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EMI de Jennifer J

Description de l’expérience:

Je venais juste d’avoir 40 ans, j’étais sur le point d’accoucher de mon quatrième enfant. Mon mari et moi nous étions séparés pour la deuxième fois, à l’époque depuis 7 mois. Nos relations étaient difficiles. J’avais obtenu une interdiction de communication, mais elle avait été allégée en raison de la naissance imminente. Il n’avait droit qu’à des visites surveillées avec notre première fille (âgée alors de 20 mois). Elle et moi vivions chez ma mère avec mon fils de 16 ans issu d’un précédent mariage. Tous mes accouchements avaient été faciles, par voie naturelle et sans anesthésie, avec un travail relativement court et de faible intensité. On s’attendait à ce que ce soit un jeu d’enfant. Des choses bizarres s’étaient toutefois produites avant la naissance. Cela a commencé avec le nom du bébé. Nous (moi en fait) avons envisagé plusieurs prénoms, constituant une courte liste. Aucun ne semblait convenir tout à fait. Puis, quelques mois avant l’accouchement, le prénom « Faith » (foi) m’est venu de façon nette et définitive. Il me fallait l’appeler Faith, sans discussion, j’étais certaine qu’elle s’était déjà appelée Faith, que ce devait être son nom.

Ensuite, j’ai considéré les deux hôpitaux que fréquentait mon médecin et j’ai décidé dans lequel j’allais accoucher. Je n’ai pas choisi celui où j’avais donné naissance à ma première fille. En étudiant la question, j’ai été poussée par une force extérieure à privilégier la sécurité, j’ai en effet pensé : « Si la mère de mon ex vient et qu’ils essaient d’emmener le bébé, je ne serai pas en mesure de contacter mon avocat pour les en empêcher. ». C’était une idée étrange, premièrement parce que sa mère avait peu de chance de venir de Chicago, deuxièmement si elle le faisait, il me suffisait de passer un appel depuis l’hôpital pour prévenir mon avocat. Le troisième évènement est lié au fait que j’avais trouvé un nouveau logement, j’ai payé la caution et commencé à déménager. Curieusement, je suis allée à l’épicerie et j’ai acheté des boites de conserve et des denrées non-périssables pour tenir au moins six semaines, quelque chose me disait que je n’allais pas pouvoir faire de courses, au minimum durant ce temps. J’ai donc acheté suffisamment de nourriture pour deux mois.

Les quatrième et cinquième bizarreries se sont produites le jour de l’accouchement. On m’a examinée et on m’a dit que je devais aller directement à l’hôpital car le travail avait déjà commencé. Je ne sentais rien, j’ai donc demandé si je pouvais d’abord passer chez moi prendre quelques affaires. Mon médecin a répliqué par un NON catégorique et je suis immédiatement allée à l’hôpital. Je n’avais pas déjeuné et je mourrais de faim. Ma mère m’avait toujours dit qu’il était préférable de manger avant de partir, afin d’avoir suffisamment de forces pour le travail, j’avais toujours fait ainsi. Après m’être installée, j’ai demandé à mon ex d’aller me chercher à manger. Il m’a donné une banane et il est parti chercher quelque chose de plus substantiel. J’ai entamé la banane et appelé mon amie Susan pour lui annoncer où je me trouvais. Une infirmière est arrivée et m’a enlevé la banane des mains en me disant que je ne devais rien manger ! J’ai alors pensé lui rétorquer quelques mots bien sentis (je n’ai bien-sûr rien dit). Je n’arrivais pas à le croire. Je lui ai demandé pourquoi je ne pouvais pas manger la banane, elle m’a expliqué que les femmes arrivant pour un accouchement étaient susceptibles d’être opérées, elles pouvaient s’asphyxier si elles avaient de la nourriture dans l’estomac. Eh bien, on ne m’en avait rien dit pour les trois autres enfants. Je l’ai répété à Susan, en ajoutant que j’allais accoucher à 23 h et que j’allais manger une pizza ensuite. Je me suis dit que l’infirmière était peut-être simplement de mauvaise humeur. La suite a montré qu’elle m’a peut-être sauvé la vie en m’enlevant cette banane.

Lors de mon admission à l’hôpital, j’ai dû effectuer les formalités habituelles : quelle personne prévenir si quelque chose arrivait, est-ce que j’acceptais de donner mes organes. J’avais toujours répondu par l’affirmative à cette question car c’est en fait mon opinion. Cette fois, par contre, les paroles de mon père décédé ont résonné en moi. Il avait dit que si on avait besoin de ses organes, il craignait de se retrouver en état de mort imminente ou décédé et qu’on ne le réanime pas, ou bien qu’on ne tente pas tout. Je n’avais jamais considéré ce point de vue jusqu’alors, même si j’avais entendu cet argument bien avant. Cette fois, par contre, j’ai suivi mon intuition, je n’ai signé ni l’ordonnance de non-réanimation, ni l’accord de don d’organe. C’était inhabituel chez moi, mais encore une fois quelque chose m’a fortement incitée à ne pas le faire, comme si papa communiquait avec moi. Ainsi cinq messages forts, indéniables et pourtant inexplicables me sont parvenus de nulle part. Je me suis ensuite rendu compte qu’ils étaient tous liés, préparant à des évènements traumatisants qui allaient se produire après la naissance de ma fille. Retour à la salle d’accouchement : le travail se déroulait quasiment sans douleur, le moment de la perte des eaux est arrivé de la manière habituelle pour moi.

Ensuite, le bébé est venu assez vite, mais mon ex me tordait le corps de manière pénible et je me suis mise en colère, poussant peut-être plus fort que je n’aurais dû. Mon corps a ressenti l’expulsion du bébé comme un catapultage dans un toboggan tubulaire. Elle était là. Tout s’est passé très vite ensuite, je n’ai pas tout à fait saisi le danger de la situation dans laquelle je me trouvais. Immédiatement après l’accouchement, j’ai fait une hémorragie. Je n’étais pas très attentive, je crois que j’ai appelé Alison, ma sœur, pour lui annoncer que Faith était née et en bonne santé. Je me sentais bien, je ne me suis donc pas préoccupée de ce que faisait le médecin. Apparemment il m’a administré des substances pour stopper le saignement et contracter l’utérus, mais sans effet. Puis, opération d’urgence pour enlever l’utérus. J’imagine que je devais déjà délirer, parce qu’il semble que je n’aie pas compris le mot « urgence ». J’ai répété à Alison ce que le médecin suggérait et je lui ai demandé si je devais solliciter un second avis. Tandis que nous en discutions, on m’a préparée et on m’a emmenée au bloc sur un brancard à roulettes. Le médecin était inquiet et sur les nerfs, lorsque j’ai réclamé un second avis, il a répondu : « Bien-sûr, vous pouvez avoir un second avis, mais entre-temps vous serez morte! ». J’étais terrorisée à l’idée de mourir durant l’anesthésie, cela m’avait toujours fait peur, je lui ai donc demandé si on pouvait se contenter de m’anesthésier localement, comme je l’avais vu faire pour des césariennes. J’ai argumenté avec lui parce que j’avais vu à la télévision que des femmes peuvent être éveillées et conscientes lors d’un accouchement par césarienne. Mais il a emporté la décision. J’ai ensuite dû perdre connaissance.

L’opération a été pratiquée, mais on a découvert que l’utérus était contracté normalement, on ne voyait pas d’où provenait le saignement. Ce dernier était par contre abondant et massif. Un examen de sang a révélé un taux de plaquettes à 80 alors qu’il est normalement de 800 000. Je subissais ce qu’on appelle une coagulation intravasculaire disséminée, ce qui provoque des micro-caillots dans les vaisseaux et l’épuisement des plaquettes sanguines. Après l’opération, je continuais à saigner abondamment, on me faisait une transfusion toutes les demi-heures. J’étais sous sédation, attachée au lit. J’alternais périodes de conscience, d’inconscience et de délire. Mes organes ont commencé à se bloquer, j’ai fait quelques arrêts cardiaques et au moins une crise convulsive. Je ne sais pas à quels moments j’ai vécu telle ou telle EMI, je n’étais en effet pas consciente de ce qui se produisait médicalement pour moi en ce monde. Après la première opération, alors que je continuais à saigner et que l’équipe médicale faisait désespérément tout son possible pour me maintenir en vie, je sais que mon premier obstétricien a pris ma mère à part en lui expliquant qu’on avait médicalement fait tout ce qu’on pouvait, qu’il ne restait plus qu’à prier. Elle m’a raconté qu’il a dessiné sur le mur avec le doigt afin de lui expliquer qu’une chaîne de prière avait été déclenchée pour moi. Le médecin avait appelé sa femme en lui demandant d’appeler ses amis de la paroisse, d’autres personnes ont fait de même. Des mois plus tard, mon frère m’a appris qu’une personne non-identifiée avait même passé le mot sur internet, des anonymes ont prié pour moi partout dans le monde. C’est en soi une grande leçon d’humilité pour moi. Aujourd’hui encore, je suis bouleversée par cette réaction de complets inconnus.

