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EMI de Jerome

DESCRIPTION DE L’EXPERIENCE : 

Ce jour là, peu après mes premières gorgées du café matinal, j’ai senti une gêne bizarre en haut de la poitrine, semblable à la sensation éprouvée lorsqu’on a avalé quelque chose qui ne « coule » pas vraiment. J’ai bu de l’eau, mais la gêne n’a pas diminué. Au contraire, elle s’est accrue quasiment pendant toute l’heure suivante, je me sentais très fatigué et gêné physiquement. Mais j’avais un projet très important à réaliser au travail ce matin là, un de mes collègues nécessitait qu’il soit terminé dès que possible, pour une affaire importante sur laquelle nous travaillions tous les deux. Donc, bien que je me sois progressivement senti de moins en moins bien, j’ai décidé d’aller travailler, de réaliser le projet et ensuite, probablement, de rentrer à la maison.

Il a été vraiment difficile de me rendre au travail. Mes dix minutes de marche habituelles pour prendre le métro ont duré presque deux fois plus, pour une fois, j’ai réellement pris les escaliers roulant au lieu de les monter ou de les descendre. Quand je suis arrivé au bureau, je me sentais très faible, mais j’ai essayé de travailler sur le projet. Peu de temps après, je me suis tout simplement senti trop faible pour continuer, la douleur dans le haut de la poitrine s’était à la fois accrue et étendue au bras droit et au cou. J’ai parlé avec un des légistes qui travaillent avec moi et il a immédiatement  été inquiet de mon apparence et des symptômes, il a dit que je devais aller tout de suite à l’hôpital. Une collaboratrice m’a accompagné à l’hôpital en taxi (j’avais refusé de les autoriser à appeler les urgences). Pendant le trajet, j’étais extrêmement inquiet car le projet que j’étais venu réaliser n’était pas terminé et je laissais mon collaborateur en plan (c’est important dans mon cas pour la suite).

Après m’être installé dans un fauteuil roulant apporté par un employé de l’hôpital, j’ai perdu connaissance en salle d’urgence, je me suis éveillé brièvement, allongé sur le dos, de nombreuses personnes étaient penchées sur moi, enlevant mes vêtements, et me collant plusieurs petites pastilles sur la poitrine. Pendant environ deux heures et demi, j’avais eu des douleurs modérées et non pas atroces, j’étais plutôt fatigué par toute cette séquence d’évènements. Je me souviens m’être dit : « cela devient « très » ennuyant ».

Soudain, j’ai entendu distinctement un son très étrange, entre « pop » et « clac », cela semblait provenir de « l’intérieur » de la zone arrière supérieure, du côté droit de la tête, environ 4 cm au dessus et légèrement en arrière du haut de l’oreille. J’ai réalisé que ma conscience se situait maintenant en dehors de mon corps. Au début, je me suis demandé si je rêvais, car l’expérience était quelque peu similaire au rêve lucide que j’avais pratiqué avec quelques succès au cours des années précédentes. Toutefois, je me suis dit que je ne rêvais pas, car je n’étais pas et n’avais pas été endormi. Je me suis simultanément rendu compte que la douleur gênante avait complètement disparu et, plus surprenant, je pouvais voir très clairement ce qui m’entourait. J’étais stupéfait, car sans mes lunettes je ne vois pas du tout nettement. Je me sentais aussi merveilleusement lucide et plein d’énergie, c’était d’autant plus remarquable après la léthargie progressive dans laquelle j’avais sombré au cours des heures précédentes.

