti la vibration et le vent d’une vitesse intense. La meilleure analogie que je puisse trouver est celle-ci : si vous avez un jour voyagé en ferryboat assis dans votre véhicule, quand le ferry est au ralenti ou en traversée, il y a une vibration des machines et une sorte de souffle, une pulsation qui émane des moteurs et se réverbère dans la structure du navire, l’expérience que j’ai vécue comprenait un son similaire : à la fois vibrant, éolien et pulsatile.

Après cette expérience je n’ai plus jamais retrouvé cette sensation. J’avais fortement le sentiment d’avoir complètement changé intérieurement. Seule mon apparence était restée la même... c’était comme si j’étais quelqu’un d’autre occupant ce corps. Personne ne s’en est rendu compte, sauf moi.

Je suis devenue casse-cou : je faisais n’importe quoi (vraiment n’importe quoi) sans peur. Sans l’ombre d’un doute, je ne craignais plus la mort suite à cette expérience. Maintenant je suis beaucoup plus âgée, je ne m’engage plus dans ces activités risquées, mais j’ai conservé le sentiment d’avoir intérieurement changé pour toujours après avoir vécu cette expérience.

Même si je n’en ai jamais touché un mot à quiconque, environ trois ans après cet évènement ma sœur m’a parlé des « expériences de mort imminente », elle venait en effet de lire un livre sur le sujet. C’était la première fois que j’apprenais que quelqu’un d’autre avait vécu une expérience similaire, sans parler du nom de ce phénomène. Ce n’est qu’à partir de ce moment que j’ai moi-même lu sur le sujet, et que je me suis trouvée capable de parler aux autres de l’expérience que j’avais vécue (seulement à certaines personnes).

*

Mes impressions : luminosité, vibrations, lumière et souffle intenses, avec un fort sentiment de conflit. Je voulais continuer d’avancer (vers la lumière) et simultanément j’étais entraînée dans la direction d’où j’étais venue.

Depuis l’expérience j’ai nettement un don d’intuition, de conscience approfondie et de discernement. Je peux « voir à travers » les gens, anticiper des évènements à venir d’une façon très particulière, bien plus importante que les autres ne semblent pouvoir le faire. L’aspect le plus significatif, c’est la manière dont cela m’a changée pour toujours, la connaissance intérieure qui est arrivée après que j’aie survécu. Je savais intérieurement qu’une personne différente occupait mon corps, que j’étais quelqu’un de différent.

J’ai divorcé à cette époque là, j’ai pris les enfants et je me suis installée seule. J’ai changé pour toujours, avec une nouvelle perspective. Les choses n’étaient plus aussi tranchées que dans mon monde d’avant l’expérience. J’ai accepté le fait que je ne savais PAS vraiment tout.

Je ne me suis toujours pas fait une opinion sur ce qui m’est arrivé. J’ignore s’il s’agissait d’une fonction de la chimie du cerveau pendant l’hypoxie ou si je suis allée au paradis, ou bien si la terre elle-même est l’enfer. Mais cela m’a semblé être une lutte incroyable, un combat pour lequel je ne trouve pas les mots permettant de qualifier cette pulsion de progression, cet appel vers la lumière malgré l’intensité de la traction qui me donnait une impression de force mauvaise m’entraînant en arrière, vers mon point de départ.

 

 

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JOANN M

 

Le 20 septembre, après une journée à peu près normale au travail, je me suis évanouie dans la rue, avec mon père, et me suis retrouvée à l’hôpital.

J’ai rencontré de nombreux anges ce soir là, dont certains sont restés avec moi, sous forme humaine, jusqu’à ce que l’aide médicale arrive. Personne ne les a vus, pas plus que l’endroit où ils se trouvaient. Personne n’a vu leurs visages, mais ils m’ont encouragé à tenir le coup.

Mon voyage a commencé. Je flottais confortablement le long d’un tunnel noir. Aucune direction spécifique car je n’avais pas de corps pour en juger, j’ai remarqué qu’il s’agissait d’une obscurité comme je n’en ai jamais vu. Elle était pleine d’amour, de joie, de paix et m’alimentait tout simplement dans mon périple. Des ondes passaient sur moi et me guidaient. J’étais subjuguée par l’amour qui m’environnait et le fait de pouvoir retourner ce sentiment.