J’ai vécu des périodes de lucidité, de délire, d’inconscience et de conscience, j’ai fait deux arrêts. On m’a déclarée morte une fois. J’ai vécu une décorporation lorsque les effets de la morphine se sont atténués (et sous lesquels j’essayais de me libérer). Je hurlais qu’on n’avait pas le droit de m’attacher, j’étais échevelée et je jurais. Tout à coup je suis sortie de mon corps, me voyant à hauteur de visage, je me suis adressée à moi-même en disant : « Jennifer, tu ressembles à Lynda Blair dans L’Exorciste. ». A ce moment-là j’ai cessé de crier, j’ai ri et je suis retombée dans l’inconscience en réintégrant mon corps. Je pense avoir vécu la première EMI quand je me suis soudain retrouvée « totalement réveillée ». C’est la sensation que j’ai eue : être complètement éveillée. Mes pensées étaient lucides, mais je n’étais absolument plus dans ce monde.

Je n’existais pas, en fait. J’avais conscience d’exister uniquement en tant que pensée, j’ai cité Descartes : « Je pense, donc je suis. ». J’ai pensé à Descartes et je me suis demandé s’il était au courant quand il a affirmé cela, si je venais de comprendre ce qu’il voulait dire. L’endroit (quel qu’il soit) où je me trouvais n’était ni obscur, ni lumineux, peut-être vide. Tandis que je flottais en l’air là-bas, je me suis imaginée telle un génie. Ma pensée était totalement lucide, mais je savais n’être rien de plus qu’une pensée ! J’ai considéré la chose avec curiosité. Je n’avais pas peur, tout était serein au-delà de toute compréhension. Puis tout a cessé aussi brusquement que cela avait commencé. J’ai vécu une autre EMI très différente. Cette fois, j’étais dans l’espace. Je me suis rappelé que je connaissais des récits d’EMI dans lesquels les gens flottaient au-dessus de leur lit, voyant leur corps en dessous d’eux, ou bien ils voyaient une lumière et la silhouette de quelqu’un leur faisant signe. J’avais conscience que « derrière » moi se trouvaient une lumière et un genre d’accès semblable à une arborescence. Je ne voyais pas vraiment la lumière, je savais seulement qu’elle était là. Je me suis dit que si je me « retournais » (entre guillemets parce que je n’étais pas physique mais dépourvue de forme, j’étais toujours une pensée sans yeux ni corps), j’allais « voir » la lumière ; je savais qu’elle était là pour moi.

J’ai éprouvé de la curiosité pendant une fraction de seconde, mais pas plus. Simultanément, j’ai instantanément compris que si je regardais, je n’allais pas revenir. Je me suis « hurlé » à moi-même : « PAS QUESTION ! Je ne suis MEME pas curieuse ! Je n’ai que 40 ans, j’ai BEAUCOUP trop à faire ! ». Je voulais repartir, j’ai à nouveau perdu la perception de l’au-delà. Pourtant, une fois de plus, j’avais conscience d’être combinée avec toutes les autres « pensées » ou « âmes » sans forme et infinies de chaque personne ou créature ayant jamais vécu, qu’elles soient décédées, ou ayant existé, ou existant, celles à naître et celles déjà nées et mortes. J’avais conscience de posséder un savoir infini, je connaissais toutes les langues (TOUTES simultanément), toutes les pensées religieuses, tout sur tout. Je ne faisais qu’un avec le Créateur, avec la Création elle-même. J’étais le Créateur. Nous l’étions tous ; ceux qui ne sont pas revenus le sont toujours. C’est impossible à décrire. J’avais conscience que mon corps terrestre (récipient ou réceptacle de mon âme) avait été déserté, j’étais bien davantage. Je savais tout. J’étais Dieu avec tous les autres, pourtant Dieu était aussi toujours là, dans cette existence supérieure. Puissance de l’univers bonne et douce, humble et pure. Dieu vit en moi, lorsque j’ai choisi de vivre, Son âme a été insufflée dans mon corps inanimé. Conscience de pensée individuelle, l’un étant pourtant le tout, sans distinction ni séparation entre chacun. Nous étions dans/imprégnant/les uns avec les autres. C’était incroyable. Une leçon d’humilité, beau au-delà de toute beauté, puissant de la meilleure et la plus et douce des façons, un amour et une sérénité qui « transcende toute compréhension ».

J’ai vécu une autre EMI durant laquelle j’ai assisté en Pennsylvanie à l’opération de mon oncle, il est décédé au cours de celle-ci. A mon insu, ainsi qu’à celui de ma mère (sa sœur) et de tous les autres membres de la famille de Floride, mon oncle Bill avait été admis à l’hôpital pour une opération de routine non-urgente afin d’enlever des polypes. Il n’était pas malade, on s’attendait donc à une opération bénigne et facile. Je me suis retrouvée en sa compagnie, « flottant » dans un angle du bloc où on l’opérait, nous observions l’équipe médicale en train de recouvrir son cadavre. Nous ne nous sommes pas vraiment parlé ou regardé. Il ne portait pas de lunettes comme dans la vie. C’est la seule EMI au cours de laquelle il semble que j’aie possédé une forme comme celle de tonton Bill. Nous avons toutefois communiqué, en quelque sorte sans parler, sans mots. Nous communiquions une signification, nous transmettions un savoir. Je ne sais pas vraiment comment l’exprimer. Nous avons regardé recouvrir son corps, puis nous-nous sommes retournés et avons quitté la salle.

C’est tout ce dont je me souviens. J’ignore dans quel ordre je l’ai vécu, il semble que ce soit dans celui de mon récit. De retour dans le « monde réel », mon ex-mari (ou futur ex) provoquait toutes sortes de problèmes. Mes fils, ma mère et ma fratrie ont appris à leur grande horreur, qu’étant donné que nous n’étions pas officiellement divorcés, mon ex demeurait mon substitut médical légal. Il était très hostile envers moi et ma famille, il espérait obtenir ma mort. Il a ordonné à l’équipe médicale de m’opérer alors qu’il n’y avait aucune chance de survie, sans consulter ma famille. Il a interdit l’accès de ma chambre et tout contact avec moi à toute ma famille. Il a joint sa mère à Chicago et l’a fait venir, celle-ci a provoqué encore plus de confusion, exigeant semble-t-il  de voir et prendre « son bébé », menaçant de ramener avec elle les enfants à Chicago. Mon ex-mari a enlevé le bracelet de l’hôpital qui m’identifiait en tant que mère de Faith, il l’a fait porter par sa mère. Elle a dit aux infirmières de la pouponnière que Faith était son bébé.

Mon ex-mari est allé au tribunal pour obtenir la garde des deux enfants, alors que j’étais à l’hôpital, luttant pour ma survie et que notre petite de 20 mois (n’ayant vécu qu’avec moi et ma mère) savait à peine qui il était. Ma famille et lui ont eu trois référés en trois jours. Mon corps entier avait enflé de trois fois sa taille, à tel point que mes bagues ont provoqué de sérieuses entailles et qu’il a fallu les découper. La peau était violacée, des câbles et des tubes sortaient de tous les endroits imaginables, mes fils m’ont dit plus tard que j’avais l’air de sortir d’un film d‘horreur futuriste. J’avais désespérément besoin d’une deuxième opération pour détecter et stopper l’hémorragie, mais il n’y avait qu’une petite fenêtre pour obtenir seulement 50% de chances de survie à l’opération. Pour que l’opération puisse avoir lieu, il fallait me maintenir en vie dans l’espoir que mon taux de plaquettes grimpe suffisamment, simultanément ma pression artérielle ne devait pas trop baisser. Le délai raccourcissait de plus en plus.

