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EMI possible de Marguerite S

DESCRIPTION DE L’EXPERIENCE :

Quand j'avais 2 ans, mon Papi est mort. Il a eu une crise cardiaque et il est mort, au salon. J'étais présente et ma grand-mère m'a dit plus tard que j'avais essayé de le réveiller. Nous habitions une ferme et les bêtes meurent, elles aussi. On m'avait toujours dit que quand meurent les êtres, ils s'en vont au ciel. Je savais par l'école du dimanche ce qu'était le paradis, comment paraissaient les anges, et Jésus. Papi était parti et la vie n'était plus jamais la même qu'avant pour moi. C'était lui qui était rigolo. Il n'y avait que lui pour se soucier plus de moi que pour ce que je faisais. Je me souvenais de lui toujours et il me manquait sans cesse.

Un jour, ma mère est partie aux courses et elle a rapporté un tas de cachet d'aspirines pour enfants. Empaquetés en longues bandes de cellophane divisées en carrés, avec 2 cachets pour chaque carré. Pendant que tout le monde s'occupait de ranger les achats, j'ai pris les aspirines et je suis sortie, me cachant derrière la poubelle. J'étais plus petite que celle-ci, alors j'ai pu me cacher. Autant que je me le rappelle, je raisonnais que: Papi est mort, tous ceux qui meurent s'en vont au ciel (on ne m'avait pas encore parlé de l'enfer) et si tu prends trop de cachets tu mourras, alors je les ai pris pour pouvoir aller voir Papi. Pour moi, ce n'était pas le suicide, tout simplement j'allais faire une visite, ou quelque chose de cette sorte. Toutefois, je savais que je ne devais pas le faire et c'est pour cela que je me suis cachée.

Quand maman m'a trouvée, avec les carrés en plastique vidés, au lieu de m'emmener chez le docteur, elle m'a juste mise au lit. Elle m'a allongé sur le dos, avec des couvertures jusqu'au menton, ce qui m'étranglait. Je luttais pour me sortir d'en dessous des couvertures, j'étais comme enchevêtrée dans une toile d'araignée, je ne pouvais pas respirer et j'avais très peur. Il me semble que je ne savais pas vraiment où j'étais alors, tout ce dont je me souviens, c'est que je ne pouvais guère bouger et je me débattais pour me libérer, afin de respirer. Puis j'ai vu une petite fille, près du plafond. Je ne sais pas qui c'était, mais peu m'importait, apparemment, car je n'y pensais même pas. Elle était habillée à la mode des années 1800, avec une longue robe foncée et un tablier blanc avec dentelles mis dessus. Elle avait les cheveux noirs, longs et ondulés. Elle semblait un peu plus âgée que moi, et elle me regardait. Ensuite, moi aussi j'étais au plafond, et je me voyais, d'en haut, coincée entre le lit et le mur.

Je me rappelle que je pensais (ou bien je l'ai dit à cette fille): «Regarde-la, pourquoi elle fait ça? Si elle veut bien s'en sortir, pourquoi ne pas faire le détour du lit?». Cela m'amusait, je ne trouvais pas étrange que je sois au plafond, ni ne me rendais compte que la fille, c'était moi. Je ne me souviens pas de combien de temps nous sommes restées là. Par contre, je me souviens de la sensation, et c'est à ce point-là que c'est difficile à décrire. C'était une sorte de concentration totale. Ce que je ressentais, c'était tout ce qui existait. Dans la vie il y a toujours un souci quelconque qui m'assiège, par exemple: j'espère ne pas faire une gaffe, mon pied me démange, pourvu qu'on me punisse pas, etc. Bref, toujours quelque chose qui gêne.

Mais là, rien de tout ça. Pas de soucis, parce que seul existait le moment présent. C'était tout clarté, et par conséquent c'était cette vie terrestre qui m'est devenue rêve. C'était merveilleux, mais j'étais alors trop préoccupée à vivre l'expérience pour en faire l'analyse, si je peux le dire comme cela.  Donc nous étions là, près du plafond dans le salon, en train de regarder ma mère, sœur et grand-mère. A la télé, passait une comédie, et maman et grand-mère riaient. Maman et ma sœur étaient assises sur le canapé, ma grand-mère dans le fauteuil. Je les voyais, mais je ne me souviens pas d'avoir éprouvé de fortes émotions à cet égard. C'était comme quand j'avais vu mon corps. Ce n'étaient que des gens qui riaient en regardant la télé. Je suppose que moi aussi, à ce moment même, j'étais semblable à une spectatrice de télévision. Un peu comme quand tu zappes d'une émission à l'autre et tu tombes sur un film. Peu importe le déroulement de l'action, tu peux le regarder d'une façon détachée pendant un moment, puis changer de chaîne. J'étais très contente pendant tout ce temps, rien n'aurait pu me perturber.

