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EMI de Karen H

DESCRIPTION DE L’EXPERIENCE : 

J’étais au travail le jour précédant mon départ en congé maternité. J’étais enceinte de 8 mois, mais j’avais été si fatiguée depuis 2 jours que je pouvais à peine avoir une activité. Je me sentais confuse, épuisée, apathique et ce matin là je m’étais rendu compte que la région périnéale était devenue complètement bleue. Je m’étais tellement plainte pendant la grossesse que, peu importe ce dont il s’agissait, cela pourrait attendre. J’avais un rendez-vous à 14 h chez le médecin le jour même. J’allais le supplier de m’accorder un arrêt de travail, mais quel que soit le résultat je n’allais pas revenir tant que je n’aurai pas plus d’énergie.

J’étais au réfectoire, terminant une mini toilette aidée de mes collègues quand le téléphone a sonné, c’était pour moi. Je me suis levée et j’ai marché vers le téléphone, à ce moment là, une femme est passée à côté de moi et m’a demandé : « Quand allez-vous avoir le bébé ? ». Je m’étais lassée depuis longtemps de cette question, la réponse en stock étant : « pas assez vite ! ». Cette fois là, j’ai donc répondu : « D’une minute à l’autre. ».

Précognition ? Je ne le pense pas, c’était par contre une coïncidence.

Je suis allée au téléphone, c’était mon mari. Il ne m’appelait jamais au travail, j’étais donc un peu inquiète. Il appelait pour me dire que la transaction concernant la voiture qu’il voulait s’était réalisée et qu’il avait fait reprendre son vieux Gremlin tout cabossé contre la nouvelle Grand Prix, il allait emmener plus tôt notre fille de 4 ans chez la baby-sitter. Il allait être absent de la maison pour le reste de la journée, il avait le sentiment, sans savoir pourquoi, de devoir me le dire. Il allait ensuite retourner au travail à 14 h 30. Il était 10 h.

Cela se passait en 1986. Les gens normaux n’avaient jamais entendu parler de téléphone portable, son appel s’est donc révélé être providentiel. Alors que j’étais debout, l’écoutant au téléphone, j’ai eu soudain l’impression que j’allais mouiller ma culotte. J’ai pensé un instant que la poche des eaux s’était rompue, tout à coup un liquide a été éjecté hors de moi avec une telle violence qu’il a semblé exploser au sol, éclaboussant partout. J’ai baissé les yeux et j’ai vu mon propre sang se déversant à un rythme tellement alarmant que je me suis sentie défaillir. J’ignore si j’avais déjà perdu tant de sang que je commençais à perdre connaissance, ou si je me suis seulement évanouie à la vue de mon propre sang. J’ai hurlé dans le combiné : « Oh mon Dieu, Butch. Je suis en train de mourir ! tu dois venir ici maintenant ! ». J’ai ensuite jeté le téléphone de toutes mes forces à travers la pièce.

Mes collègues (toutes des femmes) m’ont entourée et m’ont aidée à m’installer sur une table du réfectoire. L’une d’entre elles a couru appeler mon médecin. Je venais d’afficher juste 2 jours auparavant les numéros importants à appeler au cas où quelque chose se produirait, Katy  m’a dit plus tard combien elle m’était reconnaissante de l’avoir fait. Ne réalisant pas la gravité de mon hémorragie, le médecin leur a dit de m’amener à son cabinet. Elles se sont apprêtées à le faire, mais mon état était alors tel, que je ne pouvais même plus m’asseoir, j’avais aussi commencé à perdre et reprendre conscience, bien que je sois restée éveillée. Je ne cessais d’entendre de l’eau s’égoutter et j’ai demandé plusieurs fois qu’on ferme le robinet. Les gouttes continuaient à tomber, j’ai tourné la tête et j’ai vu que j’avais tellement perdu de sang qu’il avait coulé jusqu’au mur du réfectoire (5 mètres environ), puis le long du mur (approximativement 4 ou 5 mètres supplémentaires). Katy a vu que j’avais le souffle coupé par l’horreur, elle a dit : « Ce n’est pas de l’eau qui goutte, c’est du sang. ». A cet instant, j’ai su que j’allais mourir. J’avais conscience d’être détachée de tout, je ne paniquais pas, je ne m’inquiétais pas du tout, contrairement à la réaction que j’avais toujours cru avoir si je devais savoir, ne serait-ce qu’un moment, que ma vie est en danger. J’étais calme.