Lors d’un rare moment de conscience, j’ai attrapé le bras d’une infirmière en disant : « Aidez-moi, je m’en vais. ». Elle a commencé à me répondre que non, que mes paramètres vitaux étaient bons, mais j’ai fait un arrêt au milieu de sa phrase. Durant cette période, je dois la vie à toutes les personnes de l’équipe médicale. Elles étaient déterminées à me garder ici. Lorsque le bébé a été ramené à la pouponnière, qu’elles ont vu qu’elle s’appelle Faith, cela a changé leur vie. Plus tard, dans l’après-midi du 28 novembre 2001, la fenêtre s’est concrétisée et l’opération a réussi. Après la transfusion de 48 poches de plaquettes, de plasma, de globules rouges et blancs, l’hémorragie a été réduite à un rythme gérable, sans risque vital. J’étais alors toutefois dans le coma, ayant subi une grave privation d’oxygène sanguin au cerveau et à d’autres organes vitaux, ainsi qu’au moins une crise convulsive et plusieurs arrêts. Comme des machines assistaient tous mes organes vitaux, l’équipe médicale n’avait aucun moyen d’évaluer les dommages. Il fallait attendre. Un jour, alors que j’étais dans le coma je me suis réveillée, dans ma chambre j’ai entendu ma mère, mes sœurs et Joan, ma belle-sœur. Joan était en train de dire : « Jen, si tu m’entends, serre-moi la main. ». Elle le répétait sans cesse tout en me tenant la main. En y réfléchissant c’est bizarre, je ne sentais rien nulle-part, pourtant je savais qu’elle me tenait la main droite, peut-être parce que sa voix semblait provenir de ce côté. Quoi qu’il en soit, il semble que je savais qu’elle se trouvait à ma droite, que ma mère et mes sœurs étaient à gauche. J’ignore comment je le savais car je ne pouvais pas ouvrir les yeux. Je l’ai entendue me parler et j’ai pensé : « Tu blagues ? Je vais si mal que ça ? ». Cela paraissait irréel. Je n’avais aucune idée de ce que je venais de traverser. Mais elle a continué à le répéter, je ne sentais rien, je ne pouvais ouvrir ni les yeux, ni la bouche, ni bouger quoi que ce soit. Je me suis concentrée de toutes mes forces pour serrer la main, sur la volonté de serrer cette main que je ne sentais pas. Finalement Joan s’est exclamée avec enthousiasme qu’elle venait de sentir ma main serrer la sienne, qu’elle en était certaine. Elle répétait : « Appelez l’infirmière, appelez l’infirmière ! ». J’ai entendu cette dernière entrer dans la chambre et Joan lui dire que je lui avais serré la main. L’infirmière était empathique mais sceptique. J’ai juste pensé : « Il faut la croire. Elle ne prend pas ses rêves pour la réalité, je lui ai vraiment serré la main ! ». Dieu merci, Joan n’a pas lâché, elle savait bien ce qu’elle avait senti. Ensuite je suis retombée dans le néant.

Je me suis réveillée le 7 décembre 2001. Le téléviseur fonctionnait, le médecin veillait à mon chevet, la tête inclinée, les épaules relâchées de fatigue. Il s’est frotté les yeux quand j’ai levé la tête pour regarder autour de moi. Il a sauté sur ses pieds en un éclair lorsqu’il a vu ma tête dressée, les yeux ouverts. Il s’est mis à me bombarder de la série habituelle de questions d’évaluation. Comment vous appelez-vous ? Savez-vous où vous êtes ? Quel jour sommes-nous ? (A cette question, j’ai regardé la télévision qui diffusait un documentaire sur l’attaque de Pearl Harbor, la date apparaissait en bas de l’écran, j’ai répondu avec exactitude : « 7 décembre »). Après avoir répondu à ces questions et quelques autres, il a commencé à expliquer tous les épisodes concernant mon ex-mari, comment il avait essayé de faire cesser mon assistance médicale, etc. Je me souviens seulement que j’ai reposé la tête sur l’oreiller en pensant : « Est-ce que je pourrais juste dormir trois jours de plus ? ». Au lieu de cela, on a entamé une batterie d’examens. On m’avait posé un tube de nutrition, il a donc fallu tester mes réflexes de déglutition afin de s’assurer qu’une partie de mon cerveau fonctionnait correctement. Il y avait des problèmes fondamentaux à régler également. On m’a fait des IRM et on m’a trainée d’hôpitaux en hôpitaux pour des examens pointus dans différents domaines. Toutes sortes de choses que l’on considère comme acquises et auxquelles on ne pense même pas, alors que notre cerveau contrôle tout. Tous les examens ont été positifs. Puis on a testé la marche. J’ai marché aussi. Tout fonctionnait. On pensait que j’avais probablement des dommages irréversibles aux reins. Faux. On estimait que si je devais reprendre connaissance, j’allais rester à l’hôpital pendant au moins six à huit mois pour la rééducation. Mais tout semblait en ordre de marche. En cours de rétablissement, j’ai remarqué que des gens regardaient dans ma chambre en passant dans le couloir, ils jetaient un coup d’œil à celle qu’on qualifiait désormais de « Maman Miracle ».

J’ai rapidement perçu une « présence » dans ma chambre d’hôpital. Je ne la voyais pas, mais j’étais certaine qu’elle était là. J’avais l’impression qu’il s’agissait de tonton Bill. Pendant trois jours et trois nuits, il est resté assis sur une chaise près de mon lit. Je pense qu’il est parti lorsqu’il a été rassuré sur mon sort. Lors de mon transfert de Réanimation aux Soins Intensifs, je ne me rendais toujours pas compte combien j’avais été mal. J’étais dans la confusion concernant les relations avec mon ex, d’un côté il se comportait en père attentionné, de l’autre il était toujours absent. En Réanimation, il y avait un arbre près de la fenêtre, j’ai communiqué avec lui pendant toute la durée  de mon séjour. Je connaissais son nom car j’avais touché son âme, m’unissant à elle lors d’une EMI. Je la sens encore, tout comme le vent fraternel qui caressait ses feuilles et ses branches. Voyant avec le cœur, par le cœur, dans et du cœur. Nos cœurs sont l’origine de notre âme, la totalité de nos sens, de notre essence, de notre flux et de notre être. Une semaine plus tard, le 12 décembre, je suis sortie de l’hôpital avec un bulletin de santé satisfaisant. C’était vraiment miraculeux.

Informations générales :

Sexe :       Féminin

Date de l’EMI :        27 novembre – 7 décembre 2001

Éléments de l’EMI :

Au moment de votre expérience, y avait-il un événement qui menaçait votre vie ?     Oui  Accouchement  Après un accouchement normal et relativement facile, je me suis mise à saigner de manière incontrôlable. Il a fallu m’opérer d’urgence pour enlever l’utérus, mais cela n’a pas stoppé l’hémorragie. Le terme médical est coagulation intravasculaire disséminée. J’ai perdu tellement de sang que j’ai fait un arrêt cardiaque et des crises convulsives. On a pratiqué la réanimation cardiopulmonaire, mais à un moment donné je ne réagissais plus et la mort clinique a été constatée. Ma famille a été informée. C’est la partie liée à l’expérience. Après être revenue à la vie en ce monde, mon état était toujours très instable, je saignais toujours, j’étais inconsciente et il me fallait une deuxième opération. Il fallait qu’une fenêtre précise d’opportunités se présente pour que l’opération puisse avoir lieu avec au moins 50% de chances de survie. On m’a maintenue en vie et on m’a finalement opérée, mais j’étais dans le coma et le pronostic n’était pas bon. A plusieurs reprises je n’ai plus présenté d’activité cérébrale. J’ai vécu différentes expériences au cours de cette période. Mort clinique (arrêt des fonctions respiratoire, cardiaque et cérébrale), je me rappelle avoir vécu au moins quatre expériences distinctes. J’ignore quel état médical était lié à telle ou telle expérience. J’ai fait au moins deux arrêts dont un au cours duquel on m’a déclarée morte, sans possibilité de réanimation. Ma famille a été informée de mon décès. Après être revenue à la vie, je suis restée dans le coma pendant plusieurs semaines. Je pense avoir vécu certaines expériences lors des arrêts, ainsi que pendant le coma.

