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Phoebe O
L’une des expériences spirituellement transformatrices

 

Adresse e-mail : peaceloveandart89@gmail.com

Description de l’expérience :

A la mi-septembre 2010, ma camarade de lycée Amanda est décédée à l’âge de 20 ans. Un conducteur ivre en excès de vitesse l’a percutée alors qu’elle roulait à bicyclette. Il l’a heurtée si violemment qu’elle a été projetée à 60 mètres. La nouvelle de sa mort m’a plongée dans un état de choc, je ne pouvais plus me concentrer sur le cours. Le temps a paru s’arrêter. C’était ma première année d’université, mes camarades et mes professeurs ont fait de leur mieux pour me réconforter. J’ai bénéficié de nombreuses étreintes. Tôt les matins suivants je suis parvenue (je ne sais comment) à travailler et faire des observations ornithologiques.

Quelques jours plus tard je suis allée voir le corps. L’une des premières personnes que j’ai rencontrées a été mon ancienne professeure d’Anglais, elle quittait le funérarium tandis que j’y entrais. Nous-nous sommes longuement étreinte avec douceur. J’ai senti qu’elle était reconnaissante que je sois en vie et c’était réciproque. Puis j’ai continué mon chemin vers la partie principale du bâtiment. J’éprouvais une sensation d’irréalité totale. Tant d’émotions me traversaient qu’elles paraissaient s’annuler les unes les autres. J’ignorais ce que je devais ressentir. Aussi bizarre que cela paraisse, j’étais tout simplement anesthésiée et lucide en même temps. Le compagnon d’Amanda pleurait comme je n’avais jamais vu quelqu’un pleurer auparavant. Dès que je l’ai vu, je l’ai immédiatement étreint longuement, j’ai recommencé plusieurs fois durant le temps que j’ai passé là-bas.

De nombreuses personnes se trouvaient là, j’en connaissais certaines, la plupart paraissait bouleversée au-delà de toute expression. Beaucoup restaient silencieuses. L’une de ces personnes était Jake (prénom modifié), un ami d’Amanda. C’était un de mes vieux amis, un ex-compagnon. Je ne l’avais pas vu depuis des années et j’entretenais une grande colère à son encontre. Lorsque nous-nous sommes vus, nous-nous sommes étreints. J’ai immédiatement ressenti un pardon total à son égard, même s’il avait été tout à fait insensible, irrespectueux et parfois stupide envers moi.

La veillée s’est déroulée cercueil ouvert, m’approcher du corps d’Amanda m’a mise mal à l’aise au début. De loin, on avait l’impression qu’elle pouvait se lever et dire bonjour à tout le monde. Mais après quelque temps, je me suis approchée du cercueil. Je l’ai fait plusieurs fois au cours des quelques heures de l’après-midi que j’ai passé là-bas. La vision de cette personne merveilleuse, qui avait été une amie chère au lycée et qui maintenant était morte, était d’une intensité inexprimable. On l’avait beaucoup maquillée. De près, elle avait l’air tout à fait morte, rien ne pouvait le dissimuler. J’ai regardé ses mains vraiment mortes, puis les miennes. La différence était évidente, les miennes étaient pleines de vie.

Après quelque temps, j’ai écrit un mot d’adieu à Amanda (des cartes étaient à disposition et les souvenirs d’Amanda que les gens y écrivaient ont été rassemblés). J’ai mis par écrit de nombreux souvenirs partagés au lycée, que nous étions ensemble dans de nombreux cours et après les activités scolaires, en Allemand, sciences sociales, classiques anglais, droit politique, bénévolat, construction de chars de parade et autres. Comme elle travaillait pour le journal du lycée, elle a pris plusieurs fois des photos de mes œuvres d’art et fait des reportages sur le club Pride Alliance et le groupe LGBTQ alliance au démarrage desquels j’ai contribué et que j’ai présidés au début (je n’ai pas mentionné tout cela sur la carte). J’ai écrit des récits amusants que nous aimions raconter concernant nos familles et nos voyages en Europe. Nous étions proches, même si Amanda et moi n’étions pas meilleures amies au lycée. J’ai eu avec elle une relation plus significative qu’avec mes meilleures amies. J’ai pu lui confier des choses alors que je n’étais pas à l’aise pour le faire avec des amies plus proches. Bien que je ne l’aie pas mentionné sur la carte, elle est l’une des premières personnes que j’ai consultées pendant ma première année de lycée. Son soutien a constitué une aide bienvenue à une époque où je me sentais très vulnérable. Je ressentais une proximité avec elle que je n’éprouvais pas avec la plupart des autres. Elle me donnait vraiment l’impression de faire partie de la famille.

Rédiger cette carte ma apaisée ; l’apaisement étant bien la dernière chose que je ressentais avant cela. Sur la carte j’ai mentionné que juste avant qu’Amanda ne soit percutée, elle devait avoir profondément ressenti ce qui allait se passer. Encadrant le texte, j’ai dessiné une rose et un cierge. Le fait de dessiner m’a particulièrement calmée et concentrée. A un moment je me suis mise à écrire : « Amanda, quand je te rejoindrai… »

Je crois que c’est à cet instant que je me suis retournée. Je n’ai rien regardé en particulier, j’ai plutôt soudainement senti sa présence plus puissamment que jamais. Bien que j’aie été agnostique et que je n’aie intégré ce qui s’est réellement passé que deux mois plus tard, elle était là avec moi. Cette expérience s’est produite à un niveau situé au-delà du mental. J’ai vu son visage mais ce n’était pas physique. En fait, j’ai totalement perdu la sensation du monde physique environnant. Nous étions ensemble et nous ne faisions qu’un. Sa présence était sérénité et amour pur. Il était clair qu’il n’y avait aucune différence entre nous, même si je me trouvais toujours dans un corps et pas elle. Elle m’a dit : « Phoebe, vis ta vie en absolue plénitude tant que tu es sur terre. ». J’avais l’impression que sa voix parlait en moi plutôt qu’à moi.

Pendant à peu près deux jours, je suis restée en état total de sérénité et de béatitude. Toutes les choses physiques étaient instables et soumises à dissolution, ce qui me convenait parfaitement. J’étais sereine vis-à-vis du fait que j’allais mourir, la date à laquelle cela allait se produire n’avait vraiment aucune importance pour moi. Je ressentais reconnaissance et amour profonds envers tous dans ma vie, pour tous ceux en vie et pour tout ce que je voyais et vivais. Il était clair pour moi que la négativité, quelle qu’elle soit, n’avait aucun pouvoir, qu’elle était infiniment petite comparée à l’immensité de la vie elle-même. Libre de tout fardeau, j’ai fait l’expérience de ma véritable nature et la vie s’est écoulée magnifiquement.

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Lorsque je suis allée à l’université que je fréquentais alors, j’ai eu la sensation d’atterrir sur une autre planète. La vie laborieuse d’étudiante en biologie, qui m’était si familière quelques jours plus tôt, m’était devenue totalement étrangère. J’avais l’impression que mon ancien sens de l’identité ne reposait sur aucun fondement, qu’il n’était plus du tout aussi solide qu’il m’apparaissait auparavant. Mes camarades me semblaient être des étudiants zombies programmés. J’ai eu cette pensée : « Oh ! Je suis vraiment éveillée ! ». Mais mon esprit n’avait aucune idée de ce que cela signifiait. Dans mes entrailles, j’ai très puissamment ressenti que c’était fini pour moi. La vie ne serait plus jamais la même pour cette personne nommée Phoebe. Je ne pouvais exprimer ce sentiment qu’en disant : « Je sens que je viens d’atteindre mon « pic pétrolier ».

Rien dans ma vie ne paraissait plus aussi pesant, grave ou important que je l’avais cru précédemment. Des choses qui m’auraient horrifiées avant me paraissaient insignifiantes alors (comme l’éventualité que les professeurs se fâchent contre moi, ou que je ne réussisse scolairement ; les deux s’étant réalisés). Je me suis également rendu compte que j’étais devenue très sensible aux forces des lieux et des personnes. Elles se sont mises à m’envahir fréquemment. Afin de pouvoir fonctionner, il me fallait faire de nombreuses pauses entre les cours et les activités pour me recentrer.