Le fiasco a continué dans le réfectoire. La confusion s’est installée au sujet de l’endroit où je devais aller, mon chef de service est entré, il a mis un point final à tout cela en ordonnant à tout le monde de partir et à Katy d’appeler une ambulance. On allait m’emmener à l’hôpital. A ce moment là, je n’en avais cure. Je ne ressentais aucune douleur. Je n’étais pas inquiète pour ma sécurité ni pour celle du bébé. Je savais seulement que j’étais en paix. Lorsque l’ambulance est arrivée, quelqu’un a dit aux ambulanciers que j’avais un saignement de nez. Ils sont entrés et n’étaient pas du tout inquiets. La serpillière avait été passée. Me tapotant la main de façon maternelle, l’ambulancière m’a demandé s’il s’agissait de ma première grossesse. Je savais qu’elle ne se rendait pas compte, je ne ressentais pas de nécessité pressante à lui expliquer que j’avais dans mes collants au moins 4 ou 5 caillots de la taille d’une balle de tennis. Les ambulanciers ont considéré l’affaire comme un trajet de routine vers l’hôpital. Ils m’ont installée sur un brancard et sont sortis en marchant. Ils n’ont pas posé de perfusion, ils n’ont jamais regardé sous ma robe, ils ne m’ont rien demandé, sauf si j’avais des contractions. Ils n’ont pas mis les gyrophares ni les sirènes durant le trajet vers l’hôpital.

Nous y sommes arrivés en 5 minutes environ, car il se situait à 6 pâtés de maisons environ. On m’a déchargée, mise dans l’ascenseur jusqu’au 3ème étage, stationnée dans le couloir en face de l’office des infirmières en laissant mes documents sur le comptoir. « Quelqu’un va venir vous voir dans une minute. » a dit la jeune femme avec satisfaction. Aujourd’hui encore, je ne pense pas qu’elle ait pensé que je courrais un quelconque danger. Elle paraissait se comporter comme si j’étais une jeune femme paniquée à l’idée d’avoir un bébé et qui avait subi un petit saignement de nez.

Je suis restée là peu de temps, mais je ne sais pas vraiment quelle durée. C’est à ce moment que j’ai commencé à me sentir séparée de mon corps. Au début j’avais froid mais ce n’était pas inconfortable. J’avais un peu l’impression de flotter, glissant juste un peu hors et dans mon corps. Pas de vision depuis un point de vue élevé, ni quoi que ce soit de ce genre. Mais j’entendais des conversations dans différentes pièces, toutes en même temps. Rien d’important. J’ai vu les ambulanciers dans une salle de repos qui achetaient des crakers au fromage Lance, ils essayaient de retirer le paquet du distributeur, il semblait bloqué. J’avais l’impression de voir cela depuis le haut de l’embrasure de la porte. Puis j’ai été de retour, regardant le plafond du couloir. Je me sentais tellement paisible. J’avais le sentiment d’être heureuse et libre, comme si un poids m’avait été enlevé. J’ai brièvement pensé à mon mari et à ma fille en bas âge, à quel point j’allais leur manquer, combien il était nécessaire que je sois là pour eux deux. Mais je ne voulais pas réellement rester. Je voulais flotter. Je voulais être libre à nouveau, mais je continuais à sentir le poids de mon corps qui me retenait à l’intérieur. Je ne cessais de ressentir le besoin de partir, mais en même temps j’avais la sensation que, pour une raison inconnue, je n’y étais pas autorisée. J’étais sans arrêt repoussée dans mon corps avant de pouvoir le quitter, mais je ne sentais aucune poussée.