Les transfusions ne compensaient pas le rythme de l’hémorragie. Mon taux de plaquettes qui s’élève normalement à 800 000 environ, était descendu à 80. Toutes les parties de mon corps se vidaient de leur sang ; en conséquence, l’oxygène sanguin ne parvenait pas au cœur, au cerveau, ou à mes organes vitaux. Je suis stupéfaite, c’est une leçon d’humilité, d’être en vie aujourd’hui. J’ai fait deux arrêts, après que les efforts de réanimation aient été vains, on a prononcé mon décès pour l’un au moins. Mon cœur s’est arrêté, j’ai fait des convulsions, je suis restée dans le coma dans les semaines qui ont suivi. A cause de mon état précaire, les médecins ne pouvaient pas évaluer les dommages au cerveau, au cœur, aux reins et aux autres organes. Ils ont estimé que SI je me réveillais un jour du coma, j’allais au moins subir des dialyses, des dommages au cerveau et une convalescence d’au moins six à huit mois à l’hôpital après le réveil. Si je me réveillais, en fait ! Ce qui est incroyable, c’est que je me suis réveillée du coma le 7 décembre 2001, on a pu m’examiner, tout mon corps paraissait guéri. Mon cerveau fonctionnait, mes organes ont redémarré, le 12 décembre 2001 je suis sortie de l’hôpital avec un bulletin de santé satisfaisant. Autre aspect stupéfiant, mon futur ex-mari était toujours mon substitut médical, il avait tenté de faire cesser l’assistance médicale afin d’avoir la garde de nos deux filles en bas-âge. En plus du traumatisme physique se jouait une scène incroyable. Il a traîné plusieurs fois mes fils, ma fratrie et ma mère au tribunal, alors que j’étais à l’hôpital en train de lutter pour survivre ! C’était démentiel, mais heureusement je profitais de la vie dans l’au-delà.

Comment considérez-vous la teneur de votre expérience ?     Totalement agréable

L’expérience a comporté :     une décorporation

Vous êtes-vous senti séparée de votre corps ?   Oui  Alors que mon corps et les évènements étaient localisés en Floride, je me suis retrouvée en Pennsylvanie avec mon oncle Bill lors de sa mort. A l’insu de tous les membres de ma famille en Floride, mon oncle avait été admis à l’hôpital pour une opération programmée afin d’enlever des polypes. Ce devait être une opération simple, quasiment de routine, pourtant il est mort. J’étais avec lui au bloc, tous deux nous observions l’équipe médicale recouvrir son cadavre. Ainsi que nous l’avons appris plus tard, il a subi une hémorragie soudaine et inexplicable. J’ai encore tendance à penser qu’il a peut-être pris ma place. En Floride, aucun membre de ma famille n’était informé, moi oui. Après m’être réveillée du coma et que certains d’entre eux m’aient rendu visite, je me suis rendu compte qu’ils ignoraient ce qui lui était arrivé.

J'ai clairement quitté mon corps et j'existais en dehors

Quel était votre degré de conscience et de lucidité durant cette expérience comparativement à celui que vous avez au quotidien en temps normal ?     Plus conscient(e) et lucide que d’habitude    Je dirai aussi « niveau -10 » : J’ai perdu la perception de mon corps ET je l’ai nettement quitté, existant en dehors. Assez bizarrement, je n’ai jamais vu mon corps au cours des EMI ; Tandis que j’étais avec mon oncle, il semble que nous avions une entité définie assimilable à un corps, mais c’est la seule occasion au cours de laquelle j’ai fait l’expérience de ce genre d’existence hors de mon corps. Par ailleurs, pendant que j’étais consciente de tout ce qui se passait dans la salle de l’hôpital, j’ai vécu une décorporation totalement différente des EMI, consciente de moi-même et je crois, consciente ou semi-consciente, avant l’hémorragie, la mort et le coma. Apparemment je jurais comme un charretier, j’étais sous forte dose de morphine, chaque fois que ses effets s’atténuaient je jurais, on m’a donc mise en contention pour que je me tienne tranquille. A un moment donné, je hurlais qu’on n’avait pas le droit de m’attacher, j’essayais de me libérer et je me comportais comme une démente. Soudainement je suis sortie de moi-même, je me suis regardée dans les yeux en disant : « Jennifer, tu te comportes comme Lynda Blair dans l’Exorciste. ». A ces mots, je me suis arrêtée, j’ai ri bruyamment et je me suis effondrée sans connaissance.

Durant votre expérience, à quel moment étiez-vous au niveau maximum de conscience et de lucidité ?     J’ai été au niveau maximum de conscience et de lucidité lorsque j’étais morte physiquement.  J’ai vécu au moins quatre expériences distinctes au cours desquelles j’étais extrêmement « consciente et lucide » dans l’au-delà, mais soit cliniquement morte, soit dans le coma ici-bas, plus une décorporation au moins, durant laquelle j’étais physiquement consciente.

Vos pensées étaient-elles accélérées ?     Non

Est-ce que le temps vous a paru s'accélérer ou ralentir ?     Tout semblait se passer en même temps, ou le temps s’est arrêté, ou il n’y avait pas de notion de temps   Il n’y avait plus de notion de temps, sauf quand on m’a donné le choix de regarder vers la lumière ou de revenir. Même alors, le temps n’était pas tel que nous le connaissons. Les pensées de l’univers, les sentiments, l’amour, la conscience étaient suspendus dans le temps tout en suivant leur cours. L’évènement avec mon oncle s’est semble-t-il produit à un rythme normal, ni vite, ni lentement, à une cadence ordinaire. Dans la première EMI où je me suis tout à coup « éveillée » suspendue, il ne paraissait pas y avoir de temps, mais les pensées suivaient apparemment un rythme normal.

Est-ce que vos sens étaient plus vifs que d'habitude ?     Incroyablement plus aiguisés

Pendant l’expérience, votre vue était-elle différente de ce qu’elle était juste avant ?   C’est une sorte de vue différente. Au cours de l’expérience on ne voit pas comme avec les yeux, on voit avec le cœur. Les yeux ne sont pas nécessaires. La vue est donc émotion, savoir, perception via une extension de l’amour. Tout est incroyablement net. Après l’expérience, quand je me suis réveillée du coma, tout était incroyablement clair, mais je voyais par le cœur qui constitue le véritable centre visuel.

Pendant l’expérience, votre ouïe était-elle différente de ce qu’elle était juste avant ?  L’ouïe ne passait pas par les oreilles, mais par la compréhension. A ma connaissance, je « n’entendais » pas quoi que ce soit physiquement, je comprenais tout simplement les choses. J’imagine qu’on pourrait interpréter cela comme entendre nettement et totalement. Je comprenais toutes les langues, toutes les voix, toutes les pensées des gens qui passaient à proximité. C’était bizarre. Nous constituions une sorte rivière avec le flux d’un corps d’eau indéfini, comme si on m’avait déversée du récipient qui me contenait ici-bas, dans l’ensemble indéfini de ce corps infini.

Avez-vous eu l'impression d'être conscient(e) d’évènements se déroulant ailleurs ?   Oui et les faits ont été vérifiés.

Avez-vous traversé un tunnel ?     Non

L’expérience a comporté :     la présence de personnes décédées

Avez-vous vu un(des) être(s) pendant votre expérience ?     J’ai perçu leur présence

Avez-vous rencontré ou été conscient(e) de la présence d'êtres décédés (ou encore en vie) ?     Oui     Avec hésitation, j’ai recherché mon père, décédé en 1997, mais j’ai eu le sentiment qu’il restait volontairement à distance, il savait en effet que s’il venait vers moi, j’allais partir avec lui. J’étais quasiment certaine qu’il m’envoyait un message : il voulait continue à jouer quelques paisibles parties de golf sur un cours parfait avant que je vienne interrompre son jeu, il voulait me renvoyer à cette vie ! Je me suis reliée fortement et n’ai plus fait qu’un avec les passagers du vol 93 du 11 septembre, ou plutôt avec leurs âmes. Tout comme moi elles n’avaient pas de forme, faisant partie de la communauté infinie, intégrale et unie. Elles semblaient se considérer comme survivantes de ce désastre tragique, joyeuses, humbles, flottantes et en vol. Mais toutes les âmes étaient là, toutes ne faisant qu’une. Etant donné que j’ai vécu plusieurs expériences distinctes, elles ont différé quelque peu. Lorsque j’ai vu mon oncle, je l’ai véritablement vu, nous possédions une forme physique et une forme spirituelle. Je peux seulement en déduire que nous nous trouvions dans l’entre-deux, avant de poursuivre et de rejoindre l’unicité de l’univers, l’océan de l’Esprit Unique. La rencontre a été brève. Tonton Bill allait à l’endroit où j’étais déjà allée et dont j’étais revenue. D’une certaine façon, j’ai souvent éprouvé le sentiment qu’il a pris ma place. On m’a permis de revenir, donc il est parti. Mais il est revenu, pendant trois jours et trois nuits suivant mon réveil du coma il est resté dans la chambre d’hôpital auprès de moi, jusqu’à ce que je sois sortie d’affaire médicalement parlant.