J’ai vu de nombreuses personnes qui s’occupaient de quelque chose sur ma gauche ; je « savais » que j’étais l’objet de leurs préoccupations et de leurs efforts. Il s’est avéré qu’elles portaient des vêtements rouge sombre mais quelque peu lumineux ; j’ai trouvé cela curieux car le personnel de l’hôpital portait un uniforme verdâtre. Je ne pouvais distinguer leurs paroles, mais je percevais un bourdonnement sourd que j’ai supposé être leur conversation, j’étais conscient qu’ils étaient très affairés dans une entreprise à laquelle j’étais censé apporter une contribution. J’ai été très fortement touché par un sentiment d’incapacité à remplir mes responsabilités, de les éviter, de fuir. J’ai également eu le sentiment de vivre une expérience de mort imminente (je me souviens avoir pensé : « Ah ah ! C’est donc ce qui arrive ! ») et aussi : « Ce n’est pas censé se passer ainsi. » (J’étais rongé par le sentiment d’avoir abandonné mes responsabilités, il y avait aussi l’absence de « tunnel », de « lumière brillante » ou les autres effets documentés sur les EMI). J’ai considéré cela pendant quelques instants puis j’ai décidé qu’il serait sage de retourner à mon corps, de peur que le sentiment d’échec ne s’accroisse. Par cet acte volontaire ( c’est ce qu’il m’a semblé en tout cas) je suis immédiatement retourné à mon corps et à la douleur gênante. Mais la « culpabilité » avait disparu, ainsi que la netteté de la vision et la lucidité de la pensée. 

De retour dans mon corps, j’ai réfléchi pendant un instant et je me suis demandé si je pourrais sortir à nouveau ; j’étais très gêné à ce moment là. Instantanément, je suis sorti, sauf que maintenant, les silhouettes au travail étaient en face de moi et non à côté de moi. Il n’y a pas eu de bruit particulier accompagnant cette sortie. De nouveau, j’ai pu voir très nettement, la douleur avait aussi complètement disparu. Toutefois, le sentiment d’échec pour l’exécution de mon devoir était de retour. Cette fois j’ai sérieusement réfléchi à l’intérêt de rester où je me trouvais et d’affronter le sentiment d’échec, ou bien de retourner à mon corps. Après mûres réflexions, j’ai décidé qu’il serait extrêmement injuste que je reste où j’étais, alors que d’autres personnes étaient dépendantes de moi, je suis donc reparti. Pour vérifier, j’ai tenté de sortir de mon corps une fois de plus. Cette fois mes efforts sont restés sans succès.

Je me rends compte à posteriori que lorsque j’étais en route pour subir une angioplastie, durant tout cet épisode et même dans les premiers instants, je n’ai pas eu peur de mourir, je n’ai pas non plus envisagé, ni même eu le désir, de « me mettre en règle » avec le dieu des Chrétiens (ou un autre). En fait l’impression générale sur toute cette expérience et les phénomènes liés, est un intérêt extrême, bien que cela ait été désagréable physiquement. Pendant toute la série d’évènements, ma principale occupation mentale a été de regretter l’échec dans l’accomplissement du projet de travail qui m’avait été imparti, ainsi que mon désir de ne pas gêner mes collaborateurs plus que je ne l’avais déjà fait. 

Médicaments ou substances liés à l’expérience, ayant potentiellement pu l’affecter ? Non

L’expérience était-elle difficile à exprimer avec des mots ? Non

Au moment de l’expérience y avait-il une situation menaçant votre vie ? Oui

Décrivez : j’ai fait une crise cardiaque. Les médecins qui s’occupaient de moi ont indiqué que mon cœur s’était arrêté de battre et qu’il avait fallu le nombre maximum de chocs électriques pour le faire repartir (ils n’ont pas dit quel était ce nombre, je n’ai pas non plus eu la présence d’esprit de leur demander).