Un être est arrivé et m’a emmenée faire une visite de l’univers. La création et la façon dont les galaxies ont été créées, tout cela s’est instillé en moi. J’ai visité des endroits avancés au delà de ce que l’on peut comprendre, j’ai aussi pu voir des endroits qui n’en étaient qu’à leurs débuts ! J’ai reçu tant d’attention et de compassion que je ne pouvais m’intéresser à ce qui advenait de mon véhicule humain. Tandis que les urgentistes continuaient à s’occuper de moi et me préparaient pour le transfert, j’étais trop occupée à jouer sur une étoile et à rencontrer mon Créateur ! Je ne me suis jamais inquiétée de ne pas avoir de corps, la peur ne faisait pas partie de mon vocabulaire. Ces êtres n’étaient ni masculins ni féminins. On m’a dit et montré des choses inimaginables.

A chaque fois que les êtres me quittaient, je me retrouvais, en train d’avancer en flottant dans le tunnel, juste avant de rencontrer d’autres êtres. A un moment j’ai remarqué un minuscule point de lumière brillante. J’ai flotté dans sa direction. Tout à coup un grand être de couleur grise m’a bloqué le passage. Je ne pouvais pas passer au dessus, ni le contourner, ni le traverser. Je me rappelle avoir essayé encore et encore... mais sans résultat. Finalement, je lui ai demandé de me laisser passer. De façon très douce, Il m’a répondu non. J’ai reposé la question. Il a redit non. Etant un peu agressive sur le plan terrestre, je lui ai ordonné de bouger, j’ai essayé de le pousser sur le côté. Pas de chance ! L’Etre que j’appelle Dieu m’a dit que je devais repartir pour terminer ma mission.

Sur terre, mes signes vitaux étaient dangereusement faibles, on ne savait pas s’il y avait eu manque d’oxygène, ni dans quelle mesure mon cerveau avait été touché. Mes pupilles étaient fixes.

Au même moment, mon incroyable périple s’achevait : mon esprit est retourné à mon corps. A cet instant, je me suis relevée de la table et j’ai frappé violemment une infirmière...

J’ai eu ce soir là de nombreuses visites de parents décédés, ils m’ont dit que j’allais bien me porter. Plus tard, alors que j’avais quitté l’hôpital, je me suis rappelé que j’étais ici en mission, mais en quoi consistait-elle ? Je suis allée au rayon New-Age de la librairie, j’ai demandé qu’on veuille bien me montrer un livre qui m’aiderait à comprendre ce que j’avais traversé. Immédiatement un volume a sauté de l’étagère pour atterrir à mes pieds, c’était un livre de Barbara Harris sur les EMI. Ma mission - je l’ai découvert plus tard - était de revenir et d’aimer, pour aider les gens à ne plus craindre la mort. On m’a dit : « Tu n’as pas aimé suffisamment ». Depuis lors, je ne me suis pas arrêtée.

*

Je savais que j’étais totalement amour, une forme spirituelle. Je n’étais pas reliée à une forme physique. J’étais dans une obscurité de velours et je m’y déplaçais en flottant. Je me rappelle avoir vu 2 groupes de 3 environ. Je ne les connaissais pas. Ce qu’ils me disaient était ‘infusé’ en moi.

Le premier groupe m’a emmené faire une visite de l’univers, passé, présent et à venir. Le second groupe m’a donné un savoir universel. Le troisième être était Dieu... Il m’a renvoyée sur terre.

Je me souviens avoir visité des endroits dont l’existence était très récente et d’autres qui étaient sur des plans différents d’évolution. Je me rappelle qu’on m’a « dit » que certaines choses auxquelles croient les scientifiques, comme les trous noirs et certaines lois physiques, ne sont pas tout à fait bien comprises.

En fait, je n’avais aucune notion du temps !

Lorsque je me suis éveillée, j’ai senti la connaissance « s’évacuer » hors de moi. Je me souviens m’être arc-boutée dans le lit pour en conserver la sensation, mais elle s’est simplement écoulée. Je me sens reliée à ce que j’avais autrefois considéré comme des objets inanimés. J’ai la sensation que tout reflète une sorte de dessein de l’âme, depuis le rocher jusqu’à l’insecte, en passant par l’arbre, etc...

Je suis devenue Maître de Reiki, ce qui a renforcé en moi l’éveil consécutif à mon expérience.