Je suis restée là peu de temps, suffisamment toutefois pour finir de me vider de mon sang. J’ai senti une chaleur s’approcher de moi, je me suis retournée pour regarder. Je ne pouvais pas parler, il ne me restait plus d’énergie. J’avais épuisée toute mes forces juste en tournant la tête. J’ai vu une infirmière approcher, elle a dit tout en soulevant le drap: « Vous n’avez pas l’air d’aller tellement bien. ». Elle a crié un code. Des gens ont accouru de partout, le chariot a commencé à rouler, j’ai senti pendant une seconde que j’étais, d’une certaine manière, laissée en arrière, puis ma « vision » a changé et j’ai à nouveau regardé le plafond. A partir de ce moment là je suis restée avec mon corps. Mais je me suis tout à coup inquiété pour le bébé. J’avais l’impression qu’il était mort. J’éprouvais de la peur et de la confusion.

Le personnel courait dans tous les sens, posant des perfusions, démarrant une transfusion sanguine, reliant des moniteurs pour moi et le bébé. J’ai senti une vague de chaleur (le sang et les traitements administrés m’ont heurté tels une couverture jetée sur moi). Je me sentais énergique et j’ai posé la question pour le bébé : « Est-il en vie ? ». Personne ne m’a répondu. Mon mari est entré accompagné de ma fille. Je lui ai dit que je l’aimais et d’être une gentille fille pour papa pendant que maman était malade. J’ai glissé dans l’inconscience, mais je ne me souviens de rien. Je me suis réveillée alors qu’une infirmière enlevait le moniteur du bébé. Je lui ai demandé la raison pour laquelle elle l’enlevait. Elle n’a pas répondu. Je lui ai dit de le laisser. Elle a continué de l’enlever. J’ai insisté. Elle l’a laissé puis est sortie avec précipitation. Le médecin est entré. Il m’a dit, ainsi qu’à mon mari, que le bébé était parti. J’avais moins de 30% de chances de survivre à une intervention pour extraire le bébé, on allait donc me laisser accoucher naturellement. J’ai rassemblé mes forces et je lui ai dit que le bébé était en vie. Je voulais qu’on laisse le moniteur en place. J’avais entendu les battements de son cœur lorsque personne n’était dans la pièce. Le docteur a dit que c’était impossible. Il a montré le moniteur et à ce moment là le cœur du bébé ne battait pas, il fallait accepter le fait qu’il était parti, ma tâche était maintenant de survivre.

L’infirmière a de nouveau tenté d’enlever le moniteur, j’ai crié à mon mari de les en empêcher. « Butch, ne les laisse pas faire, il est vivant. J’ai entendu son cœur ! C’est vrai ! ». Avec un regard compatissant, le médecin a fait un geste à l’infirmière afin qu’elle laisse le moniteur. Tout à coup, celui-ci a commencé à biper. Le cœur de mon bébé battait bien finalement ! En 7 minutes nous étions dans le bloc opératoire, le bébé a été réanimé et j’étais sur la voie de la guérison.

Je suis rentrée chez moi 5 jours plus tard, faible, épuisée physiquement, mais ressentant un nouveau sens de la vie. Je ne craignais plus la mort comme cela avait toujours été le cas auparavant. Je n’ai pas vraiment vu ni parlé à des « êtres » a ce moment là, mais j’ai senti à de nombreuses reprises la libération vis à vis de mon corps, juste pour être forcée d’y retourner, confinée. J’éprouvais un moment fugace de liberté, affranchie des limites de la boîte dans laquelle je me trouvais, c’était momentanément revigorant. Quelle qu’ait été la nature de cette libération, je savais qu’il s’agissait d’une chose agréable, pas d’une horreur.

Il m’a fallu un an pour récupérer physiquement. Durant ce temps, j’ai passé d’innombrables heures allongée sur le sol avec ma fille Julie et Thomas, lui apprenant comment s’asseoir et rouler sur lui-même afin d’exercer ses petites jambes. Il ne s’est pas développé. Sa tête a grandi démesurément par rapport à son corps. L’équipe pédiatrique m’a averti plusieurs fois de ne pas attendre de miracle. Thomas avait un APGAR de 3 à la naissance. C’était critique. 5 minutes plus tard, il a été remesuré à 6. A peine plus que la référence de 5. Personne ne pouvait connaître l’étendue des dommages subis alors que son cœur ne battait pas. Le placenta dans lequel il se trouvait s’était rompu, ce qui signifie qu’il s’était arraché de l’utérus prématurément. Sans que je m’en rende compte, une grande partie du sang que j’étais censée lui fournir s’était échappé, se souillant dans l’utérus. J’avais une hémorragie interne lente, sans signe extérieur, sinon la région périnéale bleuie, une pâleur et une fatigue extrêmes. Généralement, dans ces conditions, une femme perd son enfant, s’il survit, il y a dommage au cerveau par manque d’oxygène. Les effets sur l’enfant sont habituellement dévastateurs ou fatals. La mère meurt parfois, si elle survit, elle doit souvent subir une hystérectomie afin d’arrêter l’hémorragie. On me l’a dit à de nombreuse reprises. Mon cas était différent.

