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CPM de Franziska R

DESCRIPTION DE L'EXPERIENCE :

A l’âge de 2 ans, j’ai raconté à ma mère comment j’étais venue sur terre. Je m’en souviens encore aujourd’hui : j’étais une petite boule de lumière bleue brillante, d’environ 5 cm de diamètre. L’aube venait et il neigeait. Je me suis arrêtée sous un réverbère et j’ai regardé vers le haut, même si je voyais à 360°. Pendant un long moment, je suis restée fascinée par les flocons illuminés dansant dans le faisceau de la lampe, puis disparaissant à nouveau dans l’obscurité. Ensuite je suis allée vers la maison de mes parents. Je me suis glissée dans leur chambre par la fenêtre ouverte. Ma mère était allongée à côté de mon père, tous deux dormaient. Je suis ensuite entrée dans le corps de ma mère (en passant par la bouche) puis dans le mien. Je suis ainsi devenue son enfant.

Ma mère m’a également dit que je lui avais raconté avoir eu beaucoup de difficulté à lui faire rencontrer mon père. Apparemment tous deux mangeaient dans le même restaurant depuis des années, ma mère à midi et mon père le soir.

A trois ans et demi, on m’a diagnostiqué une tumeur. Par la suite j’ai été traitée par chimiothérapie. Ce fut une période très intense pour moi. Mon corps était très fatigué à cause du traitement, il me semblait lourd comme du plomb. Quand je devais faire quelque chose, je réfléchissais d’abord un long moment sur la manière de le faire en un temps minimum avec aussi peu de mouvements que possible. Par exemple, si je montais les escaliers, je grimpais les marches deux par deux. Ainsi, il me fallait plus de force pour exécuter un mouvement, mais au lieu de 8 pour tout l’escalier, seulement 4 étaient nécessaires.

Peu après qu’on m’ait diagnostiqué le cancer, Andreas est mort d’une embolie pulmonaire. A l’époque il avait 33 ans. Andreas était un oncle par alliance, il n’était donc pas en lien direct avec moi. Je ne l’avais vu qu’une fois ou deux, mais je l’avais trouvé gentil et amusant. Une nuit, peu de temps après la mort d’Andreas, je me suis réveillée pour la première fois dans une prairie fleurie. Je me souviens qu’au début j’étais un peu désorientée. Je ne comprenais pas pourquoi je n’étais pas dans mon lit, mais j’ai alors vu Andreas. Il arrivait de l’immensité du ciel, marchant vers moi dans sa « robe blanche de Jésus ». Puis j’ai senti de l’amour déversé sur moi. Il était beau avec son habituelle barbe de trois jours. Il est venu à moi en me souriant. J’étais debout pour l’Accueillir dans une étreinte.

Nous-nous sommes promenés quelque temps à travers la prairie. C’était magnifique. Quelque part au fond, un petit ruisseau étincelant sinuait dans l’herbe. Il constituait la frontière du paradis. De l’autre côté de la prairie se trouvait une forêt. Il m’était facile d’y marcher, je n’étais pas une petite fille comme sur terre, mais une femme à peu près du même âge qu’Andreas. J’étais intelligente, belle et en bonne santé. Mais j’appréciais avant tout la façon dont je pouvais communiquer avec lui. Il me suffisait d’avoir une pensée et il savait exactement ce à quoi je faisais allusion. Il comprenait chaque aspect de cette pensée, y compris mes sentiments liés. La réponse revenait à chaque fois sans délai. Mentir ou dissimuler une pensée aurait été impossible. Ensuite nous-nous sommes assis dans l’herbe l’un en face de l’autre et nous avons commencé à nous raconter certaines choses, à discuter.

Je me rappelle que pour obtenir une réponse, il me suffisait de poser la question. Ensuite je n’avais qu’à suivre le fil ; j’avais accès à toutes les réponses. Je me souviens vaguement d’un problème mathématique ardu. Non seulement j’ai reçu la réponse, mais je l’ai très bien comprise, ainsi que la façon dont tout était lié, calculé. Cela m’a stupéfiée. Par contre, il n’y avait pas de réponse simple sur ce qu’était le monde ou ce qui devrait s’y produire. Nous pouvions discuter de ces thèmes. Je me rappelle que nous avons débattu de certaines structures des Puissances du Proche-Orient. Après un moment, il s’est levé en me disant qu’il était temps de repartir.