 

 

***

JOCELYNE R

 

Je me suis couchée dans mon lit, je pensais que je n'avais plus rien à faire sur cette terre, mes enfants pourraient vivre avec leur père et sa nouvelle conjointe... je n'ai rien pris, ni boisson, ni médicament, seule la volonté de partir me guidait. J'ai fermé les yeux, et j'étais dans la noirceur comme dans un train... puis, comme si le train s'était mis en branle, j’ai croisé des rayons de lumière à une fréquence toujours plus rapide pendant un temps assez long, enfin je me suis demandé si je pouvais revenir en arrière, j'ai essayé de lever mon petit doigt, mais rien à faire !

J'ai donc choisi de continuer, et le train s'est évanoui dans le décor, il n’y avait plus qu’une lumière douce, je flottais sur une mer immense, je sentais l'eau, le sable, le soleil, comme si j'étais sur le bord d'une plage, rien que des sensations agréables : chaleur, humidité, lumière. Il y avait ma cousine, mes grand-parents et plein d'autres pensées de gens décédés. Ils m'ont dit : tu es là où tu souhaitais, et nous t’attendions... c'était magnifiquement bon.

Puis au loin, très loin, j'ai reconnu la voix de mon fils, d'abord comme un bourdonnement, ensuite plus clair, puis enfin je compris qu’il répétait : Maman accroche-toi à la vie, tu sais comme tu aimes la vie... alors, comme si je n'avais pas tout réglé avant de partir, comme si j'avais oublié un précieux bagage avant de prendre l'avion, j'ai pris la décision de revenir.

Mon fils s'était réveillé en pleine nuit, était entré dans ma chambre et m'avait dit ces paroles. J'ai eu beaucoup de mal à revenir dans mon corps. Après, je sortais peu, ça me faisait souffrir parce que j'entendais ce que les gens pensaient et je sentais leur souffrance, ça me faisait mal partout. Je n'avais peur de rien, ni de personne, il n'y avait plus de limite à rien ni à ce que je pouvais accomplir... et mon fils m’a aidée à revenir dans mon corps peu à peu.

Il a veillé sur moi, il m'avait sauvé la vie. Puis un ami est arrivé, qui m'a redonné goût à la vie, une âme-soeur. Depuis, j'ai développé pas mal d'intuition et mon existence a pris a pris un autre sens. Je mords dans la vie et je fais attention à mon corps comme si j'allais vivre très vieille.

Plusieurs personnes m'ont dit que j'ai beaucoup changé en mieux.

Voilà mon histoire.

*

J'étais dans le réel, très consciente.

J'étais énergie et lumière.

J'étais très heureuse, un grand bien-être, aucune peur

A propos de tunnel, oui... un train sur une voix ferrée qui traverse des rayons de lumière, de plus en plus rapidement... puis les cloisons du train disparaissent peu à peu et je suis dans l'infini, il n'y a plus d'horizon.

Une lumière douce. Je suis arrivée à un endroit où c'était l'infini partout.

Je savais que ce serait dur de revenir et j'ai eu très mal. Je suis revenue pour mon fils.

J’ai plus d'intuition. Avec certaines personnes on se parle en pensée. Dans la vie de tous les jours, je sais assez souvent les choses qui vont arriver, et ça se confirme. J'aime la vie, je vis au jour le jour, j'ai peu de crainte, et surtout pas celle de mourir. Mes priorités ont changé, j'ai de meilleures relations avec mon entourage.

Les gens ont trouvé ça beau (le récit de mon expérience). Je crois en la réincarnation et les pensées doivent être le plus possible des pensées d'amour envers les gens. Ce que j'ai vu et ressenti me donne confiance en la vie après la mort. Je trouve qu'il y a beaucoup de souffrance lorsqu'on vit sur terre. Quand je suis revenue dans mon corps, ça m’a fait mal.

Je suis plus heureuse depuis cette expérience : je sais qu'on fait tous partie d'un tout, et qu’il faut que je fasse ma part pour que nous soyons plus heureux. Parfois quand je suis avec des gens spéciaux qui sont pleins d'énergie, par exemple mon âme-sœur, j’ai une sensation qui pourrait ressembler un peu à ce que j'ai éprouvé.

Mais on ne peut pas vraiment rendre compte d’une telle expérience : ce sont des mots seulement.

 

 

***

JOHN F

 

Tandis que j’étais à mon poste dansun bureau de la Marine des Etats-Unis, j’ai mâché un œuf à la coque et je me suis étouffé. Je ne parvenais qu’à inspirer. Très vite, la situation est devenue critique. Je ne voyais aucune solution pour réchapper de cet incident... j’ai pensé au Seigneur et je me suis dit : « Au moins je suis chrétien » !