Jusqu’à ce que Thomas ait 11 mois, il ne roulait pas sur lui-même, il ne s’asseyait pas non plus et ne montrait pas même d’intérêt à se mettre debout. Il ne faisait que rester allongé et sourire alors que sa tête grandissait énormément, son corps restant celui d’un bébé. J’ai fini par redouter les visites des médecins et tout leur pessimisme. Je détestais qu’ils disent que cela allait mal, qu’il aurait dû faire plus, de me préparer au pire, d’espérer le meilleur. Je ne l’acceptais pas. J’ai poursuivi la thérapie physique au sol, je le tenais dans mes bras tout le temps lorsqu’il n’était pas sur le sol. Je n’ai pas osé le mettre à la crèche, craignant que le fait d’être allongé dans un lit d’enfant toute la journée ne fasse obstacle à ses progrès. Je pleurais parfois lorsque j’étais seule. Je ne voulais pas qu’il soit handicapé à la suite de cela et j’ai intensément prié.

Puis, un jour, Thomas a roulé sur lui-même. J’ai appelé le médecin en pleurant ! Une semaine plus tard il s’asseyait, au bout d’un mois il faisait ses premiers pas !! J’attendais un miracle et j’en ai obtenu un. Son corps a commencé à grandir, lorsqu’il a eu 2 ans c’était un bambin normal et sain. Aujourd’hui, Thomas à 15 ans. C’est un gamin au bon cœur, proche de moi et il a plus que compensé ses débuts pitoyables dans la vie. Il mesure maintenant 1,80 mètre et il pèse 105 Kg ! Il chausse du 47. Personne ne pense qu’un pronostic de retard mental ait pu pendant un temps être prononcé le concernant.

Je crois que d’une certaine manière, tous ces évènements ont eu lieu séquentiellement afin que je puisse en faire l’expérience. J’ai éprouvé des sentiments et des sensations étranges qui étaient réconfortants même aux limites de la mort. J’ai quelque peu approfondi ma compréhension de la vie et cela a continué au fil des années.

Je n’ai pas mentionné que quelques semaines après avoir ramené Thomas à la maison, un après-midi nous nous sommes tous allongés pour faire la sieste. Thomas dormait généralement 4 heures, Julie dormait vraiment peu, mais elle restait simplement allongé dans son lit en jouant. Je pensais m’endormir peut-être 15 minutes sur le canapé, comme j’ai toujours eu le sommeil léger, je ne m’inquiétais pas excessivement du fait que Julie soit éveillée. Elle allait rester sur son lit au moins pour cette durée. J’ai sauté sur le canapé et je suis immédiatement tombée dans un sommeil très très profond, différent de tout ce que j’ai connu avant ou depuis.

Je me souviens de m’être allongée, mais pas de m’être endormie. Comme on dit, j’ai eu l’impression de m’endormir comme une masse. J’ai fermé les yeux et j’ai eu la sensation de tomber. C’était comme si j’avais ouvert les yeux et qu’il y avait partout une lumière brillante, douce, semblable au soleil mais plus blanche. Je marchais sur un trottoir, j’ai regardé de l’autre côté de la rue et j’ai vu une belle créature que j’ai identifiée comme un « ange », il marchait dans le sens inverse. Tandis que je tournais la tête pour « le » voir, il m’a regardée et je me suis tout à coup retrouvée en face de lui. Il était tellement beau, il avait les cheveux longs et blancs semblables à de la soie avec quelques ondulations, il portait une toge blanche fluide attachée quasiment à la taille, sa poitrine était découverte. Elle semblait faite de cire avec des muscles très saillants. Il était très séduisant, ses yeux étaient d’un bleu pénétrant, je ne pouvais toutefois les fixer que brièvement. J’ai regardé sa poitrine qui était plus haute que ma tête. Il paraissait très grand, très musclé, fort et cependant doux et puissant. Oh, il avait d’immenses ailes jaillissant du dos. Elles étaient recourbées au dessus de sa tête, blanches massives et étroites. J’étais en révérence, je me sentais humble, trop humble pour parler. Il m’a dit télépathiquement : « J’ai quelque chose de très important à te faire faire. ».