Puis nous étions en compagnie d'un homme. Je ne me souviens de rien avoir vu d'autre. Moi, la fille et l'homme, c'est tout. Nous nous entretenions, soit par pensées, soit en parlant (c'est difficile à le décrire aussi). C'était comme quand les paroles défilent de haut en bas sur un écran d'ordinateur, trop rapidement pour être lues. Tout de même, j'étais capable de saisir toutes les idées qui me traversaient l'esprit. Il s'agissait d'un tas de bons propos ayant trait au comportement envers son prochain et à la façon d'agir ici-bas. Je ne m'en souviens pas mot par mot, mais bref, il faut pratiquer une bonté commune. Et je suis certaine que je le retiens tout à fait, bien que parfois j'oublie de le pratiquer, ou le hasard m'en empêche. En tout cas, rien de tout cela me paraissait étrange, et par toute l'expérience je me sentais bienheureuse. Je suppose qu'il n'est pas de mots terrestres pour l'exprimer, mais je m'en souviens tout de même. Puis l'homme (peut-être était-ce Jésus, il était très sympa et je l'ai beaucoup aimé) a dit qu'il fallait que je retourne. Je ne voulais pas partir et j'étais déçue, car j'avais voulu voir Papi. Je me rappelle que je le lui ai dit, mais non, il fallait que je reparte. Et puis j'étais de nouveau dans mon corps, coincée entre le mur et le lit.

Ce type d’expérience est-il difficile à décrire en mots?

Oui, les choses que j'éprouvais, et l'absence totale de pensées et sentiments négatifs.

Au moment de cette expérience, y avait-il une situation menaçant votre vie?
Incertaine.

A quel moment pendant l’expérience étiez-vous au niveau d’état de conscience et de lucidité maximum ? Dès le moment de quitter mon corps, jusqu'à ma réintégration.

Comparez votre niveau d’état conscience et de lucidité maximum pendant l’expérience et votre état de conscience et lucidité habituel de tous les jours? Plus de conscience et de lucidité que d'habitude. C'était comme la différence entre l'état d'éveil et l'état de rêve flou, qui s'estompe de la mémoire. Sauf que là, j'étais éveillée, tandis que maintenant je suis de nouveau dans le rêve confus, sans beaucoup de clarté.

Votre vue était-elle différente d’une manière quelconque de votre vue de tous les jours? Incertaine. Tout me paraissait normal, selon mon souvenir, mais la différence c'est que quand je regardais quoi que ce soit, mon attention y était fixée exclusivement. Quand je «me» voyais entre le lit et le mur, je ne voyais que le lit, le mur, et moi. Je n'ai pas le souvenir d'avoir cherché sans cesse à voir d'autres choses. Mais cela pourrait être parce qu'il y a longtemps de tout cela. Pourtant, j'en garde un souvenir très clair.

Votre audition différait-elle de manière quelconque de votre audition normale?

Incertaine. Je ne suis pas sûre comment j'entendais des choses ni comment je m'exprimais. Simplement, les mots s'échangeaient, en va-et-vient.

Avez-vous vécu une séparation de votre conscience et de votre corps? Oui.

Quelles émotions ressentiez-vous pendant l’expérience?

Divertissement, curiosité, paix, joie, détermination, déception, avec cette paix totale, cet amour total, qui étaient constants, soutenant toutes les autres sensations.

Etes-vous passé(e) dans ou à travers un tunnel ou un espace fermé?
Non

Avez-vous vu une lumière? Non

Avez-vous rencontré ou vu d’autres êtres? Oui. La fille au plafond paraissait avoir 6 à 7 ans, je n'ai aucune idée de qui c'était. Elle semblait, par sa tenue, provenir du passé, d'il y a 100 ans, habillée d'une longue robe foncée, un tablier avec dentelles, avec cheveux noirs et ondulés qui descendaient au-dessous des épaules. Elle était sympa et elle est restée avec moi. Elle avait l'air neutre, sans parti-pris. Elle ne m'a pas vraiment fait part de rien, mais je l'ai suivie. Quand nous regardions mon corps, c'est à elle que j'ai fait mes commentaires. Elle m'a emmenée dans le salon et elle m'a conduite au lieu suivant. L'homme gentil, que j'ai bien aimé, était adulte. Je n'ai jamais pu voir son visage, il était là tout simplement, un homme qui m'apprenait des choses.