Réalisant que je pouvais encore marcher, je me suis dirigé vers la pièce contiguë où mon supérieur, assis sur une chaise pivotante, était en train de travailler sur un message radio. Je ne pouvais pas parler, j’ai donc utilisé le reste de mon énergie pour donner un coup de pied dans la chaise afin d’attirer son attention. Il a été projeté au sol et s’est retrouvé allongé à côté de la machine à écrire. J’étais tombé moi aussi.

J’étais immobile et ne respirais toujours pas. Je saignais de l’os du nez, car j’avais heurté le bureau en tombant. Quelques instants plus tard, Joe, un autre marin, a pratiqué sur moi la ‘procédure de réanimation cardio-pulmonaire’. Un autre marin a appelé une ambulance.

Quant à moi, je me trouvais près du plafond de la pièce, en train de regarder les marins accomplir les gestes destinés à me sauver la vie. Je me sentais tout à fait bien. Je me suis rendu compte que le corps inconscient sur le sol était le mien, mais cela ne me préoccupait absolument pas. J’étais sous forme d’esprit, mais je me sentais vivant comme je l’avais été auparavant. J’apprenais rapidement cette nouvelle vie, sans m’inquiéter beaucoup pour quoi que ce soit. Par exemple, si je pensais à une chose, je la réalisais automatiquement. J’ai regardé le mur près de moi et l’instant d’après, je l’ai traversé. J’étais à nouveau dans la pièce où je me trouvais lorsque je me suis étouffé. J’ai flotté à volonté autour de la pièce. J’ai traversé les nombreux télétypes et radios sans aucun problème.

J’ai vu une zone sombre près de mon bureau et je suis dirigé vers elle. L’instant suivant, j’entrais dans une brume obscure. Une fois dedans, j’ai vraiment voulu en sortir. Cette chose m’engloutissait. J’avais l’impression d’être à l’intérieur d’une personne. J’étais inquiet et je regrettais l’esprit libre que j’avais été l’instant d’avant. Finalement, j’ai été libéré de cette zone chaude qui me comprimait. C’était comme si je m’étais trouvé dans une matrice, mais comment cela peut-il être imaginé ?

Immédiatement après, je me suis rendu compte que j’étais dans un tunnel. J’en estime la taille entre 1,80 m et 2 m. Je pouvais me mettre debout sans en toucher la partie supérieure. Je mesure 1,75 m. Immédiatement j’ai été projeté dans le tunnel bien plus vite que je ne l’aurais souhaité. La vitesse était énorme. J’étais effrayé. Quelque part pendant mon trajet dans ce tunnel, j’ai ralenti et je me suis arrêté, un homme m’a calmé et m’a dit que le voyage était presque terminé. Je suis reparti à la même vitesse qu’auparavant, qui devait atteindre celle de la lumière et même plus. Je ne ressentais pas de forces d’accélération, seulement la crainte et l’exaltation d’une vitesse terrible.

La lumière ne venait pas de l’intérieur du tunnel mais provenait de l’extérieur, elle éclairait dedans. J’entendais un fort bourdonnement qui me blessait les oreilles, et je cherchais le bout de ce tunnel... à ce moment là, je me trouvais dans une zone beaucoup plus vaste, enveloppée par une brume blanche et la lumière du jour. Toutes mes peurs du tunnel ont été atténuées par la lumière que je voyais. J’ai entendu des voix de personnes juste en dehors de cette zone. Les voix m’encourageaient à venir en traversant la brume blanche. Je l’ai fait et j’ai vu environ une douzaine de personnes. Mon instinct me disait que tous étaient mari et femme. J’avais déjà vu ces personnes mais je ne pouvais me rappeler d’aucun nom. Un homme m’a dit de ne pas m’en inquiéter. Bientôt, quelqu’un est venu vers moi. Cet homme avait environ 27 ans, et il portait un Levis et un T-shirt blanc. Les douze autres personnes portaient des toges blanches. L’homme qui portait le Levis m’a expliqué qu’il était mon guide. Il m’a dit plus tard que j’allais rencontrer d’autres personnes mais il voulait que je marche avec lui pour voir ce nouvel endroit.

      Nous avons marché dans le plus beau jardin floral que j’aie jamais vu. J’ai observé en détail les pétales des fleurs. Plus tard, mon guide m’a fait aller en direction d’un homme, celui-ci m’a expliqué que j’allais passer ma vie en revue. Pendant cet examen qui a duré environ une seconde (ou moins), j’ai revu tout ce que j’avais vu auparavant durant ma vie sur terre. J’ai revécu chaque conversation. J’ai vu chaque animal de compagnie que j’avais possédé. J’ai revu chaque vêtement que j’avais porté. J’ai revécu chaque cours que j’avais suivi à l’école. J’ai tout revu.