J’ai pensé : « De quoi s’agit-il ? », mais je n’ai rien dit. Il a entendu ma pensée et a répondu : « Tu le sauras quand le temps sera venu. Mais tu as une mission importante. ». Je me sentais très exceptionnelle, je me sentais aimée, comme si j’avais brillé de l’intérieur. Je ne saisissais pas ce qui pouvait bien être assigné à quelqu’un comme moi, mais j’étais prête à le faire, quoi que ce fut. Je ne me sentais pas insignifiante et je n’avais pas peur. Je me sentais forte et capable. Je me sentais en mesure d’effectuer ma tâche quelle qu’elle soit. J’aurais voulu poser d’autres questions, mais je savais que ce n’était pas nécessaire. C’était tout ce que j’avais besoin de savoir. Ensuite, j’ai ouvert les yeux.

La luminosité de la pièce s’est atténuée en une faible lueur de coucher de soleil. J’ai regardé l’heure pour voir combien de temps j’avais dormi, j’ai eu un choc lorsque j’ai vu que j’avais dormi 3 heures !! J’ai bondi et j’ai filé vers la chambre de ma fille de quatre ans, craignant de ne pas l’y trouver, qu’elle se soit blessée ou qu’un autre problème grave ne se soit produit. Je ne l’avais jamais laissée seule aussi longtemps auparavant. Je paniquais ! Elle avait l’habitude de se mettre dans toutes sortes d’ennuis. Mais elle était couchée, profondément endormie. J’ignore la durée de sa sieste, car je me suis endormie bien avant elle. Mais elle ne faisait jamais la sieste. Je n’arrivais vraiment pas à croire qu’elle avait dormi jusqu’au coucher du soleil. Je suis allée voir Thomas. Il commençait à bouger et à se réveiller. J’étais tout simplement stupéfaite que tout ait été tellement calme, si longtemps et que j’aie dormi trois heures. Je me souvenais également du rêve. Je me suis assise sur le canapé, réfléchissant aux détails pendant un long moment. Je ne l’oublierai jamais, je n’en ai jamais eu d’autre semblable. J’appelle cela un rêve, mais il s’agissait de bien plus que cela. A l’époque, j’étais convaincue que c’était réel et c’est toujours le cas. Je ne peux tout simplement pas expliquer la différence entre mes rêves et cet « épisode ». La profondeur et le réalisme sont inexplicables.

J’ignore toujours en quoi consiste ma « mission » spécifique. Peut-être s’agissait-il de rester à la maison avec Thomas jusqu’à ce qu’il soit en mesure de se développer correctement. Peut-être me reste-t-il encore à la découvrir sur mon chemin. Dans tous les cas, je suis prête. Je le suis pour tout ce qui se présentera. Je recherche une façon de sortir du train-train et de faire quelque chose de bien pour quelqu’un. Je recherche les manières d’être compréhensive. Je suis plus compatissante maintenant. Je suis également sensible aux récits d’autres personnes sur le même sujet. Je crois vraiment que ces choses se produisent, que ce soit juste dans nos esprits, ou bien en dehors dans le vaste champ d’énergie qui se trouve tout autour de nous. Je n’ai pas de réponse. En fait, je n’ai même pas de question. Nous n’avons pas à savoir. Pas encore. 