Quel était votre état de conscience et de lucidité au moment de l’expérience ? Je pense que ce qui précède en donne une bonne idée. Toutefois, pendant les évènements menant à la crise cardiaque elle-même, je m’étais senti progressivement plus faible avec les idées moins claires. J’avais fortement craint d’avoir la nausée dans le taxi (le pauvre chauffeur était horrifié à l’idée que je puisse vomir dans son taxi, une éventualité dont j’ai essayé de l’assurer qu’elle était fort improbable), je me concentrais très énergiquement afin de ne pas tromper ce garçon à cet égard. Pendant l’EMI elle-même, je me suis senti très lucide avec les idées très claires. Je ressentais aussi un détachement très net et réel, bien que le sentiment d’échec à assumer mes responsabilités se soit imposé. Mais il n’y avait pas du tout de sensation « d’obligation » ou bien que je « devrais » faire quelque chose. Toutefois, je réalisais que je serai responsable du résultat de ma décision pour le bon comme pour le mauvais. Ceci n’était malgré tout pas un motif de peur ou d’une autre réaction émotionnelle violente, c’était plutôt la simple prise de conscience d’un fait.

D’une certaine manière, l’expérience ressemblait-elle à un rêve ? Ainsi que je l’ai déjà mentionné, elle comportait beaucoup d’aspects du rêve lucide, mais je me suis rendu compte que ce n’était pas un rêve car elle avait commencé alors que j’étais totalement éveillé et en détresse physique. Je suis plutôt informé sur l’état de rêve et des différents modèles mentaux qui peuvent être engendrés ou vécus dans ce domaine de perception. L’expérience avait des similarités avec l’état de rêve lucide, mais ce n’était pas, selon ma compréhension ou ma conviction, un état de rêve.

Avez-vous vécu une séparation de votre conscience et de votre corps ? Oui

Décrivez votre apparence ou forme hors de votre corps : je ne me suis pas vu. Toutefois j’avais un sentiment de continuité totale de ma propre identité. Ou, pour l’exprimer différemment, ce qui était hors de mon corps, c’était moi, bien que je n’ai pas eu l’opportunité (ou le désir) d’examiner mon apparence dans cet état. En fait je ne préoccupais absolument pas de ce à quoi je pouvais ressembler.

Quelles émotions avez-vous éprouvées pendant l’expérience ? Je pense que ceci a été décrit plus haut. Mais je peux ajouter que j’éprouvais un sentiment de liberté, qui était cependant grandement affectée par mon état d’esprit du moment. Je sentais que la « culpabilité » de ne pas avoir réalisé mon projet pouvait, de façon désagréable, m’empêcher de m’élever, ou bien être un genre d’obstacle dans cet état hors du corps. J’ai évalué la possibilité que ce sentiment s’accroisse ou qu’il soit finalement vaincu. Je ne suis pas arrivé à une conclusion définitive, mais j’ai décidé qu’il « pourrait » s’accroître, ce que j’ai jugé fâcheux.

J’ajouterais que je n’ai pas ressenti de peur ni d’exaltation. C’était simplement la continuation (ou l’apogée) des évènements précédents et cela semblait tout à fait naturel et normal. J’étais plutôt surpris de ne pas avoir peur.

Avez-vous entendu des sons ou des bruits inhabituels ? Voir N° 4 plus haut.

Etes-vous passé(e) dans ou à travers un tunnel ou un espace fermé ? Non

Avez-vous vu une lumière ? Non

Décrivez : pour clarifier : pas dans le sens de la « lumière brillante » si souvent décrite dans les textes sur les EMI. Toutefois, ainsi que je l’ai déjà indiqué, le personnel hospitalier semblait briller légèrement avec une nuance rougeâtre sombre ou terne. Mon sens de la vue était net, mais il n’y avait pas de « lumière brillante ». Je me demande si cette teinte rougeâtre aurait été décrite dans un livre a peu près fiable (s’il existe) à propos de l’aura humaine, peut-être cela représente un état d’agitation ou d’anxiété ou bien une émotion similaire ?