J’ai alors suivi le rituel de l’oubli, habituellement accepté avec tristesse : « Tu dois maintenant oublier tout ce dont nous avons discuté ici ! Tu ne seras autorisée à t’en rappeler que lorsque tu reviendras. », « Oui, mais je ne veux pas. ». Dans cette situation, j’étais totalement redevenue une gamine.

« Tu as le droit de te souvenir que tu es venue ici et que tu m’as parlé ! »

J’ai répondu : « Merci »

Je n’ai pas aimé revenir dans mon lit. Dans la prairie fleurie, tout était comme j’aurais voulu que ce soit sur terre. J’avais le corps léger, je pouvais communiquer par la pensée sans problème, tout était simple et logique, on ne pouvait pas se tromper. L’amour était si grand qu’on voulait le ressentir encore et toujours. Mais je devais repartir. Quand je demandais pourquoi je ne pouvais rester, il ne cessait de répéter qu’il y avait un plan, que j’y prenais une part importante, même si en fait je le savais déjà.

Je ne sais toujours pas ce qu’est CE PLAN et ce qu’il comprend. Depuis que François est pape, je suis même quasi certaine que LE PLAN est en cours. Ce que doit être ma contribution reste toutefois hors de ma portée.

De retour sur la prairie fleurie j’ai dit que j’aimerais tellllllement rester au paradis, j’ai demandé s’il n’existerait pas un « processus plus rapide » pour moi. Andreas m’a promis de me laisser décider moi-même au bout du compte. Bien-sûr, je savais qu’il y avait un truc. Il n’allait me laisser décider  que lorsqu’il serait clair que je voulais rester sur terre. Cela m’a néanmoins réconfortée.

Au début, ces rencontres étaient assez fréquentes, mais plus je grandissais, plus elles se raréfiaient. Après une rencontre alors que j’avais environ huit ans, j’ai dit à ma mère que j’avais vu Andreas, que je ne pouvais malheureusement pas rester au paradis parce que j’avais une tâche à accomplir. Je me suis rendu compte qu’elle était un peu perturbée, mais à l’époque je n’en ai pas compris la raison. Elle a suggéré que la fois suivante je demande à Andreas en quoi consistait ma tâche. Je lui ai expliqué que je n’étais pas autorisée à le faire. Elle m’a demandé : « Pourquoi n’est tu pas autorisée à le faire ? » Je ne le savais pas non-plus, j’ai donc décidé de lui poser cette question. J’avais encore environ huit ans lorsque j’ai vu Andreas pour la dernière fois :

Comme d’habitude, je me suis réveillée dans la prairie fleurie, avec une lumière parfaite et un amour total. Après le rituel de l’oubli, j’ai demandé à Andreas en quoi consistait ma tâche sur terre. Il m’a regardée d’un air très, très triste : « Tu sais que tu n’aurais pas dû poser cette question ! Maintenant nous ne pourrons plus jamais nous rencontrer ici. » Je me suis sentie désespérée. Je n’allais plus jamais être autorisée à venir dans cet endroit magnifique ? A cause d’une question stupide que je ne voulais même pas poser ? Ce n’était pas possible ! J’ai décidé de rester. Il me suffisait de sauter de l’autre côté du ruisseau ! J’ai couru et sauté. Je n’ai pas réussi à passer de l’autre côté. J’ai heurté un genre de mur de plasma ou de caoutchouc. Il était doux, souple, illuminé en orange doré et m’a projetée en arrière. Andreas a tenté de me rattraper.

Longtemps j’ai souhaité être à nouveau autorisée dans la prairie fleurie, où tout est si facile, où je sais tout, où il y a tant de splendeur, où l’amour est tellement plus grand que sur terre. J’avais le sentiment que l’ensemble de la vie terrestre n’était que plaie et harcèlement. Tout était tellement épuisant. Chaque mouvement était entravé comme par un vieux chewing-gum, chaque pensée était sale, mesquine. Rien que l’idée d’expliquer une seule de mes pensées à une personne réelle me faisait frémir ! Premièrement, je n’allais pas trouver les mots, si en fin de compte je les trouvais, l’autre personne n’allait comprendre que ce qu’elle voudrait. Ensuite il y avait ces explications sans fin sur ce que j’avais voulu dire et l’interprétation de ce qui avait été entendu. Des paroles de plomb, cachées dans des archives qui se réorganisent sans cesse, des auditeurs dans des boites en carton discernant l’écho de leur propre voix dans celle d’une autre personne : voilà le monde, une lutte futile ! Je n’avais presque rien d’important à dire, je restais donc silencieuse la plupart du temps.