Médicaments ou substances liés à l’expérience, ayant potentiellement pu l’affecter ? Non

L’expérience était-elle difficile à exprimer avec des mots ? Non

Au moment de l’expérience y avait-il une situation menaçant votre vie ? Oui

Précisez : grossesse se terminant par un arrachement du placenta, hémorragie grave, laissée seule dans le couloir de l’hôpital jusqu’à ce que l’infirmière passe par là, remarquant mon extrême pâleur et mon regard fixe.

Quel était votre état de conscience et de lucidité au moment de l’expérience ? Je me sentais très lucide mentalement, je ne ressentais rien du tout physiquement.

D’une certaine manière, l’expérience ressemblait-elle à un rêve ? Eh bien, le second épisode, dans lequel je décris un rêve, s’est bien produit au cours d’une sieste. J’ai pendant un temps supposé qu’il s’agissait d’un rêve. C’est également la seule manière de le décrire afin que les autres comprennent ce dont je parle. Mais je n’ai pas le sentiment qu’il s’agissait d’un rêve. Il avait de la profondeur, un immense réalisme, de l’intensité, c’était une expérience source de savoir, bien que je ne me rappelle pas avoir appris quelque chose.

Avez-vous vécu une séparation de votre conscience et de votre corps ? Oui

Décrivez votre apparence ou forme hors de votre corps : je ne peux le décrire autrement que par la façon dont je me sentais : légère. Je n’ai pas baissé le regard vers moi-même. C’était comme si j’avais regardé un extrait de film depuis des points de vue différents. J’ai vécu une fois quelque chose qui s’en rapprochait : je jouais à un jeu vidéo, j’ai appuyé sur une touche pour changer de vue et instantanément j’ai pu voir depuis un angle différent. Mon expérience était similaire. Je ne me suis jamais regardée. Ma vision couvrait pratiquement 180° sans me retourner. Je pouvais voir depuis le haut, en zoom, en panoramique, changeant si rapidement de « vue » que le temps semblait ne pas exister.

Quelles émotions avez-vous éprouvées pendant l’expérience ? Paix, calme, bonheur, affranchissement, liberté, apesanteur, sensation émotionnelle forte d’être soulevée et de flotter.

Avez-vous entendu des sons ou des bruits inhabituels ? Non

Etes-vous passé(e) dans ou avez-vous traversé un tunnel ou un espace fermé ? Non

Avez-vous vu une lumière ? Non

Avez-vous rencontrés ou vus d’autres êtres ? Oui

Précisez : au cours du second épisode, « le rêve », je suis tombée dans un profond sommeil et je me suis retrouvée en train de marcher sur un trottoir d’une ville magnifique. Elle semblait, en quelque sorte, faite de cristal, translucide mais brillante et blanche. Je pensais que quelqu’un était avec moi, marchant à mes côtés, mais je ne me rappelle pas avoir vu qui que ce soit, pas même moi. Là encore, j’avais une vision de « caméra », plan rapproché.

Avez-vous revu des évènements passés de votre vie ? Non

Avez-vous observé ou entendu, pendant votre expérience, quoi que ce soit, concernant des personnes ou des évènements et qui a pu être vérifié par la suite ? Oui

Précisez : eh bien, je ne l’ai pas vérifié, mais j’ai vu les ambulanciers essayer d’extraire des crakers au fromage d’un distributeur où ils semblaient bloqués. Je sais que la zone des distributeurs se situait à l’autre bout du couloir, pas suffisamment proche pour que j’aie pu surprendre cette scène, ni même l’avoir aperçue. J’ai entendu les battements de cœur de mon enfant tandis que personne d’autre ne se trouvait dans la pièce, chaque fois que je l’ai dit, l’infirmière a consulté la bande n’en voyant, à l’évidence, aucune trace. Les soignants ont continué à vouloir enlever le moniteur jusqu’à ce que le cœur du bébé ne commence à battre alors qu’eux même se trouvaient là. S’ils avaient enlevé le moniteur, ils n’auraient jamais su que son cœur avait redémarré, il serait né naturellement, ce qui m’aurait peut-être coûté la vie et sans aucun doute la sienne.

Avez-vous vu ou visité des lieux, niveaux ou dimensions admirables ou particuliers ? Oui

Précisez : pas pendant l’EMI, mais plus tard, dans le « rêve »

Avez-vous ressenti une modification de l’espace ou du temps ? Oui

Précisez : je me sentais libérée d’une « boîte » (mon corps), j’avais la sensation de flotter en apesanteur, comme si j’avais été partout à la fois, bien que je n’aie jamais quitté l’étage de l’hôpital.