Avez-vous rencontré ou vu d’autres êtres ? Oui

Décrivez : je crois que les personnes que j’ai perçues en deux occasions et de deux perspectives différentes, étaient les membres du personnel hospitalier qui tentaient de me réanimer, bien qu’à un moment cela se soit également étendu représentant également mes collaborateurs. Je n’ai pas vu, ni perçu d’une manière quelconque, d’autres « êtres », en tout cas pas d’être « surnaturel ». Au contraire, j’éprouvais personnellement la sensation d’être seul (c’est ce que je préfère quand je suis engagé dans des affaires sérieuses) et aussi le sentiment que j’étais en mesure de décider et d’évaluer moi-même la manière dont l’affaire allait se poursuivre. Je ne souhaitais pas particulièrement rencontrer quelqu’un car, à ce moment là, j’étais vraiment absorbé par mes propres pensées et je n’aurais pas souhaité une telle interruption.

Avez-vous revu des évènements passés de votre vie ? Non

Décrivez : voir plus bas.

Avez-vous observé ou entendu, pendant votre expérience, quoi que ce soit, concernant des personnes ou des évènements et qui a pu être vérifié par la suite ? Incertain

Décrivez : le médecin présent a dit qu’on m’avait ramené à la vie. Je suppose donc que j’ai été cliniquement mort, bien que plutôt brièvement. J’ai su par ma collaboratrice que l’équipe médicale était extrêmement agitée, on lui a dit : « Nous l’avons ramené. »

Je n’ai pas été témoin des détails de ce qui a été réalisé. Les « impressions sensitives » du moment semblaient concerner la nature des intentions des personnes que j’observais plutôt que les actions physiques. J’ai le sentiment que je regardais des « actions intérieures » plutôt que les gestes extérieurs qu’ils effectuaient.

Avez-vous vu ou visité des lieux, niveaux ou dimensions admirables ou particuliers ? Non

Décrivez : à moins de qualifier de « dimension admirable » la prise de conscience de la continuité de l’identité de personnelle en dehors du corps. Pour moi, c’était et cela reste une dimension, bien que très personnelle. Je pense, toutefois, que j’aurais pu créer une telle dimension dans ma propre perception si j’en avais décidé ainsi (cela peut sembler très bizarre, à moins d’être familier avec les pratiques du rêve lucide, dans lequel on modifie régulièrement le modèle du rêve dans lequel on se trouve afin de l’adapter à son imagination).

Avez-vous vécu une modification de l’espace ou du temps ? Oui

Décrivez : en fait, je n’avais pas du tout de sensation de temps, mais l’espace semblait vraiment différent. Il y avait moi, un espace (qui ne semblait pas avoir de limites) et le groupe de personnes s’occupant de mon corps. Ou bien, d’un point de vue différent, peut-être étais-je sur le bord de deux « modèles d’espace » entièrement différents, l’un « derrière » moi, l’autre que je pouvais voir devant moi et latéralement. En considérant la question, je dirais que mon sens de l’espace et du temps est devenu plus interne qu’externe pendant la durée de mon EMI.

Avez-vous eu le sentiment d’avoir accès à une connaissance particulière, à un but et / ou à un ordre de l’univers ? Oui

Décrivez : j’ai ressenti que mes propres idées sur l’état suivant la mort étaient confirmées, tout du moins en partie si l’on tient compte des limites de l’expérience. J’ai aussi eu le sentiment que mes questions concernant la probabilité de la permanence de l’identité personnelle avaient au moins partiellement reçu une réponse ( bien que je ne sache pas si j’aurais continué ainsi éternellement ou bien pour une « période » plus ou moins longue). Pour moi, une telle confirmation, même à un niveau limité, est tout à fait une forme de « connaissance particulière » qu’assez peu de personnes ont eu l’opportunité de vivre personnellement. En ce qui me concerne, la « foi » n’est plus nécessaire, elle n’est même plus souhaitable, en fait, je la considère comme une sorte de jeu puéril. Je ne dis pas cela avec arrogance, simplement, pour moi elle n’est plus d’un grand intérêt personnel ou d’une grande pertinence.