L'expérience a comporté :     un vide

L'expérience a comporté :     une obscurité

L'expérience a comporté :     une lumière surnaturelle

Avez-vous vu ou vous êtes-vous senti(e) entouré par une lumière intense ?     Une lumière nettement ésotérique ou surnaturelle

Avez-vous vu une lumière surnaturelle ?     Non

Avez-vous eu l'impression d'entrer dans un autre monde, surnaturel ?     Un monde nettement ésotérique ou surnaturel     Je n’ai perçu aucune entrée définie dans quoi que ce soit. Je me suis juste retrouvée sur place, soit dans la chambre d’hôpital de mon oncle (qui n’était pas surnaturelle), soit dans l’Unicité, soit dans le vide, soit près de la lumière que j’ai choisi de ne pas regarder. C’était chaque fois un peu différent, mais tout était surnaturel (sauf la chambre d’hôpital).

L'expérience a comporté :    une tonalité émotionnelle intense

Quelles émotions avez-vous ressenties durant l'expérience ?     Paix, curiosité, émerveillement, liberté, amour et davantage.

Avez-vous éprouvé une sensation de paix ou de bien-être ?     Paix ou bien-être incroyable

Avez-vous éprouvé un sentiment de joie ?     Une joie incroyable

Avez-vous eu l'impression d'être en harmonie ou d'être uni(e) avec l'Univers ?   Je me sentais uni(e) au monde ou ne faisait qu'un avec le monde

L'expérience a comporté :    une connaissance ou un dessein particulier

Avez-vous soudainement eu l'impression de comprendre tout ?     Tout sur l'univers     Oui, tout semblait clair ; je comprenais toutes les langues, la mort et la vie, Dieu, la Création, tout, l’amour, la paix, la tristesse, la joie, je connaissais toute chose, je comprenais toute chose.

Est-ce que des scènes de votre passé vous sont revenues ?     Non     Seulement dans le sens où les évènements déterminaient d’une certaine manière qui était présent. Les évènements eux-mêmes n’étaient pas particulièrement définis ou linéaires ; seules l’étaient les identités représentées par ces évènements.

Est-ce que des scènes de l’avenir vous sont apparues ?     Non     Je réponds non, il n’y a pas vraiment eu de scènes définies, même si une partie du temps (lorsque j’ai choisi de revenir) j’ai eu des visions de mes fils, de ma fille en bas-âge et d’un autre enfant sans visage (mon bébé). J’ai ressenti que mes filles en bas-âge et mes fils avaient toujours besoin de moi, qu’il y avait quelque chose de très important à accomplir. Lorsque la pensée : « Il me reste encore beaucoup trop à faire. » a traversé mon être, elle paraissait particulièrement liée à mes fils.

L'expérience a comporté : une frontière

Avez-vous atteint une frontière ou une structure physique de délimitation ?     Indécise     Dans l’EMI au cours de laquelle j’ai pensé « voir une lumière » et où j’avais conscience du choix de la regarder ou non (je n’étais pas en fait consciente d’un choix en soi, je savais seulement que si je regardais pour la voir, je n’allais pas revenir. En cet instant j’ai décidé de ne pas regarder et de lutter pour revenir. Plus tard, après m’être réveillée du coma, j’étais inquiète et pendant quelque temps je me suis demandé si j’avais défié « Dieu » en revenant à la vie). Je n’ai pas vraiment vu de frontière, mais il y en avait une. Elle ne délimitait pas et n’était pas physique, mais c’est un endroit qu’on franchit sans retour.

Êtes-vous arrivée à une frontière ou à un point de non-retour ? J'ai atteint une barrière que l'on ne m’a pas permis de dépasser; ou j'ai été renvoyé(e) contre ma volonté.   J’avais la sensation d’être suspendue dans le temps et l’espace, consciente, existant par la pensée, j’ai pensé aux histoires ou aux livres dont j’avais entendu parler au sujet de personnes qui « voient la lumière » puis réintègrent leur corps. Je savais que si je regardais et qu’il y ait ce genre de choses, j’allais la voir. Pendant une fraction de seconde j’ai eu envie d’avoir confirmation. Simultanément, j’ai compris que si je le faisais tout serait terminé, j’allais vraiment partir et ne jamais revenir. Instantanément, je me suis reprise et me suis encouragée en m’exclamant : « PAS QUESTION ! Je ne suis MEME pas curieuse ! » Quand-bien même je l’étais, je me suis dit l’inverse. « Je n’ai que 40 ans ! J’ai BEAUCOUP trop à faire ! ». Puis j’ai lutté pour repartir et retomber dans « l’inconscience » (l’obscurité/le non-espace).

 

Dieu, spiritualité et religion :

 

Quelle importance accordiez-vous à la religion ou la vie spirituelle avant cette expérience ?     Peu importante pour moi

Quelle était votre religion avant cette expérience ?  Autre ou plusieurs religions   J’ai été éduquée dans le catholicisme, à l’époque je fréquentais une église luthérienne.

Vos pratiques religieuses ont-elles changé depuis cette expérience ?     Oui     Au début j’ai été incapable de prendre une bible ou quoi que ce soit de spirituel. C’était bizarre. Je crois que j’avais le sentiment que j’aurais été transportée et que j’aurais vécu d’autres EMI conscientes. Je savais alors aussi que c’était terriblement limité, Je ne pouvais me restreindre, moi ou mon âme, à un livre ou à des paroles humaines physiques. Je pense, donc je suis. Quelques années plus tard, je me suis mise à chercher une institution ou des gens « qui auraient compris » et « qui n’auraient pas tout faux ». Je pense toujours qu’en dépit de bonnes intentions et de croyances généreuses, des imperfections demeurent en chacun de nous et dans tout ce que nous créons. Alors même que j’écris ces mots, je sais que ceux-ci sont imparfaits également, qu’il est quasiment sûr que certaines significations seront mal interprétées à cause de mes explications déficientes. La vie dans l’au-delà est différente car chaque pensée est connue et comprise.

Quelle importance accordez-vous à votre vie religieuse ou spirituelle après votre expérience ?     Très importante pour moi

Quelle-est votre religion maintenant ?     Autre ou plusieurs religions   Après ces expériences, j’ai une compréhension de Dieu totalement différente. Je pense que toutes les religions sont liées, tenter de tout ramener à l’une ou l’autre revient à passer à côté du sujet. On ne peut pas définir Dieu (ou quel que soit le nom qu’on lui donne). Dieu n’est ni une personne, ni une entité ; Dieu est indéfini, fluide, l’existence, l’essence de la vie. Tout est âme, esprit, même les rochers et les montagnes. Ce qui est dans la nature est esprit et vie. Je me suis particulièrement rendu compte du sens de la nature du fait d’être une âme avec un corps plutôt que l’inverse (ce qu’enseignent les religions occidentales). Quand je suis revenue de l’expérience et que je pensais aux grandes religions occidentales, les paroles : « Ils ont tout faux » résonnaient en moi. Je savais que j’avais été avec, dans et plus important, DE la création et du Créateur ; qui est la vie réinsufflée dans mon cadavre et qui vit en moi aujourd’hui. J’ai fait l’expérience de cet Unique, j’étais et je suis l’Unique qui vit en moi. J’ai eu la compréhension « en langues », c’est-à-dire que je comprenais toutes les langues, que je pouvais simultanément communiquer avec toutes. Nous ne faisons tous qu’un, la communication n’était pas autant linéaire (un mot après l’autre) que dans le monde. Les pensées et les idées s’écoulent, mais pas de la même manière. Aussi étrange que cela paraisse, je savais toute chose. C’était magnifique, une leçon d’humilité. Le dieu que l’homme a créé à son image est très différent du Dieu de Vie Soi-même. La leçon la plus simple que Jésus ait enseignée, c’est que nous sommes Dieu. Jésus a compris, il a compris l’aspect le plus profond et le plus significatif de ce que nous sommes, de ce qu’est Dieu. Depuis mon expérience, ma vision de la religion ne concorde pas vraiment avec les normes chrétiennes ou catholiques selon lesquelles j’ai été éduquée, ou auxquelles j’ai adhéré. Le monde ne semble pas prêt à adopter cette approche.