Pendant les deux premières semaines après les funérailles, j’ai subi de nombreux chocs émotionnels et des douleurs physiques. J’étais tellement dépersonnalisée que je ne me sentais plus aussi pesante et caractérisée. Les bas les plus intenses m’ont emportée vers la dépression suicidaire, mais sans succès. Ils survenaient accompagnés d’une présence que je peux maintenant décrire comme un ange gardien ou un guide spirituel. J’étais souvent étreinte et apaisée par cet être invisible. Après qu’il(elle) soit venu(e), je me sentais à nouveau en paix. Au cours de ces deux semaines, j’ai oscillé plusieurs fois par jour entre sérénité et dépression quasi-suicidaire.

Puis, après quelques semaines et des effondrements émotionnels semblant plus lourds, je me suis retrouvée très désorientée. Fin octobre j’ai eu l’impression de devenir sénile. J’avais de nombreux problèmes avec la mémoire à long et court terme, avec le travail, les tâches simples et la communication. J’aurais aussi bien pu être en prison, une prison qui me faisait voir le monde comme un tas mort de formes insignifiantes et incompréhensibles.

Quelques semaines après les funérailles, je me suis découvert la faculté de voir en dehors du monde des formes denses. Je me focalisais sur l’espace vide. Je le faisais au cours des fréquentes pauses que je prenais pour me recentrer. Lorsque je le faisais devant un miroir, les limites de mes yeux, de mon nez, de ma bouche et de ma peau s’estompaient, disparaissant presque de ma vue. Je percevais de nombreuses formes d’énergie subtile qui sont invisibles sinon. Regarder de cette façon me détendait. Cela a souvent constitué pour moi une forme vitale de méditation.

Piégée dans un corps et un esprit dysfonctionnels et hors de portée de la vie, j’ai passé quelques semaines à démonter chaque pensée, sentiment, action et réaction qui captait mon attention. C’était urgent et j’ai investi tant d’énergie dans ce processus que mon poids a chuté de 55 à 52 Kg en deux semaines (alors même que je mangeais abondamment). J’étais sévèrement épuisée, mais je devais continuer afin littéralement de me sauver la vie. Avec tout le soin et l’attention possibles, j’ai examiné chaque pensée, sentiment, action et réaction du point de vue historique, culturel, du comportement animal, de l’évolution humaine et spirituelle. J’ai utilisé mes notions de chrétienté et de bouddhisme, ainsi que les travaux d’Eckhart Tolle et de George Fox (Fox fut un grand mystique chrétien du 17ème siècle en Angleterre. Il est considéré comme le premier Quaker. Il se trouve que ce semestre-là j’étudiais le quakerisme et que vers la date de la mort d’Amanda je lisais le Journal de George Fox). Pour une part il s’agissait de connaissances antérieures et j’en ai acquises d’autres à cette époque.

Je ne pensais pas intégralement en paroles et j’ai revisité de nombreux points à de multiples reprises au cours des mois de l’automne 2010, souvent de plus en plus profondément. Je ne me souviens pas des mots exacts auxquels j’ai pensé, ni du moment précis où j’ai examiné chaque point, je ne les ai pas explorés de façon linéaire comme décrit ici. Ce processus d’examen intense et de reconstruction mentale (comme d’autres formes d’évolution) s’est déroulé en spirales ; à chaque enseignement/développement, je suis revenue sur l’expérience précédente avant de passer à la suivante. De façon générale, au lieu que les pensées s’ajoutent dans mon esprit, elles en ont été retirées. Les tensions, les sentiments et les questions ont été traités. Mon esprit a été dégagé.

J’ai beaucoup lu et réfléchi sur les dynamiques similaires de la vie humaine individuelle, de l’histoire de l’humanité et de l’évolution des formes (le livre de Michael Dowd : « Thank God for Evolution » m’a été très utile). J’ai discerné des cycles à l’intérieur de cycles plus grands, eux-mêmes dans des cycles encore plus grands : une journée du réveil à l’endormissement, une année du début du printemps à l’hiver suivant, une étape de développement entre son commencement et sa fin, une vie entre la naissance et la mort, une ère entre son début et sa fin, la durée de vie des planètes, des étoiles et du cosmos.

J’ai vu l’évolution de la vie, les formes de vie et les systèmes vivants croître en complexité, en coopération, en efficacité, en intelligence et en conscience. De la conception à la mort, un humain type passe d’une cellule unique à un amas de cellule simple, un invertébré avec différenciation cellulaire, un vertébré primitif, un mammifère avec une queue, un primate, un bébé humain, un bambin, un enfant, un jeune pré-pubère, un adolescent, un jeune adulte, un adulte, une personne âgée. Il y a beaucoup d’apprentissage, de croissance, d’exploration et d’expériences, ainsi que des défis, des erreurs, des limitations, des pertes, l’abandon de choses anciennes n’ayant plus d’utilité. Tout est crucial afin de pouvoir mourir en exprimant de la sagesse. Il est triste que beaucoup (peut-être la plupart d’entre nous) atteignent le grand-âge avec une mentalité adolescente étroite, égoïste. Si nous coopérons avec la dynamique de notre nature et de notre vie, alors nous pouvons croître à la fois en âge et en sagesse. Nombre d’entre nous peuvent connaître la sagesse avant le grand-âge.

Les sociétés sont passées de petits groupes, à des tribus, des villages, des cités-états, des royaumes et des empires, des nations aux gouvernements de plus en plus démocratiques, des relations et des coopérations internationales. Les guerres et les conflits personnels (nuisibles en de nombreux aspects pour tous ceux qui y sont impliqués) se sont souvent produits avant que la coopération entre les peuples n’intervienne. L’intelligence humaine nous a permis de surmonter de nombreux défis en inventant des solutions. Quand nous étions primitifs, nous avons appris à survivre dans la nature, à faire du feu, à dessiner puis à écrire. Les pratiques, les arts et les technologies sont devenus de plus en plus complexes et raffinés. Notre histoire a vu de nombreuses découvertes, des œuvres d’art créatives, des étapes de développement et des mouvements progressifs, souvent non sans opposition et résistance de la part de ceux attachés aux anciennes manières. Tout, y compris nos erreurs et nos malentendus, a contribué et contribue encore à notre compréhension de la vie et de la meilleure façon de la vivre. On peut maintenant dire que l’humanité en général se situe dans sa phase d’adolescence. Nous faisons l’expérience de nombreux prétextes, du matérialisme, ainsi que d’immenses avancées en matière de conscience. Etant donné que nos comportements égoïstes détruisent la vie telle que nous la connaissons sur la planète, nous-nous retrouvons littéralement en situation d’évoluer-ou-disparaître. Un bond prodigieux peut intervenir si nous le permettons. Il nous faut considérer cette situation comme une grande opportunité. La lumière suit toujours l’obscurité. La conscience suit toujours l’inconscience.

De même, tous les problèmes et les échecs dans la nature constituent pour les organismes une chance d’adaptation évolutive, leur permettant de prospérer dans des conditions antérieurement défavorables. La concurrence est un défi commun. Comme les autres défis, elle est stressante, exigeante en énergie et par conséquent préjudiciable pour la prospérité des organismes. Les étapes et avancées majeures dans l’histoire de la vie sur terre comprennent les cellules eucaryotes, la respiration aérobie, la photosynthèse, les organismes multicellulaires, la reproduction sexuée, la vue et les autres sens, les organes et systèmes organiques, les os, le cerveau, les poumons, la fécondation interne, les œufs amniotiques, les ailes et le vol, la capacité à apprendre de l’expérience, les systèmes sociaux et d’accouplement complexes, l’eusocialité (système totalement coopératif tels que celui des abeilles et des fourmis), les membres capables d’attraper et de manipuler des objets, l’utilisation d’outils, le cerveau capable de planification complexe, la communication symbolique, la pensée, la reconnaissance de la beauté, l’inspiration, l’expression artistique, l’empathie, la capacité de réflexion et, peut-être le plus important : la conscience d’être en vie et de la nature de la vie. Rien de tout cela n’aurait pu se manifester sans défis.