Avez-vous revu des évènements passés de votre vie? Non


Avez-vous observé ou entendu, pendant votre expérience, quelque chose concernant des personnes ou des évènements et qui a pu être vérifié par la suite ? Oui, ma famille regardaient I Love Lucy ou bien The Honeymooners pendant l'expérience.

Avez-vous vu ou visité des lieux, niveaux ou dimensions admirables ou particuliers ? Incertaine. Quand nous étions avec l'homme, je ne me rappelle pas de localité précise, c'était comme un espace gigantesque sans murs, ni plafond, ni sol. Ce n'était pas blanc.

Avez-vous eu le sentiment d’une modification de l’espace ou du temps? Incertaine, il me semble que nous discutions bien des choses pendant une période qui serait longue, normalement, mais le tout s'est passé très rapidement.

Avez-vous eu le sentiment d’avoir accès à une connaissance particulière, à un but et / ou à un ordre de l’univers ?

Oui, que cette vie est une épreuve que nous devons passer, en pratiquant une bonté envers les autres, car tout appartient à Dieu, et il faut apprécier les choses qu'il nous donne, les animaux, la terre, les gens, et qu'il faut les aider à passer l'épreuve aussi en leur faisant savoir qu'il ne faut pas avoir peur de mourir, qu'ils vont revoir ceux qui sont déjà morts, il faut aimer tout le monde et suivre la règle d'or, voilà toute la signification de cette vie.

Avez-vous atteint une limite ou une structure physique de délimitation? Incertaine. L'homme me bloquait le chemin, il ne me permettait pas d'avancer, et la fille ne pouvait me mener que s'il le lui permettait. Je savais que mon Papi y était quelque part mais ce n'était pas encore permis de le voir.

Avez-vous eu conscience d’évènements à venir ? Non

Suite à votre expérience, avez-vous eu des dons spéciaux, paranormaux, de voyance ou autre, que vous n’aviez pas avant l’expérience ?
Incertaine. Je n'ai pas beaucoup de souvenirs d'avant (l'expérience), mais j'ai toujours eu le don de «voir» par les yeux des animaux, s'il leur arrive quelque chose de mal, quand je dors. S'ils meurent quand je suis absente, je le sais, d'habitude, même en état d'éveil. Je suis au courant des maux qui arrivent à mes enfants, aussi. Et avant que mon fils aîné ne me l'ait dit, je savais que j'allais avoir une petite fille, et effectivement sa femme a eu une fille. Une fois des religieux me rendaient visite chaque semaine dans le but de me convertir à l'adhérence de leur temple. J'ai étudié les livres qu'ils me donnaient et j'ai fait la comparaison avec la Bible. Une nuit, j'ai eu un «rêve» ou bien une visitation, et les paroles me sont venues très rapidement, comme avant, dans l'EMI, et j'ai su pourquoi les deux missionnaires avaient tort, dans quelle mesure leur doctrine s'écartait de la Bible, et j'ai compris que je devais m'éloigner d'eux.

Avez-vous raconté cette expérience à d’autres personnes ? Oui. Petite, je n'y pensais guère, à vrai dire, car je tenais pour dit que tout le monde savait qu'il y avait un Dieu, un Paradis, et que nous continuions à vivre après la mort. Les grandes personnes tiennent souvent des propos semblables, et je croyais qu'elles devaient les «connaître» comme moi je les connaissais. Ma mère n'avait pas l'air de s'y intéresser, et ma grand-mère ne se rendait pas compte que moi j'avais une perspective tout à fait différente de la sienne, qui était abstraite. Ce n'est qu'à 20 ans, quand je travaillais dans une maison de santé, que je suis tombée sur un exemplaire de Life after Death (Life after Life?) et j'ai réalisé que j'avais eu un don spécial. J'ai essayé de soutenir des individus quand quelqu'un est mort qui leur est cher, s'ils ont l'air d'être réceptifs. Et j'ai essayé de dire à d'autres qu'il n'y a pas besoin de craindre la mort, mais je ne sais pas à quel point je réussis à les faire se sentir mieux.

Connaissiez-vous les expériences de mort imminente (EMI) avant votre expérience ? Non

Comment considériez-vous la réalité de votre expérience peu après qu’elle a eu lieu? L'expérience était certainement réelle, je savais toujours qu'elle était réelle, je ne l'ai jamais mise en doute.

Y a-t-il eu une ou plusieurs parties de l’expérience particulièrement significative(s) ou avec une valeur spéciale pour vous ?

Les sensations que j'éprouvais pendant toute l'expérience. Les connaissances que j'ai reçues de l'homme.

Comment considérez-vous actuellement la réalité de votre expérience?