Est-ce que cette expérience comportait des éléments conformes à vos croyances terrestres ?     Un contenu partiellement en accord, partiellement en désaccord avec les croyances que j’avais à l'époque de votre expérience.     J’ai été sceptique au sujet des récits d’expériences de mort imminente, de vision de la lumière, de voir son corps, etc. Cela a changé. On m’avait également toujours enseigné que Dieu est distinct de nous, qu’il ne veut pas que nous ayons sa connaissance ou son immortalité, ainsi qu’il est mentionné dans le livre de la Genèse. J’avais des croyances différentes sur le paradis, sur Jésus, comment les croyants sont censés se comporter, ce qu’ils sont supposés croire. Mon idée de Dieu, de Jésus et de l’Esprit-Saint s’est radicalement modifiée. J’ai appris que nous ne sommes pas distincts de notre Créateur, sauf quand nous choisissons de nous en distinguer. Ce qui est conforme à mes croyances précédentes, c’est que l’univers a été créé, que nous faisons partie de cette création. Ce qui n’est pas conforme, c’est que nous aussi perpétuons la création, que nous sommes Dieu. Le dire reste encore difficile et un peu inquiétant pour moi, j’ai en effet été éduquée dans la croyance que c’est un blasphème d’affirmer ce genre de chose, que tous ceux qui le croient ont perdu les pédales, que cela peut être dangereux ! Jésus était également considéré par ses pairs comme un blasphémateur. On m’a toujours enseigné que Dieu est à part, « saint », omnipotent, exigeant prière et sacrifice, que les humains sont infidèles, indignes, pécheurs par nature. Maintenant je sais cependant que je suis Dieu, égal pas moindre. Dieu a insufflé la vie en moi, existe en moi aujourd’hui. C’est toutefois un savoir qui rend humble. C’est aussi de l’amour pur. Je croyais que la mort, le purgatoire, le paradis, l’enfer étaient des « endroits » où l’on va dans « l’au-delà » pour « vivre » l’éternité. Mais j’ai appris qu’il n’en est pas ainsi. Pour commencer, nous avons choisi la vie, nous pouvons choisir la réincarnation dans ce monde ou dans un autre, dans cet univers (ou dimension) ou bien dans un autre, dans cette forme ou sous une autre. Nous pouvons également choisir de rester dans l’entièreté de l’Unicité, tout est fluide, impermanent, tout comme cette vie sur terre n’est pas permanente non-plus. J’ai continué à recevoir des révélations concernant les croyances religieuses, telles qu’elles ont été transmises au cours des siècles. Mais je relaie ici seulement ce qui s’est produit au cours de l’expérience elle-même. J’ai appris que cela n’avait aucune importance que Jésus ait été marié ou non, que Marie ait été une vierge imprégnée par l’esprit ou non. Il s’agit en quelque sorte de nécessités ou de croyances créées par les hommes ! Connaissant Dieu en moi, je ne comprends pas très bien pourquoi ce serait important, peut-être comme excuse pour être imparfaits, moindres que l’existence pour laquelle nous avons été créés. Affirmant que seul Jésus était parfait, sans péché et né d’une vierge. NON. Jésus a dit que nous sommes tous semblables, il ne s’est jamais situé au-dessus de qui que ce soit (souvent l’inverse), il a enseigné aux autres de faire de même.  Laver les pieds d’autrui, servir, se rendre humble dans l’amour, être courageux face à l’adversité, faire ce qui est juste, même si cela signifie le sacrifice ou l’humiliation personnelle.

Vos valeurs et croyances ont-elles changé à la suite de cette expérience ?     Oui     J’accorde de la valeur à la vie, je ne crains pas la mort, je m’en réjouis au contraire, sachant que ce n’est pas une fin mais une magnifique réunion, souple, infinie, un autre voyage enthousiasmant. Je continue à croire en Dieu, mais je vois plus nettement l’exploitation du savoir biblique au profit de la puissance, de l’auto-gratification de grandes institutions et souvent d’individus. Je vois à quel point nos vies ont un sens, en tant que soi par rapport à l’ensemble du voyage ; nos égos sont plus grands qu’ils ne devraient. Les humains ont tendance à se croire importants, en fait nous ne sommes pas les stars que nous croyons être. Nos connaissances scientifiques ont beaucoup progressé, mais ce ne sont que des pas de bébés. Nous sommes totalement dépassés. La majorité des notions chrétiennes de « paradis », de « royaume de Dieu », etc. sont complètement erronés. Lorsqu’en tant que personne nous aimerons suffisamment, que nous utiliserons cet amour en absorbant son pouvoir, que nous croirons de la même manière en la divinité, la sainteté et la magnificence, lorsque nous assimilerons cela, que nous-nous autoriserons à être le créateur, alors nous connaîtrons le paradis. Ce n’est pas un problème d’argumenter avec Dieu. Le dieu de l’homme, ou fabriqué par l’homme n’est pas Celui de la Véritable Présence Unique.

L'expérience a comporté :   la présence d’êtres surnaturels

Avez-vous eu l'impression de rencontrer un être ou une présence ésotérique, ou d'entendre une voix non identifiable ?     J'ai rencontré un être précis, ou une voix, clairement ésotérique ou surnaturelle   Je décrirais plutôt cela comme des êtres infinis que j’ai véritablement rencontrés. Je n’ai pas rencontré un être qui soit défini par une forme physique. J’ai aussi été en présence de voix infinies. Encore une fois pas des voix telles que nous les connaissons, physiques ou terrestres, il s’agissait plutôt de pensées, de vibrations ou de rythmes que de voix. Je suis incertaine en ce qui concerne le mot ésotérique, en effet pour moi il ne semblait pas y avoir de mystère. Cela semblait simplement être ainsi. J’ignore comment le décrire. C’était, tout simplement. C’est tout. C’est ; c’était.

Avez-vous vu des esprits religieux ou des morts ?     J’ai senti leur présence

Avez-vous rencontré ou décelé des êtres ayant vécu précédemment sur terre et dont le nom est mentionné par les religions (par exemple : Jésus, Mahomet, Bouddha, etc.) ?     Indécise   Jésus. J’ignore comment le décrire, si ce n’est par la manière dont j’ai été influencée par la suite, une fois de retour dans cette vie. J’étais avec lui, en lui, faisant partie de lui quand il était sur la croix. Le chagrin a parfois été trop bouleversant (c’est un euphémisme), en particulier à Pâques. J’en suis arrivée au point où je ne pouvais plus assister aux offices pascaux, le fardeau et la douleur (non physique) étaient en effet trop grands. Compassion et chagrin débordants de la part d’un cœur brisé pour les âmes qui vivent dans la crainte de la vérité et de l’amour. Je ne sais pas, on ne peut l’exprimer avec des mots. Idem concernant la grandeur de son amour qui l’a mené à la croix, pour mourir. Sa  mort a été acceptée avec un amour immense, inaltérable, même à l’égard de ceux qui l’ont torturé et tué. J’ai rencontré Adam, Eve et Abraham

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information à propos d'une existence avant la vie de mortel ?     Oui     C’était davantage le savoir que la vie est infinie, sans début ni fin, que ma période sur terre n’est qu’un point, un instant, un temps très bref en comparaison du tout.

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information sur un lien ou une unicité dans l’univers ?     Oui     Je l’ai su en ne faisant qu’un avec l’univers et avec toute chose, en particulier avec le Créateur et tout ce qui est créé.

Croyiez-vous en l'existence de Dieu avant votre expérience ?     Existence probable de Dieu

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information sur l'existence de Dieu ?     Oui     Dieu ou l’être suprême existe ; le paradoxe, c’est que nous faisons tous partie de cet être suprême, Il est notre foyer dont provient notre cœur, là où il vit, mais nous en sommes séparés par nos récipients physiques (les corps). Dieu est suprême, mais nous sommes Dieu, nous sommes donc suprêmes également, nous l’ignorons cependant. D’une manière ou d’une autre, la peur nous empêche d’embrasser notre véritable origine et existence. Là où je suis allée, il n’y avait aucune peur, aucune inquiétude. Au lieu de cela, j’éprouvais une sensation de curiosité, du genre : « Alors c’est comme ça ! » existant simplement dans l’instant. Me voilà ! Une partie du savoir de l’univers consistait en la compréhension des chagrins terrestres laissés en arrière. Mais là-bas tout était beauté, pas au sens physique ou visuel (il n’y avait en effet ni couleur, ni forme), au sens par contre de l’émotion et du savoir, fusionnés de manière telle que je ne peux l’exprimer avec des mots. Joie pure, paix pure, amour pur, la pureté elle-même étant amour.