Une nuit, j’ai décidé que cela ne pouvait continuer ainsi. Je ne pouvais tous simplement pas aller dans la prairie fleurie et vouloir y être n’arrangeait rien ; non, c’était même pire. Après cette décision je me suis sentie beaucoup mieux!

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A 17 ans, j’ai été invitée par un professeur à me joindre à un groupe se rendant en Afrique. L’Afrique m’avait toujours fascinée, je voulais absolument y aller. Mes parents ne voulaient cependant pas me laisser y aller ; en tout cas pas toute seule.

« Non, tu ne peux pas y aller ! »

« Pourquoi pas ? »

« Ce ne serait pas bon pour toi ! »

« On ne peut pas vous laisser aller toutes les deux seules en Afrique ! »

C’est ainsi que toute la famille est allée en Afrique. Sur place, afin de nous rendre sur notre lieu de vacances, nous avons embarqué dans un bus avec 27 Suisses et 8 Africains. Je savais exactement quelle allait être ma place dans le bus, celle juste derrière le premier siège passager. J’aurais sorti les griffes pour avoir cette place, mais on me l’a laissée. Je n’ai pas compris et personne n’a fait d’objection.

Peu de temps après le départ, j’ai senti un lien étrange avec l’Africain assis devant moi. J’avais une envie incroyable de lui poser la main sur le dos. J’avais l’impression que quelque chose n’allait pas au niveau du poumon. J’avais la certitude que si j’imposais la main dessus, il irait mieux. Subrepticement, j’ai posé la main sur le dossier de son siège. Au bout d’un moment j’ai même osé le toucher. Tout le monde allait croire que c’était accidentel. Lui-même n’allait même pas le remarquer du tout. Immédiatement j’ai été envahie par un sentiment de paix absolue. Ce qui devait advenir pouvait alors se produire.

La nuit est venue rapidement. J’ai levé les yeux, à travers le parebrise j’ai vu une voiture sombre foncer vers nous sur notre voie. Les roues de la voiture projetaient des étincelles. Telle un dauphin jaillissant hors de l’eau, j’ai été soulevée au-dessus du siège devant moi. Au ralenti, j’ai vu que la porte droite du bus s’ouvrait. En un enroulement parfait, mon corps a précisément traversé en flottant l’espace ménagé pour les roues dans la porte. J’ai ensuite fait trois sauts périlleux, en harmonie totale avec le temps et la terre, dans une sérénité complète et sur les gravillons du bord de la route. A côté de moi, les malles que nous avions sanglées sur le toit du bus roulaient en silence.

Finalement, je me suis retrouvée recroquevillée  quelque part dans un vide total. J’étais dans un silence complet et une obscurité absolue. Je ne sentais que mon corps. « Alors c’est comme ça quand on est mort ? Hummm… je continue à penser ! Est-ce que je vais pouvoir bouger aussi ? Est-ce que je le souaite ? » Je suis restée telle que j’étais. Après un certain temps dans le vide total, je suis arrivée à la conclusion que cela valait la peine d’au moins tenter de bouger. En fin de compte le vide ne m’inspirait pas beaucoup. J’ai essayé de bouger.

A cet instant, j’ai entendu un hurlement d’enfant derrière moi. Je me suis levée et précipitée vers le bus. Mon Dieu, quel chaos ! Ici quelqu’un était accroché sur le volant, là on sortait un autre de la voiture, ailleurs quelqu’un hurlait, plus loin une personne avec des milliers d’éclats de verre du parebrise dans le visage, dans le véhicule se trouvait toute ma famille. Qu’étais-je censée faire ? Comment pouvais-je aider ? On m’a dit plus tard que j’avais demandé d’innombrables fois « Que dois-je faire ? », jusqu’à ce qu’une personne me dise que je devrais m’occuper de l’Africain qui avait occupé le siège devant moi. Il était assis sur la route, respirant avec difficulté. Je me suis assise derrière lui afin qu’il puisse reposer sur moi comme dans une chaise longue. On m’a dit qu’il avait des côtes cassées. J’ai essayé de le maintenir de mon mieux dans cette position indolore. Il parlait Français. Même si je ne comprenais pas bien le Français, nous avons réussi à échanger quelques mots. Il s’appelait Elage, il était tailleur.