C’est là, dans cet immeuble qui ressemblait tout-à-fait à une bibliothèque, que l’examen de ma vie a pris fin. C’est là également que j’ai appris que je n’allais pas rester dans cet endroit paradisiaque. Mon guide est venu vers moi et m’a emmené voir deux camarades de classe décédés quatre ans auparavant.

Cela a été un choc pour moi de les voir en vie. Sur terre, ils avaient été joueurs de foot au collège. Un jour, ils sont arrivés en retard à l’entraînement et leur entraîneur leur a fait faire des tours de terrain après la séance. Ils sont donc arrivés aux vestiaires longtemps après que les autres joueurs en soient partis. Il n’y avait pas d’eau chaude pour les douches. Ils se sont donc assis tous les deux en attendant que le chauffe-eau fournisse de l’eau chaude pour leur douche, et ils ont été asphyxiés par les fumées qui s’échappaient du chauffe-eau au gaz naturel. Ironie du sort, le père d’un des garçons était le plombier qui, juste quelques jours auparavant, avait installé ce chauffe-eau ! Il devait revenir un autre jour pour installer le tuyau d’évacuation dans cette nouvelle salle de douches.

J’ai demandé à chacun d’entre eux pourquoi ils se trouvaient là alors qu’ils étaient censés être morts. Ils m’ont expliqué que personne ne meurt jamais. Les deux garçons avaient environ le même âge que la dernière fois où je les avais vus sur terre. Tous deux semblaient heureux et pleinement satisfaits d’être là.

Mon guide m’a ramené à l’endroit où j’avais revu ma vie. J’ai demandé une fois encore si je pouvais rester. Un homme m’a répondu que je devais retourner sur terre afin de finir de vivre ma vie. De mes classes de catéchisme m’était resté le souvenir que si une personne demande à voir le Seigneur, elle le voit. J’ai demandé à voir Jésus. Avec mon guide à côté de moi, j’ai marché ou flotté vers une petite estrade. Mon guide m’y a laissé. Je n’ai pas eu longtemps à attendre avant d’entendre une voix sur cette scène, à côté de l’endroit où je me trouvais.

Une brume s’est formée sur l’estrade et j’ai entendu une voix qui me demandait : « Peux-tu me voir » ? Je ne voyais que la brume. La voix m’a demandé de mieux me concentrer. Peu après, j’ai vu Jésus debout devant moi. Il m’a demandé ce que je voulais de lui. Je lui ai répondu que je ne voulais pas quitter cet endroit céleste. Il m’a expliqué que je n’avais pas encore accompli les projets qu’il avait formés à mon égard pour le cours de ma vie. Je lui ai demandé quels étaient ses projets, il ne m’a pas répondu. Il a dit que je le saurais en temps utile, dans l’avenir. Il m’a demandé s’il pouvait faire autre chose pour moi. Comme à l’époque j’étais dans la marine des Etats-Unis, je lui ai demandé de me faire transférer dans l’état du Tennessee. Je lui ai expliqué que j’avais passé un mois dans cet état lorsque j’avais douze ans, que je voulais y retourner parce que cet état est magnifique. Il ne m’a pas répondu. Je lui ai demandé s’il l’envisageait. Il m’a dit qu’il m’avait suffi de le dire une fois, et que ce serait fait. Jésus m’a parlé de nombreuses évènements que j’allais vivre au cours de ma vie. Je me rappelle uniquement de ce qu’il m’a dit ensuite. Il m’a effectivement dit et je m’en souviens bien, de raconter à tout le monde ma rencontre avec lui. Il sous entendait : dire aux gens qu’il est réel. Une autre chose que je n’oublierai jamais, c’est le rayonnement de son amour tandis qu’il se tenait près de moi. C’était l’amour le plus parfait que j’aie jamais ressenti. Jésus m’a dit que j’allais être accompagné pendant mon retour chez moi sur la terre.

Deux hommes sont venus et m’ont expliqué qu’ils étaient mes anges gardiens. L’un de ces hommes était celui qui m’avait guidé auparavant. Je ne me rappelle pas être revenu sur terre par le tunnel. Nous avons voyagé à travers l’obscurité de l’espace. Sur le chemin du retour vers la terre, nous nous sommes arrêtés pour discuter. Un des anges-gardiens m’a dit qu’un jour j’allais rencontre une femme et qu’elle deviendrait une amie très proche, mais que je n’allais pas la rencontrer tout de suite car elle était encore une très jeune fille. Cela se passait en 1957. Depuis lors, je l’ai recherchée et je pense l’avoir trouvée. Mais elle habite en Australie.