Croyez-vous en l'existence de Dieu à la suite de cette expérience ?     Existence de Dieu indubitable

 

Concernant nos vies terrestres en dehors de la religion :

Durant votre expérience, avez-vous acquis une connaissance ou de l'information particulière à propos de votre dessein ?  Oui   L’infini, l’unicité, la variabilité, l’omniscience de tous les êtres ; ce sont nos corps physiques qui nous séparent de l’Unique que nous sommes (telle l’eau d’un pichet que l’on verse dans plusieurs verres), nous y demeurons jusqu’à notre mort, puis nous retournons vers le tout. Un autre savoir était constitué de toutes les langues, parlées ou non. L’objectif qui m’a été transmis consiste à faire circuler ces connaissances, ainsi que l’amour, afin de les apporter à autant d’oreilles et atteindre autant d’âmes qu’il est humainement possible, et plus encore. Savoir que le but est l’amour, que le but de l’amour est la vie. L’amour ne provient pas de la vie mais l’inverse, c’est-à-dire que la vie provient de l’amour. L’amour est premier, il engendre la vie. L’amour est le souffle.

Avant cette expérience, croyiez-vous que nos vies terrestres sont significatives et importantes ?     Importantes et significatives

Durant l'expérience, avez-vous reçu de l'information quant au sens de la vie ?     Non     J’aurais bien aimé, cela aurait en effet rendu le retour à la vie ici-bas plus facile. D’une façon générale cependant, j’ai reçu l’information/la connaissance que son but et son sens est l’amour. L’amour élargit l’univers, il est le lien, mais il ne s’agit pas de « l’amour » d’une relation spécifique entre deux personnes, mais plutôt d’une philanthropie de l’univers qui comprend, embrasse et réunit tout, de telle sorte que toute unicité soit amour.

Croyiez-vous à la vie après la vie avant cette expérience ?     Incertitude quant à l’existence de l’au-delà.

Croyez-vous en une vie après la vie à la suite de cette expérience ?     Existence indubitable d’une vie après la vie     Absolument, bien que ce soit difficile à décrire. Je le sais, tout simplement, j’en ai fait l’expérience. J’ai « rencontré » des millions de vies qui le vivaient.

Aviez-vous peur de la mort avant cette expérience ?     Je craignais légèrement la mort

Avez-vous peur de la mort après votre expérience ?     Je n’ai pas peur de la mort

Aviez-vous peur de vivre votre vie avant cette expérience ?     Je n’avais pas peur de vivre ma vie terrestre

Après cette expérience, aviez-vous peur de vivre ?     Je n’avais pas peur de vivre ma vie

Avant votre expérience, croyiez-vous que nos vies terrestres sont importantes et significatives ?     Importantes et significatives

A la suite de votre expérience, croyiez-vous que nos vies terrestres sont importantes et significatives ?     Ni importantes, ni significatives

Avez-vous appris comment vivre nos vies ?     Oui     J’ai trouvé des informations selon lesquelles les interprétations humaines en matière biblique ou religieuse sont souvent erronées, fabriquées par l’homme, décrites ou expliquées pour l’homme en termes humains mais généralement faux. Nos esprits humains sont jeunes, frêles et sous-développés, quasiment primitifs; notre vie n’est qu’un instant dans le temps de l’univers, nous sommes tels des grains de poussière, ou juste des cellules constituant le Créateur unique de l’univers. La seule rédemption dont nous disposions sur terre, c’est l’amour. L’amour est ce qui nous constitue : nous SOMMES amour, c’est ce dont nous sommes faits et non quelque chose que nous produisons. J’ai reçu l’information selon laquelle nous sommes littéralement les frères et sœurs de Jésus, ainsi qu’il a tenté de l’enseigner à ses disciples à son époque.  J’ai appris que son message était beaucoup plus simple que ce que le genre humain en a fait depuis. Nous sommes Dieu. Nous venons sur cette terre sous forme humaine et commençons alors à nous mouler à l’image de l’homme, nous-nous contaminons avec les comportements humains. Jésus n’était pas moins humains que nous; il a choisi de rester relié à Dieu avant tout, il a enseigné ce qu’il savait, même au risque de sa propre mort, mais ce qu’il savait et a essayé d’enseigner n’était pas aussi difficile que ce que nous en avons fait depuis. Le cycle de vie chrétien n’est pas vraiment différent du cycle de défaite et de foi d’Israël dans l’Ancien Testament. Les chrétiens répètent quasiment les mêmes erreurs, seul le nom diffère. Jésus a averti ses disciples à l’époque : ne pas retomber dans la même tragédie humaine que ses ancêtres et ses pairs, exploiter Dieu et la religion. Son message était tellement simple, mais il a été déformé, retourné et récupéré de la même manière. Et la terre continue à tourner comme elle l’a toujours  fait.

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information à propos des difficultés, défis et obstacles de la vie ?     Indécise     Il semblait tout simplement naturel que si l’on fait face et qu’on surmonte avec pureté de cœur toutes les difficultés, les défis, les épreuves de la vie, c’est l’amour/la pureté de l’univers qui les vainc.

Étiez-vous compatissant(e) avant cette expérience ?     Légèrement compatissant(e) envers autrui

Durant cette expérience, avez-vous appris quelque chose à propos de l'amour ?     Oui

Etiez-vous compatissant(e) après cette expérience ?     Très compatissant(e) envers autrui

Quels changements sont survenus dans votre vie à la suite de votre expérience ?     De grands changements dans ma vie     La façon dont j’envisage la vie et comprends notre existence est différente. Durant plusieurs années par la suite, ce monde ne m’inspirait guère parce que nous attribuons tant de valeur à des trivialités. J’avais acquis ces connaissances, mais je trouvais peu de compréhension ou de soutien autour de moi. J’ai tenté de redevenir « normale », mais j’ai eu la sensation de me trahir moi-même. A certaines périodes ma foi est totale, à d’autres je suis rattrapée par ce que pense et accepte ce monde, principalement à cause des problèmes de garde des enfants avec mon ex-mari. Ils sont toutefois plus grands maintenant et j’ai le sentiment de pouvoir et vouloir vivre et parler ouvertement.

Est-ce que vos relations ont changé précisément à cause de cette expérience ?    Elles ont peut-être changé pour un temps, ou superficiellement. J’ai changé intérieurement, ce qui rend les choses plus difficiles, je ne suis en effet plus celle que j’étais à l’intérieur, mais extérieurement j’ai essayé de ne pas être différente. Cela n’a pas fonctionné. Je pense avoir été débordée avant de comprendre la totalité du dessein et comment le gérer avec autrui.

Après l'EMI :

Est-ce que l'expérience a été difficile à décrire en mots ?    Oui   Avec cette réponse, je répondrai aussi aux deux questions suivantes qui, dans le cas de mon EMI, trouvent leur réponse ici. L’expérience est presque impossible à exprimer avec des mots. Même les meilleures expressions sont beaucoup trop limitées, par exemple : « amour » ou « paix » ou « joie » sont tout simplement trop banals. Il s’agissait purement d’être et tout ce que cela englobe. Oui, c’est difficile à exprimer. De même, dire que mes pensées étaient accélérées serait inexact car nous avons une notion de défilement du temps de A vers B, linéaire j’imagine. Toutes les pensées étaient unifiées, simultanées, nettes pourtant. Elles existaient tout simplement et je comprenais. C’était plutôt un genre de stratification tout en étant un flux. J’imagine donc que cela correspond à « incroyablement rapide », même si je pense que ce n’est pas une description adéquate. Idem pour la question 7 ci-dessous. Nous ne possédions pas de sens dans l’acception habituelle du terme. Par conséquent, essayer de cerner le sujet avec cette question est erroné (dans le meilleur des cas). De la même manière que tout était compris simultanément, toute chose était en contact. Il n’existait ni frontière, ni emplacement auxquels je me sois limitée et à partir desquels quelqu’un ou quelque chose aurait commencé. Nous ne faisions qu’un, inséparables, indépendants mais pas distincts. Par ailleurs, en ce qui me concerne les pensées paraissaient avoir un rythme, une curiosité, un intérêt normaux.