J’ai fini par me demander comment je pouvais soutenir un homme adulte si longtemps sans être fatiguée par cette position tout à fait inconfortable. Après une éternité on l’a chargé dans une voiture. Je l’ai accompagné, alors que je ne connaissais ni le conducteur, ni lui. Les nombreux nids de poule ont été très douloureux pour lui. Lorsque nous sommes finalement arrivés à l’hôpital, il a été installé sur un brancard et emmené.

J’ai passé la nuit sur un banc à côté du bloc opératoire. Mes parents et mes sœurs avaient aussi été admis dans cet hôpital. Mon petit frère se trouvait dans un autre. Avec le temps, il s’est avéré que ma sœur Kathrin et moi étions les seules personnes indemnes de cet accident. Ma mère avait les deux genoux brisés, mon père s’était fracturé le bassin, mon petit frère souffrait d’un choc sévère et ma petite sœur avait les deux avant-bras fracturés. Cinq des sept occupants de la voiture sont morts dans l’accident.

Le lendemain, les trois Suisses les plus grièvement blessés (ma mère, ma sœur, ainsi qu’un autre touriste avec une hanche brisée) ont été rapatriés par avion sanitaire. Plus tard, les autres voyageurs ont été ramenés à l’hôtel.

Je voulais dire au-revoir à Elage, mais je n’ai pas pu le retrouver seule, personne ne voulait m’aider. Dix jours plus tard nous sommes retournés en Suisse. Sur le chemin du retour, je souhaitais ardemment rendre visite à Elage à l’hôpital, mais c’était tout simplement impossible. Je n’avais pas d’argent et sauf nécessité absolue, personne ne devait faire un mètre de plus sur les routes africaines. Nous avons repris l’avion pour la Suisse, retour à nos anciennes vies changées considérablement. Ma mère était à l’hôpital, elle devait subir plusieurs opérations afin de pouvoir remarcher un jour. Je la remplaçais, je devais emmener mon petit frère à l’école, mon père discutait avec moi de problèmes qu’en temps normal il aurait abordés avec ma mère.

Deux semaines plus tard, je me suis réveillée dans une chambre d’hôpital africaine passée à la chaux. Tout en haut de la pièce, deux petites fenêtres laissaient filtrer l’aube qui plongeait la salle dans une lumière bleutée. Toute la chambre vibrait d’un amour total. Elage m’a Accueillie cordialement. Il allait bien ! Je me suis assise à la petite table avec lui et nous-nous sommes mis à rire. C’était comme une prison dont je ne pouvais sortir, les fenêtres étaient trop hautes et la porte verrouillée. Ensuite nous avons discuté comme si nous ne nous étions pas vus depuis des siècles. Nous avons ri, réfléchi à propos du monde. Nous avons résolu tous les problèmes qui ont existé, existent et existeront. Puis il s’est levé.

« Tu dois maintenant oublier tous les sujets dont nous venons de parler. Tu es par contre autorisée à te souvenir de la rencontre avec moi et de tes sentiments. »

« Je sais. »

« D’autre part, j’ai deux tâches pour toi, les acceptes-tu ? »

« Oui »

« …et je veux que tu dises à notre guide que l’accident n’était pas de sa faute. »

Puis nous-nous sommes à nouveau étreints avec amour. Oh, cet amour est indescriptible.

« Bien, maintenant je dois partir. » Il est devenu éthérique  et il a disparu. Je suis retournée à un sommeil normal. Quand je me suis réveillée, il était déjà dix heures et demie. La famille était rassemblée autour de la table du petit déjeuner.

« Bonjour. Je viens de parler à Elage, il est mort ce matin vers quatre heures. »

Gloussements, murmures. J’ai mangé un œuf et un croissant. Je n’étais pas en colère contre eux, si on ne l’a pas vécu, on n’y croit pas. A onze heures le téléphone a sonné. Mon père est ressorti du bureau le visage pâle, il s’est rassis à table.

« Elage est mort ce matin vers 4 heures à cause d’une embolie pulmonaire. Notre guide en Afrique vient d’appeler. »

Quelques jours plus tard je me suis souvenue de l’une de mes tâches. Je devais dire au guide que l’accident n’était pas de sa faute ! Ce n’est qu’à ce moment-là que j’ai réalisé ce dont je m’étais chargée. A seulement 17 ans, il m’était totalement inimaginable qu’une personne puisse se sentir coupable de ce genre d’accident dû au hasard. J’avais peur que le guide se moque de moi lorsque j’allais lui transmettre le message. Je me suis dit qu’il serait peut-être même contrarié, qu’il pourrait croire que je lui reprochais l’accident ??? Finalement je me suis forcée à le faire. J’étais très gênée face au guide (mon professeur). J’ai dit : « Vous savez… euhh… avec Elage. Vous-vous rappelez ? Il m’a chargée de vous dire que l’accident n’était pas de votre faute. ». Le professeur s’est jeté à mon cou en pleurant. Je ne m’y attendais absolument pas ! Maladroitement je lui ai tapoté l’épaule.