A l’inverse des humains, la nature ne juge rien comme étant bon ou mauvais, au lieu de cela, elle se déploie, s’exprime et s’adapte avec créativité et ingéniosité. Par exemple, le système immunitaire ne craint ni ne hait les agents pathogènes, il apprend à les connaître, puis utilise ces informations pour protéger l’organisme. La nature n’est pas instable ou dans le déni ; elle est totalement honnête et permet à tout d’exister tel quel.

Jusqu’à ce que la température soit trop basse, j’ai continué à observer les oiseaux, réfléchissant à leur sujet. En les observant, au mois d’août de cette année-là, j’ai eu le sentiment que les oiseaux communiquaient silencieusement avec moi, me disant en fait : « Vous les humains, vous êtes fous. Pourquoi ne pouvez-vous tout simplement pas exister tels que vous êtes ? Pourquoi avez-vous autant peur de vivre et de mourir ? Pourquoi portez-vous un fardeau émotionnel et mental aussi épuisant ? Ce n’est pas nécessaire. Comme nous, vous pouvez vivre pleinement votre vie. Vous pouvez être tels que vous le devriez, tout comme nous sommes tels que nous sommes censés être. Nous provenons tous du même endroit et vous l’avez oublié. Nous vivons en harmonie avec toute vie. Pour nous cela signifie nous alimenter, voler, établir des territoires, chanter, parader, construire des nids, pondre, élever nos poussins. Nous ne récusons aucune partie de nous-mêmes ou de notre monde. Nous ne détruisons pas ce qui nous soutient, ce serait stupide, démentiel. »

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Rapidement, d’énormes sommes d’énergie ont été libérées dans mon cerveau et dans le reste de mon corps, la confusion a commencé à se dissiper. Il y avait de moins en moins de résistance mentale épuisante à ce qui existe. Le processus est devenu bien plus facile lorsque j’ai été capable de sentir nettement mon mental, mon corps, et ma vitalité sans forme (esprit). Tout s’est nettement mis à converger vers une représentation de la réalité. De merveilleux « pourparlers de paix » se sont déroulés entre mon mental et mon esprit, ce qui les a mis en harmonie. Je voyais de plus en plus profondément dans la nature des choses.

L’une des choses dont je me suis rendu compte à cette époque, c’est que l’esprit se réincarne, que ce processus reflète celui du cycle des éléments physiques dans les écosystèmes. Tout et tout le monde va où il convient d’aller dans le processus de la vie, y compris la conscience, quel que soit son état. J’ai réalisé cela profondément dans mon être, j’ai instantanément su que c’est la réalité. Cela explique également pourquoi il y a une justice dans le monde, même s’il semble extrêmement injuste à la conscience humaine ordinaire. L’intelligence de la vie, qui constitue mon essence et celle de tous les autres êtres, sait que ce qui nous constitue n’est pas un corps, un mental ou toute autre forme ; eux passent alors que nous sommes éternels.

Vers mi-novembre, je me suis soudain rendu compte que j’avais en fait vu Amanda en esprit. J’ai découvert que je pouvais facilement « me mettre à sa place », voir les choses du point de vue d’un esprit récemment transité, recherchant des instants de tranquillité et d’ouverture chez des personnes aux esprits occupés afin de pouvoir communiquer avec elles. Réaliser cela m’a procuré un immense soulagement, augmentant fortement l’harmonie dans mon être.

A un autre moment, j’ai réfléchi en profondeur au fait que tous les êtres vivants ne font qu’un, ainsi que Jésus et le Bouddha l’ont vu très nettement et qu’ils voulaient nous le faire voir également, que les séparations perçues entre eux et nous (les personnes ordinaires) sont inventées par nous. J’ai réfléchi au fait que Einstein, Martin Luther King et d’autres personnes très intelligentes (et aussi des gens perçus comme ayant une grande intelligence ou capacité) sont fréquemment considérés par la société de la même façon séparatrice. Au lieu d’être attentifs à leur provenance, à ce qu’ils veulent de nous, nous avons tendance à les catégoriser avec des étiquettes telles que : « Fils de Dieu », « Saint » ou « Génie », étiquettes qui ne se fondent pas sur la vérité, ce genre d’attitude perpétuant l’égo et l’ignorance.

J’ai réfléchi au fait que j’avais été isolée de nombre de mes camarades de lycée (j’avais les meilleurs résultats), pour des raisons similaires, bien qu’à un niveau bien plus faible et local : pour eux avant d’être une personne, j’étais intelligente, bizarre et artiste brillante (j’ai commencé à dessiner à 18 mois, fait des dessins et peintures réalistes à 11 ans). Ce traitement a provoqué beaucoup de solitude dans le passé. J’ai également réfléchi au fait que nous considérons les personnes en charge de l’autorité comme différentes, supérieures, incontestables, égoïstes, non-compréhensives ou non-empathiques, dépourvues d’intérêt à notre égard et disposant d’un pouvoir total sur nous. Beaucoup d’entre nous considèrent ainsi Dieu, la vie et/ou la nature humaine fondamentale, une perspective basée sur l’ignorance et l’égo.

J’ai vu que la réalité dans son ensemble ne peut être honteuse, ni avoir besoin de protection ou de se défendre, ni se dresser contre elle-même comme la plupart des humains. Elle ne peut être dans une course folle à l’accomplissement. Elle ne peut pas non-plus être des formes physiques simplement mortes et insignifiantes comme le clament de nombreux athées ; je suis vivante et consciente (si la réalité était seulement composée de formes, s’il n’y avait pas d’esprit, il ne serait alors pas important qu’une forme ou un corps meure au hasard, rien n’aurait d’importance dans la vie). Il est net qu’il existe un « Je » subjectif qui vit l’expérience, que ce « Je » est supérieurement intelligent. Ce « Je » c’est la vie elle-même. Lorsque j’ai mise à l’épreuve l’idée que la vie ne soit pas éternelle, que la matière soit virtuellement toute chose, j’ai découvert qu’elle engendrait beaucoup de résistance et de contrainte interne. Il en allait de même pour l’idée selon laquelle l’obscurité et le mal sont plus forts que la lumière et l’amour. Toute obscurité est contrainte, la contrainte est tension et résistance. Par conséquent, l’obscurité sous toutes ses formes est temporaire car de nature instable.

J’ai considéré la nature des humains et des autres formes de vie. L’égoïsme (qui est pathologique, dangereux et inintelligent chez l’humain adulte) peut être décrit comme un reliquat évolutif de la saine pulsion animale à survivre et se reproduire. Chez l’humain, il s’agit d’une forme de résistance à la vie (contrainte) qui se dissimule souvent sous le masque d’une force du bien. On l’appelle parfois « ego », elle est constituée de l’identification à d’éphémères formes, pensées, corps, évènements, souvenirs, actions, attentes, identités conceptuelles, richesses et biens, possessions et statuts sociaux, titres, rôles, relations, démographies, capacités, connaissances, croyances, compétences, habitudes, activités, circonstances locales, jugements, conflits, préférences et aversions, devoirs et interdictions, peurs, émotions etc. Ces formes sont considérées comme d’une importance absolue, alors qu’en fait la vie est infiniment plus grande et qu’elle les contient toutes. Le moi est vu comme limité au monde du temps. Souvent l’égo prétend être Dieu omniscient, ou centre de l’univers. Il peut être identifié par sa nature négative et craintive. L’égo est un faux moi qui ne peut dominer que s’il reste inconscient, s’il y a absence de conscience. Il n’est pas ce que nous sommes fondamentalement. Il n’a en fait aucun fondement. Même si certains stades d’un développement humain sain sont égocentriques, l’égo n’est en fin de compte qu’une illusion du mental.

L’égo, que l’on considère dans le monde moderne comme la conscience humaine normale, est intrinsèquement limité et tendancieux. Il ne perçoit rien au-delà du mental, de la pensée, de l’identité conceptuelle, de la forme, du passé, de l’avenir et de l’intérêt personnel. Il ne fait pas la différence entre des situations et ses propres réactions et jugements. Le moi basé sur le mental est incapable de connaître la présence, l’amour véritable, la paix, la compassion, la joie, l’intuition ou la créativité. Ces sont des choses que le mental ne peut comprendre, tout comme la mort, la sagesse et l’espace. Il est vraiment triste de voir que tant de gens dans ce monde ne se connaissent qu’en tant qu’égo. En d’autres termes, ils sont totalement inconscients de la vie et ne se connaissent pas du tout eux-mêmes.