L'expérience était certainement réelle. Voilà que ça fait des années de réflexion à ce sujet, et mes conclusions en sont les suivantes:

1. Je n'avais pas plus de 4 ans à cette époque, et manquais pour autant d'imagination et d'expérience de la vie. Quand j'ai pris les cachets d'aspirines, je croyais absolument que j'allais voir Papi, Jésus auréolé, les immenses et brillantes portes du paradis, gazon et anges avec ailes et harpes, plus des lions qui s'allongeaient près des agneaux. Bref, toutes les choses qu'on montre aux petits enfants à l'école du dimanche, en tableaux. Si donc il s'agit d'une hallucination, pourquoi, avec mon esprit d'enfant, n'ai-je vu rien de tout cela?

 2. J'ai eu l'occasion de rêver très souvent depuis ce temps-là, et j'avoue que j'ai eu des hallucinations, tant soit peu nombreuses. Ce n'était ni l'une, ni l'autre de ces deux choses. C'était réel, c'est plutôt cette vie qui est un rêve, une hallucination.

3. A la différence de mes autres souvenirs, celui-ci ne s'est jamais fané. 43 ans plus tard il me reste encore. Pourquoi ce souvenir est-il différent?

4. A cet âge, je n'aurais pas pu inventer ce qu'on m'avait dit, ni la façon de le dire. Je comprenais des choses qui dépassaient de beaucoup mes capacités, vu mon âge, et encore maintenant. Mais lors de cette expérience, tout était parfaitement clair.


Vos relations ont-elles changé spécifiquement à cause de votre expérience ?

Oui. Je ne me souviens pas vraiment de mes relations antérieurement à l'expérience, mais je suis certaine que, sans ces connaissances, j'aurais été une personne toute différente, et toutes mes relations auraient été différentes.

Vos croyances/pratiques religieuses ont-elles changé spécifiquement à cause de votre expérience ?

Incertaine. Je n'avais pas vraiment formé des croyances religieuses qui me soient propres lors de cette occurrence. Tout ce que je savais provenait de ce qu'on m'avait dit, et je le croyais. Je suppose que j'ai appris que quand tu meurs, il se trouve que tous les êtres n'ont pas des ailes, ne sont pas tout brillants et blonds.

Après l’expérience, d’autres éléments dans votre vie, des médicaments ou des substances ont-ils reproduit une partie de l’expérience ? Incertaine. Le plus semblable, c'est quand les missionnaires me visitaient et j'ai eu le rêve qui m'a informée au sujet de la bible, et m'a fait savoir dans quoi les missionnaires avaient tort. Cela s'est formé en paroles très rapides, et j'ai tout compris. Cela a du durer environ 15 minutes, mais j'ai appris des choses qui auraient duré des heures normalement.

Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez ajouter au sujet de l’expérience ?  Je crois que cela m'a rendu la vie beaucoup plus facile en quelque sorte. Mes parents, mes grands-parents et ma fille étaient tous morts déjà, que je n'avais que 23 ans. Savoir que j'allais les revoir, c'est tout ce qui m'a soutenue. Mais, d'autre part, il y a des choses qui m'étaient rendues plus dures quand j'étais petite, et encore maintenant, dans une certaine mesure. Je ne comprenais pas que tout le monde ne savait pas traiter les autres comme il faut, alors quand on était méchant cela m'a vraiment blessée. J'avais besoin de quelqu'un qui m'explique que: savoir que telle ou telle action était mal ne garantit pas que d'autres personnes soient au courant, c'est-à-dire qu'il se peut qu'elles soient incapables d'agir comme il faudrait dans certaines circonstances. Tant bien que mal, j'ai appris qu'il faut pas toujours me sentir visée, qu'on peut pas juger tout le monde par les mêmes critères. Je crois que les enfants qui ont vécu une telle expérience ont besoin de rassurance, de quelqu'un qui leur fasse comprendre que c'est peu commun, et qui puisse les aider à s'adapter aux différences qui les distinguent par rapport à tant d'autres personnes. Ce n'est pas tout à fait ça, mais c'est le mieux que je puisse faire pour l'exprimer.

Les questions posées et les informations que vous venez de fournir décrivent-elles complètement et avec exactitude votre expérience ? Incertaine. Je ne crois pas que ce soit susceptible de descriptions justes, si variées que soient les questions posées.

Merci de proposer toute suggestion permettant d’améliorer ce questionnaire. Y a-t-il d’autres questions que nous pourrions poser afin de vous aider à exprimer votre expérience ?

Si seulement vous étiez télépathiques... mais sans cela, il faudrait laisser des réponses pour ceux qui auraient vécu l'expérience avant de commencer l'école, avant d'avoir appris la religion.