A 27 ans (je venais de rencontrer mon mari actuel), j’ai tout à coup ressenti une douleur aigüe dans le bas-ventre. Cela ne pouvait pas être l’appendice car j’étais déjà opérée, il devait s’agir d’une grossesse extra-utérine ! Andreas ! Si je devais être opérée, je sentais nettement  que j’allais mourir. Mourir ! Alors que je venais de rencontrer mon mari ? Mon avenir s’était concrétisé et maintenant cela ! La douleur était si intense  que j’ai failli m’évanouir. Je me suis désespérément mise à dire à l’enfant que s’il continuait à grandir nous allions mourir tous les deux, que le mieux serait qu’il quitte la trompe. Environ une demi-heure plus tard, la douleur a disparu aussi soudainement qu’elle était apparue. Ensuite j’ai subi des contractions menstruelles pendant plusieurs semaines. 

Informations générales : 

Sexe :         féminin 

Date de l’EMI :          1985-1989, 1999 

Eléments de l’EMI : 

Au moment de votre expérience, y avait-il un événement qui menaçait votre vie ?     Non    1985-87 Chimiothérapie, mort d’une autre personne, 1987-89 pas de circonstance particulière, 1999 mort d’une autre personne  Autre 1985-87: souffrance du corps, sommeil, 88-89: sommeil, 99: corps totalement sain, sommeil

Comment considérez-vous la teneur de votre expérience ?     Totalement agréable

L’expérience a comporté :     une décorporation

Vous êtes-vous senti séparée de votre corps ?   Non

J'ai clairement quitté mon corps et j'existais en dehors

Quel était votre degré de conscience et de lucidité durant cette expérience comparativement à celui que vous avez au quotidien en temps normal ?     Plus consciente et lucide que d’habitude    J’ai toujours estimé que les expériences dans la praire fleurie et la chambre d’hôpital étaient plus réelles que cette réalité.

Durant votre expérience, à quel moment étiez-vous au niveau maximum de conscience et de lucidité ?     Du début à la fin.

Vos pensées étaient-elles accélérées ?     Incroyablement rapides

Est-ce que le temps vous a paru s'accélérer ou ralentir ?     Non 

Est-ce que vos sens étaient plus vifs que d'habitude ?     Incroyablement plus aiguisés

Pendant l’expérience, votre vue était-elle différente de ce qu’elle était juste avant ?   On peut l’imaginer à peu près ainsi : normalement, on prend conscience du monde visible uniquement par le corps et quelques pensées additionnelles. Il s’agit d’informations transmises via le corps vers le cerveau et du cerveau vers le corps. Pour ne pas surcharger le cerveau, une grande partie des informations entrantes doit être écartée. Le cerveau est nécessaire à l’esprit afin de piloter le corps, mais on l’utilise aussi malheureusement pour penser et prendre des décisions. Dans la prairie fleurie et dans la chambre d’hôpital, la conscience n’était pas limitée au corps et au monde visible. Les impressions n’ont alors pas besoin d’être traitées, elles sont tout simplement présentes, ce qui constitue une expérience vraiment magnifique. Il n’est cependant pas impossible de vivre aussi cette conscience « sur-corporelle » en pleine vie. On peut apprendre à le faire !

Pendant l’expérience, votre ouïe était-elle différente de ce qu’elle était juste avant ?  1985-89: Mauvaise ouïe. Pendant l’expérience : je n’ai pas conscience de sensations auditives. 1999 : Ouïe normale. Pendant l’expérience : je n’ai pas conscience de sensations auditives.

Avez-vous eu l'impression d'être conscient d’évènements se déroulant ailleurs ?   Non

Avez-vous traversé un tunnel ?     Non

L’expérience a comporté :     la présence de personnes décédées

Avez-vous vu un(des) être(s) pendant votre expérience ?     Non

Avez-vous rencontré ou été conscient de la présence d'êtres décédés (ou encore en vie) ?     Oui     1985-1989 : Andreas était un oncle par alliance qui n’était pas en lien direct. Il ne me reste qu’un seul souvenir terrestre de lui. A l’époque j’avais trois ans, je l’ai aimé dès que je l’ai vu. 1999 : Elage était un inconnu, avec lequel j’ai passé des heures fatidiques, il me donnait pourtant l’impression d’être un excellent vieil ami. J’éprouvais également un grand amour à son égard, un amour maîtrisé toutefois, comme il l’est sur terre.