La nature de la vie c’est la paix, la béatitude, l’amour, la joie, la créativité, la spontanéité, l’intrépidité (car elle ne peut être détruite), la légèreté, l’ouverture, l’acceptation, l’omniscience, l’omniprésence, l’infini et l’unité. Il ne peut en être autrement. La vie est sans forme, éternelle, alors que toutes les manifestations sont temporaires, quelle que soit notre vision de ces dernières. Même si je n’aurais pas pu l’exprimer ainsi à l’époque, l’ignorance est une illusion.

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Aux environs de cette période, ou quelques semaines plus tard, j’ai réfléchi aux systèmes de croyance, aux écoles de pensée. Je me suis rendu compte que nombre de systèmes de croyances ou religieux apparemment différents, ne se contredisent en fait pas les uns les autres, ils ne font que décrire différentes perspectives ou aspects d’une vie, d’une réalité. La pensée humaine divise l’ensemble de la vie en éléments qui paraissent contradictoires. Par exemple, les athées et les laïcistes ont raison en affirmant que rien n’a créé l’univers ; qu’il est vieux de milliards d’années, que seuls existent la forme, l’énergie et l’espace. Les personnes religieuses et spirituelles ont raison de dire que la Source de toute existence est intelligente, vivante et pleinement consciente. Il est également exact de dire que tout a été créé par Dieu instantanément (ou sur une période très courte), mais pas de la façon dont la plupart des personnes religieuses le croient ; afin de l’exprimer avec exactitude, il faut s’extraire du temps et voir que toutes les périodes sont simultanées et très courtes du point de vue de l’éternité. La plupart des gens ne réalisent pas que la Source est à la fois vivante et sans forme. La majorité ne se rend pas compte que le temps est une vérité relative qui peut être transcendée (je n’ai pu exprimer cela que de nombreux mois plus tard).

Aucun des milliers d’écoles de pensée et de systèmes de croyances humain n’a raison contre les autres. Aucun système ne détient la vérité, ni ne possède toutes les réponses. Certains cernent seulement la nature de la vie et des phénomènes plus efficacement que d’autres. En d’autres termes, certains cernent plus efficacement que d’autres la compréhension et la sagesse intérieure. Comme les formes biologiques et les inventions dans l’histoire humaine, ce sont des formes qui évoluent au cours du temps. Ces formes particulières servent à cerner et modeler les grandes vérités. Chacune est comme une carte. Chacune sert un but dans le déroulement de la vie, peu importe à quel point elles peuvent paraître « inexactes » ou incomplètes.

Peu de gens recherchent la vérité en toute honnêteté, sans biais envers ou contre un système ; avec une volonté totale de remettre en question leur propre partialité ou impureté ; en toute honnêteté vis-à-vis de ce qu’ils connaissent d’eux-mêmes ou non. Nous sommes beaucoup plus nombreux que nous le pensons à pouvoir vivre avec intégrité. Si nous parvenons à connaître la pureté, il est alors facile d’identifier les obstacles que nous pourrions rencontrer. Il est également facile d’identifier les mauvaises traductions, les malentendus, les impuretés qui se sont introduites dans nos systèmes et nos visions du monde. Ce qui ne promeut pas la paix, l’intégrité, le bien-être, la plénitude, l’unité, la sagesse, l’amour inconditionnel, la compréhension et vivre la vie à fond.

Un grand nombre (peut-être la plupart) des gens dans le monde aujourd’hui ne voient pas au-delà de leur culture et de leurs croyances conditionnées. Dans leur perspective limitée, ils ne peuvent concevoir l’idée que Dieu/la réalité n’ait aucune préférence quant au groupe culturel, religieux ou idéologique auquel on appartient. Ils ne peuvent pas repérer les préjugés internalisés et sont par conséquent totalement sous leur influence. Ils ne peuvent reconnaître l’idéologie à partir des faits, les preuves à partir de l’interprétation, ou ce qu’ils savent d’eux-mêmes à partir de ce qu’on leur a dit de croire. Ils ne s’auto-examinent pas, ni ne réfléchissent à ces questions. Ils récusent les autres modes de fonctionnement sans même les connaître, souvent en les condamnant avec un sentiment de supériorité morale. Ce que recouvre cette tendance, ce n’est pas le désir de vérité, mais le souhait de protéger, de défendre un faux sentiment du moi, un égo pathologique. C’est un violent désir de survie, de maîtrise et de dominance sur la vie d’autrui. Cela comporte beaucoup de négativité. Les personnes possédant un système de croyance rigide, qu’elles soient chrétiennes, musulmanes, juives, athées, bouddhistes, indouistes, new-age, progressistes, conservatrices ou autres, défendent souvent (et par conséquent perpétuent) l’ignorance, la négativité, le stress, l’obscurité, la souffrance, le péché, l’enfer et la violence. Elles nient la possibilité de vivre en conscience, sereinement, pleinement et dans la lumière. En fait, aucun de nous ne peut revendiquer la vérité, imaginer qu’on le puisse est une totale fausseté.

Nous appartenons tous à une réalité. Il ne peut en être autrement. La Source ne peut être altérée par la façon de penser de qui que ce soit. C’est à la fois rien et tout, elle crée, contient et se manifeste en tant que tous les phénomènes. Les humains peuvent être divisés extérieurement et intérieurement, mais l’intégrité de la réalité est parfaite.

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Peu après les vacances de Thanksgiving (dernière semaine complète de novembre), j’ai connu la Source de toute existence. Cette grande ouverture s’est produite juste après plusieurs jours durant lesquels j’ai profondément ressenti que tout ce que je trouvais sur mon chemin (meubles, chevelure, papier, vêtements, musique, nourriture, savon, corps, esprits, pensées, réactions, plans, villes, voitures, arbres, nuages et autres) possédait une histoire indiciblement complexe, inséparable de l’histoire de l’univers tout entier et de tout ce qu’il contient. Sous une observation sereine, chaque simple chose paraissait magnifique. J’ai vu que les draps, les jeans, le plancher étaient incroyablement complexes. J’ai senti que je percevais de nombreux secrets de la vie restés cachés à mes yeux.

Un soir, j’étais seule dans ma chambre et j’écoutais Lady Gaga (« Weird Al Yankovik » et d’autres titres). Un miroir se trouvait face à moi. A un moment donné, je me suis défocalisée du mouvement de mon corps et de mon esprit, du son de la musique et de mon environnement physique. Mon attention s’est profondément détendue dans le moment présent. J’ai vu qu’il existe une vie immense qui est la Source de tout ce qui est et de tout ce qui sera. Je ne voyais pas avec les yeux, mais avec le cœur de mon être. J’ai vu notre univers, tout l’espace physique, tous les autres univers et tout ce qui change, comme un toute petit point noir fini au bord d’une mer infinie de vie et de lumière. J’ai vu encore plus nettement la nature de la vie comme étant pur amour, béatitude, créativité et sagesse. Cet océan de vie pure est sans forme, vaste, pourtant elle est pleinement consciente et intelligente. C’est uniquement elle qui véritablement vit les expériences, le seul « je » authentique. La Source est présente partout à chaque instant, qu’on en soit conscient ou non. Quand ce grand être s’est montré à moi, j’ai vu que la vie divine pure qui est Lui/Elle, est la même vie qui constitue l’essence de chaque être à travers tout l’espace et le temps.