Avec quelle précision vous rappelez-vous de l'expérience en comparaison d'autres événements à l’époque de l'expérience ?   Je me souviens plus précisément de l’expérience que d’autres évènements de ma vie à l’époque

A la suite de votre expérience, avez-vous acquis des capacités médiumniques, hors de l'ordinaire ou d'autres dons spéciaux que vous n'aviez pas avant ?     Oui     J’ai vraiment un don de guérison que je ne possédais pas avant l’expérience. J’ai disposé d’un peu de pouvoir médiumnique avant et après, mais jusqu’à maintenant je ne l’ai pas développé autant que j’aurais voulu. Quoi qu’il en soit je l’ai et je reçois parfois des instructions concernant les personnes sur lesquelles je dois imposer les mains, ainsi que l’endroit.

Une ou plusieurs parties de l'expérience sont-elles particulièrement significatives pour vous ?      L’intégralité de l’expérience, ainsi que les prémonitions antérieures et les révélations postérieures sont importantes et significatives. Une grande partie m’échappait auparavant, je comprends toutefois maintenant. Après m’être réveillée et m’être suffisamment rétablie avant ma sortie de l’hôpital, j’apercevais un arbre près de la fenêtre. Il revêtait une importance exceptionnelle. Ma belle-sœur, Joan, qui m’a tenu la main sans relâche, qui a réaffirmé avoir senti une pression quand je l’ai exercée, Joan a été très importante. La présence à mes côtés, après mon réveil aux Soins Intensifs, a été importante. Les gens du vol 93 qui sont restés avec moi. Tout cela a été très important. Ce qui a probablement eu le plus d’importance, c’est d’avoir été auprès de mon oncle quand il est mort.

Avez-vous déjà raconté cette expérience ?   Oui    J’en ai raconté une partie presque immédiatement, notamment lorsque je me suis rendu compte que j’étais la seule dans mon entourage à savoir que mon oncle était décédé. Au début, je me suis demandé pourquoi personne n’en parlait. Ensuite j’ai réalisé qu’ils l’ignoraient, mes doutes se sont confirmés quand j’ai demandé ce qui lui était arrivé et qu’on ne savait pas de quoi je parlais. A l’exception de ma mère qui m’a dit plus tard l’avoir entendu l’appeler dans son sommeil, exactement comme elle m’avait entendu l’appeler pendant son sommeil, avant tout appel téléphonique lui annonçant ce qui m’arrivait. Il a cependant fallu que je me rétablisse physiquement avant de pouvoir parler davantage. Tout le monde autour de moi était très attentionné après mon réveil, je me demandais la raison de tout ce micmac. J’avais moi-même accompli tout un périple et j’avais manqué le tourbillon d’agitation et d’angoisse concernant mon état physique. Je ne peux imaginer ce qu’ont dû ressentir mes fils, ma mère et ma fratrie. J’ai cependant raconté l’expérience aux infirmières qui s’occupaient de moi, probablement davantage qu’à ma famille immédiate. J’ignore si c’est mon expérience ou la leur qui les a changées le plus, mais je dois dire que plus d’une a été influencée par l’expérience. Beaucoup ne croyaient pas au Dieu chrétien ni en la force de la prière, mais après que toutes les solutions médicales aient échoué, alors que je n’aurais pas dû survivre, mieux, selon les normes médicales je n’aurais pas dû guérir ; eh bien cela a changé de nombreuses vies parce que mon médecin, à court de solutions, a dit à son épouse de demander à ses amis de prier pour moi car il n’y avait plus rien d’autre à faire, il a également demandé de prier aux infirmières, à la famille, au personnel, à tout le monde. Cela a changé de nombreuses vies quand j’ai survécu et guéri. Les personnes à qui j’ai vraiment pu (et je peux encore) parler de tout cela sont : ma meilleure amie Susan, mes fils Robert et Ben, ma belle-sœur Joan, ainsi que ma sœur aînée Kit.

Aviez-vous connaissance des expériences de mort imminente (EMI) avant cette expérience ?   Indécise   J’avais seulement entendu parler de personnes supposées mourantes et « voyant un lumière », je savais que le scepticisme régnait dans la communauté médicale et scientifique concernant la possibilité de véritablement mourir et renaître ou ressusciter, que toutes sortes d’excellentes explications scientifiques avaient cours sur la véritable nature de cette « lumière ». Donc, lorsque je me suis retrouvée au point de non-retour, je me suis mise à penser aux choses que j’avais entendues au sujet de visions d’une lumière, je me suis dit qu’en cet instant si je le voulais, s’il était vrai qu’il y avait une lumière au moment de la mort, alors je pouvais la voir. Pendant une fraction de seconde j’ai été curieuse de « voir » afin de savoir si cela se passe vraiment ainsi. Dans le même temps j’ai compris que je n’allais pas revenir si je choisissais de « regarder ». Je me suis « hurlé » à moi-même : « PAS QUESTION ! Je ne suis MEME pas curieuse, JE N’AI QUE 40 ANS : IL ME RESTE BEAUCOUP TROP A FAIRE !!! ». J’ai senti que je luttais, puis j’ai perdu la perception de l’au-delà. Je pense que cela se situe lorsque j’ai réintégré mon corps décédé. J’ai senti le souffle Divin exaucer mon souhait de vivre ; Dieu est entré dans mon corps inanimé, remplissant ma vie de sa vie. Il/Elle vit, pas moi.

Qu'avez-vous pensé de la réalité de l'expérience que vous avez-vécue peu de temps (jours ou semaines) après qu'elle soit survenue ?    L'expérience était tout à fait réelle     La réalité c’est que j’étais morte, puis vivante. Quand j’ai repris connaissance, toujours dans le coma, incapable de sentir mon corps ou de le contrôler de quelque manière que ce soit, tout en ayant autant de conscience et de pensée qu’en ce moment même, je me suis demandé si j’étais vraiment si mal en point que ma belle-sœur, Joan, me tienne la main en me demandant de serrer la sienne si je l’entendais. Je n’avais pas eu connaissance de tout ce qui s’était déroulé en ce monde ; j’étais partie ailleurs. Mais j’ai à nouveau subi la mort cérébrale, j’ai vécu d’autres EMI avant de me réveiller vraiment en ce monde. Comme je l’ai indiqué, j’étais localement le seul membre de la famille à être au courant de la disparition de mon oncle en Pennsylvanie. Cela aussi était surréaliste. Je ne sais pas expliquer comment ou pourquoi je considérais l’expérience comme réelle. Je n’ai pas vraiment réfléchi pour déterminer si elle était réelle ou non. Elle l’était, j’étais allée là-bas, ce savoir fait partie de l’expérience elle-même. C’est davantage certain que quoi que ce soit. C’est quasiment plus tangible que cette vie. C’est plus signifiant, plus agréable, plus réel. Tout est tellement net et vivant. On sent le pouls de l’univers ; on entend son souffle ; on est conscient de toutes les zones temporelles et dimensionnelles, ou de leur absence. Il n’existe rien de tel sur terre.

Que pensez-vous de la réalité de l'expérience maintenant ?     L'expérience était tout à fait réelle     Voir ci-dessus. Je l’ai vérifié, j’ai évalué plusieurs possibilités mais elles ne cadrent jamais. Je suis revenue plusieurs fois pour parler de l’expérience avec les médecins et les infirmières. Elle a changé leur vie également.

Est-ce que quelque chose a reproduit une partie de cette expérience à une période de votre vie ?   Non   Parfois, sans reproduire l’expérience elle-même,  la méditation ou la prière, ont provoqué des expériences approchantes, telles que guérison, vision, connaissance. L’expansion au-delà du corps physique, mais c’est différent. Les décorporations sont véritablement différentes des EMI, tout comme le sont les prémonitions médiumniques ou l’imposition des mains. Non, rien avant ou depuis n’a jamais induit cette expérience.

Souhaitez-vous ajouter autre chose à propos de votre expérience ?     Une profondeur de détail beaucoup plus grande au sujet des expériences, de ce qui se passait dans la vie terrestre, dans la famille, ainsi que le chaos provoqué par mon ex-mari à l’arrière-plan de cette situation. Egalement davantage d’informations sur les médecins, les infirmières et d’autres sujets. Mais il faudrait un livre.

Pourrions-nous poser d’autres questions afin de vous aider à partager votre expérience ?     J’aurais souhaité disposer d’une zone de commentaire pour la question 46. Certaines expressions et questions sont sujettes à interprétation et peuvent avoir des significations différentes. Nos vies sont-elles importantes et significatives ? Oui et non. Par rapport à l’intégralité de l’infini : pas vraiment importantes en elles-mêmes au niveau de l’individu. Mais dans une réalité de pas de bébé ayant une portée générale : oui, car tout est lié. Difficile de répondre à cette question telle qu’elle est formulée.