Je me suis réveillé sur une table d’examen à l’hôpital. J’ai demandé aux trois médecins si l’on m’avait administré un médicament qui pourrait me faire croire que je suis mort et que je suis allé au Paradis. Ils ont répondu non. J’ai dit : « Eh bien, je viens de revenir du Paradis » ! Deux médecins sont immédiatement sortis et le troisième m’a dit qu’il ne savait tout simplement pas quoi en penser.

 

 

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JOHN N

 

Le 22 janvier 1998, j'ai été atteint d'une crise cardiaque, pendant que j'utilisais une scie pour découper des branches d'un énorme chêne. J'ai appelé ma femme, et 15 minutes plus tard, elle m'a conduit à l'Hôpital Kaiser, Santa Rosa, Californie. Pendant les heures suivantes, on m'a déclaré en code bleu 3 fois (« mort imminente »).

A cette époque, je travaillais comme volontaire à l'hôpital Kaiser, et je connaissais la plupart des personnes qui m'ont soigné. Elles redoutaient fortement que je ne me rétablisse pas. Je ne sais pas précisément à quelle heure j'ai vécu mon EMI, parce que je flottais entre la lucidité et l'oubli, et j'étais fortement étourdi par les médicaments, mais je sais que c'était au cours de l'après-midi.

Je ne pouvais me localiser, ni dans l'espace, ni dans le temps. J'étais dans une obscurité totale, une paix totale, un calme total. L'expérience défie toute tentative de description : je ne peux que raconter ce qui s'est passé.

Cela m'a enlevé complètement la peur de la mort. Ce sentiment dure toujours en moi, et j’ai la certitude de le garder à tout jamais. C'était l'assurance de la vie après la mort. J'ai réalisé immédiatement la validité de ce qui m'était arrivé, et que ce n'était pas un événement idiosyncrasique, au contraire, c'était LA vérité.

J'habite dans une forêt. Je me lève de très bonne heure. Souvent, je sors bien avant l'aube, le matin, et lorsque je regarde vers le ciel inviolé par la pollution lumineuse des grandes villes, je déclare, à Qui de Droit : « Ce jour-ci est magnifique, soit pour vivre, soit pour mourir ». Bien des fois, je me suis tenu debout à contempler le ciel, et j'ai dit « Je suis parfaitement disposé et prêt à mourir, maintenant, ou à n'importe quel moment à venir ». Dans un certain sens, j'attends la mort avec impatience... je sais que ma femme, bien qu'elle ne partage pas mes propres croyances spirituelles, reconnaît la validité de mon expérience. Je crois qu'elle est par conséquent convaincue de sa propre immortalité.

J'ai quitté le ministère, car il me semblait que mon expérience en tant que pasteur ne répondait pas à mes questions les plus profondes... et j'avais besoin de continuer ma quête en dehors du christianisme. Mon aller-retour était totalement réel, transformateur et merveilleux. C'était, à mon sens, un don du Divin. 

La vie est bonne, la mort aussi.

 

 

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JOSEPH J

(message du 06.06.02)

                                                                           

Comme je vous l’ai dit, j’ai été écrasé à mort !

Je déchargeais des rouleaux d’acier d’un semi-remorque. La charge était arrimée, j’ai coupé les feuillards métalliques, et le rouleau s’est ébranlé, a rebondi pour repartir en arrière, me poussant contre la fourche de l’élévateur. Immédiatement après, je me suis vu agité par les soubresauts post mortem. L’ange qui me tenait la main m’a alors dit : « Tu as encore à faire ici » ! Il m’a emmené dans un endroit que je ne peux décrire que comme une Lumière et un Son, ainsi qu’une sentiment d’Amour me rappelant la sensation d’être dans les bras de ma mère. Sachant que j’étais en sécurité, je voulais rester là-bas !

L’ange m’a dit : « Tu n’as pas terminé, tu dois repartir » ! Après que les médecins aient passé 8 heures à tenter de me sauver la vie, j’ai été transféré aux Soins Intensifs. Je me suis réveillé alors que ma mère me tenait la main, et j’ai perdu connaissance ! Quelque temps plus tard (18 h), je me suis à nouveau réveillé dans la souffrance, ma mère me tenait toujours la main. Je me suis mis à pleurer !