L’informe donne naissance à toutes les formes. Chaque goût, opinion, personnalité et expérience émerge de la vie divine pure. Chaque ensemble de ce que nous, humains, percevons comme opposés ou différents, ne fait en réalité qu’un : le moi et les autres, le destin et le libre arbitre, le féminin et le masculin, le vaginal et le phallique, le yin et le yang, l’ombre et la lumière, la nuit et le jour, rien et quelque chose, différent et pareil, attractif et répulsif, beau et laid, les autres vies et l’humanité, le cosmos et la terre, la nature et la culture, la science et la religion/spiritualité, l’évolutionnisme et le créationnisme, le réel et l’imaginaire, le naturel et l’artificiel, le lisse et le rugueux, l’harmonie et le chaos, un et plusieurs, l’unité et la division, la coopération et le conflit, la paix et la guerre, la santé et la maladie, l’hôte et le parasite, la proie et le prédateur, la défaite et la victoire, l’opprimé et l’oppresseur, la soumission et la domination, la réalisation et l’envie, la satisfaction et l’insatisfaction, l’entichement (ce que nous appelons amour) et la haine, le bien et le mal, la sécurité et la vulnérabilité, la souplesse et la rigidité, le libéral et le conservateur, le doute et la croyance, la conviction et l’apathie, la force et la faiblesse, le paradis et l’enfer, le bien-être et la lutte, la capacité et l’incapacité, l’abondance et le manque, la richesse et la pauvreté, la droite et la gauche, le haut et le bas, la sophistication et la décadence, le succès et l’échec, la stabilité et le chaos, la vie et la mort, la forme et l’esprit, la lourdeur et la légèreté, le bruit et le silence, le mouvement et l’immobilité, la complexité et la simplicité, la diversité et la similitude, l’inégalité et l’égalité, l’immaturité et la sagesse, l’enfance et la parentalité, le prime enfance et la vieillesse, la planéité et le relief, l’ignorance et l’intelligence, l’apprentissage et l’enseignement, la compétence et l’incompétence, la grandeur et l’humilité, la conscience et l’inconscience, l’abandon et la résistance, le passé, le présent et l’avenir, la Source et la manifestation.

J’ai eu la certitude absolue (ou indépendamment des doutes de mon mental auxquels je ne prêtais alors aucune attention et qui étaient donc virtuellement inexistants) qu’il s’agit de Dieu. Il n’existe pas de pronom dans notre langue qui puisse refléter, même de loin, ce qu’est Dieu ; « cela » suppose un objet, « Il », « Elle » implique un sexe. En fait toute langue est totalement inadéquate car la nature d’une langue consiste à différencier. Par ailleurs, la langue est loin de pouvoir capter la magnificence de la réalité que nous habitons.

Je me suis rendu compte que je ne savais rien moi-même, que je ne pouvais rien faire et que je n’étais en rien particulière. J’ai déterminé que ce genre d’ignorance est honnête, que c’est sur cette base que perçoivent tous les gens réellement intelligents. Réaliser cela peut dissoudre les faux-semblants et l’identification à la pensée. De l’espace se ménage alors pour l’ouverture d’esprit, la clarté de pensée, l’humilité authentique, la curiosité naturelle et la tranquillité.

Dieu m’a montré qu’Il/Elle crée, modèle et fait évoluer les formes et les mondes de façon très semblable à un artiste créant des œuvres. Dieu/l’esprit existe hors du temps et n’a besoin de rien pour exister, il s’exprime pourtant au travers des formes en raison de sa nature créatrice. Nous sommes des êtres créateurs. Il n’existe aucune urgence, force mauvaise, concurrence, lourdeur ou gravité, tout cela n’est qu’illusion. La vie informe qu’est Dieu et que nous sommes, est éternelle. En d’autres termes, il n’y a rien que vous, moi ou quiconque puisse faire pour nous empêcher d’exister littéralement pour toujours, exactement tels que nous sommes maintenant. En fait, l’éternité est, sera toujours maintenant. Le temps est une illusion créée par la vie. Tout ce qui existe ou qui survient se situe dans le moment présent, y compris tous les modèles et souvenirs du passé et de l’avenir. Les formes évoluent, non parce que la vie les fait évoluer de la manière dont nous pensons faire se produire les évènements (avec une volonté personnelle lourde), mais parce que la vie fait l’expérience d’elle-même au travers des formes, qu’elle est poussée à continuer de s’exprimer. L’univers existe afin que la vie puisse avoir des expériences et se connaître elle-même par le biais de l’illusion des formes. Nous les humains constituons une forme hautement évoluée dans notre univers, au travers de celle-ci la vie peut pleinement voir sa nature.

Si nous devons nous harmoniser avec la vie, alors nous devons comprendre que la façon dont nous pensons, parlons et agissons est primordiale. Le contenu et le détail de ce que nous pensons, disons et faisons est d’une importance secondaire. Il est par exemple plus important d’avoir le cœur ouvert plutôt que de belles philosophies ou idéologies ; de croire des faits, des récits ou des détails exacts ; ou encore d’avoir vécu des expériences spirituelles intenses ou un passé de pratiques spirituelles. Par ailleurs, si nous connaissons très bien l’essence de l’évolution de l’univers, sa nature et son sens, nous pouvons en manifester une compréhension éclairée sans posséder beaucoup de connaissances sur son âge exact et d’autres détails particuliers. De même, nous pouvons bien comprendre une personne si nous sommes en mesure de voir dans son être. Il n’est pas important de connaître de nombreux détails au sujet du passé, des intérêts, des idées et de la situation de cette personne (même si cela peut parfois être utile). Les détails et les idées peuvent avoir de l’importance dans certaines situations, mais cela ne peut remplacer le fondement vital d’une compréhension profonde non-conceptuelle provenant de l’intelligence de la vie elle-même (vie qui constitue ce que nous sommes vraiment).

Absolument rien n’est personnel, même (« particulièrement » serait en fait un terme bien meilleur) les choses que nous considérons comme les plus personnelles. Avoir raison et gagner est beaucoup moins important qu’être honnête et concentré sur l’Existence (la vie). Les images de soi et les identités personnelles/collectives importent très peu. Il ne s’agit, dans le mental des personnes, que de pensées éphémères sur des aspects impermanents d’un monde en changement perpétuel. Nous sommes beaucoup plus sincères vis-à-vis de nous-mêmes si nous les utilisons (ainsi que toutes les autres formes) de façon créative et ludique, sans nous perdre en elles, sans craindre la mort en nous confrontant à l’impermanence de ces formes. Rien dans l’univers n’est absolument juste, faux, bon ou mauvais. Chaque chose est telle qu’elle est, possède sa nature, y compris chaque attitude, philosophie, mouvement, point de vue, histoire, espoir et perspective. Tout ce qui existe joue un rôle dans l’évolution de la vie. Nier, craindre ou haïr quoi que ce soit dans l’univers consiste à nier une part de soi-même, à être contrôlé par cette part, à se séparer d’une chose que, sagement, Dieu permet d’exister. Nous devons être en paix avec tout si nous voulons vraiment manifester la paix et ne pas créer de souffrance supplémentaire.

La vie crée les expériences et tout ce qu’elles comportent : acteurs, objets, étapes, lieux et évènements. Par la nature même de la réalité, chaque lutte, tragédie, erreur, évènement destructeur (sans aucune exception) se transforme tôt ou tard en une force plus grande, servant ainsi l’expression divine (imaginez un peu ce qui pourrait sortir de l’état actuel de l’humanité !). La concurrence et la division finissent par engendrer la coopération. L’état original de l’unité devient l’expérience de la différenciation, puis la diversité produite par la différenciation sert en tant que grande expression de la vie unique que constitue la Source. Ce mouvement se reflète à la fois dans l’évolution biologique et dans les sociétés humaine. Dans certaines cultures, ces dernières sont passées de l’identification totale au groupe à l’individualisme, un nombre croissant revenant maintenant à l’unité dans une conscience plus grande. L’essence de chaque instant de beauté, d’intégrité, d’ouverture, d’éveil, d’apprentissage et d’enseignement créatif n’est jamais oubliée ou perdue. Pas plus que le souvenir de chaque expérience en tout temps, jusqu’au plus petit détail des particules subatomiques, des ondes énergétiques et de la dynamique des niveaux quantiques [Phoebe aurait pu essayer de l’expliquer, mais lorsqu’elle a vu cette vérité au début, elle n’aurait pas pu le faire aussi bien que dans cet écrit. Elle n’avait quasiment aucune connaissances en physique quantique. Elle a exploré ce domaine plus tard.]