Avez-vous atteint une limite ou une structure physique de délimitation ? Non

Décrivez : à part les deux positions différentes dans lesquelles je me suis retrouvé après être sorti de mon corps, je n’ai pas ressenti le besoin de me déplacer « physiquement ». J’étais occupé à réfléchir et à considérer mon état ainsi que la nécessité de prendre une décision. J’avais cependant la sensation que si je décidais de ne pas retourner à mon corps d’une manière quelque peu expéditive, je ne serais ensuite plus en mesure de le faire. Donc, je pense qu’on peut dire que j’avais la sensation d’une « limite » et de ce qui se passerait si je la « traversais ». Toutefois, il s’agit une limite décisionnelle, imposée par soi-même et non pas le passage extérieur d’un endroit à un autre. Mais il y avait un peu la sensation d’être sur un seuil, bien qu’encore une fois, cela ait été plus intérieur qu’extérieur.

Avez-vous eu conscience d’évènements à venir ? Non

Décrivez : au contraire, j’avais un sentiment profond de « présent » où il n’y avait réellement pas de temps réparti entre passé, présent et futur. Ce qui allait (ou pouvait) se produire était si intimement lié au « présent » de ce qui se passait, que cela semblait en faire partie intégrante et non pas être une période séparée.

Avez-vous été impliqué(e) dans, ou conscient(e) d’une décision de retour au corps ? Oui

Décrivez : je pense avoir décrit cela plus haut avec bien trop de détails.

Suite à votre expérience, avez-vous eu des dons spéciaux, paranormaux, de voyance ou autre, que vous n’aviez pas avant l’expérience ? Oui

Décrivez : au cours des deux dernières années, je trouve que j’ai très souvent fait des rêves concernant mes collaborateurs et sur ce qui se passe dans leur vie à ce moment là, parfois jusqu’à des détails mineurs très inhabituels. Au début, je le leur ai mentionné par boutade. Mais je me suis rendu compte qu’ils étaient très souvent stupéfaits de ces rêves. Je trouve également que les rêves lucides sont beaucoup plus aisés et plus satisfaisants.

J’ai la sensation permanente très bizarre d’être ici (dans ce temps et cet espace) mais aussi de ne pas être là. Ce n’est pas un sentiment désagréable, ni une sensation « schizophrénique » de dédoublement. En fait, cela semble d’une certaine manière plus « complet » que mon sentiment antérieur de séparation entre ce que nous appelons la « vie » et la « mort » ou bien « ce monde » et « l’autre monde ». Je me sens plutôt à l’aise avec un pied dans chaque « monde » et le sens de l’équilibre qui accompagne cela.

Cependant, je pense que la tranquillité d’esprit qui m’est restée de l’expérience, ainsi que mon désir de m’assurer une sérénité spirituelle (par exemple en évitant un sentiment de responsabilité excessif), constituent le « don particulier » le plus important. Je crois, comme l’enseignent certaines philosophies bouddhistes, que les pensées dernières et les « passions » de l’esprit au moment de la mort sont les plus cruciales. Par conséquent, j’essaie d’éviter les « émotions perturbatrices » qui pourraient entraîner des sentiments équivalents à la « culpabilité de la responsabilité » que j’ai ressentie pendant mes EMI.

A la suite de l’expérience, votre attitude et vos croyances ont-elles changé ? Oui

Décrivez : je crois fermement que la croyance judéo-christiano-islamique en une vie/une mort suivie d’un jugement vengeance / récompense n’est absolument pas pertinente pour mon existence propre. C’est comme si j’avais personnellement été libéré du joug d’un système de croyances subtilement étranger (pour moi) et vaguement repoussant, dont je ne m’étais jamais vraiment préoccupé mais qui, je le crains, exerçait un certain pouvoir sur moi.

A l’inverse, j’éprouve profond respect et désir d’en apprendre plus au sujet de certains systèmes de croyances orientaux, tels que le Bouddhisme et autres, qui, concernant l’état suivant la mort, représentent l’existence dans un environnement où l’individu est la source de tout « jugement ». Cet environnement semble avoir plus de résonance avec ma propre expérience. Globalement, j’ai bien plus confiance en mes propres intuitions sur ces questions (car elle me concernent). Pour ce qui est des autres, je ne sais pas et je ne crois pas qu’il soit d’une grande importance pour moi de le savoir. Je pense que l’expérience suivant la mort pourrait très bien être différente pour des personnes différentes.