L'expérience a comporté :     Une lumière surnaturelle

Avez-vous vu ou vous êtes-vous senti entouré par une lumière intense ?     Non

Avez-vous vu une lumière surnaturelle ?     Oui   La lumière englobait tout. Tout être vivant rayonnait Sa lumière.

L'expérience a comporté :     un paysage ou une ville

Avez-vous eu l'impression d'entrer dans un autre monde, surnaturel ?     Un monde nettement ésotérique ou surnaturel     1985-89 : La prairie fleurie n’était en aucun cas terrestre pour moi, même si depuis, je pense que la terre pouvait être atteinte via la forêt, tout comme le paradis l’était via le pont. 1999 : Pour moi, il est clair que l’hôpital n’était pas de ce monde, même s’il avait probablement la même apparence dans la réalité. Il était évident pour moi que j’avais tout simplement « emprisonnée » afin de ne pas à nouveau  essayer d’aller au paradis trop tôt.

L'expérience a comporté :     une forte tonalité émotionnelle

Quelles émotions avez-vous ressenties durant l'expérience ?     1985 – 1989 : Amour absolu englobant tout.

1989 : Amour absolu englobant tout, à la fin tristesse totale, impuissance

1999 : Amour absolu englobant tout

Avez-vous éprouvé une sensation de paix ou de bien-être ?     Paix ou bien-être incroyable

Avez-vous éprouvé un sentiment de joie ?     Une joie incroyable

Avez-vous eu l'impression d'être en harmonie ou d'être uni avec l'Univers ?   Je me sentais uni(e) au monde ou ne faisait qu'un avec le monde

L'expérience a comporté :     une connaissance ou un dessein particulier

Avez-vous soudainement eu l'impression de comprendre tout ?     Tout sur l'univers     Il n’y avait aucune question sans réponse là-bas, la difficulté ne consistait pas à découvrir la réponse mais à trouver la question !! Tout ce que je voulais savoir me parvenait en tant que savoir. Je n’ai toutefois reçu aucune connaissance ne m’ayant pas été transmise par Andreas/Elage, ou que je n’étais pas personnellement intéressée à recevoir.

Est-ce que des scènes de votre passé vous sont revenues ?      Non  

L'expérience a comporté :     une connaissance de l’avenir

Est-ce que des scènes de votre avenir vous sont apparues ?     Des scènes de l’avenir du monde     Mais je ne suis pas autorisée à m’en souvenir

L'expérience a comporté :     une frontière

Avez-vous atteint une frontière ou une structure physique de délimitation ?     Oui     1985-89 : la prairie fleurie était bornée d’un côté par la forêt (direction terre ?) et de l’autre par le ruisseau (paradis).

J’ai tenté de traverser la rivière de manière illicite, mais j’ai rebondi sur une sorte de « mur » lumineux de plasma/caoutchouc. J’ai eu l’impression que tout le « paradis » était constitué de ce plasma, je ne pouvais pas y entrer car mon « corps » n’était pas suffisamment subtil pour pénétrer ce plasma, tout comme un ballon plein d’air ne peut s’enfoncer dans un lac.

Êtes-vous arrivée à une frontière ou à un point de non-retour ?     J'ai atteint une barrière que l'on ne m’a pas permis de dépasser; ou j'ai été renvoyé(e) contre ma volonté.     1985-89 : la prairie fleurie était bornée d’un côté par la forêt (direction terre ?) et de l’autre par le ruisseau (paradis). J’ai tenté de traverser la rivière de manière illicite, mais j’ai rebondi sur une sorte de « mur » lumineux de plasma/caoutchouc. J’ai eu l’impression que tout le « paradis » était constitué de ce plasma, je ne pouvais pas y entrer car mon « corps » n’était pas suffisamment subtil pour pénétrer ce plasma, tout comme un ballon plein d’air ne peut s’enfoncer dans un lac. 