Nombre des plus grandes expressions de la vie impliquent l’unité dans la diversité sous un thème commun. Le corps humain (composé de nombreux organes et types de cellules différents qui coopèrent) constitue un grand exemple d’unité dans la diversité. Il y a aussi la diversité des mammifères, des oiseaux, des amphibiens, des poissons, des invertébrés, des microbes, des sols, des champignons, des insectes, des arbres, des fleurs, des biotopes, des climats, des agricultures, des nourritures, des styles artistiques, des genres musicaux, des vêtements, des outils, des architectures, des transports, des métiers, des talents et capacités, des physiques humains, des familles, des cultures, des langues, des religions et spiritualités, des personnalités, des âges, des histoires et bien d’autres sur la planète terre et au-delà. La diversité renforce les communautés, les écosystèmes et l’humanité. Chaque individu est une expression unique de conscience, la vie Unique. Chacun est beau et possède ses forces, chacun toutefois a également ses limites. Aucun individu n’est indépendant. Quand une collectivité diverse se rassemble, il y a une grande force. Les attributs, les capacités, les fonctions, les faiblesses et les défauts s’équilibrent, il y a harmonie. La lumière de la Source transparait plus fortement, car c’est ce qui unit tout. La vie pure constitue ce que chacun et chaque chose qui existe possède en commun, indépendamment de leur degré de différence superficielle.

Dieu est à la fois toutes les images et tous les rôles ainsi qu’au-delà de toutes les images et de tous les rôles. Dieu aime chaque âme, toute la création et chaque instant infiniment et inconditionnellement. Il ne peut en être autrement étant donné que Dieu est véritablement omniscient, omniprésent et que tout jugement prend racine dans l’ignorance. Dieu est infiniment compréhensif et compatissant. Il n’existe absolument aucune préférence ou aucun favori (ce ne sont que des illusions). Il/Elle est le vaste fondement de l’être, la Source informe de laquelle tout naît, à laquelle tout retourne, absolument sans aucune exception. En fait, nous ne faisons toujours qu’un avec Dieu, nous avons seulement l’impression que ce n’est pas le cas à cause des illusions dont nous faisons l’expérience dans le monde. Personne n’a besoin de créer un système d’appartenance artificiel ou de s’y identifier exclusivement, car en fait nous appartenons tous à la réalité dans sa magnificence.

Une autre façon d’aborder cette vérité consiste à dire que nous ne faisons toujours qu’un avec la nature, même si nous oublions que c’est le cas. Nous sommes les arbres, les fleurs, les rochers, le sol, les insectes, les montagnes, les nuages, les oiseaux, les océans, les vagues, les vents, les saisons et l’immense ciel clair étoilé. Nous sommes le souffle de Dame Nature. Nous sommes vastes, immenses et antiques comme un univers de milliards de galaxies, comptant des milliards de soleils chacune. En fait, en tant qu’humains nous sommes des microcosmes d’écosystèmes, de mondes, de galaxies et d’univers. Nous sommes également des macrocosmes de molécules, de cellules et d’organes. Tous sont également vastes en composition. Tous sont organiquement créés et ordonnés par l’intelligence de la vie. Tous font l’expérience de la naissance, de la croissance, du déclin et de la mort ou du changement. La « Nature » est souvent bien plus facile à percevoir comme dénuée de jugement, non associée comme l’est Dieu aux images de soi, à la grandeur, aux systèmes de croyance et autres pensées, même si les deux termes peuvent être utilisés pour désigner l’unique Source de tous les phénomènes.

Quand j’ai vu Dieu, nous avons eu un instant d’intimité durant lequel j’ai exprimé des paroles plus profondes que jamais. Elles sont sorties dans une lumière et un ton aimant faisant écho au travers de mon être : « Tu nous as créés [les humains] afin de te voir toi-même. ». En cet instant j’ai souri comme un nouveau-né. J’avais la sensation d’être transparente et infinie ; je semblais ne posséder aucune densité tandis que l’essence de ce je suis en réalité émergeait dans le monde de l’expérience (la densité est en fait une illusion). J’avais le sentiment de véritablement voir, d’être moi-même après avoir dormi pendant des lustres. Parallèlement, j’ai compris ces « lustres » et toute la difficulté d’être en fait plus que minuscule dans le monde de l’éternité qui est notre place. Sans me déplacer physiquement, je percevais la terre, l’espace lointain et l’humanité depuis une perspective divine, immense et indescriptible. Contemplant des myriades de visages humains avec un amour incroyable, intime et profond, j’ai vu que chaque chose, chacun est Moi. Je Me suis également vue en tant que la lumière transparaissant pleinement dans des êtres illuminés tels le Bouddha. Une image du Bouddha en méditation m’est apparue, j’ai su que j’étais la vaste conscience, la lumière intense de présence, imprégnant le cosmos et traversant le Bouddha.

J’ai compris que qui que ce soit en quête de vérité avec honnêteté, allait voir le divin et savoir. Dieu recherche en permanence l’union avec nous (nous TOUS) et touche quiconque est ouvert. Dieu est (infiniment) plus grand que le jugement le plus dur et le plus conflictuel que puisse produire le mental d’une personne, que l’acte le plus mauvais qu’on puisse commettre. Toutefois, nous pouvons créer toutes les illusions que nous voulons dans notre mental, pour la durée que nous souhaitons, nous pouvons aussi agir sur elles. Nous jouissons d’un libre arbitre total dans ce monde aux possibilités multiples. Dieu est tellement puissant qu’il peut permettre même cela. Aucun de nos chemins n’est identique, aucune voie permettant de faire pleinement la connaissance et l’expérience de la Source n’est bonne ou mauvaise. Certaines sont plus courtes que d’autres, certaines sont plus sereines que d’autres, mais dans la perspective de l’éternité, aucune n’est jugée supérieure. Tous les chemins possibles mènent à la pleine réalisation de la Source, par conséquent à l’expérience glorieuse d’être véritablement à sa place. C’est vrai, qu’on soit conscient ou non de la vie et de sa dynamique, que l’on coopère ou non avec celles-ci au cours des existences.

On m’a montré une vision d’un avenir possible pour l’humanité sur la planète terre. J’y ai vu que les humains se comportaient très différemment de ce que la plupart d’entre nous peut observer actuellement. J’ai vu des humains de personnalités et types très différents. Ils se trouvaient dans un environnement naturel boisé, se tenant en cercle par la main, célébrant librement la vie. Leurs visages et leurs corps rayonnaient l’amour, la pureté, la joie, la béatitude, l’innocence et la sagesse. Il en était de même pour d’autres créatures autour d’eux. Ces gens étaient pleinement en contact avec la vie. Ils ne craignaient aucune partie d’eux-mêmes ou du monde, ils n’étaient accablés par aucune sorte de croyance ou d’identité rigide. Ils avaient totalement évolué, étant parfaitement satisfaits de vivre simplement dans le présent (même s’ils avaient la capacité de faire et de créer tout ce qu’ils souhaitaient, car ils étaient conscient que leur nature était celle de la Source et qu’ils s’étaient libérés de l’identification à la forme). Ils étaient véritablement libres. Ils coopéraient comme les cellules d’un organisme, car ils savaient être les cellules du corps de Dieu. Ils ne doutaient aucunement qu’eux-mêmes (et tous les êtres) allaient continuer à vivre après la mort. Ils avaient en fait réuni la vie et la mort, la terre et le paradis ainsi que toutes les dualités, créant un monde à l’intégrité parfaite. Voici la nouvelle terre. En la voyant, j’ai compris que le destin de l’humanité est incertain, que c’est à moi, ainsi qu’à tous ceux qui voient cette possibilité, de la créer à partir de ce que nous possédons actuellement. J’ai compris qu’il est également tout à fait possible que notre espèce ne parvienne pas à maturité, ce qui ne serait pas un problème le cas échéant.

J’ai compris que tout échec est un succès, car il contribue de façon vitale au déroulement et à l’auto-découverte de la vie. Même les plus grands échecs dans l’existence sont des succès, car ce sont des opportunités (comme tous les autres échecs). Toute chose qui échoue, ou qui est détruite prématurément (même à l’échelle cosmique la plus grande), peut-être recréée si la vie/ la vaste conscience souhaite continuer à évoluer, à s’exprimer à travers celle-ci. La vie peut aussi créer quelque chose de très différent et continuer ainsi, ou réaliser toute autre chose qu’elle souhaiterait.