A l’encontre de nombreuses EMI que j’ai lues, je ne ressens pas une pulsion débordante de plus grande compassion, de charité ou d’autres expressions de bienveillance (je n’ai pas non plus de pulsion inverse). A la différence de nombreuses personnes qui disent avoir eu ce genre d’expérience, je pense que la mienne est spécifiquement et intensément personnelle, un besoin de connaissance de soi et de perfectionnement qui n’implique pas autrui. Je crois qu’il en est au moins en partie ainsi, car je réalise que je ne peux pas vraiment aider une autre personne dans le domaine sans doute le plus utile, avant d’avoir appris à le faire pour moi-même.

L’expérience a-t-elle affecté vos relations ? Votre vie quotidienne ? Vos pratiques religieuses ou assimilées ? Vos choix de carrière ? Je crois que je prends la vie beaucoup moins au sérieux qu’auparavant mais, paradoxalement, je prends la « valeur » du fait d’être en vie bien plus au sérieux. C’est à dire que je ne considère pas que ma vie quotidienne avec ses joies, ses peines et l’ennui entre les deux, soit tellement importante dans le cadre d’un quelconque grand plan ; ce qui arrive doit simplement être pris comme tel et traité de façon expéditive. Mais il est important de « prendre » ce qui se produit avec un esprit serein et dépassionné, d’utiliser cela pour apprendre et grandir. C’est un domaine où je trouve mes pensées (ou impressions mentales) très difficiles à décrire.

Je crois vouloir dire que je vois maintenant la « vie » (cette vie) comme un cours plein d’exercices me préparant à une expression meilleure de ma propre existence en tant qu’entité indépendante. Ces exercices ne sont pas importants en eux-mêmes. Mais ils doivent être utilisés pour ce qui est à venir et pour la valeur de vécu qu’ils sont censés fournir. Je dois faire mes devoirs, non pas principalement pour les devoirs en eux-mêmes, mais en vue du bénéfice tiré de ce que j’apprends, en dehors de la « note » immédiate. Je dois en apprendre plus au sujet du « je » qui est sorti de mon corps, comment ce « je » peut exprimer sa volonté et son schéma mental d’une manière qui soit positive. Je dois également découvrir ce que signifie réellement « positif ».

Avez vous partagé cette expérience avec d’autres personnes ? Oui

Décrivez : je sélectionne ces « autres personnes » avec un certain soin, je pense que la plupart des gens ne seraient même pas intéressés, sans parler de me croire. Les réactions on en général été positives. Toutefois, j’ai le sentiment que ce que j’ai vécu peut être de la plus grande importance, en tant qu’expérience d’apprentissage, pour moi plutôt que pour les autres. Je crois que jusqu’à ce que ces personnes vivent une expérience identique ou similaire, elles ne peuvent réagir qu’académiquement ou émotionnellement, certainement pas par rapport au vécu. C’est, je pense, l’expérience et non le fait de l’entendre qui est important. Ceux, par exemple, qui sont seulement émoustillés par le récit de telles expériences, en retirent probablement plus de mauvais que de bon.

Quelles émotions avez-vous éprouvées suite à votre expérience ? Une grande joie, un calme intérieur et une sorte de fébrilité contrôlée, le tout amalgamé. C’était une très bonne expérience, une « expérience d’apprentissage » suprême. J’en suis encore stupéfait, chaque jour j’y réfléchis et j’en perçois les implications. Je considère parfois cela comme l’équivalent spirituel de la puberté. Une toute nouvelle façon de vivre.