Dieu, spiritualité et religion : 

Quelle importance accordiez-vous à la religion ou la vie spirituelle avant cette expérience ?     Ne sait pas 

Quelle était votre religion avant cette expérience ?  Chrétien- Protestant   1985 : mes parents n’avaient pas encore commencé mon instruction religieuse, mais mon éducation était indubitablement teintée de protestantisme. Par la suite j’ai construit ma propre « religion ». 1999 : insatisfaite par toutes les religions existantes.

Vos pratiques religieuses ont-elles changé depuis cette expérience ?     Indécise     Impossible à déterminer. Même jeune enfant, je réfléchissais pendant des heures à la vie et à Dieu, j’ai construit ma propre religion. Je suis par ailleurs relativement sereine en ce qui concerne les religions, toutefois, je suis relativement sensible à l’argument d’un prêtre insistant sur le fait qu’un verset baptismal provient de la BIBLE. Après tout, le plus important c’est le message.

Quelle importance accordez-vous à votre vie religieuse ou spirituelle après votre expérience ?     Très importante pour moi

Quelle-est votre religion maintenant ?     Je l’ignore, je ne crois pas que je le sache !!! Mon savoir ne correspond totalement à aucune religion.

Est-ce que cette expérience comportait des éléments conformes à vos croyances terrestres ?     Un contenu totalement conforme aux croyances que j’avais au moment de l’expérience.     1985 : comme j’étais encore toute petite, je n’avais aucune croyance, donc aucun préjugé. 1999 : je savais déjà comment cela fonctionnait.

Vos valeurs et croyances ont-elles changé à la suite de cette expérience ?     Indécise     un avant/après est impossible. J’ai grandi avec les effets de ces expériences, il est certain qu’elles m’ont largement façonnée.

Avez-vous eu l'impression de rencontrer un être ou une présence ésotérique, ou d'entendre une voix non identifiable ?     Non 

Avez-vous vu des esprits religieux ou des morts ?     Non

Avez-vous rencontré ou décelé des êtres ayant vécu précédemment sur terre et dont le nom est mentionné par les religions (par exemple : Jésus, Mahomet, Bouddha, etc.) ?     Non 

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information à propos d'une existence avant la vie de mortel ?     Non   

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information sur un lien ou une unicité dans l’univers ?     Non   

Croyiez-vous en l'existence de Dieu avant votre expérience ?     Ne sait pas

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information sur l'existence de Dieu ?     Non   

Croyez-vous en l'existence de Dieu à la suite de cette expérience ?     Existence de Dieu indubitable 

Concernant nos vies terrestres en dehors de la religion : 

Durant votre expérience, avez-vous acquis une connaissance ou de l'information particulière à propos de votre dessein ?  Oui   1985-1989 : j’ai réalisé que le paradis est mon véritable foyer, la terre est un lieu de vacances et j’ai malheureusement perdu tout intérêt à bien m’amuser. 1999 : en guise d’encouragement, on m’a autorisée à renifler un petit morceau de paradis.

Avant cette expérience, croyiez-vous que nos vies terrestres sont significatives et importantes ?     Ne sait pas

Durant l'expérience, avez-vous reçu de l'information quant au sens de la vie ?     Oui     A chaque fois nous avons discuté des différents aspects de la vie et de leur sens. J’ai malheureusement été forcée d’oublier le contenu de ces discussions.

Croyiez-vous à la vie après la vie avant cette expérience ?     Ne sait pas

Croyez-vous en une vie après la vie à la suite de cette expérience ?     Existence indubitable d’une vie après la vie     Oui     J’ai pu rencontrer des personnes décédées, celles-ci devaient donc être « en vie » ; par ailleurs je pouvais exister sans corps, ce n’aurait pas été possible si la vie avait été limitée au corps.

Aviez-vous peur de la mort avant cette expérience ?     Je n’avais pas peur de la mort

Avez-vous peur de la mort après votre expérience ?     Ne sait pas

Aviez-vous peur de vivre votre vie avant cette expérience ?     Ne sait pas

Après cette expérience, aviez-vous peur de vivre ?     Je n’avais pas peur de vivre ma vie terrestre

Croyiez-vous que nos vies terrestres sont importantes et significatives avant votre expérience ?     Ne sait pas

A la suite de votre expérience, croyiez-vous que nos vies terrestres sont importantes et significatives ?     Importantes et significatives

Avez-vous appris comment vivre nos vies ?     Non

Durant votre expérience, avez-vous acquis de l'information à propos des difficultés, défis et obstacles de la vie ?     Oui     A chaque fois nous avons discuté des différents aspects de la vie et de leur sens. J’ai malheureusement été forcée d’oublier le contenu de ces discussions. 