De même, j’ai compris qu’en tant que personne, je pouvais ne pas survivre jusqu’à la maturité, ou ne pas accomplir le but de ma vie cette fois-ci et ce ne serait pas un problème s’il en était ainsi (depuis 2010, si des évènements assez nombreux s’étaient déroulés autrement, je ne serais pas ici, en 2015, en train d’écrire ce journal). Jamais Dieu n’aime une personne moins (même très peu) si elle ne « réussit » pas. L’amour est infini, quel que soit le nombre « d’échecs ». Si l’on considère la mort comme un échec, alors il faut également la voir comme une opportunité. La mort est une grande bénédiction qui permet de se débarrasser d’une forme ancienne et d’en recycler les éléments. A la mort, une nouvelle forme peut naître et/ou il peut y avoir retour à la Source informe, à Dieu, à l’Esprit.

J’ai compris que ceux que nous avons tendance à fuir, à qualifier de malchanceux (les handicapés, les jeunes, les vieux, les dociles, les pauvres, les faibles et les éprouvés, les séniles, les laids, les maladroits, les bizarres, ceux dépourvus de statut ou ayant un statut inférieur, les humiliés, les honteux et les mourants) font en fait partie des plus chanceux, s’ils restent ouverts et capables de sentir la vie qu’ils sont. Ces gens sont, par leur expérience, potentiellement bien plus proches de la Source que ceux qui réussissent matériellement ou qui jouissent d’un statut élevé. Ces derniers ont tendance à posséder un égo surdimensionné, à être individualistes, à s’identifier fortement à ce qu’ils possèdent, à se couper de ce qui importe vraiment dans la vie et de ce qu’ils sont en réalité. Nombre d’entre eux savent en fait peu que réaliser l’unicité avec la Source est bien plus important que tout ce que l’on peut posséder ou faire dans le monde. La véritable satisfaction vient de la connaissance intérieure de soi, non pas de l’extérieur de soi dans des conditions externes. Quiconque n’ayant pas fait l’expérience d’être à sa place en Dieu n’atteindra jamais un contentement total et durable.

L’amour exprimé en ces moments de dénuement se situait absolument au-delà de tout ce que les mots peuvent exprimer. Il y avait de la chaleur, de la joie, de la paix et un sentiment d’être vraiment à sa place. Lorsque j’ai regardé mes yeux dans le miroir, ils rayonnaient comme jamais auparavant. Ils étaient tellement pleins de vie, Ils étaient quasiment lumineux. Tout mon corps paraissait vibrant de vie. Je sentais que les esprits du Bouddha et d’autres êtres illuminés au cours de l’histoire m’Accueillaient dans le savoir. Cette occasion fut la première de d’une série durant laquelle j’ai ressenti leur présence et leur soutien.

Vers cette époque (en fait un trou dans le temps), j’ai éprouvé un autre sentiment viscéral. J’ai perçu que ma vie physique actuelle allait être la dernière, cela ne m’a pas du tout surprise. J’ai senti que je l’avais su avant ma naissance, que je l’avais juste oublié temporairement. « dernière » signifie dernière dans la phase d’évolution avant « l’autoréalisation ». « Autoréalisation » signifie se rendre compte pleinement de la nature de la vie et de l’existence, de l’unicité avec toute la vie, que la vie est permanente, puis vivre dans le monde en conscience totale et sans égo. La vie reste toujours libre d’être elle-même en plénitude absolue, elle peut toujours faire tout ce qu’elle souhaite, elle n’a besoin de supporter aucun des fardeaux, aucune des contraintes du jeu de la survie. Ceci implique de se rendre compte que rien ne se produit qui ne soit reconnu et accepté comme possible par la vie (même si ce fait n’est pas encore connu de l’esprit conscient de la plupart des humains vivant à l’époque actuelle).

Je n’ai pas fait ces découvertes dans un ordre séquentiel clair tel que mentionné ici. En fait, je les ai vécues simultanément, comme si la compréhension passait en moi d’un bloc, telle un effet secondaire de vivre mon essence en tant que Source. Il est impossible de décrire comment cette ouverture à la vie s’est « produite » ; Elle ne s’est pas « produite » au sens strict, si ce n’est comme l’effacement de la manifestation des barrières en moi qui bloquaient la perspective, comme l’effacement du temps. Ce qui était perçu se trouvait hors du temps, même si certaines parties ont été traduites en expériences ou en mots temporels. Pendant les jours précédant et suivant le congé de Thanksgiving, j’ai la sensation que tous les enseignements sont arrivés d’un seul coup. En réalité, la nature du temps fait que toutes les périodes sont simultanées. A partir de l’éternité, on perçoit le temps ainsi (De plus, il n’est pas important que je me sois trouvée en plusieurs occasions devant le miroir, que des découvertes profondes soient intervenues au cours de cette période, ce fut peut-être le cas. Je ne me souviens pas de tous les détails chronologiques. Ce qui importe c’est que tous soit simultanés.).

Au cours des deux semaines suivantes environ, j’ai eu l’impression que « Phoebe » n’était pas qui « j’étais », mais une personne décédée. « Je » suis, vie pure. Phoebe se réveillait souvent le matin en sentant bien davantage de conscience vivante dans les jambes et les pieds que dans la tête. Vaste et consciente, je considérais le monde, la situation de la vie de Phoebe, depuis une perspective extérieure à ce vieux moi humain. Durant cette période, les camarades, les professeurs et Phoebe apparaissaient comme des comédiens dans une pièce. Phoebe ne parlait pas beaucoup, généralement elle écoutait et observait.

Le sentiment d’être la vaste présence derrière et en toute expérience ne m’a jamais quittée, même si parfois il est plus en avant-plan ou en arrière-plan. Quelquefois je me suis endormie le soir, tout en demeurant consciente de moi-même en tant que vie à l’arrière-plan de la personne qui s’endormait. Je n’ai pas la sensation que l’expérience intérieure ou extérieure serait le moi, tandis que d’autres choses ne le seraient pas. Je ne peux pas croire aux paroles, déclarations et idées comme le font la plupart des gens.

Pendant les congés d’hiver (de mi-décembre à début janvier), Phoebe a de nouveau ressenti la présence d’Amanda. Celle-ci lui a fait savoir en silence qu’elle voyait ce que traversait Phoebe.

Phoebe n’en savait pas grand-chose, cet évènement qui s’est produit entre septembre et décembre 2010 n’était que le commencement. Il fallait procéder à de nombreux ajustements, vivre des expériences, faire face à des défis, résoudre des problèmes, explorer des endroits et des questions. Souvent extrêmement désorientée et submergée par l’hypersensibilité, Phoebe avait littéralement réappris massivement la façon d’utiliser son esprit, son corps et de communiquer avec les gens (ce dernier point l’a fait beaucoup lutter, elle a en effet été incapable de parler efficacement pendant un certain temps. C’était particulièrement vrai avec ceux qui ne l’écoutaient pas vraiment lorsqu’elle était avec eux.). Elle a approfondi sa compréhension de ce monde et de l’univers. L’ancien schéma de tension, de division et d’égo qui avait régi une grande partie de sa vie auparavant, s’est écroulé rapidement. Même s’il y a eu de nombreux moments de soulagement, cet effondrement a souvent été violent. Des tensions profondément enfouies ont refait surface (devant parfois être totalement ressenties avant de pouvoir se dissoudre et de laisser place au soulagement), lorsque ce dernier est intervenu, le corps a parfois été tellement plein d’énergie qu’il ne pouvait s’empêcher de courir partout dans la maison, de marcher rapidement, ou de se canaliser grâce à des musiques et des danses effrénées. Ce processus s’est produit sur le mental et par le mental, il ne peut être contrôlé par lui ou par le moi séparé (qui est une illusion produite par le mental). Il s’agit d’un processus de guérison et d’intégration.