Avez-vous eu le sentiment d’avoir accès à une connaissance particulière, à un sens et / ou à un ordre de l’univers ? Incertaine

Précisez : je sentais sa présence, mais il ne m’a pas été permis d’y accéder.

Avez-vous atteint une limite ou une structure physique de délimitation ? Incertaine

Précisez : j’avais l’impression que le plafond était l’origine de ma vision, l’angle depuis lequel je regardais. Par rapport à la vue que j’avais, il fallait que je sois contre le plafond dans la salle de repos, regardant en bas vers l’arrière de la zone des distributeurs. Je n’ai pas ressenti la pression du plafond, seulement que je me suis brièvement retrouvée en haut, plaquée contre celui-ci, puis de retour auprès de mon corps.

Avez-vous pris connaissance d’évènements à venir ? Incertaine

Précisez : j’ai une sensibilité accrue au langage du corps, aux vraies émotions et motivations des personnes, bien que je n’entende pas ce qu’elles pensent ni quoi que ce soit de ce genre. Plus que d’autres, je semble percevoir certaines choses sur les gens, parfois mes amis me regardent de façon étrange, comme si je tirais trop rapidement des conclusions. Généralement, le temps prouve que j’avais raison.

Avez-vous été impliqué(e) dans, ou au courant d’une décision de retour au corps ? Non

Précisez : je semble en quelque sorte y avoir été menée, éprouvant de la liberté, mais incapable de m’en éloigner, y entrant et en sortant de nombreuses fois, même si ce n’était que jusqu’au plafond.

Suite à votre expérience, avez-vous eu des dons spéciaux, paranormaux, de voyance ou autre, que vous n’aviez pas avant l’expérience ? Incertaine

Précisez : voir la question N° 18. Je parais avoir accru ma sensibilité à l’égard des autres en général, être capable de voir leurs motivations plus clairement que d’autres ne le peuvent.

A la suite de l’expérience, votre comportement ou vos croyances ont-ils changé ? Oui

Précisez : je n’ai plus peur de la mort, pas d’expérience profonde de la religion, si ce n’est que je m’y suis intéressée et que je l’ai explorée pendant un temps.

L’expérience a-t-elle affecté vos relations ? Votre vie quotidienne ? Vos pratiques religieuses ou assimilées ? Vos choix de carrière ? A part un sens de la sérénité et d’un dessein inconnu, je pense pas que cela a vraiment été le cas.

Avez vous raconté cette expérience à d’autres personnes ? Oui

Précisez : seulement quelques personnes. Epoux, amis et famille l’ont rejeté. La seule personne qui l’ait pris au sérieux, c’est une amie Témoin de Jéhovah. Elle m’a écoutée attentivement et m’a crue, elle a dit qu’elle n’avait aucune idée de ce dont il s’agissait, mais que si cela me paraissait réel cela devait l’être.

Quelles émotions avez-vous éprouvées suite à votre expérience ? Liens extrêmes avec mon enfant, sentiment profond de paix lors de la mort, pas de crainte de celle-ci. Sensation d’avoir un dessein, bien que je ne sache pas encore ce qu’il est.

Quelle a été la partie la meilleure et puis la pire de votre expérience ? Le sentiment de liberté était la meilleure. La pire ? La récupération physique et la dépression consécutive.

Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez ajouter au sujet de l’expérience ? Non

Votre vie a-t-elle changé spécifiquement en conséquence de cette expérience ? Incertaine

Précisez : peut-être suis-je seulement plus mûre avec l’âge, mais j’ai l’impression de ne plus redouter les choses comme auparavant.

Après l’expérience, d’autres éléments dans votre vie, des médicaments ou des substances ont-ils reproduit une partie de l’expérience ? Non

Les questions posées et les informations que vous venez de fournir décrivent-elles complètement et avec exactitude votre expérience ? Oui

Merci de proposer toute vos suggestions afin d’améliorer le questionnaire de www.nderf.org : aucune.