Étiez-vous compatissant(e) avant cette expérience ?     Ne sait pas 

Durant cette expérience, avez-vous appris quelque chose à propos de l'amour ?     Oui     L’amour est omniprésent et inaltérable.

Etiez-vous compatissant(e) après cette expérience ?     Très compatissante envers autrui

Quels changements sont survenus dans votre vie à la suite de votre expérience ?     Lors de ma première expérience, comme j’étais toute petite je n’avais pas beaucoup de « personnalité », la différence ne peut pas être déterminée. Toutefois, lorsque je me compare aux personnes de mon entourage, je me rends compte qu’elles craignent la mort. Pendant longtemps j’ai attendu celle-ci avec impatience, aujourd’hui cela m’est égal. J’ai des difficultés à accepter/évaluer les expériences spirituelles. Malheureusement les gens comprennent mal de nombreux passages de la Bible ou des sourates du Coran, ils se laissent guider par des sentiments mesquins, ils ont des difficultés à provoquer des changements en eux-mêmes. Par ailleurs, en ce qui me concerne Dieu existe indubitablement, pas sous la forme d’un vieillard mais sous forme de lumière qui est en toute chose et en chacun.

Est-ce que vos relations ont changé précisément à cause de cette expérience ?    Cela ne peut être déterminé. Quoi qu’il en soit, je pense que ces expériences ont eu une influence sur mes relations car elles ont eu des effets sur l’ensemble de ma personnalité.

Après l’EMI :

Est-ce que l'expérience a été difficile à décrire en mots ?    Oui   Il n’existe pas mot pour de nombreux éléments. Les émotions par exemple ne peuvent être exprimées que d’une manière limitée, entre autres à l’aide de métaphores.

Avec quelle précision vous rappelez-vous de l'expérience en comparaison d'autres événements à l’époque de l'expérience ?   Je me souviens plus précisément de l’expérience que d’autres évènements de ma vie à l’époque

À la suite de votre expérience, avez-vous acquis des capacités médiumniques, hors de l'ordinaire ou d'autres dons spéciaux que vous n'aviez pas avant ?     Indécise     Je perçois « l’esprit » d’enfants à naître, prémonitions partielles, je peux également « collecter » consciemment des informations. D’autre part, je décèle, je vois ou je « sais » certaines choses.

Une ou plusieurs parties de l'expérience sont-elles particulièrement significatives pour vous ?      L’amour omniprésent était très important pour moi, il m’a par ailleurs longtemps manqué sur terre, il me manque toujours mais maintenant je peux vivre bien ainsi. Quand ma mère m’a dit que les adultes pouvaient « faire l’amour », j’ai été très impatiente de devenir adulte pour retrouver enfin l’amour. Après ma première relation sexuelle (amour ???), j’étais très déçue. J’ai vécu depuis une « vie amoureuse » épanouie. Mais l’orgasme ressemble davantage à une intoxication qu’à l’amour que je recherchais. Pour mon entourage, la mort d’Elage a constitué la preuve que je n’étais pas folle, que ces expériences étaient réelles, cette expérience m’a aidée à sortir de mon obscurantisme personnel : j’ai longtemps inhibé, nié toutes ces expériences spirituelles.

Avez-vous déjà raconté cette expérience ?    Oui    Je les ai toujours racontées immédiatement. J’étais écoutée, il n’y avait en fait aucune réaction, ou alors un choc parce que j’aurais préféré rester là-bas.  Il semble que l’expérience était considérée comme réelle.

Aviez-vous connaissance des expériences de mort imminente (EMI) avant cette expérience ?   Non 

Qu'avez-vous pensé de la réalité de l'expérience que vous avez-vécue peu de temps (jours ou semaines) après qu'elle soit survenue ?     L’expérience était tout à fait réelle     Pendant l’expérience j’étais plus lucide que dans la vie normale. L’expérience était en fait pour moi plus réelle que la réalité.

Que pensez-vous de la réalité de l'expérience maintenant ?     L’expérience était tout à fait réelle     Pendant l’expérience j’étais plus lucide que dans la vie normale. L’expérience était en fait pour moi plus réelle que la réalité.

Est-ce que quelque chose a reproduit une partie de cette expérience à une période de votre vie ?   Non   Mais une partie de l’expérience a pu être confirmée.

Souhaitez-vous ajouter autre chose à propos de votre expérience ?     Non