Il y a eu de nombreuses épreuves et difficultés, comprenant le renvoi de l’école, le handicap (incapacité à fonctionner dans le monde pendant deux ans à cause de la désorientation et de l’hypersensibilité), perte de logement, pauvreté, perte d’amitiés et de relations, hostilité et incompréhension de la part d’autrui (y compris de la part de conseils spirituels et de personnels de santé conventionnels) et défaut de soutien la plupart du temps. Au niveau personnel, j’ai fait l’expérience de la perte de quasiment tout sens d’appartenance à un groupe, d’espoir pour l’humanité sur son cours actuel.

Par moment j’ai souhaité quitter la planète, m’échapper vers un endroit éloigné, être je ne sais comment sauvée par des êtres plus évolués, ou faire cesser cette vie physique. J’ai parfois ressenti très intensément la solitude et la désillusion. J’ai également souhaité l’effondrement ou la transformation de la civilisation, car ses contraintes pesaient parfois extrêmement lourd. Par ailleurs, j’ai souvent craint la persécution, je suis en effet extrêmement sensible à la dynamique sociale d’intégration, d’exclusion, de déshumanisation des gens qui ne s’identifient pas aux normes/priorités dominantes. Dans les moments les plus durs, j’ai senti la présence du guide spirituel, qui m’étreignait et me consolait ; il/elle n’est pas apparu(e) en tant qu’identité, seulement comme un pur esprit. Parfois il/elle frappait en douceur sur un blocage corporel interne et le libérait.

Presque chaque jour depuis début 2012, j’ai délivré de mon mental et de mon corps l’énergie piégée, en focalisant ma conscience libre sur des blocages prêts à se dissoudre. Je vivais cette dissolution comme un relâchement de tension dans une ou plusieurs parties du corps (généralement la tête, le ventre et/ou la poitrine), un flux d’énergie dans mon Etre. Cette énergie donne une impression de chaleur, comme celle d’un foyer de cheminée, pas comme une brûlure. J’ai le sentiment que ce qui se produit est très similaire au processus par lequel le conditionnement mort, séparateur et basé sur la peur dans mon système a été littéralement consumé à l’aide de ma libre conscience. Plus il brûle, plus je suis claire, plus j’assimile.

De nombreuses expériences plus profondes et belles se sont produites. J’en mets trois en exergue plus bas. Elles comprenaient des enseignements profonds concernant plusieurs aspects de la vie et de la mort, des visions puissantes spontanées de différents scénarios d’évènements réels, la manifestation de pouvoirs paranormaux, des souvenirs de vies et de morts antérieures (certaines traumatisantes, d’autres magnifiques), des expériences de décorporation aux cours desquelles je volais à travers les murs de la maison ou dans d’autres dimensions, de nombreux moments de conscience éveillée et claire dans différentes situations, etc. J’ai vécu l’expérience de ne plus faire qu’un avec le ciel, les arbres, les plantes, les animaux, d’autres personnes, des formations ou avec des choses de façon profonde et intime. Parfois des expériences profondes ont spontanément eu lieu en pleine classe ou en faisant les courses.

En une occasion, alors que j’étais allongée dans mon lit au cours d’une période très sombre et chaotique, l’intelligence de la planète terre s’est présentée à moi. Sans paroles, l’esprit de la terre m’a indiqué que son nom est Gaia. Nous avons fusionné pendant quelques instants, partageant beaucoup d’amour.

Durant la majeure partie d’une journée de 2012, j’ai plus que jamais perçu une qualité profonde, fraîche, vierge et vivante partout dans mon monde, particulièrement dans les arbres. Cette perspective est apparue après que le sans-forme que je suis se soit intensément dés-identifié de la forme de Phoebe. J’ai fait l’expérience de moi-même en tant que conscience élevée, j’ai compris que le monde est en fait ainsi lorsqu’on le perçoit dans son intégralité. J’ai depuis vécu de nombreuses autres expériences similaires.

Un jour de fin-août 2013, alors que je traversais un salon, ma conscience s’est extraite du monde des manifestations. J’ai à nouveau perçu l’inexprimable force de la vie pure qui sous-tend l’univers ; la plus puissante et seule véritable force. Depuis lors, la fréquence et de ces enseignements et de ces perceptions s’est accrue. En septembre et octobre 2013, ainsi qu’en différentes occasions depuis, j’ai spontanément fait l’expérience de moi-même en tant que vie pure, sans forme, hors du temps, sans limite. A de multiples reprises (en fait des trous dans le temps), je me suis vue nettement au-delà de la perception personnelle et mentale. Chaque « fois » j’ai perdu de l’attachement au monde temporel et je me suis davantage focalisée sur la situation de ma vie, j’ai parfois fait l’expérience d’un sentiment intense de béatitude, de netteté, de liberté illimitée. Le temps semble moins être une réalité qu’une belle illusion vécue dans le présent éternel. Dans chaque instant présent existent simultanément toutes les possibilités et périodes, l’espace intérieur ne fait qu’un avec l’espace extérieur. Le mental humain lié au temps ne peut appréhender cette vérité.

De même les synchronicités sont devenues fréquentes, ce qui est naturellement le cas lorsque la vie devient consciente de sa nature par son expérience. Lorsqu’il y a ouverture, il devient bien plus facile pour la vie de coopérer avec elle-même. J’ai vécu par la grâce dans les années récentes, la vie m’a souvent donné plus que ce dont j’avais besoin pour survivre et continuer d’assimiler. J’ai souvent été attirée par des tâches bénévoles et non des emplois rémunérés, j’ai en effet constaté que le bénévolat constitue ce dont le monde a vraiment besoin. D’autre part, une de mes plus grandes joies consiste à rencontrer d’autres personnes dans la transcendance. Une beauté et une joie indescriptibles résident dans cette expérience. Lorsque je rencontre des personnes prêtes et réceptives, j’aime rendre les autres à eux-mêmes (ce qui en fait signifie rendre Moi-même à Moi-même). De telles rencontres sont mutuellement bénéfiques. Malheureusement, j’ai rencontré peu de personnes dans ce cas.

Ces phénomènes et d’autres que nous qualifions souvent de paranormaux, ne sont pas personnels, ils sont naturels à la vie. Il nous est tous inhérent d’avoir des expériences ésotériques et des enseignements profonds, souvent il n’est cependant pas préférable pour nous de les avoir. Chacun d’entre nous vit exactement ce qu’il a besoin de vivre. Chacun de nous constitue la conscience vivant une expérience unique, en tant que personne/entité unique, en un point unique du monde temporel. Il n’existe pas d’expérience bonne ou mauvaise, supérieure ou inférieure. Toutes les expériences font partie du déroulement de la vie, du grand cycle de l’expérience de la Source, à la manifestation inconsciente, à la manifestation consciente et retour à la Source. Il est naturel et parfaitement normal pour nous et les autres êtres de nous trouver en des points très différents de conscience et d’expression. Nous pouvons tirer le meilleur parti de ce dont nous disposons, ou bien nous pouvons résister à ce que la vie peut nous montrer, réitérer les mêmes épreuves encore et encore, rendre le chemin plus difficile. Etre conscient du processus dans lequel nous sommes le rend certainement bien plus facile.

Je n’ai rien de particulier, pas plus que quiconque. Croire à une particularité revient à s’identifier à des situations extérieures, oubliant ainsi qui nous sommes en réalité. J’en suis là en grande partie parce que des vies antérieures m’ont préparée. Peut-être qu’un motif plus important réside cependant dans une authentique volonté de me connaître moi-même, de découvrir les profondeurs de la vie, de vivre dans la sérénité et l’intégrité. Cette volonté en moi a été plus puissante que les autres forces de ma vie (désir de réussite matérielle, d’intégration dans la société). Exprimer cette volonté réside en nous tous, tout comme nous possédons tous les germes de l’illumination. C’est à chacun de nous de réaliser les profondeurs de la vie et de nous-mêmes (qui ne font qu’un). C’est à chacun de nous de réaliser que l’accomplissement suprême ne se situe pas dans le passé ou dans l’avenir mais dans le présent, quelles que soient les circonstances extérieures. L’espace du présent (la vie elle-même) transcende tous les phénomènes, toutes les expériences, toutes les circonstances. La lumière est infiniment plus grande et puissante que tous les fardeaux, l’obscurité et la souffrance. Dieu est tout ce qui est.

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