Quelle a été la partie la meilleure et puis la pire de votre expérience ? La confirmation de la permanence de l’identité personnelle a été, de loin, la partie la plus spectaculaire de l’expérience. La prise de conscience, qu’en dehors de mon corps, mes pensées du moment avaient une telle influence sur mon état mental a constitué le « pire », mais cela a peut-être aussi été très bon, car j’ai appris (je crois) à discerner ce sur quoi je dois travailler pour assurer une expérience pleinement positive lorsque je quitterai finalement mon corps sans option de retour. Globalement, je pense que la prise de conscience de la permanence constituait le glaçage, le gâteau étant d’avoir appris qu’il fallait travailler sur mes pensées. Donc, je suppose qu’il n’y a eu que de bonnes parties dans l’expérience.

Y a-t-il autre chose que vous souhaiteriez ajouter au sujet de l’expérience ? Je n’ai pas le sentiment que ce que j’ai vécu doive être universel. Au contraire, j’ai tendance à croire que ce que les personnes vivent est en très grande partie « auto-généré » en fonction de leurs croyances, de leur état d’esprit, etc. Il y a peut être un « dieu » ou des « dieux » Accueillant des âmes en leur sein ; il y a peut-être des expériences de « bardo » similaires à celles décrites dans le « Livre des morts tibétain ». Je l’ignore et je ne pense pas qu’il soit important que je le sache. J’ai le sentiment que le moment de l’entrée dans l’état suivant la mort pourrait être, de toutes les expériences humaines, la plus singulièrement personnelle, qu’il s’agit d’un royaume où nous créerons volontairement ou involontairement ce que nous trouverons.

Votre vie a-t-elle changé spécifiquement en conséquence de cette expérience ? Oui

Décrivez : comme indiqué ci-dessus, je me concentre maintenant beaucoup plus sur ce que j’aime appeler : « la maturation de mes pensées ». Je tente également de pratiquer le rêve lucide beaucoup plus sérieusement car je pense qu’en acquérant plus de maîtrise sur mon état de rêve en étant « vivant », je serai capable d’un contrôle plus efficace dans l’état suivant la mort qui, selon certaines écoles du Bouddhisme tibétain, est très étroitement lié à l’état de rêve.

J’essaie également de travailler assidûment à distinguer le « moi » de l’EMI et le « moi » qui est le produit de mes propres processus biochimiques, de mon environnement et de mon éducation. Ce dernier « moi », je le crois, n’est qu’un masque temporaire que le « moi » réel utilise actuellement, mais qui disparaîtra (un peu comme le « moi » qui a autrefois été un enfant de deux ans et dont je ne me rappelle plus consciemment). Je dois apprendre à connaître le « moi réel » qui utilise ce masque pour apprendre et grandir, mais qui n’est pas identique à lui. Selon le Bouddhisme, j’essaie de distinguer le « moi » authentique, des attributs (perception, pensées, etc.) qui « semblent » être « moi » dans ce corps et que d’une certaine manière j’utilise afin représenter mon « identité »dans cette vie.

Après l’expérience, d’autres éléments dans votre vie, des médicaments ou des substances ont-ils reproduit une partie de l’expérience ? Non

Décrivez : pour votre information, j’ai toujours évité les drogues, parce que je n’aime pas les effractions et les cambriolages faits par des intrus dans mon esprit. Si on me disait que je peux reproduire mes EMI en utilisant une quelconque substance, j’éviterais de le faire. Je suis convaincu que dans mon cas, ce que je vis concernant les EMI ou des expériences similaires doit venir uniquement de moi-même ou pas se produire du tout.

Les questions posées et les informations que vous venez de fournir décrivent-elles complètement et avec exactitude votre expérience ? Oui

Expliquez : je pense que oui.

Merci de proposer toute vos suggestions afin d’améliorer le questionnaire de www.nderf.org : Je pense que le questionnaire est très complet et je regrette de ne pas avoir les compétences ou l’intelligence d’y répondre comme il le mérite. Merci de l’opportunité d’expliquer mes expériences, bien que médiocrement. Je suis heureux d’avoir pu le faire et j’espère que cela aura une utilité pour vous.