Lumière et Amour à Tous !

*

Amour, Lumière, Musique !

Ecrasé par un rouleau d’acier de 4 tonnes, je suis arrivé à l’hôpital en état de mort clinique.

Sortie Hors du Corps...

J’étais différent des autres âmes qui tournaient autour de moi... un OVNI !

La musique la plus merveilleuse que j’aie jamais entendue !

Une lumière très brillante, ainsi que des centaines de milliers de lumières plus petites !

Vu un ami décédé plusieurs années auparavant ! Dans les lumières et la musique...

m’a dit qu’il était heureux de me voir !

J’ai eu la sensation d’être parti pendant des jours ! D’avoir un but, un devoir, une tâche ! Mais je ne sais toujours pas de quoi il s’agit. Pas encore.

Je suis devenu révérend de l’Eglise des œuvres de la lumière (Light Works). Il n’existe aucune partie de moi-même qui n’ait changé !

 

 

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JOY C.

 

J’ai eu une expérience unique le mercredi 6 février 2002. Cela ne fait que 5 jours. Mon 34ème anniversaire était le vendredi 8 février 2002. Mercredi soir aux environs de minuit, j’ai fait un rêve étrange : mon beau-père me tenait dans ses bras sur la banquette arrière d’un taxi tandis qu’on m’emmenait d’urgence à l’hôpital. Je me suis réveillée. Mon cœur battait très vite. Je pouvais à peine respirer. J’ai appelé les urgences et leur ai dit que j’avais une attaque cardiaque. On m’a répondu de rester calme, qu’on allait envoyer quelqu’un tout de suite. J’ai appelé ma fille au téléphone à l’autre bout du couloir et je lui ai dit de venir tout de suite dans ma chambre, ce qu’elle a fait.

Elle était terrifiée et je n’ai eu aucun mot de sagesse pour elle. Je me retrouvais là, en train de mourir, et je n’arrivais pas à penser à quelque chose d’intelligent à dire à l’aînée de mes enfants... d’une certaine manière, cela me préoccupe plus encore que l’incident lui-même.

Un peu plus tard, allongée dans une ambulance après une forte dose d’ « Adenison » destinée à réguler mon coeur, je me suis sentie flotter un peu plus haut. C’était comme si je tournoyais dans les airs pendant quelques secondes. Je ne me souviens pas avoir vu une lumière, mais je me rappelle bien m’être sentie totalement sans poids et hors de mon corps. C’était une expérience très inhabituelle, pour ne pas dire plus. A l’hôpital, j’ai commencé à me sentir mieux alors que mes pulsations ralentissaient. Je me souviens avoir pensé à quel point j’avais été proche de quitter ce monde. Toutes mes perspectives ont changé.

J’ai décidé d’avoir une nouvelle approche de la vie. Rien ni personne ne me gêne plus. Par la grâce de Dieu, il m’a été accordé une seconde chance. On m’a dit que si on n’avait pas ralenti mon rythme cardiaque, j’allais droit à l’infarctus... Je suis déterminée à faire quelques sérieux changements de style de vie, y compris perdre au moins 25 Kg et réduire mon niveau de stress...

Voilà mon histoire. J’espère que quelqu’un en éprouvera les bienfaits et apprendra cette très importante leçon : « Vivez chaque jour comme si c’était le dernier, parce qu’un jour, ce sera effectivement le dernier ».

 

SIX MOIS PLUS TARD

Salut Jody,

Je vais bien, très bien. Merci de votre intérêt. J’ai vraiment développé une nouvelle approche de la vie. J’exerce un ministère à plein temps en tant qu’aumônière bénévole dans un de nos hôpitaux locaux, je visite les malades et les mourants et réconforte les membres des familles dont un proche a disparu. Je travaille également une fois par semaine à la soupe populaire de la Mission... je suis aussi membre de l’équipe du ministère des prisons, et je visite le centre de détention pour les jeunes une fois par semaine.

De plus, je vais héberger un étudiant étranger, un Coréen...

J’ai le sentiment d’être arrivée à une compréhension totale du sens de ma vie, qui est de servir et d’aimer les autres. Je ne juge PERSONNE – car les hommes ont jugé, et mal jugé. Si je juge, je serai jugé de la même manière. J’ai donc abandonné cela.

J’écoute beaucoup mieux les autres que je ne le faisais, particulièrement mes enfants. Enfin, j’ai élevé mon « intuitivité » spirituelle au rang de science. Je suis capable de capter les ondes des autres personnes et je sais lorsqu’elles se sentent dépressives ou qu’elles en prennent le chemin. J’offre des conseils téléphoniques avec ‘Keen’ pour ceux qui sont tristes, déprimés, seuls ou qui ont simplement besoin d’un ami pour écouter leurs problèmes. Mes 3 premières minutes sont toujours gratuites et mes horaires sont très souples. Si je ne suis pas disponible au moment de l’appel, je renvoie mes appelants vers les membres de mon groupe de téléconseil.

Mon site web : http://www.keen.com/Mother+Joy.

Voilà ! C’est quelque chose qui me plait vraiment et qui m’a apporté d’immenses bienfaits. 

Miracles et Bénédictions,

Mère Joy

 

 

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JOYCE H

 

J’ai reçu un vitrail encastré dans un cadre de chêne (environ 9 kg) sur la tête. Une douleur incroyable... puis, tandis que je me séparais de mon corps, plus rien.

A cette époque, je n’avais jamais entendu parler d’expérience de mort imminente et je ne pensais à rien de tout cela alors que je dévalais dans un grand sifflement un long tunnel sombre, vers une lumière qui m’attirait jusqu’à elle. Simplement, j’étais là et tout arrivait si vite !

Je me souviens d’avoir ralenti, sans l’avoir voulu moi-même, à l’entrée de cet endroit illuminé ; ma grand-mère se tenait sur la droite et m’Accueillait avec amour ! Ils étaient tous là qui communiquaient avec moi, incontestablement avec des mots que l’on ne peut entendre, mais très distinctement à l’intérieur de mon esprit. J’étais étonnée de les voir tous en aussi bonne santé, dans la fleur de l’âge, si emplis d’amour et de reconnaissance à mon égard ! Je reprendrais bien n’importe quel coup sur la tête pour retrouver l’assurance qu’ils étaient là. Quel cadeau !

Je pénétrai alors dans cet univers de lumière : collines ondulantes, herbe, fleurs, cieux d’azur vibrants de couleur. Ce qui m’étonna le plus, ce fut l’intensité, la brillance et la clarté de la couleur, le fait qu’elle semblait émaner de l’intérieur de chaque détail du paysage. L’herbe irradiait de vert. C’était tellement beau ! Vraiment que c’était beau !

Soudain, je fus en présence de l’être de lumière. J’étais dans l’impossibilité de voir son visage, mais je pouvais communiquer non par des mots ou des images, mais plutôt en une sorte de communication universelle. Je fais l’expérience fréquente de ce type de communication dans la méditation, mais je ne peux l’expliquer avec précision. Cela se situe au-delà des mots et de toutes autres sortes d’expériences. Les émotions sont toujours accrues. Je ressens une joie si intense que mon être en sursaute de gratitude. Je ressens de la crainte et un sentiment d’appartenance. Je n’ai pas eu de revue de vie à proprement parler, mais ressentais que toute chose me concernant, ainsi que ma vie, était connue, comprise et exempte de jugement. J’étais profondément aimée. On aurait dit que j’étais pour toujours en cette Présence.

Et pourtant, sans autre discussion préalable ni avertissement, je me retrouvai brusquement dans mon corps, avec un mal de tête sévère. Un tapis de sang séché entourait ma tête et j’étais réellement dans le cirage. On m’envoya au lit avec un congé de plusieurs semaines. C’était la première fois de ma vie que je me retrouvais toute seule sans aucun souci provenant de l’extérieur. Les images et les sentiments de mon EMI commencèrent à me revenir.

Alors que j’étais en convalescence et capable de me lever et de circuler, je commençai à flâner dans la librairie Elliot Bay Book & Co. Le livre de Raymond Moody sur les expériences de mort imminente “La Vie après la Mort” sembla sauter de son étagère pour atterrir dans mes mains. Je parcourus une grande partie du livre, peut-être même tout le livre, plantée là, stupéfaite. Il décrivait, cas par cas, des expériences similaires à la mienne. Je ne pouvais pas renier tout ce qui m’était arrivé, les visions que j’avais eues. Je me lançai alors dans une exploration de conscience et de réalité modifiées qui continue jusqu’à ce jour.

Après des années de méditation, d’étude, de rencontres avec des enseignants et des gens qui ont connu des expériences similaires, j’ai eu une vision qui m’a conduite à soigner. En 1984, j’ai confié le laboratoire à un de mes assistants